{"id":442,"date":"2010-08-18T00:44:27","date_gmt":"2010-08-18T00:44:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yvesalavo.ca\/?p=442"},"modified":"2010-08-18T00:44:27","modified_gmt":"2010-08-18T00:44:27","slug":"abla-farhoud","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.yvesalavo.ca\/?p=442","title":{"rendered":"ABLA FARHOUD"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9e au Liban, Abla Farhoud a immigr\u00e9 au Canada dans  les ann\u00e9es cinquante. Actrice d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de dix-sept ans, elle \u00e9crit sa  premi\u00e8re pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre en 1982, et n\u2019a pas cess\u00e9 depuis. Onze pi\u00e8ces  de th\u00e9\u00e2tre, des nouvelles, des fictions radiophoniques, des conf\u00e9rences  et un roman<em>, Le bonheur a la queue glissante<\/em>, l&rsquo;Hexagone 1998.  <em>Splendide Solitude<\/em>, son nouveau roman est sorti en  octobre 2001 \u00e0 l\u2019Hexagone. Plusieurs de ses pi\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9  pr\u00e9sent\u00e9es sur les sc\u00e8nes montr\u00e9alaises ainsi qu\u2019en France, en Belgique,  en C\u00f4te d\u2019Ivoire, au Liban, et en langue anglaise, aux \u00c9tats-Unis et au  Canada. <em>Le bonheur a la queue glissante<\/em> : Prix  France-Qu\u00e9bec 1999 ; <em>Les Filles du 5-10-15\u00a2<\/em> : Prix  Arletty France 1993 ; <em>La Possession du Prince<\/em> : Prix Th\u00e9\u00e2tre  et Libert\u00e9 de la SACD, France 1993. Ainsi est pr\u00e9sent\u00e9e  cette femme de l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p>Abla Farhoud fait corps avec l\u2019\u00e9crit, elle y trouve  sa respiration et son engagement est totalement tourn\u00e9 vers cette  activit\u00e9 salvatrice et essentielle \u00e0 son existence. Sa  r\u00e9ponse est directe\u00a0: <em>J&rsquo;\u00e9cris. L&rsquo;\u00e9criture est un engagement de  chaque instant. L&rsquo;engagement d&rsquo;une vie enti\u00e8re. Je  le fais pour moi, bien s\u00fbr, car je ne pourrais pas vivre sans poser de  questions et tenter d&rsquo;y r\u00e9pondre, sans inventer des personnages de  fiction pour mieux comprendre la r\u00e9alit\u00e9&#8230; mais l&rsquo;\u00e9criture n&rsquo;existe pas  tant qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas touch\u00e9 L&rsquo;AUTRE<\/em>.<\/p>\n<p>En vingt ans d\u2019expression par l\u2019\u00e9crit, Abla Farhoud  centre le noyau de ses r\u00e9alisations et le sens de ce qu\u2019elle fait\u00a0: <em>Depuis  1982, j&rsquo;ai \u00e9crit une douzaine de pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre et deux romans.  J&rsquo;\u00e9cris pour comprendre. Pour saisir l&rsquo;insaisissable&#8230; J&rsquo;essaie d&rsquo;aller  toucher ma douleur (et ma joie de vivre) pour que L&rsquo;AUTRE en me lisant  puisse toucher \u00e0 la sienne. Quand cela arrive, c&rsquo;est merveilleux, et \u00e7a  arrive de plus en plus souvent&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Dans son livre le plus r\u00e9cent, <em>Splendide Solitude<\/em>, elle  \u00e9crit sur les derni\u00e8res pages\u00a0: <em>Ce que j\u2019appelle solitude se pr\u00e9cise  de plus en plus, depuis que j\u2019ai r\u00e9solu de la voir en face. Ce  que j\u2019appelle maintenant solitude est un d\u00e9labrement des sens, un  d\u00e9membrement du corps, un \u00e9clatement du cerveau, une d\u00e9sorientation des  organes, une appartenance perdue, une d\u00e9connexion terrestre, une perte  de sens, une dislocation des liens, un enterrement du vivant. Je  deviens non seulement \u00e9trang\u00e8re \u00e0 moi-m\u00eame, mais \u00e0 tout ce qui  s\u2019appelle Vie.<\/em><\/p>\n<p>Abla Farhoud, \u00e9crivaine, parole singuli\u00e8re et femme  qui se d\u00e9finit dans l\u2019espace des liens, de la relation  interculturelle, elle fait le pont, met en contact\u00a0<em>: <\/em><em>Je  suis une courroie de transmission.<br \/>\nPetite, j&rsquo;expliquais la soci\u00e9t\u00e9  occidentale \u00e0 mes parents. Moi, je vivais dedans, eux, \u00e0  l&rsquo;ext\u00e9rieur, tout occup\u00e9s \u00e0 vivre leur vie d&rsquo;immigrants d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de ce  qu&rsquo;ils avaient connu. Ils ne voyaient que l\u2019ext\u00e9rieur, l\u2019apparence, la  diff\u00e9rence. Plus grande, j&rsquo;\u00e9cris en fran\u00e7ais, non pas pour  mes parents, mais pour ceux qui nous ont accueillis, qui, tout comme mes  parents, ne voient souvent que l&rsquo;ext\u00e9rieur, les apparences, la  diff\u00e9rence&#8230; tout occup\u00e9s \u00e0 vivre leur vie. J&rsquo;essaie de  faire le passage entre le visible et l&rsquo;invisible, l&rsquo;ext\u00e9rieur et  l&rsquo;int\u00e9rieur, la diff\u00e9rence et la ressemblance&#8230;<br \/>\nLa litt\u00e9rature  permet de saisir la dimension humaine des \u00eatres. Noir ou  Blanc, homme ou femme, Oriental ou Occidental, quelle importance, ne  sommes-nous pas tous des humains, des mortels <\/em><em>?<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9e au Liban, Abla Farhoud a immigr\u00e9 au Canada dans les ann\u00e9es cinquante. Actrice d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de dix-sept ans, elle \u00e9crit sa premi\u00e8re pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre en 1982, et n\u2019a pas cess\u00e9 depuis. Onze pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, des nouvelles, des fictions radiophoniques, des conf\u00e9rences et un roman, Le bonheur a la queue glissante, l&rsquo;Hexagone 1998. 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