EMMANUEL DUBOURG, UN DÉPUTÉ AU SERVICE DES MONTRÉALAIS

Il est dynamique, regard brillant derrière ses lunettes bleutées, taille moyenne et allure sportive, la poignée de main franche, Emmanuel Dubourg est le député provincial de la circonscription de Viau, choisi par une importante majorité de citoyens lors des élections générales du 26 mars 2007.

Depuis ce jour, il est resté le même homme sauf que ses responsabilités n’ont cessé de croître : adjoint parlementaire du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale depuis le 25 avril 2007; son nom apparaît depuis le 8 mai 2007 dans le journal des débats, tant pour ses interventions à l’Assemblée que pour celles en commission parlementaire. Nous l’avons souvent vu et écouté, précisions, contributions qui ont du contenu, surtout une attitude constructive de chef de file qui connaît remarquablement bien ses dossiers.

Associé au député Marsan, Emmanuel Dubourg assume un mandat reçu de deux ministères : Emploi et solidarité sociale, ainsi que Immigration et communautés culturelles. Ce mandat, trouver dans la région métropolitaine de Montréal, des solutions pour favoriser l’insertion professionnelle des immigrants, en partenariat avec le secteur social et communautaire, le patronat, les syndicats, le monde de l’emploi. Au cours des mois de janvier et de février 2008, le député Dubourg a sillonné Montréal, Laval et la Montérégie, rencontrant sur le terrain les personnes qui se battent pour réduire les obstacles dressés devant elles sur le chemin de l’emploi et il a aussi rencontré les entreprises qui ont de bonnes pratiques et qui recrutent des immigrants compétents, comme la Tohu, la Banque Nationale, les Caisses Desjardins. Il est confiant, « Nous voulons créer une synergie entre les différents niveaux d’intervention, la sélection, l’accueil, l’accompagnement ainsi que l’intégration qui se fait essentiellement par l’emploi, ce qui permet au Québec de profiter et de devenir prospère ».

Par ailleurs, les prestations d’Emmanuel Dubourg lui valent aussi d’être choisi pour apporter son concours précieux à la vie parlementaire. Il a été nommé ou élu par ses pairs dans les fonctions suivantes : Membre de plusieurs commissions (des finances publiques, de l’économie et du travail, vice-président de la Commission de la culture). Il est, au niveau international, membre de la Section du Québec de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) ainsi que de la section du Québec de la Confédération parlementaire des Amériques (COPA).

Mais qui est Emmanuel Dubourg ? Il est né à St-Marc en Haïti et nous répond simplement : « Je suis le fils de Simon Dubourg et de Elvire Adé, benjamin d’une famille de 9 enfants, j’ai quitté Haïti en 1974 en compagnie de ma mère pour venir rejoindre mes frères et sœurs à Montréal. J’ai fait mes études primaires à l’École Jean-Marie Guilloux pour ensuite passer les 2 premières années du secondaire au Collège Canado-Haïtien. À Montréal, j’ai poursuivi mes études secondaires à la Polyvalente Louis-Joseph Papineau qui se trouve dans mon comté et à la Polyvalente Henri-Bourassa à Montréal-Nord. À l’époque, j’étais très impliqué dans des activités de toutes sortes: musiques, danses folkloriques et sport, j’en pratiquais plusieurs. Après deux années d’études au Cégep St-Laurent, j’ai complété des études en comptabilité à l’Université du Québec à Montréal. Je suis père de 2 garçons, Edwin-Simon Dubourg né en 1985 et David Dubourg né en 1990. Depuis plus de 12 ans, nous vivons d’intenses et d’agréables moments en garde partagée ».

L’homme est engagé socialement, compétent dans les domaines de la comptabilité supérieure, dans celui de la gestion, de l’administration, des finances. Il est cohérent comme citoyen, comme élu au service de toute la communauté montréalaise. Il voit ses choix politiques comme une suite logique de ses actions et des années passées pour le développement de la communauté montréalaise ainsi que des services effectués en coopération internationale, plus spécialement en Afrique de l’ouest. Il a enseigné au Mali à l’Institut des hautes études en management en 2001.

Auparavant, très tôt dans sa vie publique, alors qu’il étudiait à l’UQÀM, déjà « leader », il siégeait au conseil d’administration de l’Association internationale des étudiants en sciences économiques. Il a , par la suite dans sa vie professionnelle, été le porte-parole de l’Agence de revenu du Canada en matière d’économie clandestine. Il a travaillé pour l’agence fédérale de 1987 à 2007, à titre de chef d’équipe. Ses compétences ont été reconnues dans le réseau de la fonction publique canadienne où l’exclusion, les pratiques administratives discriminatoires sont de plus en plus reléguées aux oubliettes. Malgré tout, même s’il n’a pas voulu en parler, comme citoyen différent par ses origines, il lui a fallu imposer le respect par la qualité suprême de son travail, par son talent exceptionnel ainsi que par les nombreuses habiletés qu’il ne cesse de développer dans ses relations aux autres, mais aussi par la détermination et par le « perfectionnisme » implacable qui le caractérisent.

Acteur qui consacre sa vie pour un monde plus juste, une société ouverte et inclusive, il vit par l’exemple, sans chercher à prêcher ou à faire la morale. Il est présent parmi les gens, il rencontre les jeunes, il parle avec les parents, avec les membres actifs d’organismes ou d’associations ainsi qu’avec les artistes et les entrepreneurs qui agissent dans leur milieu. Un soir de début de semaine il a passé plusieurs heures au Montréal arts interculturels, sans intervenir publiquement, à échanger avec les personnes présentes. Il aussi donné, ce même soir, du temps aux artistes présents, de l’attention aux jeunes journalistes et à leurs familles qui ont appris à mieux le connaître.

Les convictions de Emmanuel Dubourg, il les exprime : « Je crois fermement qu’il est important que nous commencions à travailler sur nous-mêmes en mettant de l’avant certaines valeurs auxquelles nous croyons et à les transmettre dans notre entourage. Pour moi, il est donc essentiel que tout individu doive chercher à  ‘viser l’excellence’. Il ne s’agit pas de devenir numéro un mais plutôt de faire en sorte de se surpasser dans chaque action posée. Oui dans toutes nos activités, académiques ou professionnelles et aussi dans nos comportements quotidiens, nous devons faire preuve de discipline et de persévérance. Nos croyances spirituelles doivent aussi être reflétées dans nos gestes. Nous devons aimer les autres comme nos frères et nos sœurs ».

ENCADRÉ

Études et formation d’Emmanuel Dubourg :

Baccalauréat en Sciences Comptables – 1983

Certificat en gestion informatisée – 1984

Membre de l’Ordre des Comptables Agréés du Québec (CA) – 1987

Succès aux examens des Corporations des Comptables en management accrédités (CMA) et des Comptables généraux licenciés (CGA)  – 1987

3è au Québec à l’examen de Vérification des CGA

Université du Québec à Montréal (UQÀM)

Maîtrise en administration des affaires, MBA pour cadres – 2000.

Mentions d’excellence dont est titulaire Emmanuel Dubourg.

Récipiendaire de la Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada, médaille du Gouverneur général (1992)

Gagnant du prix Innovation et Excellence de l’Agence du revenu du Canada (1992)

Récipiendaire du prix CA Émérite (2006)

Récipiendaire du prix Performance, École des sciences de la gestion-Université du Québec à Montréal-Hommage (2006)

Lauréat du Mois de l’histoire des Noirs (2006).

Faits saillants de l’expérience professionnelle d’Emmanuel Dubourg.

Vérificateur, Groupe Coopers & Lybrand CA, de 1985 à 1987

Enseignant, Cégep Montmorency, de 1987 à 1990

Chef d’équipe, Agence du revenu du Canada, de 1987 à 2007

Conférencier, Ordre des comptables agréés du Québec

Consultant au Mali en Afrique de l’Ouest, CRC Sogéma, de 2000 à 2002

Enseignant, Université du Québec à Montréal, de 2004 à 2007

Enseignant, Université du Québec en Outaouais, 200

HASSANE AMRAOUI, PEINTRE ET MAÎTRE EN ARTS VISUELS

Depuis 20 ans, cet artiste prolifique au talent exceptionnel crée et expose, en solo ou en collectif, dans les lieux les plus prestigieux en Afrique du Nord (Algérie et Tunisie surtout), en Europe (France) ailleurs sur le continent mère Afrique (en 2007, il a participé à une exposition collective à Libreville au Gabon) et aussi, ces quatre dernières années, il est présent sur la scène culturelle montréalaise. Il est parmi les professionnels les plus remarqués de Diversité artistique Montréal (DAM) sous l’égide du Conseil des arts de Montréal (CAM).

Il est engagé dans la promotion du langage pictural ancestral des Arts Premiers jaillis de la culture Amazigh ou Berbère, fondatrice d’une expression artistique ancienne originaire du bassin méditerranéen. Fort de cet enracinement dans les traditions profondes d’une culture transversale qui a inspiré les arts de la Renaissance et s’est mariée aux expressions arabo-berbères et négro-africaines, formé aux techniques modernes et confronté aux expressions universelles tant en peinture que dans tous les arts visuels, Hassane Amraoui s’est imposé par la qualité de ses œuvres.

À Montréal, Hassane Amraoui s’est vite mis au diapason d’un mouvement culturel en mutation marqué du sceau de la diversité des expressions culturelles et des pratiques artistiques professionnelles nouvelles qui en résultent. Il a pris part à la 6e exposition du Collectif Bain Mathieu en 2008. Hassane Amraoui a aussi présenté une exposition solo, intitulée Où va le monde?, à la galerie Crescent Contemporain toujours à Montréal en 2006.

Hassane Amraoui a réalisé dans son pays d’origine, l’Algérie, plusieurs fresques mesurant entre 15 et 40 m dans des grottes et sur des rochers. Entre 1997 et 2005, Hassane Amraoui a exposé dans la plupart des grandes galeries tunisiennes et algériennes, de même qu’à l’Hôtel de ville de Paris (2001).

Ses œuvres sont exposés dans différents lieux publics (édifices, hôtels, banques) dont notamment le Musée de Sapa Djerba. On retrouve aussi de ses œuvres dans différentes collections en Europe et dans le monde arabe dont des tableaux acquis par la commission d’achat des artistes tunisiens pour la Collection de l’État.

Diplôme en arts de l’École nationale de Batna (Algérie) et de l’École supérieure des Beaux-arts d’Alger (Algérie). Formation en photographie à la Maison de la presse d’Alger. Il a aussi suivi de nombreuses formations et participé à des ateliers de perfectionnement technique, administratif en Europe et au Canada.

SEUN KUTI ET EGYPT 80, “MANY THINGS”

Seun, de son nom complet Oluseun Anikulapo Kuti, arrivera sur scène quand tous les 17 autres membres de son clan y seront. Impossible se dissocier l’authenticité du nom de l’artiste, le nom revisiter de l’orchestre ou du collectif ainsi que le nom du CD explosif, dans la pure tradition héritée de Fela Ransome Kuti, père mythique de cette famille de musique Funk, puissante expression de la révolte africaine face aux corruptions, face aux compromis et contre toutes les aliénations congénitales qui lient certains régimes africains aux éternels capitalistes et aux impérialistes de tout crin, sous toutes les latitudes.

Il est indispensable de noter qu’en lever de rideau, le Groupe H’Sao nous a offert un concert d’environ une heure, de plaisirs, de voix nobles et harmonieuses. Un concert de musique nuancée et léchée support à des voix chorégraphiées en teintes traditionnelles mixées aux tonalités du « spoke word » et du slam urbain.

Pour revenir au show de Seun Kuti, les cuivres font l’intro, un à un les musiciens du clan Kuti atterrissent sur la scène du Métropolis. Musique mobile, musique croissante et d’une force qui martèle toutes les notes de la contestation et des luttes pour la justice. Musique qui s’enrichit, de percussions équatoriales, musique qui s’élève grâce aux arpèges des guitares solos et des basses rythmant les discours mélodiques comme autant de messages aux publics du monde.

Ce soir, Montréal danse dans la foulée de cette tradition du clan Kuti : la famille Kuti, originaire de la ville d’Abeokuta (comme celle du général dictateur Obasanjo), de même que celle du prix Nobel de littérature Wole Soyinka, qui est l’oncle et l’ami de Seun. Faisons un peu d’histoire. Bien avant de se refaire une virginité par les urnes, le Général Obasanjo, devenu président du Nigeria à l’issue d’un putsch en 1977, organisa aussitôt l’assaut meurtrier, par plus de mille hommes armés, contre la demeure de Fela, que ce dernier avait proclamé « République indépendante de Kalakuta », et où aujourd’hui encore vivent Seun Kuti et les musiciens de l’orchestre Egypt. 80.

La musique qui nous fait vibrer dans cette soirée chaude et sensuelle, est nourrie de tant de faits et de légende : la grand-mère de Seun, Funmilayo, était la plus célèbre militante des droits de l’homme et du féminisme au Nigeria. Elle est morte des suites de sa défenestration par les troupes d’Obasanjo.

La chanson satirique qui donne son titre à l’album, « Many Things »

(« Nous avons fait beaucoup de choses ») démarre sur un extrait d’un discours enregistré d’Obasanjo. Elle résume bien le bilan des 30 ans de son règne en pointillé : « ils ont construit des ponts magnifiques, mais en dessous les gens n’ont toujours pas d’autre solution que de boire l’eau dans laquelle ils viennent de pisser ». De tels propos disent tout le désarroi ainsi que la nécessité de pouvoirs publics au service des peuples et la tragique absence d’une société civile authentique dans un système social démocratique. Seun, à vingt-cinq ans, est donc le digne héritier du militantisme irréductible de Fela Kuti. Il a d’ailleurs repris à son compte le deuxième prénom yoruba que s’était attribué son papa : Anikulapo («j’ai la mort dans mon carquois »).

Prenez et écoutez le disque « Many Things », une transe vous gagne, transe mentale et transe viscérale, transe des pulsions harmoniques et des cuivres, tambours et djembés qui enracinent une mélodie réaliste et efficace. Les chansons de Seun Kuti sont autant de flèches qui ne manqueront jamais leurs cibles : corrompus, corrupteurs, oppresseurs. À l’exception de l’érotique « Fire Dance », tous les titres de ce CD sont des pamphlets ravageurs contre la corruption et l’incurie des dirigeants africains : « Think Africa », «Many Things », « Na Oil »,

« African Problems ».

Seun participe aux côtés de Youssou N’Dour à un grand projet de lutte contre la malaria, et « Mosquito Song » explique que les gouvernements, par leur négligence en matière d’hygiène et en ignorant les besoins essentiels en soins de santé et de services sociaux des populations, sont responsables de ce fléau qui tue plus que le sida, la malaria. Au style de chant énergique et tonitruant de Fela, Seun ajoute une rage rythmique héritée du rap : il cite d’ailleurs parmi ses héros Chuck D, Dr Dre ou Eminem.

La magie de l’ « afrobeat » est en marche, cette machine délirante et implacable qui nous emporte sans qu’il soit possible d’y échapper ne fut-ce qu’une seconde. La section rythmique est vraiment saisissante : le bassiste Kayode Kuti (aucune parenté avec Seun) est l’une des surprises de ce CD ; quant au batteur, Ajayi Adebiyi, il n’a rien à envier aux plus grands du jazz contemporain. À l’instar d’un Al Foster ou d’un Paco Séry. Les deux guitaristes aux sons très contrastés – David Obanyedo et Alade Oluwagbemiga – tressent des riffs envoûtants qui servent de trame à l’ensemble. Les deux trompettistes – Emmanuel Kunnuji et Olugbade Okunade – sont d’excellents solistes (« Many Things », « Mosquito Song ».

Ainsi, dix ans après la mort de Fela, l’orchestre dont il était si fier lui survit, et il ne fait aucun doute qu’il serait heureux de ce qu’en a fait son fils, et du chanteur qu’il est devenu.

Avec Seun, Egypt 80 est plus explosif que jamais avec ses combinaisons de cuivres, de claviers, de percussions, de guitares et de chœurs. Nous sommes parfois sous l’influence de la Rumba des années post deuxième guerre mondiale, nous vibrons aux accents du High Life des années soixante métissé de djou-djou Music à la King Sonny Adé. Même s’il reprend des thèmes de son père dont certains inédits, n’ont jamais été enregistrés de son vivant, Seun Kuti innove avec ses propres compositions d’afro beat percutant additionné de hip hop et de rap. Ces dernières années, Seun qui a parfait ses connaissances musicales à Liverpool, a tourné un peu partout dans le monde.

C’est arrivé : Dimanche 13 juillet 2008 – 20H00 dans la salle du Métropolis

59, rue Sainte-Catherine est – Festival International Nuits d’Afrique de Montréal. Série des Grands événements

ENRICO MACIAS, LE MENDIANT DE L’AMOUR

Le chanteur et musicien Enrico Macias, qui avait participé aux Francofolies de Montréal en 2005, a occupé les planches au cours du premier week end de novembre au Théâtre Olympia avant de transporter son spectacle à Saguenay, Sherbrooke, Québec et Gatineau, où il a  retrouvé là-aussi ses amis.

«Au Québec, a soutenu Macias, je trouve la chaleur des gens, une hospitalité unique. Malgré le climat froid, les gens ont le cœur très chaud

L’artiste engagé qui a composé des centaines de chansons dont 700 qui font le tour des cœurs et que les lèvres de millions d’humains redisent au fil des saisons de la vie.  Sur scène, son lieu de prédilection, il a offert ses incontournables, mais aussi ses récentes créations dans un spectacle de plus de deux heures.

Nous avons, du début du spectacle à la dernière note, accompagné sa voix et mêlé les nôtres, nous étions un millier, aux accents toniques, mélodiques et aux sons des instruments qui vibrent au rythme des cœurs : mouvements des corps, danses des âmes, souvenirs et cadences ancestrales.  Un immense soleil, celui qui auréole le visage de l’artiste universel, nous baignait de sa lumière, celle des régions oranaises et des coteaux algériens, enracinement identitaire et ouverture aux réalités de nos mondes en mutation, aujourd’hui.

«Je chante et je continue toujours à écrire.  La création pour moi, c’est primordial», ajoute l’artiste né en Algérie il y a près de 71 ans, avant de déménager en France au début des années 1960.  Homme de convictions, généreux, rayonnant, bien qu’il ait vécu des mois difficiles et des épisodes terribles, sa santé lui ayant donné du fil à retordre, selon ses mots sur scène, Enrico Macias explose de vérité et d’amitié.

De sa génération et de toutes celles, instruites et amoureuses, qui suivent, la salle vibre au moindre mot du poète de Constantine.  Soutenu par six musiciens dont quatre sont issus de sa ville natale, instruments berbères et paroles en arabe, en hébreux, en français, en espagnol, c’est dans le langage du cœur qu’il communique avec un public conquis qui dialogue à cœurs ouverts.  Enrico, comme lui crie hommes et femmes, jeunes, doyennes et doyens ; est parmi les plus grandes stars que l’Afrique a comme ambassadrices d’une culture forte de sa diversité et de son enracinement dans les valeurs humanistes et spirituelles.

Au creuset où convergent les faisceaux de la création, celui qui est désormais connu comme le mendiant de l’amour, apôtre de la paix, tient un discours rassembleur et n’hésite jamais à promouvoir l’ouverture, tout en dénonçant le racisme.  «Je ne suis pas du tout pour la ghettoïsation des cultures.  Il faut que les cultures s’échangent et soient ouvertes à tout le monde. Dans mes spectacles, je réunis tout le monde. Ou oublie tout, la politique, les problèmes»,  poursuit l’auteur, le compositeur et l’interprète.

Beyrouth, C’est Ca L’amour, C’Est Du Soleil, C’était Le Bon Temps, Cela Nous Aurait Suffi, Chanter, Cœur D’Enfant, Constantine, Deux Ailes Et Trois Plumes, Dis-Moi Ce Qui Ne Va Pas, Écoute Ma Voix, El Porompompero, Enfants de tous pays, Générosité

Istikhbar, Istikhbar Rahaoui, J’ai peur, J’Ai Toujours Beaucoup D’Amour A Donner

Juif Espagnol, L’ami Fidele , L’amour C’est Pour Rien , L’oriental, L’oriental On M’appelle L’oriental, La Casa Del Sol, La femme de mon ami,  La France De Mon Enfance, La Méditerranée, La Vie Populaire, Le Chanteur De La Famille, Le Grand Pardon, Le mendiant de l’amour, Le Violon De Mon Père, Les millionnaires du dimanche

Malheur à celui qui blesse un enfant, Mon Ami, Mon Frère, Mon Chanteur Préféré

Mon cœur d’attache, Noël à Jérusalem, Non, Je N’ai Pas Oublié, Oh Guitare Guitare

Oranges Amères, Ouvre Ta Main Et Donne, Poi Poi Poi, S’il Fallait Tout Donner

Solenzara, Toutes Mes Chansons, Un Berger Vient De Tomber, Un Grand Amour,

Valse Billah, Ya Hamami, Ya Rayah.

Ce sont une cinquantaine de chansons, textes dits en totalité ou alors, enchaînement sous forme de Medley, que nous avons chanté avec monsieur Macias, chef d’un orchestre : oud, guitares, derboukas, tambours, accordéon, basse, flûte et violon, et d’une chorale que toutes et tous nous avons fait surgir dans la salle antique du théâtre Olympia sur la rue Sainte-Catherine. La musique arabo-andalouse a une bonne place dans ce spectacle, accords de guitare, percussions africaines, valses et mélodies radieuses, Enrico est aux anges, berger et nomade de l’amour qui luit comme un sage au regard d’argent, aux cheveux d’un gris moiré de rayons infinis qui conduisent au royaume de la musique.

«Je veux réunir l’Andalousie des juifs, des chrétiens, des musulmans, en harmonie», nous a rappelé le chanteur, comme pour s’assuré de notre coopération, il a fait un tour d’honneur dans la salle à la mi-temps du spectacle qui s’est poursuivi d’une traite. Mais conscient qu’il y a des moments difficiles et des tensions sur la planète, Enrico Macias se décrit comme un «éternel optimiste», notamment quand on l’interroge sur un règlement possible de la question palestinienne.  «Je crois que la finalité est merveilleuse pour le monde.  Aujourd’hui, on parle des changements climatiques, de la nature, mais il faut aussi s’occuper des autres créatures.  C’est comme ça que l’on pourra refroidir la planète et réchauffer les cœurs», proclame l’artiste.

Les rappels se sont succédé.  Enrico a ensuite pris congé de l’orchestre et, seul sur scène, nous a parlé directement de ses souhaits de paix, chantant a capella et nous avec lui en contre-voix.  Nous sommes repartis, légers, animés par cette foi dont la richesse est la mesure de l’amour partagé.

Par ailleurs, notons que l’humoriste Gad Elmaleh, un habitué du Festival Juste pour Rire, a été de passage au Théâtre St-Denis cette fois pour la présentation de son spectacle Papa est en haut.  Le mardi 10 novembre 2009, le Festival Séfard a rendu hommage à l’auteur-compositeur et interprète Félix Gray dans le cadre d’un gala où des artistes ont fait un survol musical de ses œuvres, Sherazade et Don Juan. Pour la première fois depuis un demi-siècle qu’il existe, Le Festival Séfarad s’est déroulé presque en même temps (du 30 octobre au 15 novembre 2009) que le Festival du Monde Arabe de Montréal qui célèbre ses 10 ans d’existence cette année.

Pour un encadré mis en relief

Enrico Macias

Né en Algérie (Constantine) dans une famille juive, Gaston Ghrenassia, s’exile en 1962, quelques mois après que son oncle musicien, Cheikh Raymond Leyris, a été assassiné.  Instituteur passionné de musique, le futur Enrico fait des petits métiers en arrivant en France, chante ses premiers couplets (comme le firent Dalida et Charles Aznavour) aux terrasses des cafés

Après son passage en octobre de la même année (1962), dans l’émission Cinq colonnes à la une (comme invité d’un reportage sur les « pieds-noirs »), il devient du jour au lendemain une vedette.

Son premier album sort en 1963, avec un titre phare : Enfants de tous pays. Le cœur meurtri, la voix ensoleillée, les « lai, lai, lai » incitant à reprendre au refrain, Enrico Macias va devenir à mots simples le chantre de la paix et de l’amour par-delà les frontières, menant une carrière internationale exceptionnelle jalonnée de chansons comme Malheur à celui qui blesse un enfant, Aimez-vous les uns les autres ou Un berger vient de tomber

Nommé par l’ONU « Chanteur de la paix » en 1980, puis « Ambassadeur itinérant pour promouvoir la paix et la défense de l’enfance » en 1997, il renoue brillamment avec la musique arabo-andalouse (après avoir curieusement dédié un album à Johnny Hallyday, Et Johnny chante l’amour, avec l’aide de l’auteur Didier Barbelivien) et relance de façon inattendue sa carrière.

Réalisé par son fils Jean-Claude, l’album Oranges amères de 2003, écrit avec Jean-Loup Dabadie, Eric Estève et Art Mengo, lui apporte à 65 ans un succès et une estime quasi unanimes.

ANDRÉ-MARIE TALLA, VIVRE LES RYTHMES

Soirée de rythmes intenses du Festival international Nuits d’Afrique au Kola Note de l’avenue du Parc à Montréal. Toute la « colonie » camerounaise et certains membres issus de la communauté d’origine africaine ainsi que tous les mordus de rythmes et de danses se sont laissés porter par la vague créée par André-Marie Talla et ses musiciens. Accords parfaits, les langues, les mots, les circonstances, les échanges tout est fonction des rythmes, des mélodies que le génie de l’artiste nous offre. Une rigueur sans faille, la musique est première, il joue, des mains, avec ses dents, dans le dos, sur les épaules.

Né le 29 octobre 1950 à Bandjoun dans l’Ouest du Cameroun, Tala connaît une série d’épreuves qui marquent sa vie et forge ce tempérament incroyable de détermination : il perd sa mère à l’âge de quatre ans et son père douze ans plus tard. Deux drames qui s’inscrivent à jamais au cœur de son existence. Un autre événement, plus grave encore, se produit. À l’âge de quinze ans, il perd brutalement la vue (double décollement de la rétine). Recueilli par sa grand-mère, il se consacre dès lors à sa passion, la musique. Issu d’un milieu défavorisé, c’est avec du fil de fer qu’il fabrique sa première guitare sur laquelle il s’applique à imiter le plus fidèlement possible, tous les rythmes qui ont caressé son enfance. Il est direct : « Je n’ai jamais appris la musique à l’aide du braille mais à l’oreille. J’avais tout simplement besoin que l’on me demande de placer l’index dans tel cadre, l’annulaire dans tel autre… » . L’écouter parler de ses débuts, des conditions de vie de l’adolescent qui se bat pour réaliser ses rêves : « J’ai commencé à chanter en 1968-69, avec des débuts relativement corrects, dans le contexte africain, au Cameroun. Je n’avais pas de magnétophone, je ne connaissais pas le braille. Mais j’avais la passion, j’ai appris la guitare avec des amis. Quand on est jeune, on a une bonne mémoire pour tout retenir, ma cécité ne m’a pas longtemps gêné ». Sans pudeur, avec une lucidité exceptionnelle, André-Marie Talla explique : « Quand j’étais enfant, je jouais déjà de la musique avec tout ce que je trouvais, je faisais danser. Dès que j’ai perdu la vue, je suis allé voir mon oncle qui jouait de l’accordéon et de la flûte. J’ai baigné dans un environnement musical, à 17 ans je dirigeais mon propre orchestre. On écoutait toutes les musiques : rock, pop, rythm and blues, rythmes africains, je me suis imprégné de tout ça. Mon groupe interprétait toutes les tendances, du jazz au blues, de la pop à la variété… on se produisait six jours sur sept, tous les soirs de 21 heures à 3 heures, parfois 5 heures du matin. C’était une véritable école, un direct permanent avec le public, avec une interprétation qui devait se rapprocher le plus possible du disque et de la version originale des titres que l’on chantait. » À vingt ans, sa rencontre avec Manu Dibango est déterminante. Manu lui conseille de se tourner vers les maisons de disques françaises. Toute la famille se cotise et il s’envole pour Paris. Claude François avec qui André-Marie Tala s’apprête à signer, décède. Quelques mois plus tard, il signe un contrat avec le label Decca.

Tala compose alors les titres qui sont arrangés par Manu Dibango : “ Sikati ”, “ Potaksina ” et surtout “ Na Mala Ebolo ” (120 000 disques vendus) En 1973, il fait parler de lui avec l’album “ Hot Koki ”. Le titre porte la griffe de Slim Pezzin à qui tous les chanteurs français doivent un riff: Johnny Hallyday, Michael Sardou, Eddy Mitchell, Dick Rivers. Son succès est si grand que James Brown l’utilise. Le “ Hot Koki ” de Tala devient le “ The Hustle ” de ce roi de la soul qui bat des records de popularité. En 1978, après quatre années d’âpres combats juridiques, la justice tranche en faveur d’André-Marie Tala. James Brown doit lui reverser la totalité de ses droits. « Il fallait du courage pour s´attaquer à ce monstre sacré, ce n´était pas facile de s’en prendre à un monument comme James Brown. De plus, personne ne me croyait. Il a fallu que des gens comme Georges Collinet (qui travaillait à l´époque à La voix de l´Amérique) montent au créneau en présentant les deux versions de la chanson Hot-koki, celle de James Brown et la mienne, pour que les Africains écrivent des milliers de courriers qu´on a déversé chez James Brown. Avec mon éditeur, on a engagé des poursuites et, au bout de quatre ans, on a gagné le procès… Il faut avouer que ce fut une étape marquante tout au début de ma carrière. Elle m’a aussitôt donné la parfaite mesure de mon talent et une vraie idée du monde de la musique ».

En 1974, il compose la bande originale du film Posse-Pousse du réalisateur camerounais Daniel Kamwa. Comparé depuis ses débuts à Stevie Wonder à cause de sa cécité, André-Marie Tala est un musicien hors du commun qui ne cesse de prôner les valeurs humaines de concorde, de paix et d’amour. Il est aussi le promoteur du Tchamassi, et le précurseur du Bend Skin. Guitariste hors pair, chanteur à l’œuvre riche et diversifié, compositeur aux réalisations musicales immenses et d’une qualité remarquable, Tala a été honoré, non sans raison, tout au long de sa carrière. Récipiendaire du prix de la jeune Chanson Française et du prix Kora du Meilleur artiste d’Afrique Centrale, il fut aussi lauréat de la première fête de la Francophonie. Avec plus d’une vingtaine d’albums au catalogue de sa discographie, André-Marie Tala, est l’un des artistes les plus piratés du Cameroun. Sans relâche, avec enthousiasme, une énergie a été partagée par tout le public, les jeunes et plus expérimentés, les danseuses de charme, les « puristes », les amateurs de rythmes afro mondes, les « fous » de la World, les stylistes négro-africains qui se meuvent en symbiose parfaite avec les notes, les fidèles des séquences de la guitare basse, celles et ceux qui suivent les volutes folles de la guitare de Talla : unanimité sur la piste, chants, frappes des mains, une fête de mélancolie et de danses sans transes dans une transcendance sublime.

IDIR, TRIOMPHE BERBÈRE ÉTERNEL

22e édition du Festival International Nuits d’Afrique de Montréal.

Concert d’ouverture

Festival international Nuits d’Afrique (FINA), IDIR au Québec, IDIR à Montréal, IDIR au Métropolis. Depuis 1999, alors que des amis dévoués et passionnés de culture Berbère (Marzouk et Lila) ont produit IDIR à la PDA (Place-des-arts), il n’était jamais venu, depuis cette soirée de l’autre siècle à Montréal. Dès l’ouverture de la salle, les places sont prises d’assaut. Pas de doute, le poète est connu, aimé, adulé. Il est présent dans les paroles et la musique du groupe de Karim, SYNCOP, qui assure le lever de rideau, l’espace du Métropolis est déjà prêt. Salle comble, vibrante et offerte en gerbes, dont celles formées par les membres de la communauté d’origine algérienne, sont épanouies. Lieu et sommet des retrouvailles. Tout dit l’accueil et la grâce. 21 h 15 minutes. Annonce. IDIR est précédé de ses musiciens, 7 spécialistes, instrumentistes, humanistes à son contact, je crois. Comme IDIR, ils vont agir, accorder leur énergie et mettre au service de la poésie, les univers de chaque œuvre, de chaque émotion, de chaque ambiance créatrice. La mémoire travaille dans le tissu fin des sons et des rimes, des idées-forces, sous l’inspiration et avec le timbre cordial du poète suprême : IDIR. Les médias écrivent, en somme de lui, qu’il est : Sommité de la chanson kabyle, sa voix d’or et ses tubes planétaires d’homme libre triomphent. Ses mélodies d’amour et d’exil aux guitares folk font rire, pleurer et danser en un concert ultime ! Fleurs et étoiles, le conte céleste des proto-méditerranéens est apparu au firmament de nos imaginaires. IDIR vogue sur la cime des cœurs unis aux divinités Kabyles, Tamazigh littéraire et paroles de bergers…de Tizi Ouzou, de Béjaïa, de toutes les conférences familiales. La musique s’harmonise aux évocations, elle glisse avec les nuages, les orages, les émotions. Les mères sont chantées, figures consubstantielles à nos êtres totaux, sous la voûte bleue des projecteurs, elles sont invoquées. La bénédiction advient. Titre après titre, jusqu’à Aya vava Inouva, en passant par Lettre à ma fille, moment de très grande émotion; les paroles sont reprises ou simplement dites par la foule des plus de mille voix. Communion, poésie abondante, sentiments intimes et accolades des sensualités nobles, sublime apocalypse de la grâce. De nombreux rappels dont deux supers. L’ovation debout dure de longues séquences. Toute la « messe » du concert. Tant de frappes, tant d’applaudissements, tant de you you de femmes généreuses, tant de rêves éveillés, tant de joies communes, de souhaits énergiques. La Voix de l’étoile de la liberté et de l’amour fou, IDIR, est à son apogée.  IDIR fait verser des larmes quand il dit l’intime psaume Lettre à ma fille « il ya des choses que chez nous on ne dit pas… ». La danse est perpétuelle, les rires spirituels, les cœurs s’ouvrent. Il est pourtant venu le temps de se quitter. IDIR, la poésie, la musique (flûte et guitares, percussions) et la constellation Kabyle, Berbère, Tamazigh; triomphent pour l’éternité.

MENWAR GRIOT DU SAGAÏ

Espace vital comble, le Balattou au zénith de tout ce que Montréal compte de ressortissants de l’Océan Indien. Maurice est à l’honneur. Ce maître sorcier qui a fait connaissance avec les artistes en exil sur tous les continents, cet homme au contact vrai et sincère, au regard intérieur, au calme angoissant et à l’esprit artistique d’abord, est un griot du Sagaï créole. Des paroles aux accents qui trainent et enchantent, sous des courges et de la chayotte, volcan rythmique, percussions lascives et environnementales, les esprits planent et se reposent dans cette ambiance poétique et parfois « funk » et « soul » et « reggae » des âmes, harmonie Ravanne aux accords uniques. Menwar, seul. Univers riche et poétique, il vit les notes, surgit le pouls océanique, les fruits sonores des mers antiques, les gerbes de couleurs diachroniques, sur des gammes d’épines et de soie, des portées révolutionnaires et sensuelles. Les revendications secrètes, les éclats célestes que véhiculent les « divinités » subéquatoriales, opèrent. Ces dix dernières années Menwar a retrouvé ses marques, voici ce qu’en disent les cahiers du Festival : 1998, après 14 ans de vide discographique, Menwar sort un premier CD, «Pop Lékonomi» Puis, il fait éditer un livre accompagné d’une cassette pour enseigner sa méthode révolutionnaire de la Ravanne. Il peaufine son style et sort en 2002 “Leko Rivyer Nwar” et présente Sagaï, une énergie musicale qui transperce l’âme. Style où prédominent les sons acoustiques et les percussions, il invente même des instruments originaux à partir de coques de pistaches et de tiges de fleurs de canne. C’est l’aboutissement d’un long parcours musical et le couronnement d’une carrière peu commune. Le Sagaï propulse Menwar au Festival “Musiques Métisses d’Angoulême“, aux Mayottes, en Afrique du Sud, à la Réunion pour les festivals “Sakifo” et dans les autres îles de l’Océan Indien. En 2006, avec la sortie réussie de son album Ay Ay Lolo, Menwar est encensé dans la presse française. « Prophète d’un « sagaï » dansant sur fonds soul et funk qui incendie la France, ce griot créole venu d’Afrique et virtuose de Ravanne, fait penser à Bob Marley ». Menwar, chef de clan, tous, instrumentistes, instruments, femme qui danse, hommes de tous les « spermes virtuels et spirituels », la cavalcade des sons et des notes coule. Tonnerre, éclairs visuels, sujets en transe, notes rebelles, la musique accouche de tous ses fous désirs. Passion bouillonne, amours tectoniques, angoisse volcanique baignée d’une générosité sans limite. Autant d’offrandes et de libations pour éloigner les fureurs démoniaques. La Caravane divine descend sur nous. Les Productions Nuits d’Afrique ont réussi, pour cette 22e édition du Festival international Nuits d’Afrique, un coup de maître, comme elles savent faire naître les rencontres fécondes à l’instar des « Poupées Ashanti ». Vive l’Exil Menwar.

DOBET GNAHORÉ, FÉLINE DIVA

Elle est vêtue d’un ensemble conçu pour elle, pantalon ample d’acrobate, haut en bogolan malien, aux volants unis noirs agrémentés de bijoux en cuivre et métaux ocre, rouges, en guise de ceinture, comme un collier de taille. Chaussures de fée, souples, noires, élégantes et pratiques aux pointes fines car elle danse avec une telle agilité, en sauts et bondissements semblable `une tigresse de Bengale. Dobet Gnahoré chante d’une voix chaude, ample, riche, veloutée et, pour son jeune âge (26 ans), elle vibre d’un timbre d’une maturité si dense, qu’elle ajoute même à son allure conquérante, l’aura d’une diva dans la majesté de l’expression. Telle est la mystérieuse fibre dont est constituée cette artiste panafricaine qui allume un feu sacré sur son passage. Les propos résumés dans le quotidien Le Monde, en 2007, « Bouillonnante, regard habité, timbre persuasif, corps possédé par le rythme: Dobet Gnahoré, 24 ans, possède sur scène une présence conquérante. » . Après Ano Neko, un premier album remarqué en 2004, c’est le 8 septembre dernier (2007), pour la toute première fois au Canada, au Kola Note, que la jeune chanteuse ivoirienne présentait son deuxième album, Na Afriki. Avec une formation panafricaine composée d’un tunisien à la basse, d’un ivoirien aux percussions, d’un sud-africain aux voix, et de Colin Laroche de Féline, son époux français à la guitare, le spectacle de Dobet recevait du public impatient de l’écouter, un accueil plus chaleureux que jamais! Cette fois elle est présente avec Colin Laroche de Féline, son époux français à la guitare, Hamid Gribi, d’origine tunisienne à la basse et aux voix, il chante si superbement aussi en solo certains morceaux qui enchantent le public et le percussionniste ivoirien dont le style à la batterie ravit tout le monde.

Ce mardi 8 juillet 2008 (8-7-8), le Kola Note est en extase face à ce quatuor d’artistes hors pair sur scène. Quel son, quelle coordination, des voix riches en soutien et en coopération harmonique sublime. Une démonstration de haut niveau du génie des muses africaines : chant profond, enraciné dans les traditions. Lorsque Dobet chante en bambara, en mina, en lingala, en baoulé, en malinké, en bété, en wolof, en fon et en français; lorsque d’une époustouflante dextérité elle passe de la sanza au hudu, du balafon aux bongos, ou de la calebasse au djembé; et lorsqu’elle s’exécute sur ses mélodies mandingues, ses ballades sénégalaises, ses cadences bétés, son ziglibiti ivoirien, son bikutsi camerounais, sa rumba congolaise, son highlife ghanéen, ses chœurs zoulous ou pygmées; sur tous ces rythmes traditionnels africains réinventés et voilés de jazz, de bossa-nova, de funk, de rock et de rap-jazz, c’est son être tout entier de panafricaine convaincue qui prend feu. Dobet est l’ambassadrice atypique d’une nouvelle génération de stars dont le souffle puissant, et l’énergie musclée, avec la musique dans le sang, capable d’enflammer toutes les scènes. Elle nous fait aussi goûter à des moments d’intense intimité qui nous emportent aux confins de ses sentiments. C’est au plus profond du sol et de son âme, qu’elle semble puiser cette force incroyable et attachante. Une force peu commune qu’elle propage autour d’elle et qui atteint le public au point qu’il ne puisse résister. Tous, en transe, nous finissons par nous lever, en frappant dans nos mains, en dansant avec elle… Ivresse d’un instant à ne pas manquer! Échanges avec le public, mots du cœur et mélodies où sont évoqués les « pillage », « la mère Afrique », « la mère émotive et affective », « l’or du continent », « les politiciens fossoyeurs et profiteurs », les compositions se succèdent, deux sets de cinquante minutes. Une soirée qui file tant l’enchantement est constant. Danses de tous les exploits, sauts dans l’espace et traversées des cultes et des cultures. Dobet est reine souple, unique et sans cesse renouvelée. Style de grâce et d’énergie, souvent loin de la féminité, mais affirmé dans la force expressive qui transcende les genres. Pour nous confirmer sa perspective, elle nous confie : « Je ne suis ni française, ni anglaise, ni même ivoirienne. Je suis africaine et métisse de toute façon ! Ma mère est ghanéenne, mon père ivoirien. J’ai grandi dans un village panafricain. ».

LUIS QUEQUEZANA JAIMES, LUCHO CRÉATEUR INTERCULTUREL

L’artiste est musicien, multi instrumentiste, auteur, compositeur dans l’usage des sons, dans l’usage et la confection des images et par la mise au monde de l’univers interculturel vivant. Surgissent des cordes (zampona, guitarra), des flûtes, du cajon (percussions), <los sonidos vivos de siempre>. UNIVERS INTERCULTUREL. Avec ses conceptions, ses rêves et des créations, depuis bientôt quinze années, « Lucho » sur presque tous les continents (Europe, Asie, Amérique), en donnant à tous les sons andins revisités, Luis Quequezana crée la nouvelle Renaissance qui lui vaut l’admiration et le respect des professionnels des arts et de la culture.

Bain d’amour, rythmes universels, sons des secrets des civilisations ancestrales et des esprits de demain, la musique de LUCHO est comme la lueur de la lune, comme les rayons solaires, énergie nouvelle et composition profonde des ondes interculturelles qui embrassent toutes les cultures. Cette approche est aussi et d’abord une mélodie des images, picto-sons, un film qui unit les images du monde et les sons intimes de nos imaginaires culturels. Champion de la cinématographie en courts-métrages, Luis Quequezana est le roi des univers fluides qui marient images et sons, voir sa musique et se laisser bercer par les sons qu’il invente de manière perpétuelle.

Lucho vient de recevoir le prix national de cinématographie du Pérou ce qui va lui donner les moyens de pouvoir assurer la production du Sonidos Vivos, le film sur la musique métisse. Bravo. Toute cette aventure est due à Musique Multi Montréal qui a permis à Lucho d’avoir la bourse UNESCO avec laquelle il est venu à Montréal écrire, produire et réaliser avec d’autres artistes de chez nous les spectacles du Festival des Musiques et du Monde en 2006

EL NAÏLIA, ALGÉRIE SOURCE

Mercredi 31 octobre 2007.

Kheira Belakhal, énergie, grâce, une personnalité si rayonnante, accompagnée de trois hommes et deux femmes, un ensemble artistique de musiciens chanteurs, danseurs. Une soirée qui voyage dans les montagnes, les espaces où dattes et figues poussent. Le Groupe El Naïlia, oud/luth, guitare, percussions, derbouka, plutôt tazora au son sourd et clair qui varie selon le jeu des virtuoses. Les instruments changent de mains, les danses devant le public s’enchaînent, jaillies de l’héritage El Houl, depuis 1965, que la grand-mère de Kheira créa à TINDOUF. Lieu de rêve, mystique et rude que les nomades de tous les horizons africains connaissent, vie des expressions culturelles fortes. Les chants nous portent, nous transportent, nous fusionnent en une mélodie autant cordiale que viscérale murmure des âmes éternelles, rythmes des origines, tango poétique et cri surgit de l’Afrique source et mère. Ces femmes sont libres, elles dansent mains et gestuelle céleste, comme des reines, souveraines, belles et d’une grâce rarement atteinte, souffle du désert, mantra authentique qui nous recrée et se module dans ces voix de femmes et d’hommes unies pour la gloire. Une chose superbe, les vêtements magiques, beaux purs des gens du désert, amples, couleurs bleu des variantes indigo et céleste en contraste avec l’ocre des sables qui sont présents en toile de fond invisible.

Un spectacle initiatique et unique sur nos ondes culturelles, sur nos scènes nord-américaines que le Festival du monde arabe (FMA) nous a présenté au théâtre Corona. Cette heureuse ouverture et ce rayon d’or sur le festival pour notre bonheur s’inscrit dans un partenariat merveilleux. Les artistes et groupes algériens, Cheikh Sidi Bémol, Gaada diwane de Bechar, la troupe Les chants de Bali dirigés par Nabil, le fils du regretté Othman Bali, l’artiste Kheira Belakhal et son ensemble El Nailia, le Divan de Khalida Azzouza, Dino et ses invités ou le chanteur Sefsaf, ont fait le voyage et ont fait entendre les sons et musiques d’une “Algérie de plus en plus ouverte sur le monde et assoiffée d’expériences artistiques nouvelles”.Soulignant l’importance de la participation algérienne au FMA, son président, Joseph Nakhlé, a remercié les partenaires algériens (le Consulat général d’Algérie à Montréal, Air Algérie et Canal Algérie), pour cet important rendez-vous culturel et pour “leur implication et le soutien indéfectible qu’ils apportent au festival“.