LA NEIGE

La beauté de la neige en ce matin
Est un envoûtement
Une belle nature
Un équilibre harmonieux

Fous, les monticules de neige
Ronds, les rebords de cheminées qui coulent de flocons
Beautés inoubliables qui balisent les rues
Les tranchées albâtres abritent nos espoirs
Comme des coteaux brodés de coton vierge

Une vague docile de crème laiteuse et sauvage
Ravage avec l’aide du vent l’immense place de nos rêves
Partout c’est l’allégresse des sensations et des couleurs

Ruelles blanches et gorgées de poudre bleue
Trottoirs saupoudrés par les chutes nocturnes
Font un accueil royal aux passants de l’aube

Sous les rayons matinaux
Les toits font le dos rond
Sapin sur la cour avant aux branches chargées de neige

Ce reflet du soleil dans les cristaux
Dis pour ton regard intime
La beauté de tes yeux hier soir

Avec la neige qui roule sur les façades urbaines
Avec le sourd écho des âmes aimantes
Avec le tendre velours blanc des collines enneigées
Avec le coma subliminal des orgasmes givrés
Avec la couverture nacrée qui recouvre la ville
Avec la mélodie feutrée des sons
Un contraste sorcier habite nos pensées
Nous respirons l’air léger rempli de douceur

Tant de bonheur à être ensemble
Tendres baisers en cette matinée enneigée.

Yves ALAVO
Mercredi 20 mars 2013.
Journée internationale de la francophonie.

MICHEL DALLAIRE, NOBEL DU DESIGN

Le bonheur de vivre, la joie de créer, le tonus de la jeunesse créative

Quarante années à chercher, user des yeux, imaginer, inventer, sans cesse, aimer les personnes, comprendre les besoins les plus kinesthésiques et combien l’espace, les volumes, les matériaux, les métaux, le bois, toute matière, chaque sensations, chaque rythme induit un volume spatial, comment notre cerveau est en constante adaptation et demande au corps de s’y faire. Le design, c’est cette capacité d’anticipation sur le réel mais aussi cette capacité d’harmonie avec le réel. Michel Dallaire y est dans son élément, c’est un créateur, un passeur de rêve qui, comme artiste, comme passionnée du mouvement sait vivre avec les contraintes de la pesanteur.

Maison, voitures, torche olympique, mobilier, structures, tout le mobilier urbain de la Place internationale de Montréal, le mobilier de la BANQ, Bibliothèque et archives nationales du Québec, rue Berri à Montréal, c’est lui l’accoucheur du patrimoine.

Révolution dans la création, la torche olympique une oeuvre de 1976

Son site est sobre, mais ouvert sur l’infini : Michel Dallaire Design Industriel Inc. est un bureau d’étude en design industriel qui œuvre à Montréal depuis plus de 40 ans.

Par la réalisation d’une grande variété de projets allant du design d’objets utilitaires aux équipements industriels, du mobilier institutionnel et urbain au matériel de transport, MDDI a acquis une solide expérience professionnelle.
La diversité de ces domaines d’intervention a permis à MDDI d’explorer une multitude de matériaux et de procédés de mise en forme. De vastes connaissances techniques alimentent en outre le potentiel créatif de son personnel, cela dans le but de maximiser les résultats.

Vivre avec art et soutenir la culture et ses acteurs

Engagé, animateur de cercles de création, auteur intarissable qui s’unit aux artistes, donne temps, idées, énergie et argent au sein de sociétés artistiques et culturelles, la poésie, la musique, le design, bien sûr, Michel Dallaire est sur le front des arts et de la culture comme le plus extraordinaire médiateur. Généreux, mentor de la plupart des designers de la génération Québec qui brille de part le monde depuis vingt ans, Michel Dallaire invente toujours et toujours, un art de vivre, une manière d’être, avec la patience des sages et la fougue de la jeunesse.

Ce vélo a fait le tour de la planète, Michel Dallaire en est le créateur

Une rétrospective dans l’Espace création Loto Québec, en septembre 2011, a offert, en un lieu, la diversité des créations de ce génie boulimique, sous la thématique articulée :
Un homme. Un parcours. Des créations. Découvrez le designer et sa démarche artistique.

Yves ALAVO

Notes biographiques

Michel Dallaire est né à Paris en 1942. Il a fait ses études à l’Institut des arts appliqués de Montréal et à la Konstfackskolan, l’École supérieure des arts industriels de Stockholm. Il s’est par la suite spécialisé en gestion du design à l’École des Hautes Études Commerciales et en transformation des polymères à l’Institut de génie des matériaux du Centre national de recherche à Montréal.

Dès 1967 (25 ans), Michel Dallaire s’affirme comme concepteur indépendant et il ouvre son propre bureau d’étude qui connaît alors un enchaînement rapide de succès commerciaux et professionnels.

Médaillé d’or en 1986 aux Prix d’excellence du Canada, il reçoit de nombreuses récompenses prestigieuses ici et à l’étranger, notamment le Grand Prix du 27e Salon International des Inventions de Genève en 1999, ainsi que trois médailles d’or et une d’argent de ce même salon depuis 1998. En l’an 2000, l’Institut de Design Montréal lui remet son Grand Prix et son Prix Spécial en recherche. Le ministère des Affaires culturelles lui décerne en 1991 le Prix Paul-Émile-Borduas pour l’ensemble de son œuvre, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine des arts visuels.

Son champ d’activités est très varié et couvre notamment le design d’objets utilitaires, les produits industriels et institutionnels, le mobilier urbain et le matériel de transport. Michel Dallaire fut dernièrement conseillé principal auprès d’Air Canada pour le design de tous les produits en cabine pour sa flotte Amérique du Nord et sa flotte internationale. Parmi ses récents projets, mentionnons le design du mobilier urbain du Quartier international de Montréal qui a reçu plus de 17 prix prestigieux tant au Canada qu’à l’étranger et aussi la conception de l’ensemble du mobilier destiné au public de la Bibliothèque nationale du Québec (BANQ).

Depuis 1998, Michel Dallaire est professeur associé à l’École de Design industriel de l’Université de Montréal ainsi qu’à la Faculty of Environmental Design de l’Université de Calgary. De 1988 à 1998, il a été professeur invité régulier au Département Supérieur de Design Industriel de l’École cantonale d’art de Lausanne en Suisse. En 1993 et 1998, il a animé des séminaires à l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle de Paris, l’ENSCI et en 2004 à l’Universidad Nacional Autónoma de Mexico.

Michel Dallaire a été reçu membre de l’Académie royale des arts du Canada en 1978, Chevalier de l’Ordre national du Québec en 1994 et membre de l’Ordre du Canada en 1999.

SAINT-PIERRE NOTRE ÉCOLE : CINQUANTE ANS

Chers Amies et Amis, officiels et toutes et tous les anciens,

Tu es notre école et les frères les animateurs de cette famille, de cet espace de vie. Nous sommes honorés de vivre avec Toi, de vivre ensemble, ce moment béni des cinquante ans de présence de la congrégation, des cinquante ans de vie de tous les frères qui ont participé à cet immense projet éducatif et important projet de foi engagée. La poésie est pour moi la manière de dire notre fierté et notre joie mais aussi de louer le Seigneur.

Nous sommes sûrement un nombre restreint d’anciens, parmi les premières promotions à pouvoir y être à titre d’anciens Frères de Saint-Gabriel et d’anciens de l’École Saint-Pierre, un privilège que j’assume avec beaucoup de fierté et d’humilité. Ces quelques vers pour porter nos voix en une cadence qui est celle de nos vies et qui monte en cette matinée comme une louange.

Garder des nos origines des liens qui définissent une certaine identité

1. Cinquante ans de sourires aux comètes de la paix
2. Cinquante ans d’accolades au temps des rêves
3. Cinquante ans de voix chantant à l’unisson la Bohème
4. Cinquante ans d’oiseaux volant en formation
5. Cinquante ans de sirènes perçant les flots
6. Cinquante ans de cithares pour la musique princière
7. Cinquante ans d’étoiles au firmament du bonheur
8. Cinquante ans de flambeaux à la gloire du cœur
9. Cinquante ans de rayons des forces cordiales
10. Cinquante ans aux sources des faveurs célestes
11. Cinquante ans de fleurs illuminant l’espace
12. Cinquante ans pour les chutes des douceurs spirituelles
13. Cinquante ans de vagues pour chanter l’amour
14. Cinquante ans de vers pour louer l’honneur
15. Cinquante ans de saveurs glorifiant l’harmonie
16. Cinquante ans de soleils de fierté immense
17. Cinquante ans de lueurs de tendresse extrême
18. Cinquante ans d’éclairs pour éclater les émotions
19. Cinquante ans de lunes de sensualité nouvelle et éternelle
20. Cinquante ans pour les eaux de la pureté totale
21. Cinquante ans de souffles d’inspiration profonde
22. Cinquante ans de lignes pour marquer la fierté
23. Cinquante ans sur les sentiers de l’aventure
24. Cinquante ans à faire pousser les herbes pour verdir les champs
25. Cinquante ans à donner et à transmettre aux jeunes
26. Cinquante ans à inventer tous les jours
27. Cinquante ans à créer de nouvelles manières d’être
28. Cinquante ans à écouter pour mieux servir
29. Cinquante ans à traduire dans la vie les théories et les méthodes
30. Cinquante ans à apprendre aux jeunes la patience
31. Cinquante ans à former les cœurs et les esprits
32. Cinquante ans à modeler un environnement
33. Cinquante ans pour l’écoute et la compréhension
34. Cinquante ans pour parler au nom de la foi
35. Cinquante ans pour agir au mon de la science
36. Cinquante ans pour marcher sur les chemins de la créativité
37. Cinquante ans à chercher et à poursuivre des recherches
38. Cinquante ans aussi pour partager des convictions
39. Cinquante ans, parfois dans le doute, souvent dans l’imprévisible
40. Cinquante ans pourtant avec énergie et fierté
41. Cinquante ans en mission pour le bien commun
42. Cinquante ans en classe, sur les airs de vie et en lien avec la communauté
43. Cinquante ans de routine et d’innovation
44. Cinquante ans de combats et de découragement
45. Cinquante ans de célébration et de joie
46. Cinquante ans de surprises et d’angoisse
47. Cinquante ans de sacrifice et d’enthousiasme
48. Cinquante ans de riches rencontres et de nouvelles créations
49. Cinquante ans de développements inédits et de bonheur
50. Cinquante ans de flèches pour un anniversaire de promesse et de liberté.

Garder le cap sur l'avenir

Yves ALAVO
Au jour du 20 octobre 2011.
50e Anniversaire de présence des Frères de Saint-Gabriel à l’École Saint-Pierre.

FRANÇOIS POUR COMMUNIER À L’ÉVANGILE DU CHRIST

Cardinal Jorge Mario Bergoglio, le 3 mars 2013

C’est son goût de la discrétion, sa dénonciation du libéralisme sauvage d’un monde globalisé, tout comme la proximité avec ses fidèles qui l’ont peu à peu imposé comme une autorité morale. Un prêtre, passé par la sierra avant de rejoindre Buenos Aires, qui se démarque par sa simplicité. Nommé à Buenos Aires, la capitale argentine, il refuse le luxe de la résidence qu’on lui réserve pour prendre un petit appartement, à proximité de son église. Il prend le bus pour aller de paroisse en paroisse. Il va dormir dans un bidonville chez l’un de ses prêtres menacé par les trafiquants de drogue.

En 2009, il déclare que la lutte contre la pauvreté est un combat pour les droits de l’homme. Un combat contre l’extrême pauvreté, qui ronge certaines parties du continent sud-américain, touchant également l’Argentine, plongée dans la crise à la fin des années 1990. Président de la Conférence des évêques d’Argentine de 2005 à 2011, l’homme est également une voix politique, qui a dénoncé à plusieurs reprises l’autoritarisme des époux Kirchner, successivement à la tête de l’Argentine. Accusé par ses détracteurs de n’avoir pas suffisamment agi contre la dictature argentine, l’homme a pourtant sauvé plusieurs personnes des tortures et de la mort.

Francois, le Pape au service des plus démunis

Un pape ouvert sur les «nouveaux mondes». Non issu de l’Europe, qui a donné tant de papes, ce pape argentin est un symbole d’ouverture de l’Eglise aux «nouveaux continents». Originaire d’Amérique du sud, qui le plus grand foyer de catholiques dans le monde, ce pape devrait être attentif à ce qui se passe au-delà du Vatican. En effet, les Eglises américaines, africaines et asiatiques sont marquées par une grande diversité.

Un pape au train de vie humble, voire austère. L’homme est très apprécié en Argentine, car il a, malgré sa charge, toujours gardé un étroit contact avec les fidèles, et a fait de la lutte contre la pauvreté l’une de ses priorités. Il applique ce qu’il prêche, refusant les résidences luxueuses, prenant le bus et le métro, enfilant des sandwiches et passant du temps dans les paroisses pauvres. Une «normalité» pour certains, un caractère exceptionnel pour d’autres.
Un pape «modéré». Jorge Mario Bergoglio est considéré comme un homme modéré dans l’Eglise. Si, en septembre 2012, il a fustigé les prêtres qui refusaient de baptiser les enfants nés hors mariages, il s’est également montré très sévère contre la légalisation du mariage homosexuel en Argentine.

Un pape à la voix politique. Dans son pays, cet Argentin n’est pas resté pas muet devant le pouvoir politique: Critique de la classe politique touchée par la corruption, il s’est également affiché contre les narcotraficants, soutenant plusieurs prêtres menacés par les réseaux mafieux.

Un pape et les médias. S’il est féru de la presse… Jorge Mario Bergaglio n’accorde jamais d’interview! Devenant pape, l’homme passe dans une autre dimension, et devra forcer son caractère pour forger sa communication. Sa connaissance des langues italienne et allemande, outre l’espagnol, est un plus.

Un pape face à la Curie. Face au «super-gouvernement» de l’Eglise que constitue la Curie, Jorge Mario Bergaglio est resté plutôt silencieux. A voir dans les prochains mois quel rapport de force va s’instaurer entre l’institution et le nouveau souverain pontife.

Un pape âgé, et à la santé fragile. Agé de 76 ans, l’homme vit avec un poumon depuis ses 20 ans. Travailleur acharné, il se lève tous les jours à 4h30, pour finir à 21h. Un emploi du temps chargé, ce qui ne l’empêche pas d’être un fervent supporter du club de foot de Buenos Aires San Lorenzo…fondé par un prêtre.
Le nouveau pape aura notamment pour charge de sortir l’Eglise des scandales à répétition qu’elle a connus ces dernières années…
La tâche du nouveau pape Jorge Mario Bergoglio sera pour le moins ardue. Il devra d’abord s’atteler à remettre de l’ordre dans l’Eglise après les scandales qui ont ébranlé le pontificat de son prédécesseur, Benoît XVI: les abus sexuels sur mineurs étouffés pendant des décennies, les affaires de corruption et de rivalités profondes au sein de la hiérarchie vaticane, révélées par le scandale «Vatileaks», ainsi que les affaires de mœurs, dont l’existence –non avérée– de réseaux homosexuels au sein de l’Eglise.

Selon Frédéric Lenoir, historien des religions, les cardinaux, qui ont élu Jorge Mario Bergoglio, avaient le sentiment d’une urgence. «Face à l’ampleur des défis à relever, la question n’[était] plus de savoir si le prochain pape [serait] sud-américain, moderne ou conservateur, mais s’il [serait] capable de sortir l’Eglise des scandales à répétition. La question de l’adaptation de l’Eglise à la modernité est passée au second plan.». Cette question n’en est pas moins essentielle à l’heure où l’influence de l’Eglise catholique décline à travers le monde, bien qu’elle compte encore un milliard deux cents millions fidèles. Célibat des prêtres, place des femmes dans l’Eglise, mais aussi avortement, euthanasie et préservatif sont autant de questions sur lesquelles de nombreux fidèles attendent un changement de position de l’Eglise pour répondre aux évolutions sociétales. Il est toutefois vraisemblable que le prochain pape aura les mêmes positions de fond que Benoît XVI.

LIONEL MESSI, TROUBADOUR ET PRESTIDIGITATEUR DU BALLON ROND

Enfant prématuré, Lionel Messi, adulte à 25 ans à 1 m 69 de taille, cet attaquant vient de battre un record exceptionnel (1972 Gerd Müller 85 buts et 2012 Lionel Messi 91 buts en une année civile) dans une période de l’histoire du football mondial qui elle est plutôt différente de celle au cours de laquelle son prédécesseur, l’allemand Müller, a réussi son exploit.

Jamais, je crois pouvoir l’affirmer, car Messi a déjà trois ballons d’or, un joueur de club de très haut niveau, comme l’est le Futball Club de Barcelona (FCB), ne répétera cette série de buts, souvent d’anthologie, en une seule année civile, sur notre planète. Quelques artistes du ballon rond, atteignent ce statut, selon leurs spécialités et les caractéristiques de jeu de leur environnement d’évolution. Des noms émergent en comparaison et juste par analogie : Edson Arentès Do Nascimiento (Pelè), Just Fontaine, Kopa, Alfredo Di-Stefano, Roger Milla, Zinedine Zidane, Frantz Bekenbauer, Gerson, Tostao, Didi, Vava, Lev Yachine, Iker Casillas, Diego Armando Maradona, Johann Cryuff, Iniesta.

Joie de jouer en équipe et de marquer des buts d'anthologie

De tous les praticiens-phénomènes qui ont, par leur jeu, leurs aptitudes physiques, leurs composantes physiologiques, psychomotrices et leurs qualités intellectuelles, marqué ce sport populaire et accessible, le plus pratiqué sur la face de la terre, peu ont, avec constance, avec art et méthode, mais aussi avec un génie polymorphe, porté aussi haut les standards avancés, en conception et dans l’exécution, des partitions footballistiques locales, nationales et internationales. Leo Messi, vient d’écrire une œuvre distincte et d’une immense portée.

La principale caractéristique du jeu de Lionel Messi est sa coordination /anticipation / exécution d’une fluidité qui intègre une combinatoire séquentielle neuro kinesthésiologique, d’une facture asymétrique. Sa morphologie n’explique pas tout son talent dynamique, sa vision périphérique, précise est au moins égale à celle d’un autre génie du ballon rond, Zizou, pour les amis. Messi est peut-être un des rares magiciens des pelouses à anticiper sur les anticipations de ses partenaires autant que sur celles de ses adversaires. Par ailleurs, il a un jeu complet, au service de l’équipe, défendant avec autant de précision et de stratégie, qu’attaquant, dans une harmonie coulante ou brisée, selon les phases tactiques de déroulement du match. Alors, ses accélérations, ses dribbles et ses contre-dribbles chaloupés, ses feintes mobiles, comme celles d’un danseur de claquettes, ses coups de pattes ou ses crochets inégaux en longueur et variés dans leur courbes, finissent par donner le tournis à toutes les défenses du monde. Tel est Messi, danseur / trapéziste /athlète / chef instrumentiste et prestidigitateur de la planète foot.

4 ballons d'or certifient l'exceptionnelle contribution à l'art footballistique

Combien de fois, Messi a-t-il surpris, gardiens de buts, latéraux et centraux dans les surfaces de réparation, sur les alentours des points de tir des pénaltys, au sol ou dans les airs, par une frappe imprévisible, par un crochet triple impossible à effectuer selon les normes de la gravité, par une double accélération sur un mètre et demi entre le piquet du coup-de-pied de coin et le premier poteau immédiat? Combien de fois ses passements de jambes en rythme africain et en samba ou alors en capoeira ou en tango ont figés d’admiration et d’envie, joueurs solidaires et forcenés des stades ? Très difficile de répondre à de telles questions car des chaussures à crampons de Messi monte pour l’éternité la poésie gestuelle et conceptuelle du troubadour vivant et intemporel.

Yves Alavo

HECTOR PÉREZ GONZALÈZ : ARTISTE POUR LA JUSTICE SOCIALE

Le nouveau chargé de projets ou coordonnateur de Visions sur l’art Québec, est en soi le parfait candidat à la trilogie équité, accessibilité et diversité, qui résonne comme un slogan universel pour une société qui aspire à un mieux-être collectif.  La trame de sa vie, celle qui permet, au fond, d’en comprendre le fil conducteur, c’est la constance et l’infatigable application à vivre en exerçant son métier, artiste du visuel, comme un sacerdoce afin de réduire le nombre d’exclus.  Artiste pour agir afin de favoriser l’intégration ou l’inclusion des personnes handicapées dans la société, dans son ensemble, en stimulant leur développement personnel ce qui contribue à accroître l’estime de soi.

Toute la démarche d’Hector Pérez Gonzàlez vise, à partir du mentorat ou du partage d’expériences, de la mise en commun de techniques, par l’adhésion à une vision esthétique, effort qui permet de bâtir un tremplin pour mieux se situer en s’exprimant.  Cette action sur soi contribue à faire prendre conscience à chacun du pouvoir considérable de l’art pour briser les barrières et élever les esprits.  L’art pour vaincre les préjugés et, via la force de la solidarité interdisciplinaire (apport des psychologues, des éducateurs, des intervenants sociaux et des thérapeutes), arriver à une intégration, à une immersion dans toutes les sphères de la société des personnes ayant des limitations.

Né à Cuba, il y a fait tout son cursus scolaire et universitaire : l’Académie des Beaux-arts de la Havane, l’École de design industriel, a pris des formations auxquelles il a ajouté le marketing et ensuite, en arrivant au Québec, l’apprentissage de la langue française.  Hector Pérez Gonzàlez se bat inlassablement comme artiste professionnel, comme enseignant, comme humain afin que l’art soit un outil de justice sociale, de partage économique et surtout le moyen d’expression d’une société qui a de la peine à reconnaître l’existence et à accepter la participation à la création de la richesse collective de celles et de ceux que les aléas de la vie forcent à affronter des barrières qui sont souvent plus difficiles à vaincre que les limitation physiques, intellectuelles ou psychologiques qui les handicapent.

Vivre en harmonie grâce aux vertus de l’art, mais surtout comme artiste, designer et intervenant social, mettre ses talents au service de l’équité dans la société afin que chaque personne puisse s’épanouir et se sentir utile et partie prenante; telle est la quête de cet artiste hors normes, Hector Pérez Gonzàlez.

Artiste membre d’un collectif engagé pour plus de justice, pour une affirmation des droits de la personne au sein de sa société d’origine, Hector Pérez Gonzàlez, au cours des vingt dernières années, a exercé un nombre important  de fonctions et assumé des responsabilités au cœur du monde des arts et de la culture : artiste, enseignant, spécialiste des relations publiques et des communications, technicien en décoration, concepteur et gestionnaire.  Bonnes présence et participation avec VSAQ et confiance pour une participation au développement de notre société québécoise, canadienne, pour le bénéfice collectif le plus large..

Yves Alavo

Membre du C.A. de VSAQ

Un lien :  http://www.vallartainstitute.com/Hector-Perez.php

UN QUART DE SIÈCLE SOUS LE SOUFFLE DE L’AFRIQUE

Une légende vivanteLes 25 ans du festival international Nuits d’Afrique.
Du mardi 12 au dimanche 24 juillet 2011.

25e édition du Festival international Nuits d’Afrique
Première partie du 12 au 18 juillet 2011.
Sous le thème « Un quart de siècle de musique du monde», la 25e édition du Festival international Nuits d’Afrique a pris son élan ce mardi, 12 juillet 2011, pour treize jours de célébrations ! Cette 25e édition sera un clin d’œil aux grands moments de ces 25 dernières années, mais aussi une mise en vie de cette coutume d’innovation qui fait la force de l’événement. Tradition, audace, renouveau et affirmation culturelle sont les mots clés de cette édition exceptionnelle, où seront présentés 57 concerts d’artistes issus de 32 pays !

1. Van Merwijks Music Machine & Manou Gallo
Mardi, 12 Juillet, 2011 – 20:00, Cabaret du Mile End.

Si Lucas Van Merwijks n’avait pas été l’un des meilleurs batteurs de sa génération, gageons qu’il aurait été chercheur, tant sa prolifique carrière musicale est marquée par l’expérience. Sur scène avec le percussionniste Aly N’Diaye Rose, fils du célèbre Doudou N’Diaye Rose, lui et l’incomparable bassiste, guitariste, percussionniste et auteure ivoirienne Manou Gallo, ex- Zap Mama, explorent leurs racines et partent à la découverte de nouveaux territoires sonores. Une expérience de continuelle invention qui est à l’avant-garde de la musique métissée en son tissu profond, celui de la culture transmise et des références artistiques de ceux et celles qui la crée.

Lucas Van Merwijks
Pays-Bas

Né aux Pays-Bas en 1961, Lucas Van Merwijk est attiré par la batterie dès sa plus tendre enfance. Il commence son apprentissage alors qu’il n’a que 9 ans. Parvenu à l’âge adulte, il étudie durant deux ans au Sweelinck Conservatorium d’Amsterdam et, en parallèle, se lance dans une carrière professionnelle sur les scènes salsa et jazz néerlandaises. De 1984 à 1987, il joue dans l’orchestre de Henri Guedon, à Paris et, à partir de 1985, passe sept ans dans le Future Shock de Maarten van Norden.

Dans les années 1980, il avait perfectionné sa technique des percussions afro-cubaines en suivant un cours donné par Oscarito Valdes, à Cuba. Il renouvellera cette expérience en 1992. Depuis le début de sa carrière, il a joué avec de nombreux groupes et artistes européens, notamment le fameux Nueva Manteca depuis 1987. Trois ans plus tard, il se lance dans l’aventure du trio Sticks & Strings, devenu depuis le Trio Amuedo, van Merwijk, Vierdag, et enregistre en 1992 l’album Uru puis un autre Jamfever en 1997. Avec ces formations, il enchaîne les tournées dans le monde entier. En 1997, il crée, en outre, le label Tam Tam Records.

Il est actuellement à la tête de quatre groupes différents: le Cubop City Big Band (depuis 1995), Drumix! avec Aly N’Diaye Rose (depuis 2000), l’orchestre de percussions du monde Drums United (depuis 2000) et Music Machine. Ce dernier est une formation à géométrie variable qui lui permet de multiplier les collaborations. C’est dans ce cadre qu’il joue aujourd’hui avec Manou Gallo. Avec le Cubop City Big Band, il a sorti les albums Machito Project (1995), Moré and More (1997), Arsenio (2002) et Que sensación (2008), avec Drumix! l’album éponyme en 2000 et, avec Drums United, le DVD World of Rythm (2006).

Par ailleurs, il est professeur de batterie et de percussions au département Musiques du monde du conservatoire CODARTS de Rotterdam et au département de jazz au conservatoire d’Amsterdam depuis 1987. L’ensemble de ces expériences lui permet d’avoir un style bien à lui, mélange d’influences cubaines, brésiliennes, et nord-américaines qui fait sa notoriété dans le monde musical ; tout cela est lié par le génie musical africain, raison de sa présence au vingt-cinquième du Festival international Nuits d’Afrique, à Montréal.

Manou Gallo
Côte d’Ivoire

Née en 1972, Manou Gallo est originaire de Divo, en Côte d’Ivoire, mais de racines sénégalaises, comme son nom le dit si bien. Très tôt, elle s’intéresse au monde du spectacle. À 12 ans, elle monte sur scène pour la première fois pour jouer une pièce de théâtre musicale avec d’autres enfants au sein du groupe Woya. Durant des années, on parlera de ce spectacle dans toute l‘Afrique de l‘Ouest. Jusqu’en 1989, la troupe fait en effet des tournées régulières au Burkina Faso, au Bénin, au Togo et au Mali et enregistre quatre albums.

En 1990, Woya est dissout et Manou part alors à Abidjan où elle apprend à jouer de la basse. Trois ans plus tard, elle parfait ses connaissances dans le village artistique de Ki-Yi-Mbock où elle s‘initie à la danse, au théâtre et où elle participe à l‘enregistrement d‘un disque produit par Ray Lema. En 1997, elle est appelée par Michel De Bock, tour manager du groupe Zap Mama, pour intégrer le groupe en tant que bassiste. Elle débarque en Belgique et intègre l’aventure Zap Mama qu’elle ne quittera plus durant six ans. Elle prend part aussi à l’aventure des Tambours de Brazza. Elle découvre l’Europe, le mélange des cultures, l’ouverture des Bruxellois… Elle se met également plus intensément aux percussions, un instrument traditionnellement réservé aux hommes.

Durant cette période, elle écrit en français, en anglais et en dida, sa langue maternelle, preuve de ce mélange quotidien dans lequel elle vit. Elle les met en musique, sur des rythmes qui viennent de son pays natal, mêlés à ceux qu’elle a connus sur son chemin depuis le début de sa carrière. En 2001, elle crée son propre groupe, avec des amis musiciens, sous le nom du Djiboi. Leur premier disque, Dida, est sorti en 2005, suivi de Manou Gallo en 2007, puis Lowlin en 2010. Elle est nommée Révélation Coup de cœur Francophone en 2009.

La profondeur de la voix de Manou Gallo sur des musiques chaudes se fait entendre ainsi au-delà des frontières, un rêve qu’elle n’aurait sans doute pas osé, une folie devenue réalité.

2. Manu Dibango Mercredi 13 juillet 2011(20h30)
au Métropolis de Montréal, en première, Marianne Aya Omac.

Manu Dibango, l’une des vedettes africaines de la musique, l’un des grands saxophonistes actuels, est un artiste incontournable. C’est une bête de scène à la bonne humeur communicative. Le concept même de musique du monde lui doit beaucoup. A 78 ans, Manu Dibango, le plus grand saxophoniste africain et, surtout, l’un des pères fondateurs d’une musique africaine moderne, ouverte sur le jazz, le rythme & blues, la salsa, le gospel, le funk, et le reggae, conserve de manière exemplaire son dynamisme.

Né en 1933 à Douala, au Cameroun, il chante dans la chorale que dirige sa mère mais cela est, pour lui, du pur amusement. Il débarque en France alors qu’il a 15 ans pour poursuivre ses études. À ce moment-là, il ne connaît encore rien (ou presque) au jazz, rien non plus au saxophone. Le virus ne l’a pas encore atteint. Deux années passent avant qu’il ne découvre ce qui fera sa vie : le saxophone. Rapidement, il se produit dans des clubs… au grand dam de son père.

La suite de ses pérégrinations le mène en Belgique où il se fond dans la communauté congolaise. Au début des années 1960, le chanteur Kabasele, venu tout droit de Kinshasa, l’embauche dans son groupe, l‘African Jazz. Il enregistre de nombreux disques avec eux et entreprend des tournées à répétition. Quelques années plus tard, il fonde son propre orchestre et développe un style bien à lui, des sons uniques.

En 1972, sort un 45-tours dont la face B va devenir l’un des plus grands tube africain de tous les temps : Soul Makossa, vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde, véritable hit aux États-Unis et réutilisé depuis par Michael Jackson et Rihanna, entre autres. La « word music » est née.

Dans les années 1970 et 1980, Manu Dibango enregistre de nombreux albums, mélanges de jazz et de musiques africaines, parmi lesquels ‘Super Kumba’ (1974), ‘Africadelic’ (1975), ‘Mélodies africaines’ (1983), puis des opus afro-électro-funk dont ‘Abele Dance’ (1984). Enchaînant tournées et enregistrements, Manu Dibango n’oublie pas d’où il vient et s’engage régulièrement pour défendre les causes chères aux Africaines et aux Africains. Celui qui ne cesse de jeter des ponts entre les continents et les genres musicaux a produit depuis le début de sa carrière plus de trente disques, dont ‘Manu Dibango joue Sidney Bechet’ en mars 2007.

Manu Dibango, personnage clé de la fin du XXe siècle est au moins autant journaliste, anthropologue ou philosophe, que musicien. Sans lui, la « world » aurait sans doute fini par exister : mais au moins cinquante ans plus tard !

Depuis plus de trente albums studios ont suivi, parmi lesquels Gone Clear (1979), Ambassador (1981), Wakafrika (1994), Lamastabastani (1995) ou B Sides (2002). Il a également composé des musiques de films comme Kirikou ou les bêtes sauvages ou Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer.

Manu Dibango, c’est la mémoire de la musique africaine et de la sono mondiale. Il a joué aux quatre coins du monde avec les plus grands. Il est lui-même devenu une des figures les plus prestigieuses du jazz et du continent africain.

Chaque dimanche, avec la complicité de « Robert Tito » (Robert Brazza), Manu nous entraîne dans son monde, nous raconte son histoire qui s’écrit aujourd’hui encore à travers la planète, là où il promène son saxophone toujours et encore. Manu sur AFRICA N°1, ce sont aussi ses amis qui viennent lui rendre visite en studio comme à un vieux frère.

Spécialiste des mélanges de genres, Manu Dibango prend encore aujourd’hui un malin plaisir à brouiller les pistes, à croiser les influences, à s’imprégner de musiques variées, pour mieux surprendre et embarquer le public dans un voyage inoubliable.

Marianne Aya Omac, en lever de rideau de Manu
France

Marianne Aya Omac, c’est une auteure, une compositrice et une guitariste mais aussi une voix, puissante, chaleureuse, diverse qui attire l’oreille. Et mieux vaut avoir ce don lorsque l’on joue pendant six ans, 300 jours par an dans les rues de Montpellier. C’est comme ça que Marianne Aya Omac a commencé sa carrière d’artiste, se forgeant un public à l’énergie.

Parallèlement, Marianne rejoint la Gospelize-it Mass Choir, chorale gospel amatrice. Elle y apprend les techniques du gospel, l’implication du corps et de l’esprit dans la musique. Durant ces années, elle voyage souvent en Amérique latine et vit, en outre, dans le quartier gitan de Montpellier. Un cocktail qui lui permet d’avancer également dans le domaine des musiques latines et gitanes.

Grâce à ce parcours éclectique, elle se lance dans la création de son groupe en 1997, Ginkobiloba. Avec cette formation, elle enregistre deux albums, Pachamama (1999) et Mamacita (2002), et donne de nombreux concerts. Le succès est au rendez-vous, le public bien présent et pourtant, Marianne ne veut pas s’arrêter là. Elle choisit en 2005 de laisser le groupe et de se lancer dans une nouvelle aventure. Une double aventure.

En octobre 2004 et en janvier 2005, elle crée respectivement le Chœur de la Buèges et le Chœur de la Garrigue, deux chœurs de gospel, composé chacun de plusieurs dizaines de choristes. Parfois les deux chœurs se retrouvent pour donner des concerts en commun sous le nom de Grand Chœur de la Garrigue, mais chacun avance sur son chemin. Ils font ainsi la première partie de personnalités des « musiques du monde », Salif Keita, Idir, Souad Massi, Compay Segundo… Trois ans après la fin de “Ginkobiloba”, elle sort son premier album Be my witness en 2008. À Montréal, elle s’est fait connaître et aime y jouer, la communauté des es fans se développe avec enthousiasme.

Aujourd’hui, Marianne Aya Omac se produit sous son propre nom, en solo. Qu’elle chante en anglais, en français ou en espagnol, son énergie reste la même, sans artifices et sans détours, avec une voix toujours aussi présente et des textes plein d‘humanisme. Elle a lancé son dernier album le 5 juillet 2001 sous l’étiquette des Disques Nuits d’Afrique.

3. ZAL SISSOKHO, MANSA SISSOKO & MAMADOU KOÏTA, RENCONTRE AU SOMMET
Jeudi 14 juillet, 21 h 00 au Club Balattou

Glissant leurs doigts agiles sur les 21 cordes de leurs koras, Zal Idrissa Sissokho et Mansa Sissoko ont embrassé la destinée que leur confère leur statut de griot. Accompagnés au balafon de Mamadou Koïta, lui aussi griot, ils portent fièrement les trésors de la civilisation mandingue à travers le monde. L’Empire mandingue, c’est le titre que Zal Idrissa Sissokho a choisi pour cette soirée à ne pas manquer. Au cœur des traditions et au faite de la modernité, les héritiers de la culture mandingue que sont ces trois virtuoses professionnels de haut niveau, offrent aux Montréalaises et aux Montréalais, une soirée riche en mélodies, en créativité et surtout, très particulière. À trois, ils mettent en commun leur trésor harmonique et leur savoir historique, leur génie culturel, leurs valeurs sociales et leurs dimensions humaines d’envergure, combinés en une commune complicité faite de respect artistique entre eux, de science solide apprise dans l’immense conservatoire ancestral. Une invitation à découvrir l’ouest africain, son héritage commun, sa culture millénaire, mais aussi sa vitalité et sa joie de vivre. Une seule et suprême rencontre à laquelle vous devez participer, un privilège que nous vous souhaitons de connaître.

Mamadou koïta, Musicien virtuose du Burkina Faso

Balafoniste, percussionniste (djembé, doundoun, bara, tama), joueur de n’goni (instrument traditionnel africain s’apparentant à la guitare ou à la harpe), chanteur et auteur-compositeur, Mamadou Koïta est un musicien virtuose originaire du Burkina Faso. Il est né et a grandi dans l’univers musical des griots de l’ethnie Bwaba. Les griots sont une caste de poètes et de musiciens dépositaires de la tradition orale en Afrique de l’Ouest. Comme dans la famille de Toumani Diabaté, la famille Koïta pratique l’une des plus grandes traditions musicales du monde : la musique mandingue.

Parcours impressionnant.

Originaire du village de Djibasso au Burkina Faso, Mamadou Koïta est entraîné très tôt par les flots de la musique, puisqu’il vient d’une famille de griots. À l’âge de cinq ans déjà, les groupes d’animation musicale attiraient plus Mamadou que les terrains de football et autres jeux d’enfance. C’est cinq ans plus tard, en 1992, que la musique s’impose véritablement à Mamadou. En effet, le jeune artiste sait désormais accompagner ses frères à presque tous les instruments traditionnels : le djembé, le bara, le doundoun, le n’goni, le tama et le balafon qu’il a appris de ses parents et amis. Conscient que son destin ne se trouve nulle part ailleurs que dans la musique, Mamadou décide véritablement de tout laisser tomber pour se consacrer à la musique. En 2002, Il déménage alors à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Il intègre Sinia Sigui, la troupe familiale, de même que la troupe Zimawe du Kadiogo et le groupe Les Frères Diarra, autant de groupes avec lesquels il participe à une série d’animations et de concerts en Afrique, mais aussi en France et en Suisse. Après une participation remarquée en 2002 aux éliminatoires de la Semaine Nationale de la Culture où il remporte avec son groupe Sinia Sigui la 2e place dans la catégorie Musique traditionnelle Instrumentale, Mamadou Koïta est déjà considéré comme le meilleur percussionniste de sa génération.

En 2004, Mamadou fait ses premiers pas sur une plateforme internationale, puisqu’il est choisi pour participer à une animation avec le célèbre musicien burkinabé Adama Dramé lors de l’ouverture du Sommet de la Francophonie au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou. En 2005, Mamadou et son groupe Sinia Sigui montent un projet d’échange culturel entre le Burkina et la France qui mènera à la création du Festival des Musiques d’ici et d’ailleurs. Mamadou et Sinia Sigui participent également à la deuxième phase du projet réalisée en 2006 à Cergy. Dès 2005 et au cours de 2006, en plus des spectacles auxquels il participe avec ses différents groupes, Mamadou participe au Festival de contes et musique du Niger et part également quelques temps au Ghana pour donner des stages de djembé. Il prend part également en 2006 au lancement de l’album Lafila Boumfan d’Ibrahim Keita. Une autre collaboration musicale voit le jour en 2008 avec des membres du groupe français « La Roulette Rustre ». De cette collaboration naîtront l’album « Tiiga fato » et une tournée de la troupe au Burkina Faso en 2010.

Mansa Sissoko
Mali, Québec

Mansa Sissoko est originaire de Baleya, au Mali. Ses parents, tous deux griots, chantent et content les histoires familiales lors des grands événements. Il se met à la kora alors qu’il a 15 ans. Il n’y est pas initié par son père, qui ne joue pas de cet instrument, mais par ses cousins. Ceux-ci ne sont pas des débutants : ils font partie des familles de Toumani Diabaté et Ballaké Sissoko, des maîtres de la kora en Afrique de l’ouest.

A partir des années 90, il mène une carrière de koriste en Afrique, en France et au Canada, il participe à divers albums, notamment pour Habib Koité et Tiken Jah Fakoly, et parcourt le Mali pour chanter et jouer. En 2004, Mansa enregistre à Bamako l’album N’tomi, accompagné du groupe Kabarata. Il y interprète ses compositions ainsi que des pièces inspirées du répertoire traditionnel mandingue. C’est ainsi qu’il devient le personnage principal du documentaire de Bay Weyman, Road to Baleya, sorti en 2008. Ce film montre Mansa Sissoko de retour dans son village natal en compagnie de plusieurs musiciens canadiens. Une illustration des ponts entre les peuples que permet la musique, une métaphore de la rencontre entre Mansa Sissoko, le Malien, et Jayme Stone, le Canadien joueur de banjo.

Ce dernier, impressionné par la connaissance musicale de Mansa, décide de s’intéresser davantage aux musiques d’Afrique de l’ouest et de le rejoindre au Mali, afin d’apprendre les rythmes et les mélodies traditionnelles guidé par une « encyclopédie vivante », comme il le surnomme. Le voyage de plusieurs mois a lieu en 2007. Jayme reste au Mali plusieurs mois en compagnie de Mansa et les deux musiciens concoctent ainsi un bijou de musique africano-occidentale, Africa to Appalachia, Juno (prix musical canadien) dans la catégorie « Musique du monde » en 2009 et meilleur groupe de musique du monde aux Canadian Folk Music Awards la même année.

Zal Idrissa Sissokho, ambassadeur de la culture
Sénégal, Québec

L’un de ses ancêtres fut le premier joueur de kora de l’histoire et son frère, Younoussa, fut dans les années 1980, le premier griot à venir s’installer au Québec. Au Sénégal, la famille des Sissokho est l’une des plus importantes représentantes des griots, ceux qui transmettent oralement l’histoire du peuple mandingue depuis des siècles. Bref, Zal Idrissa Sissokho était prédestiné à chanter et à jouer de la kora.

Né au Sénégal, il joue de la musique depuis ses 11 ans. Très tôt également, il chante et compose en mandingue et en wolof des chansons inspirées du répertoire ouest-africain. Il perfectionne sa pratique de la kora sous la férule d’un des maîtres de l’instrument, Toumani Kouyaté, puis accompagne l’auteur compositeur sénégalais El Hadj N’Diaye.

Il embarque pour le Québec à la fin des années 1990 et y joue notamment avec les frères Diouf, Richard Séguin, le Montréal Jubilation Choir, Corneille, Monica Freire, Lilison, IKS, Muna Mingolé, Alpha Yaya Diallo… Il fait sonner son instrument également pour des musiques de films dont Un dimanche à Kigali de Robert Favreau. À Las Vegas, il participe au spectacle « O » du Cirque du Soleil.

En 2004, il fonde son propre groupe, nommé Buntalo. Il s’entoure pour cela de musiciens montréalais originaires d’Afrique de l’Ouest : Aboulaye Koné à la guitare, David Mobio au clavier, Manu Pelé à la basse et Thomas Niamke Ehui à la batterie. Leur répertoire est composé de créations originales de Zal Idrissa Sissokho et de Manu Pelé ainsi que de pièces classiques mandingues, qu’il chante en malinké et en wolof. Une large palette permettant de faire cohabiter tradition et modernité. En 2007, plusieurs de ses chansons apparaissent sur la compilation du festival international Nuits d’Afrique. Un avant-goût prometteur d’un album complet qui ne tardera pas…

Ambassadeur, médiateur, tel est aujourd’hui, au sein de notre vie sociale et culturelle canadienne, québécoise et montréalaise, Zal Idrissa Sissokho. Pour lui, « l’artiste peut faire passer des messages parce qu’il a une tribune lors des spectacles. Parce qu’il parle de manière sensible, il a la possibilité de toucher les gens et de les faire réfléchir sur ce qui se passe autour d’eux. Contrairement au politicien qui a un intérêt partisan, l’artiste est libre d’offrir son opinion aux spectateurs, par ses paroles et sa musique. »

En février 2008, Zal bénéficie d’une belle reconnaissance : il reçoit le prix OQAJ-Rideau des Amériques décerné pour l’excellence de sa performance, la générosité de sa présence sur scène et pour la beauté de ses métissages musicaux. Il sort son premier album, tant attendu, dans la foulée. Il s’intitule Silaba (« la grande route »). Cet hommage aux ancêtres présente son inestimable héritage musical et retrace la « grande route » que Zal a parcourue depuis ses débuts au Sénégal. Souvent au Brésil depuis trois ans surtout, Zal s’est imposé à force de travail, mais surtout grâce à une éthique remarquable et des valeurs, dont l’honnêteté et la détermination, qui font sa notoriété artistique et expliquent le respect qu’il sème sur son parcours, tant dans le milieu des arts que dans la société en général.

4. Christine Atallah, reine et magicienne
Dimanche 17 juillet à 21 h 00 au Club Balattou

Christine Atallah porte les mélodies, les rythmes et joue avec des instruments aux accents mélangés qui produisent une sonorité suave, élégante et d’une présence amicale. Créations qui nous portent, qui initient des mouvements et des nuances inédites. Elle crée une musique en myriades d’Est en Ouest, met en valeur des chants des profondeurs et imprègne de lueurs légères et nouvelles un monde de vibrations pour le siècle.

Voix du présent et du futur, Christine Atallah ouvre des horizons de fraîcheur, crée entre la musique classique et les musiques aux rythmes mélodiques du monde, un pont de force et de douceur. Christine Atallah, grâce à sa voix des mille et un charmes aux accents de sarabandes de reine et majestueuse magicienne, avec les tempos latins et les éclats arabo-jazzés, envoûtants cantiques pour le bonheur et la paix de l’humanité, est la star d’envergure que toutes et tous souhaitent sur la planète des arts et de la culture universels.

Nommée la diva rebelle, cette auteure compositrice replongera dans ses racines Libanaises pour vous offrir un concert extravagant et exotique. Des musiciens orientaux se joindront aux instrumentalistes occidentaux dans des pièces en français, arabe, espagnol et anglais. Vous vous envolerez sur un tapis volant tamisé d’instruments qui existent depuis l’aube de la civilisation.

Née dans une famille conservatrice, Christine Atallah a dû lutter pour pratiquer sa passion, le chant. Bien décidée pourtant à continuer sur cette voie, elle parvient à devenir soliste dans plusieurs chorales et est alors remarquée par Margaret Khalil, chanteuse du Metropolitan Opera de New York. Celle-ci lui propose de lui donner des cours. C’est le début d’une grande histoire…

Elle décroche une bourse pour continuer son apprentissage à Milan et a alors l’opportunité de chanter dans Aida de Verdi, un spectacle donné dans les grands stades du monde. Suivent plusieurs engagements au cinéma et sur la scène internationale. Elle interprète notamment la bande originale de Jésus de Montréal, de Denys Arcand.

Dans ces années, une alliance musicale se forge avec le compositeur canadien John Winiarz. Depuis leur rencontre, Christine a inspiré et interprété plus de douze de ses œuvres, dont plusieurs premières mondiales. Par ailleurs, elle étudie et danse avec Gabrielle Taylor du Mahattan Motion Dance à Broadway. Une expérience qui fait de Christine une interprète accomplie.

En 2003, elle fonde le groupe Les Bassalindos avec François Lalonde (batterie), Mathieu Tessier et Danny McLaughlin (guitares). Leur musique est un mélange cosmopolite où l’on retrouve l’Occident et l’Orient, combinés avec des éléments latinos, jazz et arabes, une musique où se mêlent le oud, les violons, les percussions arabes, la batterie, les cuivres, les guitares… La majeure partie de leur répertoire est signée Christine Atallah et Danny McLaughlin. Leur premier album, Escapades, sort en 2006 avec la participation de divers artistes comme Jésus EL Niño Perez, Roberto Torres, Oscar D’Leon, Ricardo Lemvo, Hussein El-Emam…

Seule ou accompagnée, Christine Atallah utilise le velours de sa voix, en anglais, en français, en arabe, en espagnol et en italien, pour emmener son public dans un voyage doux et envoutant. Personnalité forte et artiste de talent, elle tisse, au fil des concerts et des créations, un univers si créatif et ouvre des horizons capables, un jour, d’offrir au monde un florilège musical d’une ampleur universel.

5. Zoutenn de Mondélé, artiste de la perfection
Lundi, 18 Juillet, 2011 – 21:00 Club Balattou

Des accords de guitares délicats, une voie douce, entre agréable torpeur et mélancolie satinée… On pense voyage, on pense enfance, on pense paix et humanité… Les mélodies intimistes de ce jeune auteur, compositeur et interprète, finaliste l’an dernier du Prix de la diversité du Conseil des arts de Montréal, rappellent un peu celles de Lokua Kanza.

Zoutenn de Mondélé est né à Bangui en République centrafricaine. Très jeune, il se découvre un goût pour la musique. Au début, il apprend seul, découvre divers instruments en autodidacte complet. Adolescent, il passe des concours, participe à des événements culturels puis se forme finalement à la musique en suivant des cours, afin de se construire une base musicale et instrumentale plus solide. En 2003, il part étudier l’informatique à Dakar. Et il en profite pour s’inscrire à l’École nationale des arts. Il enregistre une première maquette de ses chansons en 2005. Sa musique transpire de ses racines artistiques et culturelles, qu’il sait manier et agencer avec élégance.

En 2008, il continue son voyage vers l’ouest… et s’installe à Montréal. Là, il s’initie à la guitare jazz et se plonge entièrement dans un milieu musical vraiment métissé où se mélangent allégrement les origines et les styles. C’est ainsi, porté par ce bouillonnement d’influences, qu’il se lance sur la scène montréalaise. En 2010, il accède à la finale du Prix de la Diversité du Conseil des arts de Montréal, choisi parmi 40 candidats.

Cette même année, sort son album intitulé Ngba na mabé. Cet opus révèle la maturité atteinte par Zoutenn de Mondélé qui se nourrit de toutes ses expériences musicales, qui est avide de découvertes et gourmand de mixité culturelle. Il est habité par le désir de la perfection sans cesse renouvelé et ne cesse de se perfectionner. L’année 2010 s’est achevée en outre par la formation d’un groupe avec le percussionniste Sadio Sissokho et le multi-instrumentiste Derek Harrison et la création du spectacle De Chœur à cœur. Soyez attentifs, il vous réserve de nombreuses surprises.

Yves ALAVO

Pour la programmation de l’édition du 25e anniversaire du FINA :
http://www.festivalnuitsdafrique.com/

Article pour La Tribune Juive sur Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes.

Le 9 novembre 2010, notre collaborateur Yves Alavo lançait un 2e recueil de poésie à la maison de la culture Ahuntsic, Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes paru aux Éditions Grenier.. À cette occasion, un certificat de reconnaissance lui a été présenté par le ministre fédéral de l’immigration, de la citoyenneté et du multiculturalisme M. Jason Kenney, » pour  son accomplissement remarquable à promouvoir la culture au Canada« .

Vertiges que l’on ressent à la lecture de cette prose poétique.  Entrer dans l’univers littéraire d’Yves Alavo nous  fait perdre pied et nous  déstabilise dans nos certitudes de vocabulaire, . En effet, comment le thé peut-il porter des « sonorités harmonieuses »(p.26) et comment la tendresse peut-elle être une couleur « blanche la tendresse qui monte de l’âme « (p.34)?  C’est grâce à un riche éventail d’images inédites que le poète nous désarçonne et nous entraîne dans son monde tourbillonnant. Vertiges.

Sublimes. C’est à un état permanent d’extase que nous sommes conviés en parcourant ces poèmes.  L’homme est sans cesse conquis au superlatif par la femme.  Celle qui porte des « escarpins divins » (p.24), celles qui sont « deux fois plus que belles » (p.42) ou encore celle qui fait dessiner  et danser le poète (p.88). L’homme poète recherche et cultive  des femmes à admirer. Il nous  entraîne au-delà du réel féminin, au-delà du réel humain tout court, là où ce sont les sensations fortes qui  guident : « lumière de ton baiser, lumière de ta main chaude« (p.40). Sublimes.

Couleurs . C’est une oeuvre de jeunesse très colorée peinte par le poète lui-même qui sert de couverture au livre. Le jeune homme de vingt ans trouvait alors dans l’expression picturale,  le moyen de communiquer au monde ses émotions.  Aujourd’hui,  à l’âge de la maturité,  l’auteur se sert de la palette des couleurs pour exprimer des idées politiques « La vague bleue » (p.18), rendre hommage à des artistes « Oranges, les chaussons des danseuses« (p.69)  et même crier une sensualité qui explose «  jaunes saveurs des langues enlacées  » (p.34). Comme le titre l’évoque, chaque saison a sa couleur, « hiver blanc« (p.58) , « printemps  vert  » (p.59), « été  jaune« (p.60) « automne rouge » (p.61). Yves Alavo aime les couleurs et sa poésie nous emmène dans un univers vif et vibrant. Couleurs.

Saisons. L’auteur est originaire du continent africain où se succèdent deux saisons pas vraiment différenciées avec soleil et chaleur en permanence.  On oserait soumettre l’hypothèse que le poète a été envoûté par le contraste violent de nos saisons nordiques, tellement courtes qu’il faut les embrasser immédiatement, tellement rudes qu’il faut développer une carapace d’évasion, tellement soudaines qu’elles font sursauter  le poète et l’émeuvent « sur le chemin du parc, le vert est frappant » (p.47). Même si l’immigration est une exil, « exil du coeur jamais parti et pourtant orphelin« (p.22), il est bon de croire que notre diversité canadienne et québécoise toute en saisons et en humains a retenu chez nous Yves Alavo pour le meilleur et pour la poésie. Saisons.

Intimes. Il est des états d’âme que seule la poésie permet d’exprimer. Colère devant l’injustice sous forme d’écriture revendicatrice. Désir passionnel sous forme fleurie et arrondie. Enthousiasme jovial sous forme de délire littéraire. L’intimité , c’est le poète qui livre ses secrets, qui déplie la toile rangée des convenances et qui entrouvre ses bras et son coeur. Intimes.

Laissez-vous prendre au jeu de la poésie que vous propose Yves Alavo dans Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes. Un petit livre qui ouvre vers un horizon infini.

Paule Mauffette

Notez bien: on peut se procurer le livre directement auprès de l’auteur – yves.alavo@gmail.com.

Ou à la Librairie Olivieri 514-739-3639

http://librairieolivieri.com/