Les Autochtones, acteurs de la biodiversité à Montréal

Les Autochtones, acteurs de la biodiversité à Montréal

La Ville de Montréal pose des actions concrètes pour protéger la biodiversité sur son île. Ces initiatives municipales et locales sont capitales pour réaliser les objectifs fixés par la Convention sur la diversité biologique*. En effet, la communauté internationale vient de reconnaître, en mai 2008 à Bonn (Allemagne), l’efficacité des actions locales en matière de protection de la biodiversité. Ce nouveau rôle incontournable des villes sera reaffirmé lors la prochaine Conférence des Maires qui se tiendra à Nagoya (Japon) en 2010.

A Montréal, plusieurs activités démontrent l’apport important des autochtones des Premières Nations au maintien d’une biodiversité culturelle et biologique où s’entremêlent savoir traditionnel et sciences modernes.

Le Jardin des Premières Nations au Jardin botanique de Montréal

Maintien de la culture

Le  Jardin botanique de Montréal offre, depuis 2001, une place importante au monde autochtone avec son Jardin des Premières Nations. Ce Jardin se veut un lieu de prédilection des cultures autochtones canadiennes et une vitrine pour les artistes autochtones d’ici et d’ailleurs. L’ensemble des activités qui se déroulent au Jardin des Premières Nations est mené par et avec des ressources autochtones autour de thématiques locales, nationales et parfois internationales. Ainsi des animateurs, des artistes, des artisans et des  spécialistes issus des Premières-Nations participent chaque année aux principales journées culturelles du Jardin des Premières Nations qui s’étalent du 21 juin, la Journée nationale des populations autochtones, au 9 août la Journée internationale des peuples autochtones. Un colloque d’envergure internationale s’est également tenu en octobre 2008 au Jardin ayant pour thème Le patrimoine autochtone à l’ère de la globalisation : transmission, conservation et création. L’étroite collaboration avec des organismes et des partenaires comme Terres en vue, les Femmes autochtones du Québec, le Wapikoni mobile, le Mouvement national des Québécois et des Québécoises, le Festival des arts traditionnels et contemporains de Wendake, vient enrichir et soutenir la programmation et la tenue de telles activités.

Certaines activités estivales récentes reflètent bien l’importance de la tradition chez les autochtones de Premières Nations, pensons aux tambours, aux chants et aux danses des femmes autochtones d’Afrique et du Brésil, à la démonstration de fabrication de raquettes et de mocassins en peau d’orignal, à la fabrication de vannerie ainsi qu’aux expositions d’œuvres d’art. De plus, le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, envisage de lancer d’ici la fin 2009, un programme de bourses pour les artistes autochtones.

La tradition au service de la science : les plantes médicinales

L’influence culturelle et sociale des Premières Nations se révèle aussi dans la réalisation d’une recherche-action sur l’évaluation scientifique de l’activité antidiabétique des plantes médicinales utilisées par les guérisseurs traditionnels des Nations Cris. Cette étude est menée par une équipe pan canadienne de chercheurs dont M. Alain Cuerrier, botaniste du Jardin botanique de Montréal. L’objectif poursuivi est de mettre en relief les propriétés spécifiques de ces plantes dans le traitement du diabète de type II afin de prévenir et de traiter cette maladie.

Dans les faits, le projet est plus global et porte également sur un ensemble de recherches dans les systèmes de santé visant à intégrer les modes de guérison Cris. Les autochtones des Premières Nations participent au développement d’une nouvelle façon de procéder dans les soins de santé et les services sociaux. Il s’agit d’une approche innovatrice de l’ethnobotanique soit l’étude de la relation entre les plantes et les hommes. La mise à contribution de la communauté comme les «Aînés» permet aussi un transfert des connaissances. Ainsi, un volet exceptionnel et prometteur de cette recherche-action touche la formation de jeunes Cris à la médecine traditionnelle.

Ce projet de grande envergure, financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) est développé en étroite collaboration avec les Nations Cris d’Eeyou Istchee au nord du Québec (région de la Baie-James). Cette population est particulièrement touchée par le diabète de type II qui compte 20% des adultes atteints par la maladie.

Ce projet mené par, pour et avec la population autochtone vise aussi à adapter des services à la culture, aux besoins et aux croyances des populations autochtones qui en bénéficient.

* La Convention sur la diversité biologique est un traité international adopté lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, avec trois buts principaux : la conservation de la diversité biologique, l’ utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques. Le Secrétariat de la convention sur la diversité biologique est basé  à Montréal depuis sa création en 199