{"id":440,"date":"2010-08-18T00:43:34","date_gmt":"2010-08-18T00:43:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yvesalavo.ca\/?p=440"},"modified":"2010-08-18T00:43:34","modified_gmt":"2010-08-18T00:43:34","slug":"nadine-ltaif","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.yvesalavo.ca\/?p=440","title":{"rendered":"NADINE LTAIF"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est dans ce regard, celui  qu\u2019elle porte avec feu et tendresse qu\u2019il est possible de trouver la  question perp\u00e9tuelle de la po\u00e9tesse, ma\u00eetresse de la parole et  chirurgienne du silence. Nadine Ltaif \u00e9crit dans <strong><em>\u00c9l\u00e9gies du  Levant<\/em><\/strong><em> (Noro\u00eet, 1995) V\u00e9g\u00e9tation luxuriante\/ je suis  et j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9\/ \u00e9trang\u00e8re\/ dans ce pays\/ et ailleurs. Nulle part  est mon origine\/ je l\u2019ai cherch\u00e9 dans les mythes. Je ne trouverai pas  d\u2019\u00e9cho\/ et personne ne m\u2019offrira de miroir\/ sauf ma m\u00e8re\/ d\u2019o\u00f9 je  d\u00e9rive. <\/em><\/p>\n<p>La brillante \u00e9tudiante qui  obtint une ma\u00eetrise \u00e8s Arts en \u00e9tudes fran\u00e7aises de l\u2019Universit\u00e9 de  Montr\u00e9al \u00e0 25 ans a quatre \u0153uvres de po\u00e9sie qui jalonnent les quatorze  derni\u00e8res ann\u00e9es\u00a0: <strong><em>Les m\u00e9tamorphoses d\u2019Ishtar<\/em><\/strong>,  Guernica, Montr\u00e9al, 1987, 70p. <strong><em>Entre les fleuves<\/em><\/strong>,  Guernica, Montr\u00e9al, 1991, 51p (finaliste pour le prix Nelligan 1991). <strong><em>Le  livre des dunes<\/em><\/strong>, Le Noro\u00eet, 1999, 75p. Nadine Ltaif  s\u2019exprime depuis treize ann\u00e9es dans l\u2019univers de l\u2019enseignement du  fran\u00e7ais, elle traduit aussi des textes d\u2019auteurs de l\u2019arabe vers le  fran\u00e7ais, fait de la recherche et poss\u00e8de \u00e0 son palmar\u00e8s la r\u00e9alisation  d\u2019un vid\u00e9o pour l\u2019ONF \u201c\u00a0<em>L\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les hommes et les femmes  est-elle acquise?\u00a0\u201d <\/em>un document de 37 minutes. Elle d\u00e9mocratise  cette forme d\u2019expression parfois secr\u00e8te et souvent myst\u00e9rieuse, qu\u2019est  la po\u00e9sie, pour le plus grand nombre. Tables rondes, colloques,  participations \u00e0 des lectures publiques, mais aussi des entrevues \u00e0 la  radio et surtout, comme une vocation active de vulgarisation, de mise en  rythmes et d\u2019interpr\u00e9tation plurielle, des po\u00e8mes, des articles, des  nouvelles qui permettent de mettre la litt\u00e9rature \u00e0 la port\u00e9e des  autres.<\/p>\n<p>Nadine Ltaif, qui si\u00e8ge sur des  jury du Conseil des arts du Canada; situe l\u2019acte d\u2019\u00e9crire <em>Je peux  dire que pour moi l\u2019\u00e9criture est un acte singulier qui n\u2019est pas  repr\u00e9sentatif d\u2019une communaut\u00e9.<\/em> La po\u00e9tesse va plus loin, malgr\u00e9 sa  sobri\u00e9t\u00e9 l\u00e9gendaire, elle a le don supr\u00eame d\u2019\u00eatre pr\u00e9cise dans le choix  des mots car elle manie le Verbe avec la dext\u00e9rit\u00e9 et l\u2019incomparable  \u00e9conomie que de rares virtuoses poss\u00e8dent. En effet, lu dans <strong><em>Le  livre des dunes<\/em><\/strong> six vers \u00e9loquents au point d\u2019avoir  l\u2019\u00e9cho du non dit\u00a0: <em>Cruel le silence des s\u00e9parations\/ car il n\u2019y a  pas de mots\/ pour exprimer les silences. Elles allaient, ivres de leur  pr\u00e9sence\/ aveugl\u00e9es de lumi\u00e8re, funambules\/ au-dessus de l\u2019impossible.<\/em><\/p>\n<p>Il y a un contrat de vie dont la  teneur est profonde\u00a0: <em>Nous aspirons par contre \u00e0 une meilleure  compr\u00e9hension des autres. C\u2019est une fen\u00eatre ouverte entre soi et le  monde. Partager un espace, c\u2019est aussi partager l\u2019identit\u00e9 des autres  cultures.<\/em> Elle s\u2019explique\u00a0: <em>Au Liban j\u2019\u00e9tais aussi chr\u00e9tienne  que musulmane, car mes meilleures copines l\u2019\u00e9taient. Ici j\u2019ai pu  conna\u00eetre la culture asiatique, la religion bouddhiste, la religion  hindou et les cultures am\u00e9rindiennes. Je partage ma vie avec un  Qu\u00e9b\u00e9cois et pour mon fils je souhaite qu\u2019il comprenne les notions de  partage et d\u2019ouverture. <\/em><\/p>\n<p><em>Tout est langage<\/em> dit l\u2019auteure dans <strong><em>\u00c9l\u00e9gies du Levant<\/em><\/strong>.  Seule la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 dans toute son ampleur ouvre des espaces non  explor\u00e9s dans l\u2019univers intime et sur la courbe d\u2019esp\u00e9rance du v\u00e9cu de  notre collectivit\u00e9.<\/p>\n<p>Nadine Ltaif aspire \u00e0\u00a0: <em>Quand  je pourrai \u00e9crire un chant\/ une voix seule\/ telle l\u2019unique\/ l\u2019\u00e9ternelle  voix d\u2019alto\/ dans la Passion selon saint Mathieu\/ s\u2019\u00e9l\u00e8vera\/ s\u2019ouvrira  un passage\/ dans la souffrance. De la prison de la souffrance\/ elle  sortira\/ et r\u00e9ussira\/ par son exercice\/ \u00e0 trouver le timbre de la  libert\u00e9.<\/em> Pr\u00e9sent, l\u2019infini b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une pr\u00e9sence sans cesse  nouvelle et tonique\u00a0: <em>Je souhaite que le lecteur trouve \u00e9cho \u00e0 son  espoir comme \u00e0 son d\u00e9sespoir, et qu\u2019en lisant, il ne se sente plus seul.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est dans ce regard, celui qu\u2019elle porte avec feu et tendresse qu\u2019il est possible de trouver la question perp\u00e9tuelle de la po\u00e9tesse, ma\u00eetresse de la parole et chirurgienne du silence. Nadine Ltaif \u00e9crit dans \u00c9l\u00e9gies du Levant (Noro\u00eet, 1995) V\u00e9g\u00e9tation luxuriante\/ je suis et j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9\/ \u00e9trang\u00e8re\/ dans ce pays\/ et ailleurs. 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