MESSAGE DES ÉVÊQUES DU SÉNÉGAL A L’OCCASION DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE DE FEVRIER 2012

Chers concitoyens,
1. L’élection présidentielle au Sénégal – dont le premier tour est fixé au dimanche 26 février 2012 – s’annonce déterminante pour l’avenir de notre pays.
Cette première élection, après la célébration de cinquante années de souveraineté internationale, est porteuse d’enjeux majeurs, qui suscitent un climat de tension particulièrement aiguë, avec des risques de débordements imprévisibles, si les différents acteurs ne savent pas raison garder.
Les défis à relever sont multiples et profonds. Ils sont, sans doute, le fait d’une crise mondiale multiforme qui n’épargne aucune Nation de la planète ; mais ils sont également, et surtout, celui d’une mal-gouvernance interne qui perdure depuis plusieurs décennies, marquée par une gestion des affaires de la cité sans horizon, partisane, sans souci des vrais besoins des populations.
Une telle forme de gestion a occasionné des dérives de tous genres, au nombre desquelles le recours à l’argent facile et à la corruption, au favoritisme et au laxisme, à l’accaparement de biens d’autrui, à la violence et à l’impunité, à la dépréciation des valeurs morales et au manque de respect de la personne humaine et de ses droits.
L’alternance, survenue en l’an 2000, et conduite par des partis politiques, soutenus par les populations, avait montré la forme de changement pacifique idéal, par la voie d’une élection libre, paisible et transparente, donc crédible et acceptée par tous.
C’est à la promotion de cette même forme de scrutin que nous, Evêques du Sénégal, appelons l’ensemble de nos compatriotes -tous acteurs confondus- pour que notre pays retrouve le rang d’exemple de démocratie, dans cette Afrique « de l’espérance », comme l’a qualifiée le Pape Benoît XVI, lors de sa récente visite au Bénin (18-20 novembre 2011).
2. En faveur de l’avènement d’un tel climat, nous plaidons pour le respect strict de l’esprit et de la lettre de la Constitution, gage de notre consensus national, qui garantit une bonne gouvernance, une bonne gestion de la chose publique et la paix ; mais aussi pour le respect de tous les textes portant sur la réglementation électorale.
Dans cette perspective, toutes les dispositions doivent être prises pour que le scrutin se déroule de manière régulière et que les organisateurs, à tous les niveaux, fassent preuve d’une conscience patriotique, d’un esprit de justice et d’une impartialité sans faille, afin d’éviter les contestations post-électorales sources de violence aux conséquences imprévisibles.

3. La paix est un bien précieux. Elle nous est donnée par Dieu. Et comme tout don de Dieu, nous avons la responsabilité de la faire fructifier. Dans la situation actuelle de notre pays, nous devons tous nous en préoccuper au plus haut point, pour que le Sénégal soit davantage un pays de paix, de cohésion sociale et de stabilité.
Sur ce plan, nous avons conscience de la richesse de notre vivre ensemble marqué, pour l’essentiel, par des relations harmonieuses entre citoyens sénégalais de tous bords, quelles que soient, par ailleurs, nos appartenances ethniques, politiques et religieuses.
Le socle sur lequel tout cela est bâti est la citoyenneté que nous garantit notre Constitution laïque. Celle-ci définit notre Etat comme non confessionnel, mais reconnaissant la valeur fondamentale de la religion dans la vie des citoyens, et respectueux des différentes communautés religieuses. Il nous faut, plus que jamais, asseoir solidement ces fondements de notre République laïque, pour donner toute sa place à chaque citoyen et lui permettre d’exercer pleinement ses droits et devoirs de citoyen sénégalais à part entière.
4. Au moment où certains de nos compatriotes veulent légitimement briguer le suffrage des Sénégalais, il nous faut rappeler que celui qui détient l’autorité jouit d’un pouvoir, qui n’est légitime aux yeux de Dieu que dans la seule mesure où il est exercé, non pas de façon absolue, mais en vrai « lieu-tenant de Dieu ». C’est Dieu qui donne le vrai pouvoir, le pouvoir qui garantit le bonheur qu’il veut, Lui Dieu, pour tout homme, le pouvoir qui sert et protège le pauvre, le pouvoir qui se soucie de promouvoir la justice, la solidarité et la paix.
Si les prophètes de Dieu ont dénoncé des écarts dans l’exercice du pouvoir, c’est parce qu’il existe un idéal de gouvernance qui est fait de sagesse et d’esprit de service de tous et surtout des pauvres, un idéal de gouvernance qui a l’injustice en horreur.
Ayons donc le grand souci de confier la conduite de notre pays à un Chef d’Etat qui sache s’entourer d’une équipe de bâtisseurs d’une société plus juste, des bâtisseurs qui promeuvent le bien-être pour tous et mettent leurs compétences au seul service de l’intérêt supérieur de la Nation.

5. Aux candidats, nous demandons de faire preuve de grande culture démocratique, d’esprit de service, de souci de vérité, de vision prospective pour l’amélioration des conditions de vie des populations, en excluant toute diatribe inutile à l’égard de leurs adversaires et toutes promesses démagogiques en direction des populations.
Aux électeurs, nous demandons de prêter une oreille attentive aux discours de tous les candidats, de les soumettre à l’examen critique de leurs programmes ainsi qu’au discernement selon la Parole de Dieu. Celle-ci nous oriente sur le chemin de la paix, par la promotion de la justice, de la solidarité et de la réconciliation.
A tous les détenteurs de cartes d’électeurs, nous demandons d’aller accomplir effectivement leurs devoirs de citoyens quoi qu’il leur en coûte, selon leur seule conscience, librement et en toute responsabilité, affranchis de toute pression morale, matérielle ou financière. Qu’ils portent leur choix sur un dirigeant qu’ils jugent intègre et sincère, un patriote avéré qui ait foi en son pays, une personne enracinée dans les valeurs fondamentales de solidarité, de partage, de générosité, de justice, de paix et soucieuse des vertus morales de vérité, de droiture, de probité, de dignité.
Aux organisateurs de l’élection, aux observateurs et aux arbitres, nous demandons avec insistance, que toutes les dispositions soient prises, à tous les niveaux et à toutes les étapes, pour que le scrutin se déroule d’une manière régulière, libre et transparente, afin que soit évitée toute contestation post-électorale pouvant porter préjudice à la paix sociale.
Face aux grands chantiers qui attendent le Sénégal, ces toutes prochaines années, dans les domaines économique et social, mais aussi dans ceux de la morale et de l’éthique, nous conviendrons que rien ne se fera sans un retour définitif de la paix dans la partie sud du pays, en Casamance, région victime d’un conflit armé depuis trois décennies.
Pour ce faire, nous vous exhortons tous à la prière, et à l’écoute de la Parole de Dieu, mais surtout à mettre celle-ci en pratique. Ainsi éclairés par le Dieu de Paix, nous nous engagerons personnellement et collectivement à bannir toute forme de violence, et à créer les conditions d’une paix juste et véritable. La paix est toujours une tâche qui incombe à notre responsabilité, et sa construction nous engage tous. La prière seule ne suffit pas ! Ce sont et la prière et notre détermination à marcher sur les chemins du droit, de la vérité et de la justice, qui garderont notre pays en paix avec le secours de Dieu.
Assurément, si nous nous convertissons, et si nous nous appliquons à faire la volonté de Dieu, Dieu nous bénira. Il nous aidera à choisir le meilleur Chef d’Etat qui fera, avec tout le peuple, prospérer le Sénégal.
Tel est l’objet de notre prière que nous continuons de confier à Marie, Notre Dame de Poponguine, Reine du Sénégal.
« Notre Dame de Poponguine, Mère du Christ et Mère des hommes, obtiens de Dieu pour nous et pour ceux qui sont appelés à nous gouverner, la lumière et la force nécessaires à la promotion de la paix, de la prospérité et de la justice, ainsi que la concorde à l’intérieur du Sénégal et l’entente avec les autres peuples. Amen ! »

Fait à Mbour, le 11 janvier 2012

Les évêques du Sénégal

Card. Théodore Adrien SARR, Archevêque de Dakar
Mgr Jean Noël DIOUF, Evêque de Tambacounda
Mgr Jean Pierre BASSENE, Evêque de Kolda
Mgr Benjamin NDIAYE, Evêque de Kaolack
Mgr Ernest SAMBOU, Evêque de Saint Louis
Mgr Paul Abel MAMBA, Administrateur Apostolique de Ziguinchor
Mgr Alexandre MBENGUE, Administrateur Apostolique de Thiès(See attached file: Message des évêques du Sénégal a l’occasion de l’élection présidentielle de février 2012.doc)

Aux candidats déclarés, les évêques les incitent à «faire preuve de grande culture démocratique, d’esprit de service, de souci de vérité, de vision prospective pour l’amélioration des conditions de vie des populations en excluant toute diatribe inutile à l’égard de leurs adversaires et toutes promesses démagogiques en direction des populations».

En marge de leur face à face avec la presse, les évêques ont évoqué dix commandements à l’intention de tout électeur.
De prime abord, l’électeur doit voter selon sa conscience. Il doit respecter le choix des autres citoyens. Il doit chercher à mieux connaître chacun des candidats en vérifiant s’il est honnête, juste compétent, capable de gérer la nation pour le bien de tous.

L’électeur doit chercher à connaître les solutions que chaque candidat entend apporter aux problèmes des Sénégalais. Il ne doit pas vendre son vote pour un sac de riz, du sucre ou de l’argent. Il ne choisira pas les candidats qui prônent la violence ou menacent les autres. Il n’élira pas de candidats corruptibles, corrompus ou corrupteurs. Il ne choisira pas un candidat simplement à cause de sa religion, de son ethnie, de son appartenance familiale ou de sa popularité. L’électeur choisira le candidat qui est plus respectueux des valeurs morales. Il choisira le candidat qui aime le plus son pays et qui est déterminé à le servir et non à s‘en servir.

Je suis venu vous parler de la France que nous allons construire à partir du 6 mai 2012.

Mes chers amis, vous qui êtes ici, vous qui me regardez de loin, de plus loin même, je suis venu vous parler de la France, et donc de la République. Je suis venu vous parler de la France qui souffre, mais aussi de la France qui espère. Je suis venu vous parler de la France d’aujourd’hui – une page est en train de s’effacer – et de la France de demain – nous sommes en train de l’écrire. Je suis venu vous parler de la France que nous allons construire le 6 mai. Je le fais ici en Seine-Saint-Denis, ce département aux multiples couleurs, le plus jeune de France, qui accumule tant de difficultés, et qui en même temps recèle tant d’atouts.

Chacune, chacun, ici, plus loin, en métropole, en Outre-mer a son histoire, ses racines, son parcours, ses préférences, sa singularité. Mais nous appartenons à la même Nation, avec ses valeurs, ses principes, sa culture, sa langue, ses institutions et nous aspirons donc au même avenir. L’enjeu de cette campagne qui commence, n’allez pas le chercher dans un affrontement partisan. L’enjeu de cette campagne va bien au-delà de nous, de la Gauche. L’enjeu de cette campagne, à trois mois du premier tour, c’est la France. C’est la France, toujours.

Devant vous rassemblés, foule nombreuse, des milliers, je ressens une profonde émotion, celle d’exprimer votre conviction, votre volonté, votre espérance. Je mesure la fierté d’avoir été désigné par des primaires citoyennes comme candidat à l’élection présidentielle. J’ai conscience de la tâche qui est la mienne : incarner le changement, faire gagner la Gauche et redonner confiance à la France.

Nous sommes ici, mes chers amis, pour changer le destin de notre pays. Je suis prêt à assumer cette responsabilité et donc à vous dire quelle est ma conception de la présidence de la République, et ce qui justifie que je me présente aujourd’hui. Quelle est la plus grande mission que de présider la République française ?

Présider la République, c’est se dévouer à l’intérêt général, dont toute décision doit procéder. C’est éprouver la France par sa raison et dans son cœur. C’est prolonger l’histoire de notre pays, qui vient de loin, avant la République, avec la République, et qui a souvent, si souvent éclairé l’histoire du monde. C’est se situer à cette hauteur. C’est s’en montrer digne, partout, en tout lieu et dans tous les actes qu’exige la fonction présidentielle.

Présider la République, c’est préserver l’État, sa neutralité, son intégrité, face aux puissances d’argent, face aux clientèles, face au communautarisme. Présider la République, c’est être viscéralement attaché à la laïcité, car c’est une valeur qui libère et qui protège. Et c’est pourquoi j’inscrirai la loi de 1905, celle qui sépare les Eglises de l’Etat, dans la Constitution.

Présider la République, c’est refuser que tout procède d’un seul homme, d’un seul raisonnement, d’un seul parti, qui risque d’ailleurs de devenir un clan. Présider la République, c’est élargir les droits du Parlement. C’est reconnaître les collectivités locales dans leur liberté. C’est engager un nouvel acte de la décentralisation. C’est promouvoir les partenaires sociaux. C’est reconnaître leur rôle dans la Constitution. C’est faire participer les citoyens aux grands débats qui les concernent, et le premier sera l’avenir de l’énergie en France.

Présider la République, c’est choisir les femmes, les hommes qui gouverneront la France en respectant leurs compétences, et d’abord celles du Premier ministre. Présider la République, c’est accepter de partager le pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions. C’est aussi ne pas nommer le président ou les présidents des chaînes ou des radios du service public audiovisuel et laisser cette mission à une autorité indépendante.

Présider la République, c’est démocratiser les institutions. Et j’introduirai le non-cumul des mandats pour les Parlementaires, une part de proportionnelle à l’Assemblée nationale, la parité dans l’exercice des responsabilités et le droit de vote des étrangers aux élections locales, sans rien craindre pour notre citoyenneté, pour la cohésion du pays, en mettant de côté les peurs, les frilosités et les conservatismes.

Présider la République, c’est faire respecter les lois pour tous, partout, sans faveur pour les proches, sans faiblesse pour les puissants, en garantissant l’indépendance de la justice, en écartant toute intervention du pouvoir sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d’information, en n’utilisant pas le renseignement ou la police à des fins personnelles ou politiques. Présider la République, c’est être impitoyable à l’égard de la corruption. Et malheur aux élus qui y succomberont ! Présider la République, c’est rassembler, c’est réconcilier, c’est unir, sans jamais rien perdre de la direction à suivre. C’est écarter la stigmatisation, la division, la suspicion, les oppositions entre Français, ceux qui seraient là depuis toujours, ceux qui seraient là depuis moins longtemps.

Présider la République, c’est élever et ne jamais abaisser. Présider la République, c’est être ferme, ferme y compris à l’égard de l’immigration clandestine et de ceux qui l’exploitent. Mais c’est traiter dignement les étrangers en situation régulière et ceux qui ont vocation à l’être sur la base de critères objectifs. C’est accueillir les étudiants étrangers qui veulent apprendre dans notre pays pour enrichir le leur et qui font rayonner la France. Et aucune circulaire ne doit empêcher de circuler les étudiants, les savants, les artistes qui viennent ici pour donner le meilleur d’eux-mêmes.

Présider la République, c’est porter les valeurs de la France dans le monde. C’est considérer les autres peuples pour qu’ils nous estiment en retour. C’est s’abstenir de faire la leçon, y compris sur leur place dans l’histoire. C’est ne jamais transiger avec les fondements du génie français, qui sont l’esprit de liberté, la défense des droits de l’homme, l’attachement à la diversité culturelle et à la francophonie, la belle langue de France parlée par d’autres que des Français. Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris. Présider la République, c’est utiliser notre siège au Conseil de sécurité des Nations-Unies pour acter le départ de ceux qui écrasent leur peuple, comme Bachar el-Assad en Syrie. C’est inlassablement contribuer à la paix au Proche-Orient.

Mais Présider la République, c’est savoir aussi prendre des décisions difficiles, pas simplement à la suite d’un drame. Je pense à nos morts en Afghanistan, auxquels je veux rendre hommage ici, avec émotion, avec dignité, avec respect, comme aux blessés qui souffrent dans leur chair. Je pense à leurs familles dans la peine. Je les ai écoutées. Je pense à leurs proches qui s’interrogent. Ces hommes assassinés faisaient leur devoir. Leur sacrifice suscite le respect de la Nation toute entière. Mais il faut aussi avoir la lucidité d’affirmer, au-delà du dévouement des hommes là-bas pour leur pays, que notre mission est terminée. Elle avait été engagée il y a plus de dix ans par Lionel Jospin et Jacques Chirac dans un but précis, qui était de répondre à l’attaque terroriste sur les Etats-Unis. Je l’avais pleinement approuvée. Et bien aujourd’hui, cette mission est achevée. Il est donc temps de décider le retrait qui s’impose, et je l’ai décidé de longue date. J’en assumerai donc, si les Français m’en donnent mandat, toute la responsabilité. J’en préviendrai nos alliés et je ferai en sorte que ce retrait se fasse en bon ordre, sans en aucune façon menacer la vie de nos soldats.

Présider la République enfin, c’est donner le meilleur de soi-même, sans jamais attendre en retour récompense ni même reconnaissance. C’est être ambitieux pour son pays et humble pour soi-même. C’est se donner pleinement, entièrement à la cause que l’on a choisie, la seule cause qui vaille : servir la France. Présider la République, c’est mettre toute la puissance de l’Etat au service des citoyens. C’est donner l’exemple, y compris dans son comportement et pour sa propre rémunération. Et je ne dis pas cela par facilité ou par commodité ou pour plaire, mais tout simplement parce que ce doit être un principe. Je réduirai de 30 % les indemnités du Président et des membres du gouvernement, tout simplement pour donner l’exemple au moment où, précisément, des efforts sont demandés à nos concitoyens.

Présider la République, c’est à cette fonction que je me suis préparé. J’en sais la grandeur, la dureté. Je veux le faire en étant digne de votre confiance et en restant fidèle à moi-même. Tout dans ma vie m’a préparé à cette échéance : mes engagements, mes responsabilités, mes réussites, mes épreuves. J’ai toujours suivi la ligne que je m’étais fixée.

Je suis socialiste. La Gauche, je ne l’ai pas reçue en héritage. Il m’a fallu décider lucidement d’aller vers elle. J’ai grandi en Normandie dans une famille plutôt conservatrice. Mais cette famille m’a donné la liberté de choisir, par son éducation. Je remercie mes parents. Mon père, parce qu’il avait des idées contraires aux miennes et qu’il m’a aidé à affirmer mes convictions. Ma mère, parce qu’elle avait l’âme généreuse et qu’elle m’a transmis ce qu’il est de plus beau : l’ambition d’être utile.

La Gauche, je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée avec François Mitterrand dans la conquête. La Gauche, je l’ai défendue fermement dans ses réalisations : celles de 1981, celles de 1988. La Gauche, je l’ai servie comme élu de la République, comme député. La Gauche, je l’ai dirigée avec Lionel Jospin, quand nous gouvernions ensemble le pays avec honneur et j’en revendique les avancées. Aujourd’hui, c’est moi qui vous représente. C’est moi qui porte votre espoir. C’est moi qui porte l’obligation de gagner. C’est moi qui vais dans ce combat vous conduire à la victoire, celle que vous attendez depuis trop longtemps, dix ans déjà. Dix ans qu’une droite s’est installée au pouvoir et qu’elle a défait ce que nous avons construit.

Chers amis, laissez-moi vous en dire davantage. Je suis un élu de la France rurale où les agriculteurs démontrent l’excellence de leur travail sans en recevoir le revenu qu’ils méritent. Je suis de ce Limousin, de cette Corrèze où j’ai tant appris. J’ai été maire de Tulle, une ville petite par la taille, à peine 17 000 habitants, mais grande par l’histoire. Tulle a été une cité de la Résistance. Elle a souffert le martyre : 99 pendus, 200 déportés le 9 juin 1944, emportés par la barbarie nazie. Chaque année, ce 9 juin, un cortège s’ébranle dans les rues de ma ville pour rappeler la mémoire des suppliciés. Une guirlande est accrochée au balcon, là où un corps sans vie se balançait lentement. J’ai leur nom dans la tête. Ce sont mes héros. Je ne les oublierai jamais. Ils me font avancer. Ils me rappellent à chaque moment la belle leçon d’humanité de ceux qui ont sacrifié leur vie, leur vie pour notre liberté. Ces résistants n’ont pas eu de célébrité, pas de récompense, pas de médaille. Ils ne cherchaient rien, ils ne demandaient pas des bonus ou des stocks-options pour leurs actions. Ils étaient des hommes, des femmes fiers. Ce n’était pas l’ambition ou la cupidité qui les animaient. Ceux-là ont sauvé notre honneur parce qu’ils croyaient d’abord dans les valeurs de la France. Et bien c’est leur lutte qui m’éclaire aujourd’hui.

Je suis président d’un Conseil général, celui de la Corrèze. Un département célèbre pour ses personnalités politiques, mais qui est exigeant. Celui qui réussit à obtenir son soutien a au moins des qualités de cœur, même s’il n’a pas toujours raison. Rien ne m’a été donné. Ce que j’ai arraché, je l’ai conquis et je l’ai fait fructifier. J’ai déclaré ma candidature à l’élection présidentielle il y a presque un an. J’ai réussi à convaincre les électeurs des primaires citoyennes, quand bien peu imaginaient mon succès à l’origine. J’ai veillé, au lendemain de cette consultation, à rassembler tous ceux qui s’y étaient présentés, et je les salue avec affection, comme je salue Martine Aubry qui nous a permis de nous retrouver tous ensemble, et Jean-Michel Baylet qui nous apporte aussi les Radicaux de gauche.

Chers amis, si j’en suis là, c’est le fruit de cette obstination. Le hasard n’y est pour rien. C’est un aboutissement. Vous me connaissez, certains, depuis longtemps, trente ans. C’est un bail qui récompense, pour les uns et pour les autres, une fidélité et une ténacité. C’est vrai que je ne m’exhibe pas, je reste moi-même, c’est ma force. Ce que vous voyez ici, c’est ce que je suis. Je veux conquérir le pouvoir, mais je ne suis pas un vorace, je veux simplement le mettre au service des Français. Le pouvoir, j’en sais la nécessité, l’utilité, et j’en connais les dérives. Je suis placide avec ces choses, j’ai fait de l’engagement ma vie entière. J’ai sacrifié beaucoup. J’ai donné, j’ai reçu du temps, du travail, des coups, mais j’ai une cohérence, je m’y tiens, je suis constant dans mes choix. Je n’ai pas besoin de changer en permanence pour être moi-même. J’ai conscience que l’État, pour être efficace, appelle une direction sûre à sa tête, mais qu’il n’y a pas de réussite possible si celui qui est à la tête du pays, précisément, n’associe pas les autres, ne mobilise pas les intelligences, ne gagne pas le meilleur de ce qu’il y a dans chacun d’entre nous, ne fait pas entendre la voix du rassemblement, de la réconciliation et de l’apaisement. Je n’aime pas les honneurs, les protocoles et les palais. Je revendique une simplicité qui n’est pas une retenue, mais la marque de l’authentique autorité.

Je vais vous confier mon secret, ce secret que j’ai gardé depuis longtemps mais que vous avez sans doute découvert : j’aime les gens, quand d’autres sont fascinés par l’argent. Je prends chaque regard comme une attente, chaque visage comme une curiosité, chaque poignée de main comme une rencontre, chaque sourire comme une chance.

Je connais l’État pour en être issu et pour l’avoir servi de multiples façons. Certains me reprochent de n’avoir jamais été ministre. Quand je vois ceux qui le sont aujourd’hui, cela me rassure ! Ce sont les mêmes qui reprochaient en son temps à François Mitterrand de l’avoir été onze fois ! Et dois-je rappeler, en gardant la comparaison, que Georges Clémenceau ne devint ministre et président du Conseil qu’à 65 ans ? Mais je n’attendrai pas jusque-là, je vous le promets ! Je sais aussi que l’Histoire peut être tragique, que rien n’est jamais acquis, que tout ce que l’on croit irréversible, inaltérable, inattaquable peut être à tout moment atteint en son cœur. La crise, le fanatisme, le terrorisme, sans oublier les catastrophes naturelles : nous ne sommes jamais en paix. Le cours de l’Humanité n’est pas tranquille. Il connaît d’inexplicables assèchements, et parfois d’impensables débordements. L’homme d’Etat doit se préparer à tout, c’est-à-dire au pire, et toujours rester vigilant, poursuivre inlassablement le combat qui est le sien pour le progrès, pour la dignité humaine, pour la démocratie, ne pas se laisser détourner pas les mouvements d’humeur, par les modes, par les contournements de l’Histoire, tenir son cap. Je suis un optimiste de la volonté. Je crois que le meilleur est possible, qu’un peuple réuni autour d’un projet commun construit sa propre histoire. Je suis convaincu que les Français attendent aujourd’hui une direction forte, un rassemblement sur l’essentiel, et surtout de la part de celui qui doit les conduire, une considération, un apaisement, un respect, une confiance.

La confiance est un mot qui ne figure pas dans les lois ou dans les règlements, qui ne coûte rien mais qui peut rapporter beaucoup. Elle commande beaucoup de choses. Elle ne résout rien par elle-même, mais elle autorise tout si on sait la saisir. Et c’est pourquoi je veux redonner confiance aux Français.

Deux grandes dates ont marqué ma vie politique, l’une violente, le 21 avril 2002, une blessure que je porte encore sur moi, j’en ai la trace, ce soir terrible ou l’extrême droite, faute de vigilance et de lucidité face à la menace, face à la dispersion, met la Gauche hors-jeu et permet à la Droite de s’installer pour dix ans. J’en ai tiré toutes les leçons. Moi, je ne laisserai pas faire, je ne laisserai pas les ouvriers, les employés, aller vers une famille politique qui n’a jamais rien fait pour servir les intérêts de ces classes-là. Je ne laisserai pas un parti caricaturer les problèmes sans jamais apporter la moindre solution crédible. Je ne laisserai pas une formation politique se présenter comme la voix du peuple alors qu’elle veut simplement se servir de lui. Je ne laisserai pas s’éloigner au nom de la France des citoyens, nos amis, qui peuvent penser que l’ennemi est ici, qu’il a une couleur et une religion, ce qui serait contraire aux principes mêmes de notre République. Je ne laisserai pas utiliser la colère et la détresse pour mettre en cause la République, la construction européenne et les droits de l’homme. Je ne laisserai pas une formation politique réclamer le rétablissement de la peine de mort. Je me battrai, je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour conjurer ce risque et pour éviter que l’élection présidentielle soit tronquée. Parce que ce qu’attendent une grande majorité de nos concitoyens, c’est finalement le choix entre la Gauche et le Droite, c’est-à-dire le choix le plus clair pour permettre à notre pays de faire véritablement la décision.

L’autre date qui reste gravée dans ma mémoire est plus heureuse, c’est le 10 mai 1981. J’avais 26 ans. Je sais ce qu’elle a représenté pour tous ceux qui avaient attenu pendant des décennies, si longtemps donc, ce moment, l’alternance enfin, le bonheur de la victoire. Il y a eu bien sûr d’autres succès pour la Gauche : 1988, 1997, mais ils ne pouvaient pas avoir la même portée. Et pour autant, je ne veux pas verser dans la nostalgie. L’épopée de la Gauche ne peut pas se réduire à des moments exceptionnels : 1936, 1981. Moi, je veux installer la Gauche dans la durée, et si je suis candidat, c’est pour renouer le fil, pour poursuivre la marche, pour mettre en accord la Gauche avec la France. Je veux, amis ici et au-delà, voir votre bonheur le 6 mai, la joie, je veux voir la joie de la conquête, l’enthousiasme de l’audace, et en même temps les débordements de la liberté. Je veux gagner avec vous le droit de présider la France.

Je connais bien notre pays, je l’ai parcouru, sillonné tant de fois, sans jamais me lasser de le découvrir. Je connais ses villes qui changent, qui créent, qui entreprennent, ses espaces façonnés par le travail patient de nos agriculteurs, son espace maritime travaillé par les pêcheurs, ses lieux de production où l’intelligence des salariés se conjugue avec la compétence des ingénieurs. Je n’ignore rien non plus de nos villages où le silence s’est fait et où la vie s’est retirée, je n’ignore rien de ces quartiers de relégation où se mêlent la colère, le désespoir et malgré tout le talent et la volonté de réussir. C’est cette France que je veux avec vous servir.

Comme vous, je connais la gravité de l’heure que nous vivons. Une crise financière déstabilise les États, des dettes publiques énormes donnent aux marchés tous les droits. L’Europe se révèle incapable de protéger sa monnaie de la spéculation. Notre propre pays est confronté à un chômage record et s’enfonce dans la récession autant que dans l’austérité. Le doute s’est installé. Je le mesure chaque jour. Il se charge en défiance envers l’Europe et même envers la démocratie. Il se transforme en indignation devant l’injustice d’un système, l’impuissance d’une politique, l’indécence des nantis. Il dégénère en violence privée, familiale, sociale, urbaine, avec cette terrible idée qui s’est installée, qui se diffuse dans notre conscience collective : la marche vers le progrès se serait arrêtée, nos enfants seraient condamnés à vivre moins bien que nous. Eh bien, c’est contre cette idée-là que je me bats. Voilà pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle. Je veux redonner confiance aux Français dans leur vie : la France a traversé dans son histoire bien des épreuves, bien des crises, des guerres, des révolutions, elle les a toujours surmontées, toujours en refusant l’abaissement, la résiliation, le repli, jamais en succombant au conformisme, à la peur, à la loi du plus fort, mais en restant fidèle aux valeurs de la République, en allant puiser en elle-même le courage pour accomplir les efforts, pour défendre son modèle social, pour garder sa fierté en redressant la tête, en regardant lucidement le défi à affronter, en débattant librement et en faisant les choix qui s’imposent.

Il n’y a jamais, je dis bien jamais, une seule politique possible, quelle que soit la gravité de la situation. L’Histoire n’est pas l’addition de fatalités successives, elle nous enseigne qu’il y a toujours plusieurs chemins. La voie que je vous propose, c’est le redressement dans la justice, c’est l’espérance dans la promesse républicaine.

Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des États.

Cette emprise est devenue un empire. Et la crise qui sévit depuis le 15 septembre 2008, loin de l’affaiblir, l’a encore renforcée. Face à elle, à cette finance, les promesses de régulation, les incantations du « plus jamais ça » sont restées lettre morte. Les G20 se sont succédés sans résultat tangible. En Europe, 16 sommets de la dernière chance ont été convoqués pour reporter au suivant la résolution définitive du problème. Les banques, sauvées par les Etats, mangent désormais la main qui les a nourries. Les agences de notation, décriées à juste raison pour n’avoir rien vu de la crise des subprimes, décident du sort des dettes souveraines des principaux pays, justifiant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Quant aux fonds spéculatifs, loin d’avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle.

Disant cela, je ne montre pour autant aucune indulgence sur le quinquennat qui arrive à son terme. Mais là n’est déjà plus la question. Les jugements sont faits. Commencé dans la virevolte, ce quinquennat finit dans la tourmente. Plombé par des cadeaux fiscaux destinés aux plus fortunés, il s’achève par des hausses de prélèvements imposées à tous les Français. Inauguré par une promesse de retour au plein emploi, il se termine par un chômage record. Et que dire des déficits, de la dette, de la désindustrialisation, de la démolition des services publics, notamment de l’école ?

Un seul mot résume cette présidence : la dégradation. Tout s’est dégradé. Je ne parle pas d’une note. Je ne parle même pas des comptes publics. Je parle des conditions de vie, des comportements, tout simplement de la situation du pays. A l’injustice dans les choix, l’incohérence des décisions se sont ajoutés l’accaparement du pouvoir et la connivence avec les puissants, avec ce paradoxe ultime que la volonté d’omnipotence débouche sur un aveu d’impuissance. Voilà pourquoi le changement n’est pas seulement celui d’un président, d’un gouvernement ou d’une majorité. Il faut aller bien plus loin : c’est un changement de politique, de perspective, de dimension qu’il faut offrir à notre pays le 22 avril et le 6 mai.

Si la finance est l’adversaire, alors il faut l’affronter avec nos moyens et d’abord chez nous, sans faiblesse mais sans irréalisme, en pensant que ce sera un long combat, une dure épreuve mais que nous devrons montrer nos armes. Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives. Aucune banque française ne pourra avoir de présence dans les paradis fiscaux.

Les produits financiers toxiques, c’est-à-dire sans lien avec les nécessités de l’économie réelle seront purement et simplement interdits. Les stocks options seront supprimées. Et les bonus encadrés Enfin, je proposerai une taxe sur toutes les transactions financières, non pas le rétablissement de l’impôt de bourse, ce qui va être fait et qui a été supprimé il y a quelques mois – c’est vous dire la cohérence ! Non, je proposerai une véritable taxe sur les transactions financières, avec ceux en Europe qui voudront la mettre en œuvre avec nous. Je proposerai aussi, si l’on veut éviter d’être jugés par des agences de notation dont nous contestons la légitimité, de mettre en place au niveau européen une agence publique de notation.

L’autre point par rapport à la finance est européen. La zone euro se défait sous nos yeux. La France doit retrouver l’ambition de changer l’orientation de l’Europe. Elle imposera de savoir convaincre et entraîner nos partenaires. On me demande souvent : « mais comment allez vous faire pour faire venir vos alliés dans cette Europe, sur les positions que vous défendez, puisque le Président sortant n’y est pas arrivé » ? Mais ce qui va changer, c’est le vote des Français, qui sera notre levier pour convaincre. Les destins de l’Europe et de la France sont liés, la grandeur de la France ne peut pas être séparée de la force de l’Europe. Nous avons besoin d’Europe, elle doit nous aider à sortir de la crise mais pas imposer une austérité sans fin qui peut nous entraîner dans la spirale de la dépression. Les disciplines sont nécessaires, des engagements, devront être pris pour le désendettement et être respectés. Mais c’est la croissance qui nous permettra d’y parvenir le plus sûrement. C’est pourquoi je proposerai à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance. Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre pour lui apporter la dimension qui lui manque, c’est-à-dire la coordination des politiques économiques, des projets industriels, la relance de grands travaux dans le domaine de l’énergie et puis les instruments pour dominer la spéculation, un fonds européen qui puisse avoir les moyens d’agir sur les marchés avec l’intervention de la Banque centrale européenne qui devrait être, finalement, au service de la lutte contre la spéculation. J’agirai en faveur de la création d’euro-obligations afin de mutualiser une partie des dettes souveraines, de financer les grands projets. Je défendrai, parce que c’est le sens du projet européen, une démocratie qui associera les parlements nationaux et européens aux décisions qui devraient concerner les États. Je proposerai une nouvelle politique commerciale en Europe qui fera obstacle à la concurrence déloyale, qui fixera des règles strictes en matière sociale, en matière environnementale, de réciprocité. Une contribution écologique sera installée aux frontières de l’Europe pour venir compléter ce dispositif. Je continuerai à agir pour une parité juste de l’euro vis-à-vis du dollar américain. Je n’accepterai pas que la monnaie chinoise soit encore inconvertible alors que cette première puissance commerciale finit par être excédentaire sans que sa monnaie, jamais, ne soit réévaluée.

L’Europe a bien des défauts, je les connais. Mais en même temps elle est notre bien commun. Défendons-la, elle en a besoin, elle le mérite ! Ce qui manque à l’Europe, c’est du mouvement – et c’est un Européen de cœur qui le dit – mais pas dans n’importe quelle Europe : le mouvement vers une Europe de croissance, vers une Europe de solidarité, vers une Europe de protection. C’est la vocation de l’a France que de la construire avec l’Allemagne et avec les pays qui voudront nous accompagner.

Aucun des grands défis de l’Europe ne peut se résoudre sans le pacte d’amitié, dans l’égalité, que Français et Allemands ont noué au lendemain de la guerre. Je proposerai donc à nos amis allemands une nouvelle relation de vérité et d’égalité. De leur côté, ils devront faire preuve de solidarité. L’Allemagne ne restera pas forte dans une Europe faible. Elle ne restera pas riche dans une Europe appauvrie, voilà la vérité. Je sais que beaucoup en Allemagne le comprennent. Mais du nôtre, nous devons faire aussi des efforts, efforts de compétitivité, de justice fiscale. Voilà le pacte qu’il va falloir nouer et ouvrir un nouveau cycle en Europe, celui d’une coopération économique, industrielle, énergétique entre nos deux pays. Voilà pourquoi, en janvier 2013 – c’est tout proche, ce sera quelques mois après le rendez-vous du 6 mai –, si les Français m’en donnent mandat, je proposerai à la chancelière d’Allemagne l’élaboration d’un nouveau traité franco-allemand, traité de l’Élysée un demi-siècle après l’acte fondateur de De Gaulle et d’Adenauer qui engagea une dynamique pour nos deux pays.

Chers amis, je veux redonner confiance à la France dans l’Europe. Je veux maintenant vous dire ce que je veux pour le redressement de notre pays. Ce qui est en cause n’est plus la souveraineté d’hier, quand notre territoire était menacé. Ce qui est en cause, c’est la souveraineté de la République face aux marchés et à la mondialisation. Voilà pourquoi je veux redresser la France, la redresser financièrement, la redresser économiquement, la redresser industriellement. Notre pays a abandonné depuis trop longtemps son industrie, aveuglé par la chimère d’une économie sans usine, sans machine, comme si l’immatériel pouvait remplacer le travail de l’ouvrier, du contremaître, de l’ingénieur et de son savoir-faire. La réindustrialisation de la France sera ma priorité. Je créerai une banque publique d’investissement qui, en complément des fonds régionaux, accompagnera le développement des entreprises stratégiques. Je favoriserai la production en France en orientant les financements et les allégements fiscaux vers les entreprises qui investissent sur notre territoire, qui y localisent leurs activités, qui y mettent leurs emplois et qui sont en plus offensives à l’exportation. Je mobiliserai l’épargne des Français en créant un livret d’épargne dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME et des entreprises innovantes.

J’exigerai des entreprises qui se délocalisent qu’elles remboursent immédiatement les aides publiques reçues. Je donnerai priorité aux PME : ce sont elles qui embauchent, ce sont elles qui doivent être aidées avant tout, c’est pour elles que nous élargirons le crédit impôt recherche, que nous abaisserons l’impôt sur les sociétés, que nous créerons une agence pour les PME. Je soutiendrai l’économie numérique en organisant avec les collectivités locales et les industriels la couverture intégrale de la France en très haut débit d’ici 10 ans.

Le retour de la croissance passe aussi par la transition énergétique. Je me suis engagé à ce que la part du nucléaire dans la production d’électricité soit réduite de 75 % à 50 % d’ici 2025. Nous avons besoin d’une industrie nucléaire forte, inventant les technologies, les progrès de demain, mais nous avons besoin aussi d’énergies renouvelables, nous avons besoin aussi d’un plan d’économies d’énergie parce que ce sont ces trois actions – le nucléaire, les énergies renouvelables et les économies d’énergie – qui nous permettront d’avoir une perspective industrielle. Les économies d’énergie, nous les mettrons en œuvre par un plan de grands travaux : un million de logements neufs et anciens bénéficieront d’une isolation thermique de qualité. Nous créerons des dizaines de milliers d’emplois en améliorant en plus le pouvoir d’achat des ménages, par rapport à leurs frais de chauffage. Enfin, il n’y aura pas de retour à la croissance, pas d’industrie forte sans un effort de recherche et d’innovation. C’est tout notre avenir de nation industrielle qui se joue là. J’ai confiance dans la science, dans le progrès, dans la recherche, dans la capacité des inventeurs à nous donner les produits de demain sans avoir pour autant la crainte pour notre environnement. Parce que la recherche est aussi au service de l’écologie et de l’environnement.

Redresser l’économie, redresser l’industrie, mais aussi redresser les finances. Le niveau de la dette publique n’a jamais été aussi élevé. La dette publique a doublé depuis 2002. 10 ans de droite auront coûté aussi cher que tous les gouvernements réunis de la Ve République. Je n’ai ici pas compté tous les présidents qui se sont succédé mais, quels que soient leurs mérites ou leurs défauts, aucun n’avait été capable de mettre la dette publique à ce niveau-là. Il a fallu attendre 2002 pour avoir cette dérive. Pour maîtriser la dette, je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin du mandat qui me sera confié. Pour atteindre cet objectif, je reviendrai sur les cadeaux fiscaux et les multiples niches fiscales accordées depuis une décennie aux ménages les plus aisés et aux plus grosses entreprises. Cette réforme permettra de dégager près de 30 milliards de recettes supplémentaires. Mais dans le même temps, les dépenses de l’État seront maîtrisées. Toute nouvelle dépense sera financée par des économies, le nombre total de fonctionnaires n’augmentera pas, mais il sera mis fin à la règle aveugle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Ce redressement, mes amis, est indispensable. Mais il ne sera possible que dans la justice. Chaque nation a une âme. L’âme de la France, c’est l’égalité. C’est pour l’égalité que la France a fait sa révolution et a aboli les privilèges dans la nuit du 4 août 1789. C’est pour l’égalité que le peuple s’est soulevé en juin 1848. C’est pour l’égalité que la IIIe République a instauré l’école obligatoire et l’impôt citoyen sur le revenu. C’est pour l’égalité que le Front populaire a œuvré en 1936. C’est pour l’égalité que le gouvernement du général de Gaulle a institué la sécurité sociale en 1945. C’est pour l’égalité que François Mitterrand a été élu en 1981. C’est pour l’égalité que nous avons fait, avec Lionel Jospin, la couverture maladie universelle et l’allocation personnelle à l’autonomie. C’est pour l’égalité que nous aurons aussi à combattre et à proposer aux Français le changement.

L’égalité, c’est ce qui a permis à un enfant orphelin de père élevé par une mère pauvre, sourde et illettrée, de devenir prix Nobel de littérature. Il s’appelait Albert Camus et, après avoir reçu son prix, il écrivit en ces termes à son vieil instituteur : « ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, sans votre exemple, rien de tout cela ne me serait arrivé. » C’est pour l’égalité que nous devons agir parce que, depuis 10 ans, l’égalité recule partout. Partout, des privilèges apparaissent à mesure qu’une nouvelle aristocratie – j’emploie le mot à dessein – arrogante et cupide s’installe et prospère. 1 % des Français privilégiés se séparent du reste de la société. Ils vivent à côté de nous mais ils ne vivent déjà plus avec nous. Parfois, ils ne vivent même pas chez nous. Une véritable sécession sociale a vu le jour ces dernières années : des quartiers relégués, abandonnés et de l’autre des quartiers protégés, sécurisés pour que nul ne vienne déranger. Je serai le Président de la fin des privilèges parce que je ne peux pas admettre que, pendant ce temps-là, pendant que certains s’enrichissent sans limite, la précarité s’étende, la pauvreté s’aggrave et 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont beaucoup trop d’enfants.

Qu’on m’entende bien, l’égalité, ce n’est pas l’égalitarisme, c’est la justice. L’égalité, ce n’est pas l’assistanat, c’est la solidarité. Les Français n’ont rien à craindre de l’égalité, rien à craindre de la justice, rien à craindre de la redistribution. Les Français doivent savoir que, s’ils m’élisent, je ne poserai comme président qu’une seule question : avant tout effort supplémentaire, avant toute réforme, avant toute décision, avant toute loi, avant tout décret, je ne me poserai qu’une seule question : est-ce que ce que l’on me propose est juste ? Si c’est juste, je le prends, si ce n’est pas juste, je l’écarte. Seule la justice doit guider notre action.

C’est pourquoi j’engagerai avec le Parlement la réforme fiscale dont notre pays a besoin. C’est pour la justice que je reviendrai sur les allègements de l’impôt sur la fortune, c’est pour la justice que je veux que les revenus du capital soient taxés comme ceux du travail. Qui peut trouver normal qu’on gagne plus d’argent en dormant qu’en travaillant ? C’est pour la justice que je veux fusionner, après les avoir rapprochés, l’impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée, dans le cadre d’un prélèvement progressif sur le revenu. C’est pour la justice que je porterai la tranche supérieure à 45 % de l’impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros. Et on ne me fera pas croire qu’avec 150 000 euros, ce sont les classes moyennes qui seront concernées ! C’est pour la justice que je veux que nul ne puisse tirer avantage de niches fiscales au-delà d’une somme de 10 000 euros de diminution d’impôts par an.

Je sais que le combat sera rude, qu’on cherchera à faire peur, qu’on inquiètera… Si demain nous sommes en responsabilité, ceux à qui l’on prendra feront davantage entendre leur voix que ceux à qui l’on donnera. Je sais qu’il n’y aura pas de manifestation pour nous soutenir. C’est rare, c’est exceptionnel. Mais il peut y en avoir pour nous contester. Je sais que certains chercheront à nous faire peur et à effrayer les classes moyennes alors qu’elles ne trouveront qu’avantage dans la réforme que nous présenterons, prétendre que les grandes fortunes quitteront notre territoire. Mais est-ce que le bouclier fiscal a fait revenir les grandes fortunes en France ? Non ! Est-ce que le bouclier fiscal les a enrichies plus encore ? Oui ! Est-ce que les impôts de la plupart des Français ont baissé ? Non, ils ont augmenté ! Est-ce que ceux des plus favorisés ont diminué depuis 5 ans ? Oui ! Est-ce que la TVA n’est pas plus inquiétante dès lors qu’elle concernera tous les Français, mille fois oui, elle est plus inquiétante que ce que nous proposons !

Ce n’est pas seulement la réforme fiscale. L’égalité doit concerner tous les domaines de la vie en société. L’égalité doit commencer à faire partir à la retraite ceux qui ont commencé à travailler tôt, exercé les métiers les plus pénibles. Et c’est pourquoi, tout en ayant le souci de maîtriser les comptes et en ouvrant une négociation sur la réforme des retraites indispensable — puisque celle qui a été votée est non seulement injuste mais pas financée -, eh bien sans attendre l’ouverture de cette négociation, tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé 41 années retrouveront le droit à partir à la retraite à taux plein. La négociation, elle, portera sur la pénibilité, les décotes, le montant des pensions, l’âge légal, l’évolution des recettes, indispensable, et la pérennité de notre système par répartition.

L’égalité, c’est aussi le meilleur accès pour tous au logement. Nous manquons de logements en France. Ils atteignent des prix insupportables, et pas simplement dans les grandes villes. Il faut donc plus de logements. C’est pourquoi je prendrai une décision : l’Etat montrera l’exemple, il mettra immédiatement à la disposition des collectivités locales tous ses terrains disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements dans un délai de cinq ans. Plus de logements, plus de logements sociaux, et c’est pourquoi le Livret A — qui sert à collecter une épargne précieuse pour le logement social-, eh bien le livret A verra son plafond doubler, afin que tous les Français, par leur épargne, puissent financer le logement social.

Il faut plus de logements, plus de logements sociaux, et des logements moins chers. Je sais que cela prendra du temps, mais pour éviter les abus, j’encadrerai les loyers là où les prix sont manifestement excessifs. Il faut des villes plus équilibrées. Et je multiplierai par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes qui bafouent la loi de solidarité urbaine.

L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité pour la santé ! Nos professions de santé sont d’une qualité remarquable. J’en fais à chaque fois l’expérience. Leur métier est l’un des plus difficiles qui soient. Sans elles, le système se serait déjà effondré et, en même temps, trop de Français doivent renoncer à se soigner, pour des raisons financières ou pour des raisons de domicile. Les dépassements d’honoraires seront donc encadrés. Nous combattrons les déserts médicaux. Et par un nouveau système de tarification, qui fera la part entre l’activité et le service public, l’hôpital public sera conforté dans ses tâches et dans ses missions. Et je prends l’engagement que personne, je dis bien personne dans notre pays, ne soit à plus d’une demi-heure de transport d’un lieu de traitement des urgences médicales.

L’égalité, l’égalité encore, c’est le même accès pour tous à l’eau, au chauffage, à l’électricité. Il n’est pas, quand même, normal qu’une famille modeste paie l’eau au même prix, quand elle boit cette eau, que ceux qui la déversent sans compter ! Je créerai donc un tarif progressif de l’eau, comme du gaz et de l’électricité, qui garantira, au moins pour un certain volume, un prix stable et juste.

L’égalité, c’est le même salaire quand on a les mêmes compétences et les mêmes responsabilités. Comment la France, comment la République peut-elle accepter que les femmes soient moins bien payées que les hommes ? Les exonérations de cotisations sociales aux entreprises qui ne respectent pas cette règle seront purement et simplement supprimées.

L’égalité, toujours l’égalité, c’est aider les territoires qui en ont le plus besoin et notamment, et je parle ici en Seine Saint-Denis, nos banlieues. Cela veut dire qu’il faudra cesser d’aider de la même façon le quartier difficile d’une ville riche et le quartier difficile d’une ville qui n’a que des quartiers difficiles. Je compte sur tous les élus locaux pour m’accompagner dans ce mouvement. Il n’est pas nécessaire d’être de gauche pour être sensible à la terrible injustice que représente pour des millions de Français la vie dans des immeubles indignes ou dans des cités dégradées.

L’égalité, l’égalité c’est aussi la sécurité pour tous. Vivre dans la peur est insupportable ! L’insécurité est une injustice sociale intolérable. Elle touche les plus modestes, les plus âgés, les plus jeunes, les plus fragiles. La sécurité est un droit et je le ferai respecter en créant des zones de sécurité prioritaires là où il y a les taux de délinquance les plus élevés, en mettant des postes supplémentaires, 1 000 chaque année, dans la Justice, dans la Police, dans la Gendarmerie, en rapprochant les Forces de l’ordre des citoyens. Et je lutterai contre tous les trafics, toutes les mafias. Pas plus que je n’accepte la délinquance financière, la fraude fiscale, pas plus je ne tolère qu’un petit caïd avec sa bande mette une cité en coupe réglée et fasse vivre à ses habitants un enfer. Tous ceux-là, les délinquants financiers, les fraudeurs, les petits caïds, je les avertis : ceux qui ont pu croire que la loi ne les concernait pas, le prochain président les prévient, la République, oui, la République vous rattrapera !

L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité ce sont les mêmes droits pour tous, quels que soient son sexe et son orientation, c’est le droit de pouvoir se marier, d’adopter, pour les couples qui en décident ainsi. C’est le droit, pour les personnes handicapées, de vivre la vie la plus normale possible. Et je veillerai à ce que chaque loi comprenne un volet handicap.

L’égalité, c’est aussi l’accès à ce qui est le plus précieux, y compris quand on n’a plus rien, l’émancipation, l’enrichissement, la culture. La culture, Baudelaire l’évoquait : « le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité, c’est la culture ». Et là encore, nous devons agir. L’éducation artistique sera généralisée, l’aménagement culturel de la France sera une priorité. Il intégrera les territoires oubliés, les zones abandonnées, les quartiers dégradés de nos grandes villes. Et c’est pourquoi nous ouvrirons, là encore, une nouvelle étape de la décentralisation culturelle.

Quant à la loi Hadopi, inapplicable, elle sera remplacée – remplacée je dis bien, car il faut un cadre pour fixer les droits de chacun – par une grande loi signant l’acte 2 de l’exception culturelle, qui défendra à la fois les droits des créateurs, parce que nous avons besoin de créateurs et de production, et un accès aux œuvres par Internet. Nous ne devons pas opposer les créateurs et leurs publics. Le public et les créateurs sont dans le même mouvement pour l’émancipation, pour la découverte, pour la qualité, pour l’exception culturelle française.

Chers amis, je veux citer Pierre Mendès France, qui nous disait que « la vérité doit forcément guider nos pas ». Je vous dois donc la vérité. Je connais les contraintes financières, l’ampleur de nos déficits, la gravité de notre dette, la faiblesse de la croissance en 2012, la lourdeur de l’héritage qui nous sera légué. Je ne promettrai donc que ce que je suis capable de tenir. Je dois maîtriser sans rien renoncer les choses et d’abord le temps.

Le quinquennat s’ouvrira donc sur des réformes de structure, celles qui constitueront un redressement dans la justice, le redressement économique, la réforme fiscale, le pacte éducatif, la décentralisation. Nous traiterons aussi les urgences, l’emploi, et notamment l’emploi des jeunes, le logement, la santé. Mais c’est ensuite que nous pourrons redistribuer ce que nous aurons créé, ce que nous aurons fabriqué, ce que nous aurons engagé, ce que le pays aura pu, par son redressement, favoriser. Voilà les temps qui doivent être proposés.

Mais je ne perdrai pas un seul instant, pas un seul instant, du mandat qui me sera confié.

Sur le plan international, avec le sommet de l’Otan prévu à la fin du mois de mai 2012, nous engagerons le retrait de nos troupes d’Afghanistan. Sur le plan européen, si les Français m’en donnent mandat, mon premier déplacement sera pour rencontrer la Chancelière d’Allemagne et pour lui dire que nous devons ensemble changer l’orientation de l’Europe vers la croissance et dans le lancement de grands travaux.

Ici dans notre pays, sans même attendre le renouvellement de l’Assemblée nationale, j’engagerai, avec les nouveaux ministres et le nouveau gouvernement, les premières mesures contre la finance et pour la réforme bancaire. Pas un instant, nous ne resterons inactifs. Le quinquennat ne sera pas une volte-face, un zigzag, une contradiction. D’ores et déjà, nous savons où nous voulons aller. Nous connaissons les temps, les périodes, les rythmes. Nous avons fixé aux Français l’objectif, mais également les moyens. Nous savons que nous avons des moyens limités, mais que nous avons la volonté ! C’est cette démarche qui convaincra. Et ce n’est pas en improvisant en fin de mandat des mesures politiques, économiques, sociales qui ont tant manqué depuis cinq ans, que les Français pourront être sérieusement convaincus que le changement se fera, pour les cinq ans qui viennent, de ce côté-là.

Je veux vous parler, pour terminer, de notre avenir. L’idée républicaine, c’est une promesse. Une belle promesse, qui est celle de vivre mieux de génération en génération. La promesse républicaine, c’est que chaque génération vivra mieux que la précédente. Et aujourd’hui, cette promesse est trahie. Notre jeunesse est sacrifiée, abandonnée, reléguée. Chômage, précarité, dévalorisation des diplômes, désespérance, perte d’autonomie, accès au logement difficile. Sans compter ce que nous lui laissons, à cette jeunesse, un environnement dégradé, des retraites non financées, une dette considérable. Et pourtant, la jeunesse c’est notre chance ! Comment peut-on accepter que cette chance devienne une charge ? J’ai beaucoup réfléchi, depuis plusieurs mois même, à ce que pouvait être l’enjeu de l’élection présidentielle, au-delà de la crise, du redressement à accomplir, de la justice à réaliser. J’en suis arrivé à cette conclusion simple : c’est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France. Je veux redonner confiance à la jeunesse ! Et c’est la raison pour laquelle je veux faire de l’éducation une grande cause nationale. J’ai proposé de créer 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation, pas seulement de professeurs, mais de surveillants, d’infirmières, d’assistantes sociales, de tous ceux qui contribuent à l’accueil, à l’accompagnement, à la réussite des jeunes. On me dit « c’est trop ». Non, je dis « ce n’est peut-être pas assez » ! C’est terrible de mener une bataille contre l’échec scolaire, qui fait chaque année plus de 150 000 victimes, 150 000 qui sortent sans diplôme, sans qualification, de l’école. La priorité ira aux écoles maternelles et primaires parce que c’est là que beaucoup se joue et que les premiers retards se précisent. Les rythmes scolaires qui n’ont aucun équivalent en Europe seront revus. Au collège et au lycée, les élèves les plus en difficulté bénéficieront d’un accompagnement personnalisé, pour qu’à la fin du quinquennat, je dis bien à la fin du quinquennat, le nombre de jeunes qui sortent sans qualification du système scolaire soit divisé par deux. Aucun jeune, aucun jeune de 16 à 18 ans – et je sais ce qu’est la déscolarisation dans beaucoup de nos villes et dans beaucoup de familles -, aucun jeune de 16 à 18 ans ne restera sans solution de formation, d’emploi ou même de service civique. Personne ne sera laissé là, de côté, abandonné, oublié ! C’est pour notre jeunesse que nous devons faire de l’emploi une priorité et créer progressivement 150 000 emplois d’avenir réservés aux jeunes, en particulier ceux issus des quartiers difficiles.

C’est pour les jeunes mais aussi les seniors que j’ai porté cette belle idée du contrat de génération, pour permettre l’embauche de jeunes en contrat à durée indéterminée dès lors qu’ils sont accompagnés par un salarié plus expérimenté, qui lui-même est maintenu dans l’emploi jusqu’à son départ à la retraite. C’est la réconciliation des âges, c’est la solidarité entre les générations ! Partout où je vais dans les usines, deux sortes de travailleurs viennent me voir. Les plus anciens, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons partir ? Et les plus jeunes, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons pouvoir entrer ? Et je leur dis « mais si vous les seniors, vous accompagnez les jeunes, vous leur donnez votre savoir-faire, votre expérience, votre compétence, est-ce que ce n’est pas finalement la plus belle mission qui peut vous être confiée avant d’attendre le départ à la retraite ? Et vous, les jeunes, si vous entrez enfin dans l’emploi avec un contrat à durée indéterminée, vous pouvez retrouver l’autonomie que vous attendez depuis si longtemps ». Je pense aussi aux jeunes qui sont étudiants et dont les familles sont modestes. Ceux-là recevront aussi une allocation d’études sous conditions de ressources pour leur permettre d’avoir l’autonomie.

C’est cela, le projet : faire tout pour que la jeunesse réussisse, non pas pour elle-même, non pas parce qu’elle serait une catégorie, non pas parce que je voudrais la flatter, mais parce que c’est ce qui permet à ceux qui sont parents, grands-parents, de retrouver eux-mêmes espoir dans l’avenir, fierté dans la réussite, de se dire « mais qu’allons-nous laisser, laisser après nous, quelle société voulons-nous transmettre à nos enfants, à nos petits-enfants ? ». Une société du chômage, de la précarité, de l’angoisse, de la dislocation ou, au contraire, une société où les chances soient attribuées, où les conditions de réussite soient posées et où l’on se dise : je vais bientôt partir, que ce soit à la retraite ou pour le grand voyage, je vais bientôt partir mais au moins, je sais que ce qui a été transmis sera finalement, pour la génération qui arrive, la réussite possible que je n’ai même pas eue pour moi-même.

Et moi, moi qui suis devant vous candidat à l’élection présidentielle, si je reçois le mandat du pays d’être le prochain président, je ne veux être jugé que sur un seul objectif : est-ce qu’au terme du mandat qui me sera, si les Français le veulent, confié, est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse ! Changer leur vie serait pour moi la plus grande des fiertés. Ce n’est pas un engagement à la légère que je prends. C’est pour mobiliser toute la Nation par rapport à cet enjeu.

Chers amis, j’ai parlé du Rêve français. Oui, le beau rêve, le rêve que tout au long des siècles, depuis la Révolution française, les citoyens ont caressé, ont porté. Ce rêve de vivre mieux, ce rêve de laisser un monde meilleur, ce rêve du progrès, ce rêve de pouvoir franchir à chaque fois les étapes de l’humanité, ce rêve ne nous appartient pas qu’en propre, mais il se trouve que c’est nous, la France, qui avons inventé la République. C’est nous qui avons porté cet idéal qu’une société, si elle s’organisait, si elle se donnait les moyens, si elle faisait de l’égalité, de la liberté et de la fraternité son mode de vie, pouvait être l’émancipation pour chacun.

C’est ce rêve-là que j’ai voulu de nouveau ré-enchanter – et aussitôt, la Droite s’est gaussée. Comment, comment serait-il possible de parler de rêve en cette période ? C’est vrai, ce n’est pas un rêve que nous vivons… Comment serait-il possible de parler de rêve au moment où la crise condamnerait toute ambition ? Ce serait une chimère. Mais moi, je ne vous appelle pas à mettre votre tête dans les étoiles. Je vous appelle à retrouver le récit républicain, celui qui nous a fait avancer pendant des décennies, le récit de la Révolution française, de ces hommes, de ces femmes aussi, qui ont voulu avancer dans une histoire inconnue qui s’ouvrait sous leur yeux, qui était l’histoire de l’égalité humaine.

Oui, ce récit républicain qui s’est poursuivi avec les républiques, avec la IIIe République, avec, aussi, la Libération, le Conseil national de la résistance, ce rêve, ce récit républicain que mai 68 a aussi, d’une certaine façon, fait ressurgir ! Et puis, mai 1981 et tant d’autres étapes. C’est cela, le récit de la République. Il n’appartient pas qu’à la Gauche. Tous ceux qui se sont succédé pendant des décennies à la tête du pays ont porté le récit républicain. A chaque fois, et quels que fussent les reproches que nos prédécesseurs aient pu leur adresser, c’était, finalement, leur ambition aussi, faire avancer la France. Alors le rêve, surtout, portons-le !

Et je me permettrai de citer Shakespeare, qui rappelait cette loi pourtant universelle : « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve ». Eh bien nous réussirons parce que nous commencerons par évoquer le rêve ! Le rêve français, c’est la confiance dans la démocratie, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent, plus forte que les croyances, plus forte que les religions ! Le rêve français, c’est l’achèvement de la promesse républicaine autour de l’école, de la laïcité, de la dignité humaine, de l’intérêt général.

Le rêve français, c’est le creuset qui permet à toutes les couleurs de peau d’être à égalité de droits et de devoirs. Le rêve français, c’est l’affirmation des valeurs universelles qui vont bien au-delà des frontières, qui vont bien au-delà de la Nation. Ce n’est pas un espace limité, mais qui est proclamé à tous, à la face du monde. Le rêve français, c’est notre histoire, c’est notre projet ! Le rêve français, c’est une force, c’est le projet que je vous propose, parce qu’il nous ressemble, parce qu’il nous rassemble !

Je veux, je veux que nous allions ensemble vers la France de demain ! Une France du travail, du mérite, de l’effort, de l’initiative, de l’entreprise, où le droit de chacun s’appuiera sur l’égalité de tous. Une France de la justice, où l’argent sera remis à sa place, qui est celle d’un serviteur et non d’un maître. Une France de la solidarité, où aucun des enfants de la Nation ne sera laissé de côté. Une France du civisme, où chacun demandera non pas ce que la République peut faire pour lui, mais ce que lui, peut faire pour la République ! Une France de la diversité où chacun apportera sa différence, mais dans l’unité de la République, où les Outremers nous ouvrent à tous les horizons du monde et où les enfants d’immigrés doivent être fiers, fiers d’entre Français, Français, parce que c’est le plus beau nom qu’on puisse donner à un citoyen du monde, à une France de l’exemple, où le pays se retrouve dans ce qui l’élève, dans ce qui le réunit, le dépasse, une France de la confiance où toutes les forces qui la constituent se mobilisent pour l’avenir !

La France, la France n’est pas un problème. La France est la solution !

Voilà le choix, chers amis, voilà le choix qui vous attend. Toujours le même, toujours celui, depuis que la démocratie existe, entre la peur et l’espoir, entre la résignation et le sursaut, entre l’agitation et le changement. Eh bien le changement, le changement, c’est maintenant ! Le redressement, c’est maintenant ! La justice, c’est maintenant ! L’espérance, c’est maintenant ! La République c’est maintenant !

Mobilisons-nous, rassemblons-nous et dans trois mois, dans trois mois, nous ferons gagner la Gauche, avancer la France et nous réussirons le changement ! Le changement, j’y suis prêt !

Vive la République ! Et vive la France !

UN QUART DE SIÈCLE SOUS LE SOUFFLE DE L’AFRIQUE

Une légende vivanteLes 25 ans du festival international Nuits d’Afrique.
Du mardi 12 au dimanche 24 juillet 2011.

25e édition du Festival international Nuits d’Afrique
Première partie du 12 au 18 juillet 2011.
Sous le thème « Un quart de siècle de musique du monde», la 25e édition du Festival international Nuits d’Afrique a pris son élan ce mardi, 12 juillet 2011, pour treize jours de célébrations ! Cette 25e édition sera un clin d’œil aux grands moments de ces 25 dernières années, mais aussi une mise en vie de cette coutume d’innovation qui fait la force de l’événement. Tradition, audace, renouveau et affirmation culturelle sont les mots clés de cette édition exceptionnelle, où seront présentés 57 concerts d’artistes issus de 32 pays !

1. Van Merwijks Music Machine & Manou Gallo
Mardi, 12 Juillet, 2011 – 20:00, Cabaret du Mile End.

Si Lucas Van Merwijks n’avait pas été l’un des meilleurs batteurs de sa génération, gageons qu’il aurait été chercheur, tant sa prolifique carrière musicale est marquée par l’expérience. Sur scène avec le percussionniste Aly N’Diaye Rose, fils du célèbre Doudou N’Diaye Rose, lui et l’incomparable bassiste, guitariste, percussionniste et auteure ivoirienne Manou Gallo, ex- Zap Mama, explorent leurs racines et partent à la découverte de nouveaux territoires sonores. Une expérience de continuelle invention qui est à l’avant-garde de la musique métissée en son tissu profond, celui de la culture transmise et des références artistiques de ceux et celles qui la crée.

Lucas Van Merwijks
Pays-Bas

Né aux Pays-Bas en 1961, Lucas Van Merwijk est attiré par la batterie dès sa plus tendre enfance. Il commence son apprentissage alors qu’il n’a que 9 ans. Parvenu à l’âge adulte, il étudie durant deux ans au Sweelinck Conservatorium d’Amsterdam et, en parallèle, se lance dans une carrière professionnelle sur les scènes salsa et jazz néerlandaises. De 1984 à 1987, il joue dans l’orchestre de Henri Guedon, à Paris et, à partir de 1985, passe sept ans dans le Future Shock de Maarten van Norden.

Dans les années 1980, il avait perfectionné sa technique des percussions afro-cubaines en suivant un cours donné par Oscarito Valdes, à Cuba. Il renouvellera cette expérience en 1992. Depuis le début de sa carrière, il a joué avec de nombreux groupes et artistes européens, notamment le fameux Nueva Manteca depuis 1987. Trois ans plus tard, il se lance dans l’aventure du trio Sticks & Strings, devenu depuis le Trio Amuedo, van Merwijk, Vierdag, et enregistre en 1992 l’album Uru puis un autre Jamfever en 1997. Avec ces formations, il enchaîne les tournées dans le monde entier. En 1997, il crée, en outre, le label Tam Tam Records.

Il est actuellement à la tête de quatre groupes différents: le Cubop City Big Band (depuis 1995), Drumix! avec Aly N’Diaye Rose (depuis 2000), l’orchestre de percussions du monde Drums United (depuis 2000) et Music Machine. Ce dernier est une formation à géométrie variable qui lui permet de multiplier les collaborations. C’est dans ce cadre qu’il joue aujourd’hui avec Manou Gallo. Avec le Cubop City Big Band, il a sorti les albums Machito Project (1995), Moré and More (1997), Arsenio (2002) et Que sensación (2008), avec Drumix! l’album éponyme en 2000 et, avec Drums United, le DVD World of Rythm (2006).

Par ailleurs, il est professeur de batterie et de percussions au département Musiques du monde du conservatoire CODARTS de Rotterdam et au département de jazz au conservatoire d’Amsterdam depuis 1987. L’ensemble de ces expériences lui permet d’avoir un style bien à lui, mélange d’influences cubaines, brésiliennes, et nord-américaines qui fait sa notoriété dans le monde musical ; tout cela est lié par le génie musical africain, raison de sa présence au vingt-cinquième du Festival international Nuits d’Afrique, à Montréal.

Manou Gallo
Côte d’Ivoire

Née en 1972, Manou Gallo est originaire de Divo, en Côte d’Ivoire, mais de racines sénégalaises, comme son nom le dit si bien. Très tôt, elle s’intéresse au monde du spectacle. À 12 ans, elle monte sur scène pour la première fois pour jouer une pièce de théâtre musicale avec d’autres enfants au sein du groupe Woya. Durant des années, on parlera de ce spectacle dans toute l‘Afrique de l‘Ouest. Jusqu’en 1989, la troupe fait en effet des tournées régulières au Burkina Faso, au Bénin, au Togo et au Mali et enregistre quatre albums.

En 1990, Woya est dissout et Manou part alors à Abidjan où elle apprend à jouer de la basse. Trois ans plus tard, elle parfait ses connaissances dans le village artistique de Ki-Yi-Mbock où elle s‘initie à la danse, au théâtre et où elle participe à l‘enregistrement d‘un disque produit par Ray Lema. En 1997, elle est appelée par Michel De Bock, tour manager du groupe Zap Mama, pour intégrer le groupe en tant que bassiste. Elle débarque en Belgique et intègre l’aventure Zap Mama qu’elle ne quittera plus durant six ans. Elle prend part aussi à l’aventure des Tambours de Brazza. Elle découvre l’Europe, le mélange des cultures, l’ouverture des Bruxellois… Elle se met également plus intensément aux percussions, un instrument traditionnellement réservé aux hommes.

Durant cette période, elle écrit en français, en anglais et en dida, sa langue maternelle, preuve de ce mélange quotidien dans lequel elle vit. Elle les met en musique, sur des rythmes qui viennent de son pays natal, mêlés à ceux qu’elle a connus sur son chemin depuis le début de sa carrière. En 2001, elle crée son propre groupe, avec des amis musiciens, sous le nom du Djiboi. Leur premier disque, Dida, est sorti en 2005, suivi de Manou Gallo en 2007, puis Lowlin en 2010. Elle est nommée Révélation Coup de cœur Francophone en 2009.

La profondeur de la voix de Manou Gallo sur des musiques chaudes se fait entendre ainsi au-delà des frontières, un rêve qu’elle n’aurait sans doute pas osé, une folie devenue réalité.

2. Manu Dibango Mercredi 13 juillet 2011(20h30)
au Métropolis de Montréal, en première, Marianne Aya Omac.

Manu Dibango, l’une des vedettes africaines de la musique, l’un des grands saxophonistes actuels, est un artiste incontournable. C’est une bête de scène à la bonne humeur communicative. Le concept même de musique du monde lui doit beaucoup. A 78 ans, Manu Dibango, le plus grand saxophoniste africain et, surtout, l’un des pères fondateurs d’une musique africaine moderne, ouverte sur le jazz, le rythme & blues, la salsa, le gospel, le funk, et le reggae, conserve de manière exemplaire son dynamisme.

Né en 1933 à Douala, au Cameroun, il chante dans la chorale que dirige sa mère mais cela est, pour lui, du pur amusement. Il débarque en France alors qu’il a 15 ans pour poursuivre ses études. À ce moment-là, il ne connaît encore rien (ou presque) au jazz, rien non plus au saxophone. Le virus ne l’a pas encore atteint. Deux années passent avant qu’il ne découvre ce qui fera sa vie : le saxophone. Rapidement, il se produit dans des clubs… au grand dam de son père.

La suite de ses pérégrinations le mène en Belgique où il se fond dans la communauté congolaise. Au début des années 1960, le chanteur Kabasele, venu tout droit de Kinshasa, l’embauche dans son groupe, l‘African Jazz. Il enregistre de nombreux disques avec eux et entreprend des tournées à répétition. Quelques années plus tard, il fonde son propre orchestre et développe un style bien à lui, des sons uniques.

En 1972, sort un 45-tours dont la face B va devenir l’un des plus grands tube africain de tous les temps : Soul Makossa, vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde, véritable hit aux États-Unis et réutilisé depuis par Michael Jackson et Rihanna, entre autres. La « word music » est née.

Dans les années 1970 et 1980, Manu Dibango enregistre de nombreux albums, mélanges de jazz et de musiques africaines, parmi lesquels ‘Super Kumba’ (1974), ‘Africadelic’ (1975), ‘Mélodies africaines’ (1983), puis des opus afro-électro-funk dont ‘Abele Dance’ (1984). Enchaînant tournées et enregistrements, Manu Dibango n’oublie pas d’où il vient et s’engage régulièrement pour défendre les causes chères aux Africaines et aux Africains. Celui qui ne cesse de jeter des ponts entre les continents et les genres musicaux a produit depuis le début de sa carrière plus de trente disques, dont ‘Manu Dibango joue Sidney Bechet’ en mars 2007.

Manu Dibango, personnage clé de la fin du XXe siècle est au moins autant journaliste, anthropologue ou philosophe, que musicien. Sans lui, la « world » aurait sans doute fini par exister : mais au moins cinquante ans plus tard !

Depuis plus de trente albums studios ont suivi, parmi lesquels Gone Clear (1979), Ambassador (1981), Wakafrika (1994), Lamastabastani (1995) ou B Sides (2002). Il a également composé des musiques de films comme Kirikou ou les bêtes sauvages ou Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer.

Manu Dibango, c’est la mémoire de la musique africaine et de la sono mondiale. Il a joué aux quatre coins du monde avec les plus grands. Il est lui-même devenu une des figures les plus prestigieuses du jazz et du continent africain.

Chaque dimanche, avec la complicité de « Robert Tito » (Robert Brazza), Manu nous entraîne dans son monde, nous raconte son histoire qui s’écrit aujourd’hui encore à travers la planète, là où il promène son saxophone toujours et encore. Manu sur AFRICA N°1, ce sont aussi ses amis qui viennent lui rendre visite en studio comme à un vieux frère.

Spécialiste des mélanges de genres, Manu Dibango prend encore aujourd’hui un malin plaisir à brouiller les pistes, à croiser les influences, à s’imprégner de musiques variées, pour mieux surprendre et embarquer le public dans un voyage inoubliable.

Marianne Aya Omac, en lever de rideau de Manu
France

Marianne Aya Omac, c’est une auteure, une compositrice et une guitariste mais aussi une voix, puissante, chaleureuse, diverse qui attire l’oreille. Et mieux vaut avoir ce don lorsque l’on joue pendant six ans, 300 jours par an dans les rues de Montpellier. C’est comme ça que Marianne Aya Omac a commencé sa carrière d’artiste, se forgeant un public à l’énergie.

Parallèlement, Marianne rejoint la Gospelize-it Mass Choir, chorale gospel amatrice. Elle y apprend les techniques du gospel, l’implication du corps et de l’esprit dans la musique. Durant ces années, elle voyage souvent en Amérique latine et vit, en outre, dans le quartier gitan de Montpellier. Un cocktail qui lui permet d’avancer également dans le domaine des musiques latines et gitanes.

Grâce à ce parcours éclectique, elle se lance dans la création de son groupe en 1997, Ginkobiloba. Avec cette formation, elle enregistre deux albums, Pachamama (1999) et Mamacita (2002), et donne de nombreux concerts. Le succès est au rendez-vous, le public bien présent et pourtant, Marianne ne veut pas s’arrêter là. Elle choisit en 2005 de laisser le groupe et de se lancer dans une nouvelle aventure. Une double aventure.

En octobre 2004 et en janvier 2005, elle crée respectivement le Chœur de la Buèges et le Chœur de la Garrigue, deux chœurs de gospel, composé chacun de plusieurs dizaines de choristes. Parfois les deux chœurs se retrouvent pour donner des concerts en commun sous le nom de Grand Chœur de la Garrigue, mais chacun avance sur son chemin. Ils font ainsi la première partie de personnalités des « musiques du monde », Salif Keita, Idir, Souad Massi, Compay Segundo… Trois ans après la fin de “Ginkobiloba”, elle sort son premier album Be my witness en 2008. À Montréal, elle s’est fait connaître et aime y jouer, la communauté des es fans se développe avec enthousiasme.

Aujourd’hui, Marianne Aya Omac se produit sous son propre nom, en solo. Qu’elle chante en anglais, en français ou en espagnol, son énergie reste la même, sans artifices et sans détours, avec une voix toujours aussi présente et des textes plein d‘humanisme. Elle a lancé son dernier album le 5 juillet 2001 sous l’étiquette des Disques Nuits d’Afrique.

3. ZAL SISSOKHO, MANSA SISSOKO & MAMADOU KOÏTA, RENCONTRE AU SOMMET
Jeudi 14 juillet, 21 h 00 au Club Balattou

Glissant leurs doigts agiles sur les 21 cordes de leurs koras, Zal Idrissa Sissokho et Mansa Sissoko ont embrassé la destinée que leur confère leur statut de griot. Accompagnés au balafon de Mamadou Koïta, lui aussi griot, ils portent fièrement les trésors de la civilisation mandingue à travers le monde. L’Empire mandingue, c’est le titre que Zal Idrissa Sissokho a choisi pour cette soirée à ne pas manquer. Au cœur des traditions et au faite de la modernité, les héritiers de la culture mandingue que sont ces trois virtuoses professionnels de haut niveau, offrent aux Montréalaises et aux Montréalais, une soirée riche en mélodies, en créativité et surtout, très particulière. À trois, ils mettent en commun leur trésor harmonique et leur savoir historique, leur génie culturel, leurs valeurs sociales et leurs dimensions humaines d’envergure, combinés en une commune complicité faite de respect artistique entre eux, de science solide apprise dans l’immense conservatoire ancestral. Une invitation à découvrir l’ouest africain, son héritage commun, sa culture millénaire, mais aussi sa vitalité et sa joie de vivre. Une seule et suprême rencontre à laquelle vous devez participer, un privilège que nous vous souhaitons de connaître.

Mamadou koïta, Musicien virtuose du Burkina Faso

Balafoniste, percussionniste (djembé, doundoun, bara, tama), joueur de n’goni (instrument traditionnel africain s’apparentant à la guitare ou à la harpe), chanteur et auteur-compositeur, Mamadou Koïta est un musicien virtuose originaire du Burkina Faso. Il est né et a grandi dans l’univers musical des griots de l’ethnie Bwaba. Les griots sont une caste de poètes et de musiciens dépositaires de la tradition orale en Afrique de l’Ouest. Comme dans la famille de Toumani Diabaté, la famille Koïta pratique l’une des plus grandes traditions musicales du monde : la musique mandingue.

Parcours impressionnant.

Originaire du village de Djibasso au Burkina Faso, Mamadou Koïta est entraîné très tôt par les flots de la musique, puisqu’il vient d’une famille de griots. À l’âge de cinq ans déjà, les groupes d’animation musicale attiraient plus Mamadou que les terrains de football et autres jeux d’enfance. C’est cinq ans plus tard, en 1992, que la musique s’impose véritablement à Mamadou. En effet, le jeune artiste sait désormais accompagner ses frères à presque tous les instruments traditionnels : le djembé, le bara, le doundoun, le n’goni, le tama et le balafon qu’il a appris de ses parents et amis. Conscient que son destin ne se trouve nulle part ailleurs que dans la musique, Mamadou décide véritablement de tout laisser tomber pour se consacrer à la musique. En 2002, Il déménage alors à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Il intègre Sinia Sigui, la troupe familiale, de même que la troupe Zimawe du Kadiogo et le groupe Les Frères Diarra, autant de groupes avec lesquels il participe à une série d’animations et de concerts en Afrique, mais aussi en France et en Suisse. Après une participation remarquée en 2002 aux éliminatoires de la Semaine Nationale de la Culture où il remporte avec son groupe Sinia Sigui la 2e place dans la catégorie Musique traditionnelle Instrumentale, Mamadou Koïta est déjà considéré comme le meilleur percussionniste de sa génération.

En 2004, Mamadou fait ses premiers pas sur une plateforme internationale, puisqu’il est choisi pour participer à une animation avec le célèbre musicien burkinabé Adama Dramé lors de l’ouverture du Sommet de la Francophonie au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou. En 2005, Mamadou et son groupe Sinia Sigui montent un projet d’échange culturel entre le Burkina et la France qui mènera à la création du Festival des Musiques d’ici et d’ailleurs. Mamadou et Sinia Sigui participent également à la deuxième phase du projet réalisée en 2006 à Cergy. Dès 2005 et au cours de 2006, en plus des spectacles auxquels il participe avec ses différents groupes, Mamadou participe au Festival de contes et musique du Niger et part également quelques temps au Ghana pour donner des stages de djembé. Il prend part également en 2006 au lancement de l’album Lafila Boumfan d’Ibrahim Keita. Une autre collaboration musicale voit le jour en 2008 avec des membres du groupe français « La Roulette Rustre ». De cette collaboration naîtront l’album « Tiiga fato » et une tournée de la troupe au Burkina Faso en 2010.

Mansa Sissoko
Mali, Québec

Mansa Sissoko est originaire de Baleya, au Mali. Ses parents, tous deux griots, chantent et content les histoires familiales lors des grands événements. Il se met à la kora alors qu’il a 15 ans. Il n’y est pas initié par son père, qui ne joue pas de cet instrument, mais par ses cousins. Ceux-ci ne sont pas des débutants : ils font partie des familles de Toumani Diabaté et Ballaké Sissoko, des maîtres de la kora en Afrique de l’ouest.

A partir des années 90, il mène une carrière de koriste en Afrique, en France et au Canada, il participe à divers albums, notamment pour Habib Koité et Tiken Jah Fakoly, et parcourt le Mali pour chanter et jouer. En 2004, Mansa enregistre à Bamako l’album N’tomi, accompagné du groupe Kabarata. Il y interprète ses compositions ainsi que des pièces inspirées du répertoire traditionnel mandingue. C’est ainsi qu’il devient le personnage principal du documentaire de Bay Weyman, Road to Baleya, sorti en 2008. Ce film montre Mansa Sissoko de retour dans son village natal en compagnie de plusieurs musiciens canadiens. Une illustration des ponts entre les peuples que permet la musique, une métaphore de la rencontre entre Mansa Sissoko, le Malien, et Jayme Stone, le Canadien joueur de banjo.

Ce dernier, impressionné par la connaissance musicale de Mansa, décide de s’intéresser davantage aux musiques d’Afrique de l’ouest et de le rejoindre au Mali, afin d’apprendre les rythmes et les mélodies traditionnelles guidé par une « encyclopédie vivante », comme il le surnomme. Le voyage de plusieurs mois a lieu en 2007. Jayme reste au Mali plusieurs mois en compagnie de Mansa et les deux musiciens concoctent ainsi un bijou de musique africano-occidentale, Africa to Appalachia, Juno (prix musical canadien) dans la catégorie « Musique du monde » en 2009 et meilleur groupe de musique du monde aux Canadian Folk Music Awards la même année.

Zal Idrissa Sissokho, ambassadeur de la culture
Sénégal, Québec

L’un de ses ancêtres fut le premier joueur de kora de l’histoire et son frère, Younoussa, fut dans les années 1980, le premier griot à venir s’installer au Québec. Au Sénégal, la famille des Sissokho est l’une des plus importantes représentantes des griots, ceux qui transmettent oralement l’histoire du peuple mandingue depuis des siècles. Bref, Zal Idrissa Sissokho était prédestiné à chanter et à jouer de la kora.

Né au Sénégal, il joue de la musique depuis ses 11 ans. Très tôt également, il chante et compose en mandingue et en wolof des chansons inspirées du répertoire ouest-africain. Il perfectionne sa pratique de la kora sous la férule d’un des maîtres de l’instrument, Toumani Kouyaté, puis accompagne l’auteur compositeur sénégalais El Hadj N’Diaye.

Il embarque pour le Québec à la fin des années 1990 et y joue notamment avec les frères Diouf, Richard Séguin, le Montréal Jubilation Choir, Corneille, Monica Freire, Lilison, IKS, Muna Mingolé, Alpha Yaya Diallo… Il fait sonner son instrument également pour des musiques de films dont Un dimanche à Kigali de Robert Favreau. À Las Vegas, il participe au spectacle « O » du Cirque du Soleil.

En 2004, il fonde son propre groupe, nommé Buntalo. Il s’entoure pour cela de musiciens montréalais originaires d’Afrique de l’Ouest : Aboulaye Koné à la guitare, David Mobio au clavier, Manu Pelé à la basse et Thomas Niamke Ehui à la batterie. Leur répertoire est composé de créations originales de Zal Idrissa Sissokho et de Manu Pelé ainsi que de pièces classiques mandingues, qu’il chante en malinké et en wolof. Une large palette permettant de faire cohabiter tradition et modernité. En 2007, plusieurs de ses chansons apparaissent sur la compilation du festival international Nuits d’Afrique. Un avant-goût prometteur d’un album complet qui ne tardera pas…

Ambassadeur, médiateur, tel est aujourd’hui, au sein de notre vie sociale et culturelle canadienne, québécoise et montréalaise, Zal Idrissa Sissokho. Pour lui, « l’artiste peut faire passer des messages parce qu’il a une tribune lors des spectacles. Parce qu’il parle de manière sensible, il a la possibilité de toucher les gens et de les faire réfléchir sur ce qui se passe autour d’eux. Contrairement au politicien qui a un intérêt partisan, l’artiste est libre d’offrir son opinion aux spectateurs, par ses paroles et sa musique. »

En février 2008, Zal bénéficie d’une belle reconnaissance : il reçoit le prix OQAJ-Rideau des Amériques décerné pour l’excellence de sa performance, la générosité de sa présence sur scène et pour la beauté de ses métissages musicaux. Il sort son premier album, tant attendu, dans la foulée. Il s’intitule Silaba (« la grande route »). Cet hommage aux ancêtres présente son inestimable héritage musical et retrace la « grande route » que Zal a parcourue depuis ses débuts au Sénégal. Souvent au Brésil depuis trois ans surtout, Zal s’est imposé à force de travail, mais surtout grâce à une éthique remarquable et des valeurs, dont l’honnêteté et la détermination, qui font sa notoriété artistique et expliquent le respect qu’il sème sur son parcours, tant dans le milieu des arts que dans la société en général.

4. Christine Atallah, reine et magicienne
Dimanche 17 juillet à 21 h 00 au Club Balattou

Christine Atallah porte les mélodies, les rythmes et joue avec des instruments aux accents mélangés qui produisent une sonorité suave, élégante et d’une présence amicale. Créations qui nous portent, qui initient des mouvements et des nuances inédites. Elle crée une musique en myriades d’Est en Ouest, met en valeur des chants des profondeurs et imprègne de lueurs légères et nouvelles un monde de vibrations pour le siècle.

Voix du présent et du futur, Christine Atallah ouvre des horizons de fraîcheur, crée entre la musique classique et les musiques aux rythmes mélodiques du monde, un pont de force et de douceur. Christine Atallah, grâce à sa voix des mille et un charmes aux accents de sarabandes de reine et majestueuse magicienne, avec les tempos latins et les éclats arabo-jazzés, envoûtants cantiques pour le bonheur et la paix de l’humanité, est la star d’envergure que toutes et tous souhaitent sur la planète des arts et de la culture universels.

Nommée la diva rebelle, cette auteure compositrice replongera dans ses racines Libanaises pour vous offrir un concert extravagant et exotique. Des musiciens orientaux se joindront aux instrumentalistes occidentaux dans des pièces en français, arabe, espagnol et anglais. Vous vous envolerez sur un tapis volant tamisé d’instruments qui existent depuis l’aube de la civilisation.

Née dans une famille conservatrice, Christine Atallah a dû lutter pour pratiquer sa passion, le chant. Bien décidée pourtant à continuer sur cette voie, elle parvient à devenir soliste dans plusieurs chorales et est alors remarquée par Margaret Khalil, chanteuse du Metropolitan Opera de New York. Celle-ci lui propose de lui donner des cours. C’est le début d’une grande histoire…

Elle décroche une bourse pour continuer son apprentissage à Milan et a alors l’opportunité de chanter dans Aida de Verdi, un spectacle donné dans les grands stades du monde. Suivent plusieurs engagements au cinéma et sur la scène internationale. Elle interprète notamment la bande originale de Jésus de Montréal, de Denys Arcand.

Dans ces années, une alliance musicale se forge avec le compositeur canadien John Winiarz. Depuis leur rencontre, Christine a inspiré et interprété plus de douze de ses œuvres, dont plusieurs premières mondiales. Par ailleurs, elle étudie et danse avec Gabrielle Taylor du Mahattan Motion Dance à Broadway. Une expérience qui fait de Christine une interprète accomplie.

En 2003, elle fonde le groupe Les Bassalindos avec François Lalonde (batterie), Mathieu Tessier et Danny McLaughlin (guitares). Leur musique est un mélange cosmopolite où l’on retrouve l’Occident et l’Orient, combinés avec des éléments latinos, jazz et arabes, une musique où se mêlent le oud, les violons, les percussions arabes, la batterie, les cuivres, les guitares… La majeure partie de leur répertoire est signée Christine Atallah et Danny McLaughlin. Leur premier album, Escapades, sort en 2006 avec la participation de divers artistes comme Jésus EL Niño Perez, Roberto Torres, Oscar D’Leon, Ricardo Lemvo, Hussein El-Emam…

Seule ou accompagnée, Christine Atallah utilise le velours de sa voix, en anglais, en français, en arabe, en espagnol et en italien, pour emmener son public dans un voyage doux et envoutant. Personnalité forte et artiste de talent, elle tisse, au fil des concerts et des créations, un univers si créatif et ouvre des horizons capables, un jour, d’offrir au monde un florilège musical d’une ampleur universel.

5. Zoutenn de Mondélé, artiste de la perfection
Lundi, 18 Juillet, 2011 – 21:00 Club Balattou

Des accords de guitares délicats, une voie douce, entre agréable torpeur et mélancolie satinée… On pense voyage, on pense enfance, on pense paix et humanité… Les mélodies intimistes de ce jeune auteur, compositeur et interprète, finaliste l’an dernier du Prix de la diversité du Conseil des arts de Montréal, rappellent un peu celles de Lokua Kanza.

Zoutenn de Mondélé est né à Bangui en République centrafricaine. Très jeune, il se découvre un goût pour la musique. Au début, il apprend seul, découvre divers instruments en autodidacte complet. Adolescent, il passe des concours, participe à des événements culturels puis se forme finalement à la musique en suivant des cours, afin de se construire une base musicale et instrumentale plus solide. En 2003, il part étudier l’informatique à Dakar. Et il en profite pour s’inscrire à l’École nationale des arts. Il enregistre une première maquette de ses chansons en 2005. Sa musique transpire de ses racines artistiques et culturelles, qu’il sait manier et agencer avec élégance.

En 2008, il continue son voyage vers l’ouest… et s’installe à Montréal. Là, il s’initie à la guitare jazz et se plonge entièrement dans un milieu musical vraiment métissé où se mélangent allégrement les origines et les styles. C’est ainsi, porté par ce bouillonnement d’influences, qu’il se lance sur la scène montréalaise. En 2010, il accède à la finale du Prix de la Diversité du Conseil des arts de Montréal, choisi parmi 40 candidats.

Cette même année, sort son album intitulé Ngba na mabé. Cet opus révèle la maturité atteinte par Zoutenn de Mondélé qui se nourrit de toutes ses expériences musicales, qui est avide de découvertes et gourmand de mixité culturelle. Il est habité par le désir de la perfection sans cesse renouvelé et ne cesse de se perfectionner. L’année 2010 s’est achevée en outre par la formation d’un groupe avec le percussionniste Sadio Sissokho et le multi-instrumentiste Derek Harrison et la création du spectacle De Chœur à cœur. Soyez attentifs, il vous réserve de nombreuses surprises.

Yves ALAVO

Pour la programmation de l’édition du 25e anniversaire du FINA :
http://www.festivalnuitsdafrique.com/

Partage de l’expertise des villes en faveur d’Haïti

Montréal, le 11 janvier 2011 –

 Dans le cadre du Programme de coopération des municipalités Haïti/Canada, le maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, en présence de l’honorable Beverley J. Oda, ministre de la Coopération internationale, a annoncé la participation de la Ville afin de soutenir la Ville de Port-au-Prince dans ses efforts de reconstruction. Montréal sera ainsi la première ville au monde à intervenir en sol haïtien pour mettre à profit son expertise et aider à remettre sur pied l’administration municipale de la capitale haïtienne.

 « Nous sommes fiers de présenter aujourd’hui la première phase de la participation de la Ville de Montréal à la reconstruction de la Ville de Port-au-Prince. En contribuant à poser les jalons d’une administration municipale, nous aidons les Haïtiens dans ce que nous connaissons le mieux : la gestion d’une ville au quotidien. À terme, cela permettra à Port-au-Prince d’assurer ses responsabilités dans des domaines prioritaires tels que le logement, la planification urbaine, les infrastructures et le développement économique », a déclaré le maire de Montréal.

 La Ville de Montréal offrira son soutien à la Ville de Port-au-Prince par le biais d’une contribution en ressources humaines. Au total, 51 missions d’une durée approximative d’un mois seront réalisées au cours de cette première phase d’activités. De plus, un bureau d’appui à la mairie sera mis en place dans la capitale pour coordonner la formation d’employés municipaux, l’achat d’équipements et la mise en œuvre des projets de construction et de réhabilitation. L’expertise montréalaise sera également mise à profit au niveau de la planification et la gestion du territoire, la formation des fonctionnaires et des élus, la présence des hommes et des femmes dans les fonctions publiques et électives ainsi que du développement durable. Précisons que les coûts directs et indirects engagés par la Ville seront assumés par le Programme de coopération des municipalités Haïti/Canada.

 Rappelons que ce Programme est un programme collectif pancanadien d’appui à des communautés haïtiennes et financé par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Réalisé conjointement par la Ville de Montréal, la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et l’Union des municipalités québécoises (UMQ), qui partageront eux aussi leur expertise, ce programme a pour but de fournir une assistance stratégique à la reconstruction d’Haïti en misant sur le renforcement de la capacité institutionnelle de collectivités territoriales haïtiennes affectées par le séisme de 2010. À cet effet, une entente tripartite a été signée entre les partenaires de même qu’un accord de contribution avec l’ACDI.

CONSULAT GÉNÉRAL DE LA RÉPUBLIQUE D’HAITI

Pour diffusion immédiate

Montréal, le 11 janvier 2011.– Le Consulat général d’Haïti à Montréal  informe que le gouvernement haïtien a décrété le 12 janvier jour du souvenir et  de recueillement  en mémoire des victimes du séisme de janvier 2010. En conséquence, plusieurs dispositions  ont été adoptées telles que:

  • Mise en berne du drapeau haïtien
  • Port de brassard ou de bouton noir
  • Observation de 35 secondes de silence ce mercredi  12 janvier 2011 à 4h53 p.m. (16h53) par toute la population haïtienne.

A cet effet, les bureaux du consulat seront fermés au public en signe de souvenir et de recueillement.

Le ministère des haïtiens vivant à l’étranger invite tous les compatriotes vivant à l’extérieur  à adopter des mesures similaires.  En ce sens, le consulat  encourage les stations de radios communautaires à diffuser des musiques de circonstance en vue de créer une ambiance et une atmosphère de méditation et de souvenir.

Le Consulat général d’Haïti à Montréal salue la mémoire de nos nombreuses victimes tout en pensant à plusieurs de ces amis étrangers, particulièrement les québécois qui ont péri lors de cette catastrophe.

-30 –

Contact :

Marie-Émile MARTINEAU

Vice consule

Affaires culturelles & Communication

emartineau@haiti-motreal.org

514-499-1919 poste 228

Sud-Soudan en marche : Vers un nouvel État

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Près de quatre millions de Sud-Soudanais se prononceront, à partir du 9 janvier, pour ou contre leur indépendance. Un référendum chèrement payé par des décennies de guerre qui ont fait deux millions de morts

Fanfare et soldats au garde-à-vous, tapis rouge, haie d’honneur et officiels en tenue, la cérémonie organisée, mardi 4 janvier, sur l’aéroport de Juba, principale ville de la région semi-autonome du Sud-Soudan, avait tous les atours d’une répétition générale. Une répétition avant le jour, qui n’a jamais été aussi proche, où Juba, alors devenue capitale d’un Etat souverain, accueillera des présidents étrangers.

Mardi, le président qui essuyait les plâtres n’a peut-être pas goûté l’ironie de ce faste orchestré par les autorités régionales sud-soudanaises. Omar Al-Bachir, 67 ans, le raïs de Khartoum, l’homme fort du pays depuis 1989, arrivait de la capitale pour une de ses rares visites dans cette région rebelle depuis toujours à son pouvoir, quelques jours seulement avant un référendum qui pourrait bien se solder par la sécession du Sud-Soudan et la création d’un tout nouvel Etat, le 55e du continent africain mais le premier à modifier les frontières tracées à la baïonnette par les anciens colons.

A partir de dimanche 9 janvier, près de quatre millions de Sud-Soudanais se prononceront en effet pour ou contre le maintien de l’unité du Soudan. Pour les observateurs, longtemps sceptiques sur la tenue de cette consultation pour des raisons autant logistiques que politiques, le résultat ne fait aucun doute. La balance penchera lourdement en faveur d’une sécession, un rêve chèrement payé et si longtemps attendu par les quelque 8,5 millions de  » Sudistes « , un cinquième des Soudanais.

Cette victoire attendue et préparée sonnera-t-elle le glas de décennies de guerres entre le Nord, à majorité musulmane, et le Sud, animiste ou chrétien, davantage tourné vers l’Afrique noire ? La tenue du référendum est déjà, en soi, un petit miracle, même s’il était promis à cette date depuis six ans par l’accord de paix globale (CPA). Sur le papier, ce texte historique, signé le 9 janvier 2005, ouvrait la voie vers l’indépendance. Mais, à cette époque, il mettait surtout un terme à la seconde guerre civile soudanaise qui faisait rage depuis 1983, soit plus de vingt ans de tueries jalonnées de deux millions de morts.

Les deux hommes forts du pays, et ennemis irréductibles, avaient alors paraphé le texte. Pour le gouvernement central, ce fut Omar Al-Bachir, à la tête du Soudan depuis son coup d’Etat militaire de 1989. Pour les Sudistes, la plume ne pouvait être tenue que par le général John Garang de Mabior, le chef de la rébellio et son héros.. Le CPA prévoyant également un partage des pouvoirs, en clair une ouverture aux Sudistes tenus depuis toujours – ou presque – à l’écart des affaires du pays, John Garang avait été investi, en juillet 2005, premier vice-président à Khartoum. Trois semaines plus tard, il disparaissait dans un accident d’hélicoptère. Salva Kiir Mayardit, 60 ans, lui succédait et c’est à lui, sans doute, que reviendra l’insigne privilège de déclarer l’indépendance du Sud, le 1er juillet.

Longtemps resté dans l’ombre du charismatique John Garang au sein de l’Armée-Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLA-M), Salva Kiir, un géant barbu au front scarifié, lui aussi issu de l’ethnie dinka, est aussi légitime que son prédécesseur.

Son histoire se confond avec la lutte des Sudistes dans la seconde moitié du XXe siècle. Les armes, Salva Kiir les a prises dès les années 1960, soit peu de temps après l’indépendance de 1956 accordée par le condominium anglo-égyptien qui conduisait aux destinées du Soudan depuis 1899. Il se bat alors au sein de la première rébellion sudiste, l’Anyanya, contre la politique d’arabisation et d’islamisation forcée du pays par le Nord, et la suppression de l’autonomie dont le Sud jouissait durant la période anglo-égyptienne, fût-elle sous le contrôle total du condominium et non des autochtones. En 1972, les accords d’Addis-Abeba entre l’Anyanya et le pouvoir central mettaient fin à la guerre et accordaient un statut d’autonomie au Sud.

Salva Kiir intégrait les rangs de l’armée soudanaise, jusqu’en 1983. A cette date, Khartoum supprimait l’autonomie. La guerre reprenait. Salva Kiir se trouvait aux côtés de John Garang pour fonder le SPLA-M dont il deviendra le chef militaire puis le numéro deux jusqu’à la mort de John Garang.

Combattant respecté, l’homme s’est aussi révélé être un fin politique, faute d’être un gestionnaire avisé des affaires publiques. Car peu de monde aurait parié sur la tenue du référendum au soir de la signature du CPA. Et si les Sudistes sont aujourd’hui à la veille de ce jour historique, c’est grâce notamment à la façon dont Salva Kiir, soutenu par Washington, a tenu face à un Omar Al-Bachir qui sait tout ce qu’il risque de perdre avec cette sécession. Raison pour laquelle le président soudanais a tout mis en oeuvre pour en retarder l’échéance. Entreprise vaine jusqu’à présent, mais quelle sera la suite ?

En public, le raïs affiche dorénavant un visage étonnamment conciliant.  » Je célébrerai votre décision, même si vous choisissez la sécession « , a-t-il déclaré dans son discours du 4 janvier à Juba, retransmis en direct sur la télévision d’Etat.  » Personnellement, je serai triste si le Soudan se sépare, mais en même temps, je serai heureux si nous avons la paix « , a-t-il ajouté. Il s’est même dit  » prêt  » à accorder toute l’aide  » technique, logistique ou professionnelle «  dont ne manquera pas d’avoir besoin ce nouvel Etat, rongé par la corruption et où une jeune fille a plus de chances de mourir en couches avant l’âge de 15 ans que de finir l’école primaire.

L’histoire a toutefois enseigné aux Sudistes de se méfier des belles paroles d’Omar Al-Bachir. Au Sud, on voit la main de Khartoum derrière les luttes intertribales récurrentes, les incursions meurtrières de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), rébellion ougandaise active en Afrique centrale, ou des soulèvements en différents points des 2 000 kilomètres de frontières nord-sud. Et si l’on se prend à rêver d’un déroulement pacifique du référendum suivi d’une reconnaissance des résultats par Khartoum, ce qui est loin d’être gagné, les thèmes de discorde sont légion entre deux futurs Etats cimentés dans une défiance réciproque.

De nombreux points trop litigieux pour être réglés avant le référendum sont encore en suspens. Ils peuvent fournir autant de prétextes à Khartoum pour entraver la sécession du Sud. Car, même sans envisager le pire – peu s’attendent à ce que Juba et Khartoum en reviennent à une guerre totale -, l’avenir d’un Sud souverain et viable reste à écrire. Dans un récent rapport, le cercle de réflexion International Crisis Group (ICG) rappelait que des points aussi importants que  » les questions de nationalité et de citoyenneté – pour les Sudistes vivant au Nord et inversement – , de gestion des ressources naturelles – eau et pétrole – , de monnaie, de patrimoine public, de frontières, de sécurité et de traités internationaux restent à négocier « .

 » Or le Parti du Congrès national – NCP, au pouvoir à Khartoum – pourrait bien continuer à contrecarrer le déroulement des négociations post-référendaires dans le but d’obtenir le maximum de concessions de la part du SPLM – Mouvement de libération des peuples du Soudan, appellation depuis l’accord de 2005 du SPLA-M – et de la communauté internationale en échange de leur reconnaissance du référendum « , ajoutait le rapport, sans parvenir à trancher sur la stratégie que Khartoum adoptera. Les Etats-Unis ont déjà promis au Nord un allégement de leurs sanctions économiques et un allégement de la dette soudanaise si Khartoum évitait de torpiller le processus électoral.

Ensuite, la question du partage des richesses du Sud, notamment, promet de rudes débats.  » Les causes de deux cents ans de lutte – Nord-Sud – sont plus souvent qu’elles ne le devraient attribuées à la diversité ethnique ou religieuse, peuples du Sud, Africains, chrétiens contre Arabes musulmans au Nord « , peut-on lire dans l’ouvrage collectif White Nile Black Blood (éditions The Red Sea Press, 2000).  » En réalité, le coeur des conflits incessants est le continuel transfert de richesses du Sud, au sous-sol et aux terres agricoles extrêmement riches, entre les mains d’une petite élite qui vit au Nord, très pauvre « , ajoutaient les auteurs.

Au XIXe siècle, ces richesses avaient pour nom l’ivoire et les esclaves. De nos jours, c’est l’or noir. Avec une production de 500 000 barils par jour, le Soudan est le troisième producteur de pétrole d’Afrique. Malheureusement pour Khartoum, qui tire la quasi-totalité de ses devises de l’exportation pétrolière, 75 % de la production provient du Sud, territoire grand comme la France, ou de zones instables à la lisière nord-sud, telle que la région d’Abyei, où un deuxième référendum pouvant décider de son rattachement au Sud devait se tenir le 9 janvier mais a été repoussé à une date ultérieure.

Certes, le Sud, dépourvu totalement ou presque d’infrastructures et d’industries, n’a, à ce jour, d’autre option que d’utiliser les oléoducs du Nord pour amener le pétrole vers les raffineries, puis vers Port-Soudan, d’où il est exporté. Mais, avec l’indépendance et la négociation de nouveaux accords de partage, Khartoum verra fondre une partie de sa rente. Omar Al-Bachir le sait qui pourrait bien voir la contestation monter dans son propre camp alors qu’il est déjà affaibli sur la scène internationale depuis son inculpation, en juillet 2010, par la Cour pénale internationale, pour génocide au Darfour.

Car l’indépendance n’est pas un thème très populaire au Nord, y compris au sein du NCP, le parti du président. La fin prochaine du régime islamo-militaire d’Omar Al-Bachir a certes été prophétisée à plusieurs reprises. Il a jusqu’à présent démontré ses capacités de survie politique. Survivra-t-il à la division du pays ? Il semble en tout cas qu’il n’a plus guère les moyens de s’y opposer. Mardi 4 janvier à Juba, un Sudiste brandissait une pancarte :  » Bienvenue Bachir, et adieu « .

Christophe Châtelot

© Le Monde

Article pour La Tribune Juive sur Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes.

Le 9 novembre 2010, notre collaborateur Yves Alavo lançait un 2e recueil de poésie à la maison de la culture Ahuntsic, Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes paru aux Éditions Grenier.. À cette occasion, un certificat de reconnaissance lui a été présenté par le ministre fédéral de l’immigration, de la citoyenneté et du multiculturalisme M. Jason Kenney, » pour  son accomplissement remarquable à promouvoir la culture au Canada« .

Vertiges que l’on ressent à la lecture de cette prose poétique.  Entrer dans l’univers littéraire d’Yves Alavo nous  fait perdre pied et nous  déstabilise dans nos certitudes de vocabulaire, . En effet, comment le thé peut-il porter des « sonorités harmonieuses »(p.26) et comment la tendresse peut-elle être une couleur « blanche la tendresse qui monte de l’âme « (p.34)?  C’est grâce à un riche éventail d’images inédites que le poète nous désarçonne et nous entraîne dans son monde tourbillonnant. Vertiges.

Sublimes. C’est à un état permanent d’extase que nous sommes conviés en parcourant ces poèmes.  L’homme est sans cesse conquis au superlatif par la femme.  Celle qui porte des « escarpins divins » (p.24), celles qui sont « deux fois plus que belles » (p.42) ou encore celle qui fait dessiner  et danser le poète (p.88). L’homme poète recherche et cultive  des femmes à admirer. Il nous  entraîne au-delà du réel féminin, au-delà du réel humain tout court, là où ce sont les sensations fortes qui  guident : « lumière de ton baiser, lumière de ta main chaude« (p.40). Sublimes.

Couleurs . C’est une oeuvre de jeunesse très colorée peinte par le poète lui-même qui sert de couverture au livre. Le jeune homme de vingt ans trouvait alors dans l’expression picturale,  le moyen de communiquer au monde ses émotions.  Aujourd’hui,  à l’âge de la maturité,  l’auteur se sert de la palette des couleurs pour exprimer des idées politiques « La vague bleue » (p.18), rendre hommage à des artistes « Oranges, les chaussons des danseuses« (p.69)  et même crier une sensualité qui explose «  jaunes saveurs des langues enlacées  » (p.34). Comme le titre l’évoque, chaque saison a sa couleur, « hiver blanc« (p.58) , « printemps  vert  » (p.59), « été  jaune« (p.60) « automne rouge » (p.61). Yves Alavo aime les couleurs et sa poésie nous emmène dans un univers vif et vibrant. Couleurs.

Saisons. L’auteur est originaire du continent africain où se succèdent deux saisons pas vraiment différenciées avec soleil et chaleur en permanence.  On oserait soumettre l’hypothèse que le poète a été envoûté par le contraste violent de nos saisons nordiques, tellement courtes qu’il faut les embrasser immédiatement, tellement rudes qu’il faut développer une carapace d’évasion, tellement soudaines qu’elles font sursauter  le poète et l’émeuvent « sur le chemin du parc, le vert est frappant » (p.47). Même si l’immigration est une exil, « exil du coeur jamais parti et pourtant orphelin« (p.22), il est bon de croire que notre diversité canadienne et québécoise toute en saisons et en humains a retenu chez nous Yves Alavo pour le meilleur et pour la poésie. Saisons.

Intimes. Il est des états d’âme que seule la poésie permet d’exprimer. Colère devant l’injustice sous forme d’écriture revendicatrice. Désir passionnel sous forme fleurie et arrondie. Enthousiasme jovial sous forme de délire littéraire. L’intimité , c’est le poète qui livre ses secrets, qui déplie la toile rangée des convenances et qui entrouvre ses bras et son coeur. Intimes.

Laissez-vous prendre au jeu de la poésie que vous propose Yves Alavo dans Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes. Un petit livre qui ouvre vers un horizon infini.

Paule Mauffette

Notez bien: on peut se procurer le livre directement auprès de l’auteur – yves.alavo@gmail.com.

Ou à la Librairie Olivieri 514-739-3639

http://librairieolivieri.com/

VERTIGES SUBLIMES ET COULEURS DES SAISONS INTIMES

Photo Nathalie Fontaine

Le livre contient une cinquantaine de poèmes mis en harmonie en deux sections. La première, Vertiges sublimes, la moins longue, met en valeur les charmes de la beauté sous toutes ses formes, beauté des rimes, beauté des mots et la puissance de l’évocation de nos liens avec la nature intime des êtres et le bonheur que nous procurent la musique et les rythmes.

Nos regards en union
Avec la paix

Nos regards en harmonie
Comme la paix.

Toucher au coeur de nos êtres
Fil de paix

Toucher unique de la rencontre
Émotion de paix

Toucher de promesse fertile
Sentiment de paix.

Quand se retrouvent les corps
Dans le bain de la paix

Quand se resserrent les liens
Sur la trame de la paix

Quand se restaurent les âmes
Sous le nuage de la paix.

Union prémonitoire
Union providentielle
Union prénuptiale.

La lune est complice du soleil
Nous sommes côte à côte
Une réalité magique
Cette aventure unique de la paix.

Fleurs de mai, Chant, Flûte, Exil, Sonate ultime, ces titres disent combien la douceur du verbe et cette force mélodique de la poésie de notre collègue, sont devenus une marque spécifique de l’artiste qui unit son inspiration africaine, son amour des mots de la langue française et la présence palpable et constante de la musique, intime parente des mots.

Accords entre les principes naturels
Et les actes humains
Le cœur et la tête
L’esprit
Et la force vitale

Le plexus solaire
En fond de médiastin

Au centre de l’être
Le reflet de l’équilibre

Miroir parfait

La vie primaire
Respire au rythme des océans

La terre, le feu, l’air.

Fusion dans le métal de l’avenir
Où pousse la gerbe des astres?

Mais dans la poésie de Yves Alavo, une action lyrique où les couleurs sont fortes, les thèmes
comme l’amour, la beauté unis :

Éphémère parfum.

Tour en surface

Langue qui coule
Près du sexe.

Pores épanouis
Forte sensation
Tension
Plaisir
Explosion.

Ambre
Et rouge
Doux chatouillement
Bleu
Et jaune.

Éclat de hanches

Lumière du vertige
Flexible, flou, fort.

Fusée de tendres
Baisers
Pluie de paix.

La deuxième partie du livre est consacrée Couleurs des saisons intimes à notre vie canadienne et québécoise, une vie qui se déroule aux pas des saisons, avec cette magie sans cesse renouvelée, année après année :

Le vent est présent
L’eau de l’étang brille de mille scintillements.

Lumière des regards amoureux

Lumière jaune des reflets intimes

Lumière verte des branches sensibles

Lumière bleue des baisers savoureux

Lumière transparente des caresses sensuelles

Lumière rouge des étreintes émouvantes

Lumière blanche des souffles vitaux

Lumière noire des fureurs rebelles.

Se laisser porter par le vent
Flotte des esprits touchés
Courant doux des vagues célestes.

Une section assez enracinée dans notre vie culturelle et dans notre histoire artistique. L’auteur y a intégré les hommages à plusieurs institutions qui ont changé notre métropole, mais aussi l’univers international de la vie culturelle et qui agissent au cœur de la lutte pour l’affirmation et la reconnaissance de notre vision du monde. Le festival international de poésie de Trois-Rivières, le centre d’art OBORO, pour leurs 25 années et Le Montréal arts interculturels pour ses 10 ans d’existence. Des textes qui se comprennent quand on connaît le dévouement de l’auteur pour les arts et la culture et surtout pour un meilleur statut des artistes.

Dans cette partie du livre le chant de nos saisons et de la nature magnifiée prennent toute la place, douce musique à écouter. Pour plus de nostalgie saisonnière :

ÉTÉ JAUNE

Soleil de dignité
Été des lumières
Sur les plages de nos hanches
Brillent les élans sensuels.

Sur la pointe des feuilles
Il brille.

Ce matin, le soleil est jaune
Les éclats de l’été
Explosent
Sur les lèvres du ciel
Au matin sublime
Les yeux, yeux aussi explosent.

Brillance des rayons
Rayons propulsés par l’amour.

Cette écume des lueurs
Aux clartés estivales
Jaunit sans cesse.

Lumière de juin
Chaleurs de juillet
Maturité d’août.

Cette lumière de l’été
Taille nos regards et nos émotions
Jaune rayonnant et infini.

Très important aussi, une révolution a marqué les années 2000, l’élection d’un fils de l’Afrique et de l’Amérique à la tête des États Unis. L’auteur rend hommage à la lignée de personnes qui ont, tant ici qu’ailleurs, permis cet avènement. Lisez donc dans ce livre le poème La vague bleue :

À Barack Obama
Front commun du Kenya et du Kansas
Chevalier d’un mouvement de démocratie participative
Solidarité à la base
Des forces vives de la communauté
Tissu social sur la trame des ferments syndicaux

Force motrice de l’immense vague bleue
Qui rassemble des jeunes et des vieux,
Des riches et des pauvres,
Des démocrates et des républicains,
Des Noirs, des Blancs,
Des Hispaniques, des Asiatiques,
Des Amérindiens,
Des homosexuels, des hétérosexuels,
Des handicapés et des non-handicapés.

L’année 2008 marque
Un moment historique
Près des deux tiers (64,1 %) des électeurs
Ont participé
Au scrutin national,
Un taux inégalé depuis 1908.

Notes biographiques sommaires de Yves ALAVO

Monsieur Yves Alavo provient du milieu universitaire et des médias, diplômé en philosophie, journaliste professionnel et titulaire d’une maîtrise en communications de l’Université de Montréal. Il est auteur de nombreux ouvrages sur les questions de la diversité culturelle et collabore depuis plusieurs décennies à des publications dans le domaine socioculturel.

Poète il a publié Bleu de lune et soleil d’or chez Christian feuillette éditeur, il a reçu en novembre 2008 le Prix de l’Association québécoise des professeurs de langue française (AQPLF) et de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL). Un autre ouvrage, Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes, sera lancé mardi 9 novembre 2010 à la Maison de la culture Ahuntsic.

Après la fonction publique provinciale (Commission des droits de la personne, Immigration et communautés culturelles), il a travaillé sur la scène internationale sous l’égide de la société Radio-Canada, avec Journalisme en démocratie pour le perfectionnement des journalistes professionnels des médias écrits et électroniques (techniques de recherche, méthodes d’entrevue, éthique et déontologie). Depuis dix ans, il œuvre à titre de conseiller au sein de la fonction publique municipale (Ville de Montréal) où il a travaillé aux relations interculturelles et au Développement culturel. En juin 2009 il entre au Service du Développement et des opérations en soutien à la Coordination en biodiversité.

Yves Alavo vient de recevoir, le 22 juin 2010 un diplôme d’honneur de l’Université de Montréal (Faculté des arts et des sciences) en appréciation et pour célébrer sa réussite professionnelle et sa contribution de façon exemplaire à l’avancement de la société.

CONTEXTES CULTURELS COMMUNS EN 2008

CONTEXTES CULTURELS COMMUNS EN 2008

« Une nouvelle saison débute au MAI (Montréal, arts interculturels) sous le thème Traces faisant référence aux milliers de traces que laissent les artistes au MAI et qui enrichissent continuellement le patrimoine artistique montréalais. Ce thème est également en lien direct avec notre mandat interculturel qui suggère que chaque œuvre soit empreinte ou s’inspire d’une ou de plusieurs cultures; et par conséquent soit le reflet d’un vécu, d’un savoir-faire, d’un passé et d’un présent en constante évolution. Aussi ces milliers de traces, de parcours, de disciplines, de pratiques et de démarches artistiques se croisent, s’entremêlent et se complètent, pour créer de nouveaux langages, une nouvelle dynamique et une nouvelle scène artistique montréalaise ». En ces mots s’exprime Mme Régine Cadet[1] directrice artistique et directrice générale du MAI.

Après le théâtre en 2006-2007, le MAI propose cette saison une Série Danse de 5 spectacles inédits, avec 5 chorégraphes à différentes étapes de leurs carrières : Aboubacar Mané, Alexandra « Spicey » Landé, Reena Almoneda Chang, Hinda Essadiqi et Roger Sinha.
Tous ces artistes vivent et travaillent à Montréal, et contribuent à faire de notre ville une grande métropole de la danse à travers le monde. Influencés par des gestuelles plurielles ou par leurs échanges avec des artistes internationaux, ces chorégraphes déconstruisent et recombinent des cultures à travers le corps en mouvement.

A travers cette Série danse, l’objectif du MAI est de produire un impact significatif sur la discipline et de nous proposer une diversité de spectacles qui rendent compte de l’étendue des pratiques interculturelles contemporaines, incluant la danse afro-contemporaine, les danses urbaines, la danse afro-asiatique, la danse contemporaine inspirée du théâtre physique et la syntaxe entre danse contemporaine, ballet occidental, danse classique indienne et arts martiaux.

Enfin, les chorégraphes Aboubacar Mané, Alexandra Landé et Hinda Essadiqi bénéficient du Programme d’accompagnement du MAI, qui permet de les soutenir dans toutes les étapes de la création et de la diffusion, en leur apportant de nombreuses ressources, l’expertise d’une équipe et celle de professionnels du milieu.

Voici maintenant un rapide survol de la programmation complète pour les arts de la scène :

La saison a démarré en beauté avec Leaf to the Whirlwind (du 10 au 28 octobre 2007), en collaboration avec le Teesri Duniya Theatre, dont c’est la 26e saison. Chorégraphié par Aparna Sindhoor, ce spectacle a réunit, en plein automne, interprètes indiens et montréalais et a combiné le langage théâtral et une interprétation contemporaine du Bharatanatyam, une danse classique de l’Inde. Ce texte évoque la résistance des femmes dans les conflits armés. C’est le premier d’une série contre la guerre proposée par le Teesri Duniya Theatre.

Le chorégraphe Aboubacar Mané nous a présenté, du 14 au 18 novembre 2007, sa nouvelle création, Djahilya où il poursuit sa réflexion sur les conflits individuels et collectifs, déclenchés par la peur de l’Autre. Formé en Côte d’Ivoire, Aboubacar puise dans sa double culture mandingue et québécoise pour développer un langage chorégraphique qui s’inspire autant du ballet traditionnel africain que des nouveaux médias. Le chorégraphe Roger Sinha a accepté d’être le mentor d’Aboubacar, dans le cadre du Programme d’accompagnement du MAI.

Le Théâtre de l’Utopie revient au MAI, il monte (du 29 novembre au 15 décembre 2007) un texte issu du répertoire théâtral roumain, Le Père Léonida et la Réaction, d’Ion Luca Caragiale adapté et mis en scène par Cristina Iovita. Avec cette farce politique, Cristina propose une incursion dans l’imaginaire roumain et une mise en parallèle avec la situation politico-sociale actuelle au Québec.

La chorégraphe Alexandra “Spicey” Landé, présentera Restrospek (du 18 au 20 janvier 2008). C’est à la fois une réflexion sur l’identité du mouvement Hip Hop et sur le cheminement personnel de la chorégraphe. Présente sur la scène montréalaise depuis plus de 12 ans, Alexandra Landé insuffle aux danses urbaines un esprit nouveau de création, notamment en proposant des passerelles avec le théâtre. Avec ses 9 interprètes énergiques et talentueux, elle contribue à la reconnaissance du Hip Hop sur nos scènes professionnelles, objectif que le MAI partage. Notons, encore cette fois, que Veronica Melis, ancienne professeure à l’École Nationale de Théâtre, a accepté avec passion d’être le mentor d’Alexandra dans le cadre du Programme d’accompagnement du MAI.

Gustavo Cabili et Katia Makdissi-Warren présenteront Orient-Tango, une rencontre musicale entre l’Amérique du Sud et le Moyen-Orient, plus particulièrement entre l’Argentine et le Liban/Québec. C’est une série de 3 concerts originaux où les 2 compositeurs s’associent pour nous offrir une musique contemporaine métissée. Violon, violoncelle, oud, percussions, voix, bandonéon, piano, contrebasse.

La première soirée est un rendez-vous de musique orientale, de musique improvisée et de jazz. La deuxième soirée nous transporte de Buenos Aires à Montréal, du tango à la musique contemporaine. Enfin, la soirée de clôture réunit les 2 ensembles pour fusionner toutes ces esthétiques musicales.

L’arbre nomade est le nouveau spectacle de la chorégraphe Reena Almoneda Chang
Ce spectacle explore les thèmes de l’immigration et de l’identité et s’appuie sur la création d’un rituel artistique. Le deuil, provoqué par la perte d’un membre de la famille, sert ici de métaphore pour la perte des racines culturelles, symbolisées par l’arbre solitaire et déraciné de sa terre natale. Cette œuvre unique est inspirée par plusieurs formes de danse et de mouvements contemporains, africains, indiens et asiatiques.

La compagnie Black Theatre Workshop présente au MAI comme chaque année sa production principale, Il s’agit cette saison (2007-2008) de Blood Claat écrit et interprété par Dibi.Young, qui examine de manière très crue, le passage difficile à la vie d’adulte d’une jeune fille de 15 ans à Kingston, Jamaïque.

L’absence / La auscencia est un projet international canado-mexicain où se croisent la danse, les arts visuels et de la vidéo. La chorégraphe Hinda Essadiqi s’associe aux danseurs Erin Flynn et Aladino Blanca, ainsi qu’à Francisco Candelas, artiste visuel et vidéaste mexicain qui présente son travail pour la première fois au Canada. La galerie du MAI servira de décor pour une installation chorégraphique intime et poétique, où 3 personnages évoluent à l’intérieur d’un appartement où se manifeste le poids de l’absent.

Éclats nocturnes, présenté dans le cadre du Festival Accès Asie, est un projet multidisciplinaire qui réunit 6 artistes qui s’inspirent et interprètent collectivement les œuvres de Khosro Berahmandi, peintre dont les toiles sont dédiées à la figure féminine. Sur scène, on retrouve Geneviève, la (chorégraphe et interprète), Shuni Tsou (flûtiste), Ziya Tabassian (percussionniste) et Nicolas Caloia (contrebassiste), ainsi qu’un film muet de Shahin Parhami. A son tour, Khosro leurs répond simultanément en créant directement sur scène.

Enfin, pour clôturer la saison en beauté, le MAI accueillera la compagnie Sinha Danse, pour un programme triple. Roger Sinha, chorégraphe et directeur artistique, nous dévoilera en première mondiale sa nouvelle création en collaboration avec Natasha Bakht, Thread. À partir d’haïkus créés par les chorégraphes, Thread, explore la dualité de l’occident et de l’orient, leurs dissonances, leurs ressemblances et leurs apports mutuels. Les pièces Loha et Still complèteront le programme. Une soirée sous le signe de la rencontre entre danse contemporaine, danse indienne et multimédia à ne pas rater. Un évènement qui aura lieu dans le cadre du mois du Patrimoine asiatique, au printemps 2008.

« De plus, le MAI présente cette année dans le cadre du Conseil des arts de Montréal (CAM) en tournée, deux spectacles. Celui du chorégraphe Gaétan Gingras, Manitowapan et Asa Nisi Masa de Ganesh Anandan et Alex Cattaneo. Ces artistes performeront chacun dans 6 Maisons de la Culture. Cette première collaboration avec le Conseil des Arts de Montréal nous permet d’étendre nos actions dans les arrondissements et ainsi de contribuer à augmenter la visibilité des artistes de la diversité à travers Montréal. Il me fait plaisir de souligner outre le CAM, la collaboration avec divers partenaires pour la mise en oeuvre de cette programmation : il s’agit du Mois de la Photo à Montréal, du Festival Accès Asie, du Studio 303, du Mois de l’histoire des noirs, des Journées de la Culture et de Diversité Artistique Montréal », de conclure Régine Cadet.

Le MAI est au 3680, rue Jeanne Mance, téléphone 514-982-1812.

Cette présentation illustre, sans autre démonstration, la composition et ce qui est notre vie culturelle organique, non dans les structures, mais bien dans son tissu réel.
La lacune la plus flagrante, c’est l’absence de compétences et aussi le manque de volonté éditoriale et politique de la part des médias dominants qui ne couvrent que la culture officielle, capitaliste et conventionnelle.
Le droit du public à l’information est ici servi grâce à cette chronique très originale.

[1] Ancienne directrice administrative du MAI, Mme Cadet est une chorégraphe, la fondatrice et la directrice de la troupe de danse Ekspresyon.

LA DIVERSITÉ, L’ATOUT MAJEUR DE MONTRÉAL

Plus que tout autre niveau de partage et de gestion, comme d’administration et de vie civique et politique, le municipal est celui qui est le premier lieu d’interaction et de dialogue entre citoyens et celles et ceux qui les représentent, les élus.

Il devrait y avoir une manière directe pour nous citoyens et citoyennes de nous identifier à notre gouvernance de proximité, à l’administration de première ligne et de services tels que l’habitation, le transport, la sécurité, les bibliothèques, la culture accessible, la gestion des ordures et celle de l’environnement en général (parcs, nature en ville, aménagement, urbanisme, terrains industriels, zones résidentielles).

Un sentiment d’appartenance actif et fécond, dirions-nous, c’est essentiel dans les rapports qui se créent et se développent entre les personnes des divers milieux de vie et celles et ceux qu’ils élisent tous les quatre ans. Ce sentiment est la première pierre de l’édifice de la citoyenneté effective indispensable à toute démocratie saine. Pour exister, il est nécessaire que les élus soient au moins, comme la fonction publique municipale, représentatifs de la population qu’ils servent. Nous avons coutume de dire que

la Ville, comprise comme administration et corps politique est, dans son essence, une entreprise au service des citoyens et des citoyennes.

Comme il est important que nos services comme municipalité soient toujours plus accessibles et qu’ils soient livrés avec souci d’équité, ce deux objectifs sont les plus difficiles à atteindre. Comment alors comprendre que le troisième pilier de la vie municipale, la diversité, soit celui qui fasse le plus problème? Pourtant des trois piliers, la diversité est celui qui existe en abondance. Comme ville cosmopolite depuis des années, Montréal a parmi ses atouts principaux, la diversité. Il est dans les normes de base que, tant au Conseil municipal qu’au sein de l’administration, il y ait une représentativité de fait, réelle et objective.

Nous souhaitons que l’exercice de civisme que sont les élections, permette vraiment une meilleure représentativité au sein du futur Conseil de ville. Cette situation, si elle se concrétise, sera en mesure de donner le ton à une représentativité plus effective dans la composition du corps administratif car il existe désormais depuis les années 80 un bassin important de compétence de Montréalais, de Québécois de toutes origines, dans presque tous les secteurs d’emploi. Vivement que nous puissions mettre au service de toutes et tous les citoyens ces compétences qui sont à notre portée et qui feront la différence pour que Montréal puisse, enfin, profiter de son immense potentiel humain de qualité exceptionnel.