BAMBARA TRANS, UNE OASIS DE MONTRÉAL AU MONDE

La fête est magique, la salle, le salon, la boîte mythique du Balattou, ce lundi 7 juillet 2008, 07-07-08, vibre d’intenses émotions et de larges souffles d’énergie sublime, le lancement, la musique du CD de Bambara Trans, KHALOUNA, exultent dans cette oasis virtuelle. Le peuple métis, les amoureux de l’Afrobeat, du reggae, de la fusion, d’une salsa Gnawa aux accords futuristes, flambent unis et divers. Sons des cuivres, guitares sorcières, voix harmonique et diachronique et voix rauque mélodique du maestro Khalil Abouabdelmajid, percussions nègres et suaves, sensuel saxophone et trombone mystérieux, c’est la consécration du groove supérieur. Musique actuelle et jaillie pour nos espoirs à naître.

Paroles de vie et en langues si humaines et si tendres aux oreilles, verbe qui chante et offre une généreuse énergie, une invitation au partage, une sonorité qui plante les nostalgies et ouvre des espaces de paix infinie. Les notes, les accents de rêve et les mélodies désertiques soignent nos âmes éternellement. Les voix sont chaleureuses, sensuelles et envoûtantes. Les productions Nuits d’Afrique, Musique Multi Montréal, comme une avancée pour la mise au monde des Productions Bambara Trans. Bravo.

Seconde après seconde, la danse des notes habite chacun, la danse des sons enveloppe les âmes et fait surgir l’esprit créatif. KHALOUNA. Procurez-vous le CD. Écoutez, vivez et partez en expédition intérieure avec la première aventure du disque Afrobambara. Onze minutes de voyage trans-créatif. Il s’agit de la vie, des actions qui portent à réfléchir. Pas d’analyse, des rythmes, des paroles en or, des sons rassembleurs, des interactions comme dans Hijab, chocs de sons et confrontation des sentiments, mélodies vertes et fortes qui explosent en un bouquet semblables à ceux des décors des palais anciens. La mer est présente rassurante, fusion profonde des musiques unies et progressives. Or des sons, argent des teintes, couleurs de cuivre, musique universelle qui attend son heure et qui va connaître la consécration mondiale. Allez, jouez musiciens de Bambara Trans, vous avez le monde à vous.

La pochette, l’habit du CD, design de Mehdi Benboubakeur : caravane urbaine dans un centre Montréalais aux ocres, sables et vents de passion, dit cette soif de vivre et de créer. Vive Bambara Trans.

EURO 2008 : VIVA ESPANA!

12 BUTS MARQUÉS EN SIX MATCHES CONTRE TROIS ENCAISSÉS, tel est le palmarès de l’équipe invaincue de cette 13e coupe d’Europe des Nations européennes (UEFA). Sept des buts l’ont été face à la Russie, équipe du même groupe qui a réussi à se qualifier pour les demi-finales. Depuis 1964, les Espagnols n’ont réussi à décrocher aucun titre européen comme nation du foot. Cette finale est leur planche de lumière pour rétablir leur honneur. Ils sont classés au 4e rang par la FIFA, dans le concert des grandes nations du football mondial et 2e en Europe.

Attaques, contre-attaques des Espagnols, trois tirs au but dont deux têtes de José Sanz Fernando Torres, attaquant de pointe, titulaire de Liverpool et du signe astrologique du bélier (24 ans, né le 20 mars 1984) fer de lance de la Sélection nationale ibérique. L’Espagne domine ce début de match sans marquer. Les Allemands frappent, font des fautes, surtout leur capitaine Michael Ballack qui distribue coup de pied après coup de pied sans recevoir ni avertissement verbal, ni carton jaune de la part de l’arbitre.

Au tournant des trente minutes les Espagnols envoient encore, par Fàbregas un boulet vers Lehman qui n’a cessé d’être occupé durant cette première demi heure. Un quatrième coup franc causé par un coup de pied en l’air de Ballack, les ibériques dominent, ils sont souvent poussé au sol et enfin 33e minute, Fernando Torres marque en contre, le jeune homme de 24 ans ouvre le score. Justice. Le roi Juan Carlos est heureux. Belle manière face au coup de pied du gardien allemand qui est sorti tacler durement El Nino. Prouesse de technique et de rapidité qui axe cette équipe sur la rampe de la gloire. Gloire méritée, espoir de toute une péninsule où vivent près de 45 millions d’Espagnols euphoriques prêts, au coup de sifflet final, à laisser exploser leur joie, leur énergie, leur amour de la mélodie footballistique, jouée comme une farandole et un Flamenco héroïque, andalou et universel. Toutes et tous, les enfants de la révolution et du socialisme nouveau de José Luis Zapatero, chantaient en cœur les mots de Federico Garcia Lorca «C’est notre heure. Nous devons être jeunes et vaincre.»- extrait de Entrevista

Tirs sur tirs au but, coup de tête des Allemand contre Xabi Alonso et Silva, provocations et insultes. Aragones fait entrer des remplaçants et les Allemands perdent les nerfs. Coup franc pour l’Espagne et coup dans les bras de Lehman (gardien de l’Allemagne) par Sergio Ramos. Iniesta remporte une touche et les arbitres favorisent encore les Allemands. Ballack perd une balle et Cazorla a failli faire une passe de but à Torres. Ramos occasionne un coup franc dans l’entrée gauche de la surface de Cassilas et un coup franc de Fringes, l’Irano-Allemand Kurany en profite pour descendre un joueur espagnol, coup franc. Le match se développe, domination spatiale, maîtrise technique, gestion du temps et accélérations constantes, les joueurs ibériques planent sur le terrain de Vienne.

72e minute, 85e minute, tant de fautes et tant de fautes des Allemands, un autre coup franc que F.Villa et Hernandez tirent, rien. Les Espagnols dominent sans marquer, les Allemands attendent pour voler le match. Hors-jeu, astuces et antijeu. Touche de part de Puyol, le fol Kurany fait une autre faute sur Marcos Senna, un coup si évident que l’arbitre lui donne un carton jaune. Il reste 5 minutes avec les arrêts de jeu. L’Espagne perd de nombreuses balles. Ballack va perdre une 5e finale… Ballack insulte l’arbitre, un coup franc de plus pour les Espagnols. Les dernières minutes défilent et la gloire est au bout des efforts et de la magnanimité castellane. Viva Espana, la Coupe est dans les mains du gardien Casillas, capitaine valeureux qui remporte aussi le trophée du cerbère le plus constant de l’Europe, consécration totale pour ces artistes qui ont joué comme des artisans : respiration, ouverture, génie collectif et effort joyeux.

C’est un Marius Trésor ou encore un Amadou Tigana qui auraient pu être sur cette tribune du stade de Vienne avec Michel Platini et remettre la coupe et les médailles aux finalistes et aux vainqueurs. Mais, encore bien du chemin à construire en matière d’équité dans les instances internationales du sport où la représentativité est vraiment lacunaire.

Les héros de cette finale :Sans le meilleur buteur de la compétition le numéro 7 David Villa, 4 buts1 Iker Casillas »Gardien4 Carlos Marchena »Défenseur5 Carles Puyol »Défenseur11 Joan Capdevila »Défenseur15 Sergio Ramos »Défenseur6 Andrés Iniesta »Défenseur8 Xavi Hernández »Milieu10 Cesc Fàbregas » M Milieu12 Santi Cazorla »Milieu14 Xabi Alonso »Milieu19 Marcos Senna »Milieu9 Fernando Torres »Attaquant, 16 Sergio García »Attaquant, 17 Daniel Güiza »Attaquant.

EURO 2008 : TURQUIE-ESPAGNE, FORCE MORALE ET PASSION DU FOOT.

Deux équipes sortent du lot, l’une par sa force morale, sa cohésion, sa discipline enthousiaste, la Turquie; l’autre, passion, classe, haute technique et équilibre, l’Espagne.

À première vue, la compétition en cours est celle du renouveau, d’un changement de la garde avec la musique et

la détermination Alaturka, un ouragan plein d’intelligence et de talent. Mais aussi avec Espana Nueva la force tranquille, maîtrise stratégique et tactique, précision technique et occupation scientifique de l’espace, économie de l’énergie physique réussie grâce à une condition irréprochable : complémentarité des lignes et mise au service du collectif des spécialisations individuelles. Les deux autres équipes la Russe et l’Allemande pourraient servir de faire valoir, même si la vague slave, jeune, rapide et disciplinée représente, malgré sa défaite face aux protégés de Luis Aragones (1-4) lors des 1/8e de finales, une raison de fierté.

Froidement quand nous regardons les quatre groupes de base de cette 13e édition de l’Euro, dont la première édition a eu lieu en 1960, un seul groupe n’a aucun représentant aux ½ finales, les groupe C de la France et de l’Italie où se sont illustrés les néerlandais de Van Basten, sortis par les Russes (3-1), la Turquie représente le Groupe A, l’.Allemagne le B et les deux premiers du groupe D Espagne et Russie se atteignent le carré d’AS. Cette évolution des équipes nationales permet de circonscrire les tendances modernes du football qui sont paradoxales, l’absence de l’Angleterre alors que trois sur quatre des clubs ½ finalistes de la Coupe des Champions sont issus du football britannique, en est une illustration forte. Les forces orientales surgissent Allemagne-Turquie et Russie, alors que la fantaisie et l’imagination créatrice des sudistes (berbéro-andalou ou afro-méditerranéens) se distinguent avec brio au sein du concert des virtuoses du ballon rond européen.

En 2000, c’est l’équipe de France de Zinedine ZIDANE, alors championne du monde qui remporte la palme européenne et réussit l’inégalé pari de mériter, dans la suite historique la palme d’or mondiale et le trophée européen. 2004 voit une équipe soudée et forte d’un jeu collectif sobre et efficace, dont les joueurs jouaient ensemble depuis plusieurs années, devenir championne des Nations européennes :

la Grèce.

Nous vivons aujourd’hui une rupture sans précédent, à la fois valorisation du jeu créatif et confirmation de la prédominance du football technique et inspiré tel qu’il se vit majoritairement en Afrique et en Amérique du Sud, ainsi que la confirmation de l’importance de la qualité collective du jeu : synchronisation des flux énergétiques individuels selon des phases de jeu et le tempo collectif, harmonisation et adaptation techniques, tactiques et stratégiques face aux réactions adverses. Dans cette optique, les gardiens de but (Volkan Demirel, Recber Rustu pour la Turquie et Iker Casillas pour l’Espagne) ainsi que les joueurs de champ (attaquants David Villa meilleur buteur de l’Euro 2008 et Nihat Kahveci, pour la Turquie blessé face aux Croates, donc absent lors des ½ finales) se sont illustrés de manière exceptionnelle réalisant des exploits sportifs de très haut niveau qui ont pesé directement sur le score et sur les actifs et la fiducie footballistiques de l’EURO 2008.

Les douze premiers vainqueurs de la Coupe d’Europe des Nations : 1960 URSS, 1964 Espagne, 1968 Italie, 1972 Allemagne, 1976 Tchécoslovaquie, 1980 Allemagne, 1984 France, 1988 Pays-Bas, 1992 Danemark, 1996 Allemagne, 2000 France, 2004 Grèce.

Une première au Canada !Regards sur le cinéma algérien

L’Union des artistes algéro-canadiens (UDAAC) a le plaisir d’organiser pour la première fois au Canada un événement intitulé Regards sur le cinéma algérien. Cet événement qui présentera plusieurs films algériens et une réflexion sur le cinéma algérien se déroulera du vendredi 7 décembre au dimanche 9 décembre 2007 à l’Office national du film (ONF) à Montréal. Au programme, un choix de six films, dont trois documentaires représentatifs du cinéma algérien et dont plusieurs sont inédits au Canada. Une conférence s’interrogera et interpellera le public sur la nature et le devenir du cinéma algérien sous la forme d’un débat intitulé Qu’est-ce que le cinéma algérien ? Cette conférence sera animée par des cinéastes et spécialistes du cinéma : Monsieur. Rabah Bouberras, réalisateur entre autres des films Sahara Blues et La Nostalgie du monde; Madame Ratiba Hadj-Moussa, professeure agrégée au département de sociologie et au Graduate Program in Communication and Culture de l’Université York; Madame May Telmissany,romancière et professeure à l’Université d’Ottawa. De soncôté, Monsieur Mehana Amrani, professeur de littérature à l’Université de Montréal et co-auteur, entre autres, de l’ouvrage l’Afrique fait son cinéma, démêlera l’écheveau serré des liens qui unissent le couple littérature et cinéma algériens. Une exposition d’affiches de films algériens illustrera cet espace cinématographique. Le vernissage aura lieu le vendredi 7 décembre 2007 à l’ONF et se poursuivra avec un programme des plus variés. Prix des billets : 5 $ la séance ou 25 $ pour l’ensemble de l’événement. Veuillez acheter vos billets au Cinéma ONF 1564 rue St-Denis, Montréal tél. (514) 496-6887 Renseignements : Nylda Aktouf, vice-présidente – Communications, 450-4661019

LES CHANTS DE BALI

Jeudi 1er novembre 2007.

Je suis comblé, j’ai vécu une soirée tonique, forte et un hommage spectaculaire de Nabil Bali, le fils à son père Othmane Bali (1953-2003), enfant béni du désert. Nous avons arpenté les dunes sans douleur en musique portant les chansons Touareg, envoûtant concert d’instruments qui nous font vibrer au sein de l’oasis Janet dans le Tassili N’ajjer. Bénédiction sublime qui coule de l’oasis natal du maître spirituel, bénédiction qui a unie le public cosmopolite, danses, chants communs, voix et applaudissements d’un public sous le charme. Encore une fois, les femmes fières et issues de la tradition matriarcale ont donné tout. Généreuse complémentarité entre masculin et féminin, voiles traditionnels, couleurs et brillants modulés de bleu en contre jour au khôl qui calibre les tours des yeux. Musique et poésie conjointes scandées, frappées de mots tamasheqs originaires disant les poèmes « TINDÉ ». La langue berbère s’y déploie en allégresse. En ordre secret, selon le code conçu par les instrumentistes et chanteuses/danseuses du groupe, se lève chacun dansant pas chaloupés, cadence improvisée collée aux rythmes. Le public jubile, quelle énergie, elle passe, libère les plus timides, nous dansons en corps allégés portés comme par une transe, cette fois avec danse, une transe des complaintes solidaires, mélopées nègres et métissées, savantes et universelles, interpénétrées par les sonorités des instruments, musique organique et ergonomique de l’esprit du soleil et des sables.

Immense civilisation africaine : Hatchepsout Pharaonne d’Égypte

Ce soir, mardi 30 octobre 2007, une prise de conscience incroyable à travers la conférence de Patrizia Piacentini, Ph D., archéologue et egyptologue, profeseure à l’Université de Milan : Hatchepsout, reine et roi d’Égypte, dans le cadre du cycle de conférences, La méditerranée des femmes de l’institut d’études méditerranéennes de Montréal (IEMM). La conscience de l’importance et de la dimension supérieure des civilisations africaines surtout l’égyptienne. En revoyant les personnages et les réalisations architecturales, la haute qualité artistique des oeuvres crées 2000 ans avant J.C., la philosophie et l’expression religieuse ancienne africaine avec toutes les symboliques, les pratiques mystiques ainsi que la force de l’animisme, je réalise que depuis plus de 2000 après J.C. aucune civilisation n’a atteint de telles perfections dans tous les axes de la pensée, de l’action et des réalisations techniques.

La conférencière Patrizia Piacentini a une feuille de route impresionnante : Patrizia Piacentini est titulaire de la Chaire d’ Egyptologie à l’Université de Milan dès 1993 et, dans la même Université, Responsable de la Bibliothèque et des Archives d’Egyptologie. Elle a soutenu le Doctorat en Histoire et Philologie Egyptiennes à l’ Ecole Pratique des Hautes Etudes (Paris), et obtenu de nombreuses bourses d’étude et des prix, dont celui de la Fondation “Michela Schiff-Giorgini” (Lausanne), en 1991.

En plus de son activité didactique et de recherche régulière à l’Université de Milan et à l’Ecole de Spécialisation en Archéologie de la même Université, elle a donné des cours dans plusieurs Universités italiennes et étrangères. Depuis 2002, elle est Consultant scientifique pour la Section égyptienne du Musée Archéologique de Milan (Civiche Raccolte Archeologiche e Numismatiche).

L’exposé a été brillant tel un roman qui se déroule sous nos yeux. Beaucoup de faits,. des illustrations dans le contenu Power-Point imprimées sur un écran géant via un ordinateur miniature relié à un projecteur. S’exprimant dans la langue de Racine avec une aisance admirable, celle qui a obtenu son doctorat d’État à la Sorbonne, est partie de la momie de la Pharaonne Hatchepsout, découverte et identifiée il y a quelques mois, du site splendide du Temple de Deir el Bahri, pour nous faire vivre les mille et une péripétities ainsi que les projets, les grandes et universelles réalisations d’un règne de 20 années. Il ya de nombreuses pistes à découvrir, un roman de haute intensité, une histoire palpitante dont celle d’un autre personnage, le conseiller spécial Senmout, soupçonné d’avoir été si proche de la Pharaonne…mais qui demeure le penseur, l’architecte visionnaire. Riche et fécond régne déroulé en accompagnement avec son neuveu et beau-fils Thoutmosis III qui après le décès de Maatkaré Hatchepsout, effaça de tous les momnuments le nom de celle qui est d’autant plus attrayante, qu’elle a joué un rôle politique considérable sur le continent africain, dans l’Égypte des lumières au point d’incarner pour toujours la figure prophétique et l’icône sublime du pouvoir excercé au féminin.

Comme c’est l’originalité du concept développé par Mme Sylvana Villata, cette heure de conférence, tonique, riche en informations et d’une clarté qui n’a d’égal que le talent de la conférencière; nous avons droit à un spectacle, mini/concert de musique. Pour cette soirée exceptionnelle, une première mondiale :

à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100, rue Sherbrooke Est, la présentation en première mondiale de l’œuvre HATCHEPSOUT

pour harpe, nay et percussions de la compositrice Katia Makdissi-Warren, ma petite cousine.

Enregistrement sonore, Paul Baraka, aux percussions le doué Patrick Graham, à la harpe celle qui est membre de

l’orchestre symphonique de Québec, Isabelle Fortier.

Nous avons vécu trente minutes de rêve, une oeuvre multidimensionnelle, aérienne et pourtant inscrite dans l’Orient

et l’Afrique des sonorités mystiques en volume, accents intérieurs et théâtraux. Une musique fondée sur la diversité des expressions, le métissage des philosophies dans une modernité en phase avec le génie de la compositrice Katia Makdissi-Warren.

PORTER LE POIDS DU MONDE : DONNER ET AGIR POUR CONSTRUIRE L’AVENIR

Porter le poids du monde

Je viens de me lever, 5 h 00 du matin, et j’ai l’impression après une nuit en dents de scie, côté sommeil, d’avoir tout au long des moments de conscience, ressassé dans ma tête tous les aspects de mes responsabilités.

Responsabilités parentales, la planification des divers aspects de la vie domestique.  Les prévisions financières et les besoins d’épargne qui permettent de faire face, le moment venu, aux exigences des frais de scolarité du collège privé pour celle qui étudie au secondaire.  Elle a estimé que suivre les traces de son frère qui a étudié dans  ce collège car il était Petit chanteur du Mont-Royal, serait la meilleure façon pour elle de mettre toutes les chances de son côté.  Mais aussi, payer les études du grand frère qui est depuis deux ans à l’université McGill, études en Développement international.  Pour les deux nous avons voulu que la priorité soit maintenue, les études d’abord, pas plus d’expérience du marché du travail que pour gagner de l’argent de poche, que des honoraires de gardiennage ou alors des allocations pour des horaires de fin de semaine comme occasionnel dans des entreprises de service ou des mandats précis réalisés en travail à distance via internet ou au téléphone.  Investissement important pour que les enfants puissent consacrer l’essentiel de leur énergie aux études, aux engagements qu’ils ont tous les deux.  Les deux plus jeunes encore aux études, leur grande sœur âgée de 28 ans est journaliste et travaille pour le Groupe TVA, au service des programmes de culture et variétés de la télévision; au niveau du bénévolat, des participations à des activités de solidarité internationale, de développement et d’aide via la coopération.

Responsabilités personnelles quant au devoir professionnel, les détails de tous les dossiers dont j’assume la responsabilité et pour lesquels je mesure d’abord combien je donne le mieux afin que les citoyens soient satisfaits au maximum.  Je vis mon emploi, mes fonctions comme un service aux citoyens, apporter un soutien aux administrations locales qui gèrent l’offre de service, qui agissent dans la sphère de proximité, qui sont en première ligne : habitation, développement social, transport, infrastructures dont l’eau et les voies de circulation routières, culture accessible (bibliothèque et arts), sport, loisirs, taxation foncière, sécurité publique, incendie.  Dans tous les secteurs et pour les milieux de vie, le municipal est le lien privilégié de médiation avec la majorité, avec les institutions, les valeurs à transmettre, les connaissances et les pratiques nécessaires à une participation pleine et entière à la vie de la société.

Responsabilités comme membre de la cellule de base de la famille, conjoint dans un couple et aussi élément d’une famille plus large, fils, frère, oncle, cousin, parrain, beau-frère etc.  J’envisage secrètement les sensations et aussi les responsabilités, que j’entrevois douces, de futur grand-père.  Cette sphère de responsabilité est en perpétuelle évolution, la courbe de vie comme conjoint se définit aussi en fonction des changements de l’environnement.  Créer, donner aux enfants le contenu de l’héritage affectif, intellectuel, psychologique, social, ancestral et familial.  Ensuite, constituer l’essentiel des références et éduquer, former, apprendre l’évaluation, l’exercice du jugement, le discernement, les comportements nécessaires à la cohabitation publique et à la cohésion sociale.

De manière continue, se développe le lien fait de générosité avec eux, cette fusion qui dans l’imperceptible lie les cœurs et les esprits des parents aux enfants en une harmonie ou en un bouillonnement créateur de nouvelles synthèses que les êtres libres et autonomes qu’ils sont, deviennent de nouveaux responsables sur les chemins de la vie.

Responsabilités encore comme être qui aime, comme être aimant et aimé, personne qui a un besoin de partage des sentiments, d’échange d’émotions, de solidarité profonde autour des fondamentaux, des valeurs essentielles : respect, liberté, amour, générosité, dignité et fierté dans une égalité et avec responsabilité.  Aimer chaque jour, partager tous les moments de la vie, vivre en confiance avec la tendresse qui met de la souplesse dans les rapports qui peuvent se tendre.  Aimer dans la tempête, dans la tourmente que causent les erreurs, dans les tensions souterraines ou explosives qui minent le capital conjugal, aimer dans les divergences d’appréciations et d’évaluation des situations, des personnes, des réalisations, enfin aimer pour et grâce à l’art, amour de la liberté d’aimer, aimer pour créer la folie, vivre la passion, dépasser les contraintes qui naissent d’un monde où hors du profit et des intérêts, pas de salut.

LE PROGRAMME ENGAGEMENT ET DÉTERMINATION

http://www.collegeahuntsic.qc.ca/enbref/publications/engagement/2003/europe.html

ENGAGEMENT ET DÉTERMINATION

Témoins actuels (1999-2012)

UNE EXPOSITION UNIQUE

Au cours des cinq premières années du programme, ce sont 83 personnalités québécoises originaires de l’Afrique, des Caraïbes et de la diaspora (1999-2000), de l’Asie de l’Est (2000-2001), de l’Afrique du Nord, du Proche et Moyen-Orient (2001-2002), de l’Amérique centrale et du Sud (2002-2003) et de l’Europe centrale et de l’Est (2003-2004) qui ont été à l’honneur, nous vous les avons présenté.

De 2006 à 2012, sept nouvelles promotions du programme sont en formation.  En effet, il reste encore sept années pour achever le tour du monde à partir d’ici, une promotion rassemblant la communauté juive et sa diaspora, deux promotions pour l’Europe de l’Ouest (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Royaume-Uni, Ireland, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suisse), l’Europe orientale (Grèce, Turquie, Autriche), les pays scandinaves (Danemark, Finlande, Norvège et Suède), les pays de l’Océanie et du Pacifique (Australie, Nouvelle-Zélande, Polynésie), l’Amérique du Nord (Canada et le Québec, États-Unis dont les Premières nations).

Par l’intermédiaire des portraits nous avons mis en lumière un aspect de leur personnalité, résumant aussi de manière succincte leur itinéraire professionnel.  Ces portraits ont pour seule prétention le plaisir de partager avec le plus grand nombre d’étudiants, de membres de la communauté collégiale et avec toute la société l’enthousiasme et la dignité que ces personnes portent, car elles se sont affirmées sainement et elles évoquent en nous la joie de la réussite méritée.

Citoyens de tous les moments de la vie, ces personnes sont autant de modèles, de source de fierté et d’inspiration pour nous.  Engagement et participation à la vie communautaire dans un esprit de contribution au rapprochement interculturel, ces personnes sont souvent des chefs de file et des modèles de civisme pour tous.  Désormais (à partir de novembre 2001), les activités du programme Engagement et détermination se tiendront à l’occasion de la Semaine québécoise des rencontres interculturelles.

ENGAGEMENT

L’engagement de Québécois et de Québécoises originaires de tous les continents (il reste les Amériques, l’Europe, le sous-continent asiatique, l’Australie, l’Océanie et le Pacifique) dont les noms ne sont pas toujours connus mais qui méritent vraiment de l’être.  Ces personnalités proviennent de différents secteurs d’activités : artistique, politique, scientifique, juridique, économique, social.  Elles réalisent dans leur domaine d’activités, souvent, des premières. Une caractéristique les rassemble toutes, le travail acharné et la volonté ferme de réussir, non seulement pour leur profit, mais aussi et souvent d’abord, pour le bénéfice de leur communauté et de la société entière.  Mis en valeur du bénévolat, de l’engagement au service de toutes les communautés, de la collectivité, action citoyenne et sens exemplaire du civisme.

DÉTERMINATION

Pour nous qui observons ces personnalités remarquables, leurs succès importants nous fascinent.  Mais, en étudiant leur cheminement, une dominante s’impose : chaque succès autant que leur palmarès personnel, leur réussite professionnelle résultent d’un effort soutenu, d’un sens exceptionnel de la persévérance et de beaucoup de courage.

L’ensemble des instruments (panneaux illustrés de portraits photographiques et écrits, brochures pédagogiques, conférences, expositions, événements publics) sont des réalisations d’équipe : la Direction des Affaires étudiantes du Collège Ahuntsic, le Service de l’animation (Michel Drainville pour sa vision et son action dévouée) dont les initiatives sont vraiment dynamiques, le Comité de veille interculturelle, auteur avisé de cette initiative qui s’inscrit dans un processus d’ouverture vers les différentes composantes de notre société et d’enracinement dans une culture laïque et commune.

Parmi les artisans qui vous permettent de vivre cette aventure annuelle renouvelée, il y a d’abord Michel Drainville et l’équipe de l’animation maître d’oeuvre de l’exposition et de la fête, la conceptrice, les graphistes Gabrielle Lecomte et Martine Bruneau.  Enfin, votre serviteur qui a fait la recherche, la coordination et qui rédige les portraits.

Les expositions précédentes (2000 à 2004) sont sur le site du Collège Ahuntsic :

http://www.collegeahuntsic.qc.ca/enbref/publi_servdept.html

DEUX ENFANTS QUE J’AIME

Mon nom est Yves ALAVO, père de deux enfants merveilleux.

Je suis père d’un  garçon de 20 ans et d’une fille de 16 ans, en 2006, dont je suis fier.  Antoine-Samuel vient de commencer sa deuxième année en sciences politiques et développement international à l’Université McGill.  Premier de sa promotion et plus jeune partout dans ses lieux d’études et d’engagement, animateur scouts et chef de file au sein d’une équipe de jeunes engagés en coopération sur un projet qui aide les jeunes démunis de Lima au Pérou.  Il a été pendant huit ans Petit Chanteur du Mont Royal et deux ans chanteur pour l’Opéra de Montréal.  Il compose encore et s’inscrit en composition musicale en majeur pour sa deuxième année d’études universitaires.

Il a été en Chine, au Pérou déjà en juin, juillet et août 2004 et durant trois mois de mai à août 2005, travailler auprès des enfants du Centre d’accueil Gabriela Mistral Koukouly de Lima.  Il a été au Sénégal redécouvrir ses racines (lieu de naissance de son père et de vie de sa famille paternelle, grand père membre de la famille royale d’Abomey au Bénin et grand mère Berbère d’Algérie, née à Tlemcen).  Ce fils adolescent exceptionnel est retourné au Pérou coordonner du 16 mai au 11 août une équipe rotative de jeunes qui se sont succédés comme bénévoles auprès des jeunes enfants ( entre 5 et 15 ans).  Ils leur ont apporté, outre leur présence, des médicaments, une aide quotidienne aux études, de la nourriture et 25 000 $ qu’ils ont, au prix de dévouement et d’organisation d’événements et avec le soutien de «sponsors» et du public montréalais, réussi à «rassembler» pour cette œuvre que Christian Girard, jeune hors pair vainqueur du premier prix Avenir Jeunesse 2004, conduit avec brio.

Ce garçon et sa soeur, issus, comme près 354 000 jeunes de leur âge dans la région métropolitaine de Montréal, de la diversité humaine et culturelle, ne se reconnaissent pas vraiment dans cet article de La Presse de dimanche 8 mai 2005, numéro 195, pages A12 et A13, Forum des idées pour le Québec.

Je suis aussi le père d’une fille remarquable Sarah, adolescente remarquable, comme son frère, tous deux, leur maman est une grande montréalaise professeure d’histoire au Cégep Ahuntsic : histoire constitutionnelle du Canada, histoire du Québec et elle a créé un cours en histoire de la décolonisation et des réalités du Tiers-Monde.

Sarah est au Collège Notre-Dame, étudiante, elle aussi engagée chez les Scouts, aussi auprès de personnes démunies et délaissées dans la communauté, elle a marché hier sur le Mont-Royal pour amasser des fonds pour la recherche afin de battre le cancer avec LEUCAN et des centaines de personnes.  Elle suit les traces de son frère, se prépare à aller au Sénégal, pays des ancêtres du côté paternel au cours de l’année 2006, elle va accroître son appui aux œuvres de coopération.  Elle vient de passer deux semaines au Vénézuéla avec la famille de nos amis les Navarro, surtout à Caracas et a eu le privilège de visiter plusieurs régions et de voir la mer pour la première fois.  Par ailleurs, elle a de nombreux talents dont ceux du sport, elle fait de l’athlétisme pendant quatre ans (sprint, demi-fond, saut en hauteur).  Avec Racing Montreal le club dont elle était membre Sarah réalisait des performances qui la classaient deuxième ou troisième au Québec selon les distances.  Elle se développe dans de nombreuses disciplines (elle a fait du taïkwando) en sport collectif (soccer, flag-football…) et montre un sens supérieur en informatique, dans les disciplines artitiques dont le design, la danse, le chant.

Cette jeune ado a des valeurs sociales, elle inscrit une dimension communautaire dans ses choix comme jeune ouverte sur la solidarité internationale et beaucoup avec un sens du partage et de l’entraide chez nous entre les diverses composantes de notre société. Elle crée des liens entre les générations.

DU RÊVE A LA RÉALITÉ

Je sors ce matin d’un rêve au cours duquel je me promenais, disons, je vivais dans ma ville natale, Dakar, un égarement dans un quartier résidentiel.  En effet, quel sentiment que de ne plus pouvoir retrouver son chemin et continuer à chercher sa voie dans un grand quartier au nom évocateur Liberté.  Ce secteur d’habitation développé après l’indépendance du Sénégal, dans une zone qui fut presque rurale de la capitale du Sénégal, a connu une expansion incroyable au cours des années 60 et 70, passant de Liberté I à Liberté VI.

Quel sens donner à cette métaphore de la liberté dans une promenade qui devient de plus en plus angoissante, car plus j’avançais, plus je devais questionner, demander aux passants mon chemin, et découvrir que de nombreuses résidences avaient été restaurées, changées, refaites, transformées, devenues si belles, si sophistiquées dans leur design, que je ne m’y retrouvais pas.  Voyage au cœur de ma ville natale, pérégrination personnelle, comme une balade virtuelle qui me dépayse beaucoup dans un univers familier qui est devenu étranger en apparence.

Je n’accordais pas depuis de nombreuses années, disons de moins en moins d’importance les années passant, au rêve.  Le rêve comme un détournement de la réalité, une diversion de soi de tout ce qui nous maintien rivé sur le monde immédiat.  Le rêve devenu imperceptiblement la distraction ou l’excuse parfaite pour détourner l’attention ou le faisceau de la conscience de la quotidienneté.

Est-ce que je me faisais, au fil des ans, une carapace fine ou efficace pour mettre en réserve cet appel que le rêve fait souvent à mon âme de philosophe et au passionné de psychologie et de psychanalyse que je demeure.  Le rêve comme réserve des possibles, comme monde autre, l’autre du monde qui rend le soi-disant réel possible.  Le rêve comme antidote indispensable à la prise de conscience des drames ou des folies qui habitent la vie.  Le rêve comme projet et espoir de projet, rêve au sens premier, espérance de vie meilleure, souhait de succès total de vie, rêve comme le nouveau qui déconstruit l’aspect difficile de la vie quotidienne et ouvre des espaces de plaisir et de joie.

Cet épisode attire mon attention car, depuis mon voyage en janvier 2005, au Sénégal, à Dakar où je revois proches, amis et toute la famille de base, je rêve de plus en plus au paysage de mon enfance et pense plus qu’auparavant, aux univers de la jeunesse, aux situations vécues au soleil, au bord de la mer, auprès de la mère et des parents, sur les voies de cette assurance et dans le climat de réconfort que le connu et le familial apportent au centre de la personne.

Rêver fait opérer un retour sur soi et agite les franges cachées d’un univers intime qui recèle en son sein de nombreuses virtualités de paix et de liberté, des conditions imaginaires d’harmonie et de conciliation, des leviers incroyables de potentialités presque sans limites.