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Archive for janvier, 2011

Partage de l’expertise des villes en faveur d’Haïti

11 jan

Montréal, le 11 janvier 2011 –

 Dans le cadre du Programme de coopération des municipalités Haïti/Canada, le maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, en présence de l’honorable Beverley J. Oda, ministre de la Coopération internationale, a annoncé la participation de la Ville afin de soutenir la Ville de Port-au-Prince dans ses efforts de reconstruction. Montréal sera ainsi la première ville au monde à intervenir en sol haïtien pour mettre à profit son expertise et aider à remettre sur pied l’administration municipale de la capitale haïtienne.

 « Nous sommes fiers de présenter aujourd’hui la première phase de la participation de la Ville de Montréal à la reconstruction de la Ville de Port-au-Prince. En contribuant à poser les jalons d’une administration municipale, nous aidons les Haïtiens dans ce que nous connaissons le mieux : la gestion d’une ville au quotidien. À terme, cela permettra à Port-au-Prince d’assurer ses responsabilités dans des domaines prioritaires tels que le logement, la planification urbaine, les infrastructures et le développement économique », a déclaré le maire de Montréal.

 La Ville de Montréal offrira son soutien à la Ville de Port-au-Prince par le biais d’une contribution en ressources humaines. Au total, 51 missions d’une durée approximative d’un mois seront réalisées au cours de cette première phase d’activités. De plus, un bureau d’appui à la mairie sera mis en place dans la capitale pour coordonner la formation d’employés municipaux, l’achat d’équipements et la mise en œuvre des projets de construction et de réhabilitation. L’expertise montréalaise sera également mise à profit au niveau de la planification et la gestion du territoire, la formation des fonctionnaires et des élus, la présence des hommes et des femmes dans les fonctions publiques et électives ainsi que du développement durable. Précisons que les coûts directs et indirects engagés par la Ville seront assumés par le Programme de coopération des municipalités Haïti/Canada.

 Rappelons que ce Programme est un programme collectif pancanadien d’appui à des communautés haïtiennes et financé par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Réalisé conjointement par la Ville de Montréal, la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et l’Union des municipalités québécoises (UMQ), qui partageront eux aussi leur expertise, ce programme a pour but de fournir une assistance stratégique à la reconstruction d’Haïti en misant sur le renforcement de la capacité institutionnelle de collectivités territoriales haïtiennes affectées par le séisme de 2010. À cet effet, une entente tripartite a été signée entre les partenaires de même qu’un accord de contribution avec l’ACDI.

 

CONSULAT GÉNÉRAL DE LA RÉPUBLIQUE D’HAITI

11 jan

Pour diffusion immédiate

Montréal, le 11 janvier 2011.- Le Consulat général d’Haïti à Montréal  informe que le gouvernement haïtien a décrété le 12 janvier jour du souvenir et  de recueillement  en mémoire des victimes du séisme de janvier 2010. En conséquence, plusieurs dispositions  ont été adoptées telles que:

  • Mise en berne du drapeau haïtien
  • Port de brassard ou de bouton noir
  • Observation de 35 secondes de silence ce mercredi  12 janvier 2011 à 4h53 p.m. (16h53) par toute la population haïtienne.

A cet effet, les bureaux du consulat seront fermés au public en signe de souvenir et de recueillement.

Le ministère des haïtiens vivant à l’étranger invite tous les compatriotes vivant à l’extérieur  à adopter des mesures similaires.  En ce sens, le consulat  encourage les stations de radios communautaires à diffuser des musiques de circonstance en vue de créer une ambiance et une atmosphère de méditation et de souvenir.

Le Consulat général d’Haïti à Montréal salue la mémoire de nos nombreuses victimes tout en pensant à plusieurs de ces amis étrangers, particulièrement les québécois qui ont péri lors de cette catastrophe.

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Contact :

Marie-Émile MARTINEAU

Vice consule

Affaires culturelles & Communication

emartineau@haiti-motreal.org

514-499-1919 poste 228

 

Algérie : le gouvernement baisse les prix de l’huile et du sucre pour calmer les tensions

09 jan

Le gouvernement algérien a décidé, samedi 8 janvier, de supprimer temporairement certaines taxes sur le sucre et l’huile alimentaire, dans l’espoir d’enrayer la hausse des prix et les manifestations dans plusieurs villes d’Algérie. Depuis mercredi, le pays est en proie à de violentes émeutes déclenchées par un taux de chômage élevé et une hausse récente des prix des produits alimentaires de base. Au moins trois personnes ont été tuées et 800 autres blessées dans les manifestations, selon un bilan gouvernemental. Le ministère de l’intérieur fait état de plus d’un millier d’arrestations.
Cetet première réponse de l’exécutif algérien prend la forme d’une exonération de 41 % des charges imposées aux importateurs, producteurs et distributeurs d’huile et de sucre. Ces mesures, applicables rétroactivement depuis le 1er janvier jusqu’au 31 août 2011, sont destinées à « faire face à la hausse subite des prix de certains produits alimentaires de base », selon le gouvernement. Les prix de la farine, du sucre et de l’huile alimentaire ont doublé ces derniers mois pour atteindre des niveaux record. Le kilo de sucre, qui valait 70 dinars il y a quelques mois, en coûte désormais 150.

Pour que ces mesures soient effectives, il faut désormais que la baisse soit répercutée sur les prix à la consommation. Le gouvernement précise qu’il « attend des producteurs et des distributeurs d’en répercuter en urgence les effets sur les prix ». Concernant la farine, Alger ne modifiera pas le prix du blé qu’il fournit aux minoteries mais augmentera les quotas de blé tendre.

Samedi, la tension était encore palpable à Alger, même si aucun incident n’a été signalé dans la nuit. En revanche, de nouvelles émeutes ont eu lieu en Kabylie, à l’est d’Alger, notamment à Tizi Ouzou et à Béjaïa, ainsi qu’à Annaba, rapportent des témoins interrogés par ReutersPour plus de justice et une meilleure répartition de la richesse

 

L’Arizona, « capitale » de « la colère,la haine, l’intolérance »

09 jan

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LEMONDE.FR | 09.01.11 | Mis à jour le 09.01.11 | 12h05

La police ignore encore les raisons derrière la fusillade visant l’élue démocrate Gabrielle Giffords, qui a coûté la vie à six personnes samedi à Tucson. Il se pourrait même qu’elle ne soit pas de nature politique. Mais elle intervient dans un climat lourd depuis plusieurs mois dans l’Etat d’Arizona, où une loi controversée sur l’immigration et la réforme de l’assurance-maladie ont exacerbé les tensions.

Lors des élections de mi-mandat, en novembre, Mme Giffords avait gardé son siège après une bataille particulièrement âpre contre un candidat républicain issu du Tea Party. Alfredo Gutierrez, un ancien élu du Parlement d’Arizona, estime que le combat électoral « n’avait jamais été aussi enflammé » dans son Etat.

L’Arizona est un des Etats américains où les lois sur le contrôle des armes à feu sont parmi les plus laxistes. Conséquence, selon Alfredo Gutierrez, « le nombre d’armes et le nombre de gens furieux qui y ont accès est ahurissant ». Le Washington Post signale ainsi qu’un homme avait déjà apporté une arme lors d’une réunion publique similaire de Mme Giffords en août dernier.

« HAUT-LIEU DES PRÉJUGÉS ET DE L’INTOLÉRANCE »

Clarence Dupnik, shérif du comté de Pima, est en charge de l’enquête après la fusillade. Devant la presse, samedi, il a fustigé le climat violent et la rhétorique incendiaire qui existent actuellement en Arizona, dénonçant « le vitriol qui sort de certaines bouches pour appeler à démolir le gouvernement ». « Malheureusement, je pense que l’Arizona est devenu une sorte de capitale » de « la colère, la haine, l’intolérance », a-t-il lancé. « Nous sommes devenus le haut-lieu des préjugés et de l’intolérance ».

Gabrielle Giffords avait déjà été pointée du doigt pour son soutien à la réforme de l’assurance-maladie. Elle faisait partie d’élus qui avaient recensé 42 actes de vandalisme ou de menaces dans les trois premiers mois de 2010, au moment où la réforme était débattue. La quasi-totalité de ces actes étaient liés, de près ou de loin, au dossier de l’assurance-maladie. En mars, des vitres de sa maison à Tucson avaient été brisées par des inconnus à peine quelques heures après l’adoption de la réforme.

Lors d’une interview à la chaîne MSNBC en mars, Gabrielle Giffords avait dénoncé les déclarations virulentes à son encontre en provenance du camp républicain. Elle a notamment évoqué une carte diffusée par l’ancienne candidate à la vice-présidence, Sarah Palin. Cette carte, établie par son Comité d’action politique (PAC), montrait une Amérique émaillée de viseurs de fusils. Chaque viseur désignait une circonscription que le camp Palin souhaitait conquérir. La 8e circonscription de l’Arizona, celle de Gabrielle Giffords, était « visée ».

« Quand les gens font ce genre de choses, ils doivent se rendre compte que ces actes ont des conséquences », avait-elle alors déclaré. Samedi, Sarah Palin a présenté ses condoléances aux victimes, condamnant l’attaque sur sa page Facebook.

 

Sud-Soudan en marche : Vers un nouvel État

09 jan

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Près de quatre millions de Sud-Soudanais se prononceront, à partir du 9 janvier, pour ou contre leur indépendance. Un référendum chèrement payé par des décennies de guerre qui ont fait deux millions de morts

Fanfare et soldats au garde-à-vous, tapis rouge, haie d’honneur et officiels en tenue, la cérémonie organisée, mardi 4 janvier, sur l’aéroport de Juba, principale ville de la région semi-autonome du Sud-Soudan, avait tous les atours d’une répétition générale. Une répétition avant le jour, qui n’a jamais été aussi proche, où Juba, alors devenue capitale d’un Etat souverain, accueillera des présidents étrangers.

Mardi, le président qui essuyait les plâtres n’a peut-être pas goûté l’ironie de ce faste orchestré par les autorités régionales sud-soudanaises. Omar Al-Bachir, 67 ans, le raïs de Khartoum, l’homme fort du pays depuis 1989, arrivait de la capitale pour une de ses rares visites dans cette région rebelle depuis toujours à son pouvoir, quelques jours seulement avant un référendum qui pourrait bien se solder par la sécession du Sud-Soudan et la création d’un tout nouvel Etat, le 55e du continent africain mais le premier à modifier les frontières tracées à la baïonnette par les anciens colons.

A partir de dimanche 9 janvier, près de quatre millions de Sud-Soudanais se prononceront en effet pour ou contre le maintien de l’unité du Soudan. Pour les observateurs, longtemps sceptiques sur la tenue de cette consultation pour des raisons autant logistiques que politiques, le résultat ne fait aucun doute. La balance penchera lourdement en faveur d’une sécession, un rêve chèrement payé et si longtemps attendu par les quelque 8,5 millions de  » Sudistes « , un cinquième des Soudanais.

Cette victoire attendue et préparée sonnera-t-elle le glas de décennies de guerres entre le Nord, à majorité musulmane, et le Sud, animiste ou chrétien, davantage tourné vers l’Afrique noire ? La tenue du référendum est déjà, en soi, un petit miracle, même s’il était promis à cette date depuis six ans par l’accord de paix globale (CPA). Sur le papier, ce texte historique, signé le 9 janvier 2005, ouvrait la voie vers l’indépendance. Mais, à cette époque, il mettait surtout un terme à la seconde guerre civile soudanaise qui faisait rage depuis 1983, soit plus de vingt ans de tueries jalonnées de deux millions de morts.

Les deux hommes forts du pays, et ennemis irréductibles, avaient alors paraphé le texte. Pour le gouvernement central, ce fut Omar Al-Bachir, à la tête du Soudan depuis son coup d’Etat militaire de 1989. Pour les Sudistes, la plume ne pouvait être tenue que par le général John Garang de Mabior, le chef de la rébellio et son héros.. Le CPA prévoyant également un partage des pouvoirs, en clair une ouverture aux Sudistes tenus depuis toujours – ou presque – à l’écart des affaires du pays, John Garang avait été investi, en juillet 2005, premier vice-président à Khartoum. Trois semaines plus tard, il disparaissait dans un accident d’hélicoptère. Salva Kiir Mayardit, 60 ans, lui succédait et c’est à lui, sans doute, que reviendra l’insigne privilège de déclarer l’indépendance du Sud, le 1er juillet.

Longtemps resté dans l’ombre du charismatique John Garang au sein de l’Armée-Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLA-M), Salva Kiir, un géant barbu au front scarifié, lui aussi issu de l’ethnie dinka, est aussi légitime que son prédécesseur.

Son histoire se confond avec la lutte des Sudistes dans la seconde moitié du XXe siècle. Les armes, Salva Kiir les a prises dès les années 1960, soit peu de temps après l’indépendance de 1956 accordée par le condominium anglo-égyptien qui conduisait aux destinées du Soudan depuis 1899. Il se bat alors au sein de la première rébellion sudiste, l’Anyanya, contre la politique d’arabisation et d’islamisation forcée du pays par le Nord, et la suppression de l’autonomie dont le Sud jouissait durant la période anglo-égyptienne, fût-elle sous le contrôle total du condominium et non des autochtones. En 1972, les accords d’Addis-Abeba entre l’Anyanya et le pouvoir central mettaient fin à la guerre et accordaient un statut d’autonomie au Sud.

Salva Kiir intégrait les rangs de l’armée soudanaise, jusqu’en 1983. A cette date, Khartoum supprimait l’autonomie. La guerre reprenait. Salva Kiir se trouvait aux côtés de John Garang pour fonder le SPLA-M dont il deviendra le chef militaire puis le numéro deux jusqu’à la mort de John Garang.

Combattant respecté, l’homme s’est aussi révélé être un fin politique, faute d’être un gestionnaire avisé des affaires publiques. Car peu de monde aurait parié sur la tenue du référendum au soir de la signature du CPA. Et si les Sudistes sont aujourd’hui à la veille de ce jour historique, c’est grâce notamment à la façon dont Salva Kiir, soutenu par Washington, a tenu face à un Omar Al-Bachir qui sait tout ce qu’il risque de perdre avec cette sécession. Raison pour laquelle le président soudanais a tout mis en oeuvre pour en retarder l’échéance. Entreprise vaine jusqu’à présent, mais quelle sera la suite ?

En public, le raïs affiche dorénavant un visage étonnamment conciliant.  » Je célébrerai votre décision, même si vous choisissez la sécession « , a-t-il déclaré dans son discours du 4 janvier à Juba, retransmis en direct sur la télévision d’Etat.  » Personnellement, je serai triste si le Soudan se sépare, mais en même temps, je serai heureux si nous avons la paix « , a-t-il ajouté. Il s’est même dit  » prêt  » à accorder toute l’aide  » technique, logistique ou professionnelle «  dont ne manquera pas d’avoir besoin ce nouvel Etat, rongé par la corruption et où une jeune fille a plus de chances de mourir en couches avant l’âge de 15 ans que de finir l’école primaire.

L’histoire a toutefois enseigné aux Sudistes de se méfier des belles paroles d’Omar Al-Bachir. Au Sud, on voit la main de Khartoum derrière les luttes intertribales récurrentes, les incursions meurtrières de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), rébellion ougandaise active en Afrique centrale, ou des soulèvements en différents points des 2 000 kilomètres de frontières nord-sud. Et si l’on se prend à rêver d’un déroulement pacifique du référendum suivi d’une reconnaissance des résultats par Khartoum, ce qui est loin d’être gagné, les thèmes de discorde sont légion entre deux futurs Etats cimentés dans une défiance réciproque.

De nombreux points trop litigieux pour être réglés avant le référendum sont encore en suspens. Ils peuvent fournir autant de prétextes à Khartoum pour entraver la sécession du Sud. Car, même sans envisager le pire – peu s’attendent à ce que Juba et Khartoum en reviennent à une guerre totale -, l’avenir d’un Sud souverain et viable reste à écrire. Dans un récent rapport, le cercle de réflexion International Crisis Group (ICG) rappelait que des points aussi importants que  » les questions de nationalité et de citoyenneté – pour les Sudistes vivant au Nord et inversement – , de gestion des ressources naturelles – eau et pétrole – , de monnaie, de patrimoine public, de frontières, de sécurité et de traités internationaux restent à négocier « .

 » Or le Parti du Congrès national – NCP, au pouvoir à Khartoum – pourrait bien continuer à contrecarrer le déroulement des négociations post-référendaires dans le but d’obtenir le maximum de concessions de la part du SPLM – Mouvement de libération des peuples du Soudan, appellation depuis l’accord de 2005 du SPLA-M – et de la communauté internationale en échange de leur reconnaissance du référendum « , ajoutait le rapport, sans parvenir à trancher sur la stratégie que Khartoum adoptera. Les Etats-Unis ont déjà promis au Nord un allégement de leurs sanctions économiques et un allégement de la dette soudanaise si Khartoum évitait de torpiller le processus électoral.

Ensuite, la question du partage des richesses du Sud, notamment, promet de rudes débats.  » Les causes de deux cents ans de lutte - Nord-Sud – sont plus souvent qu’elles ne le devraient attribuées à la diversité ethnique ou religieuse, peuples du Sud, Africains, chrétiens contre Arabes musulmans au Nord « , peut-on lire dans l’ouvrage collectif White Nile Black Blood (éditions The Red Sea Press, 2000).  » En réalité, le coeur des conflits incessants est le continuel transfert de richesses du Sud, au sous-sol et aux terres agricoles extrêmement riches, entre les mains d’une petite élite qui vit au Nord, très pauvre « , ajoutaient les auteurs.

Au XIXe siècle, ces richesses avaient pour nom l’ivoire et les esclaves. De nos jours, c’est l’or noir. Avec une production de 500 000 barils par jour, le Soudan est le troisième producteur de pétrole d’Afrique. Malheureusement pour Khartoum, qui tire la quasi-totalité de ses devises de l’exportation pétrolière, 75 % de la production provient du Sud, territoire grand comme la France, ou de zones instables à la lisière nord-sud, telle que la région d’Abyei, où un deuxième référendum pouvant décider de son rattachement au Sud devait se tenir le 9 janvier mais a été repoussé à une date ultérieure.

Certes, le Sud, dépourvu totalement ou presque d’infrastructures et d’industries, n’a, à ce jour, d’autre option que d’utiliser les oléoducs du Nord pour amener le pétrole vers les raffineries, puis vers Port-Soudan, d’où il est exporté. Mais, avec l’indépendance et la négociation de nouveaux accords de partage, Khartoum verra fondre une partie de sa rente. Omar Al-Bachir le sait qui pourrait bien voir la contestation monter dans son propre camp alors qu’il est déjà affaibli sur la scène internationale depuis son inculpation, en juillet 2010, par la Cour pénale internationale, pour génocide au Darfour.

Car l’indépendance n’est pas un thème très populaire au Nord, y compris au sein du NCP, le parti du président. La fin prochaine du régime islamo-militaire d’Omar Al-Bachir a certes été prophétisée à plusieurs reprises. Il a jusqu’à présent démontré ses capacités de survie politique. Survivra-t-il à la division du pays ? Il semble en tout cas qu’il n’a plus guère les moyens de s’y opposer. Mardi 4 janvier à Juba, un Sudiste brandissait une pancarte :  » Bienvenue Bachir, et adieu « .

Christophe Châtelot

© Le Monde

 

Gabrielle GiffordsEtats-Unis : une députée entre la vie et la mort après une fusillade

09 jan

Gabrielle Giffords, une parlementaire américaine, se trouvait dans un état critique, dimanche 9 janvier, après avoir été la cible d’un homme qui a ouvert le feu lors d’un meeting politique en Arizona, samedi. Mme Giffords a été atteinte d’une balle en pleine tête alors qu’elle discutait avec ses électeurs sur le parking d’un supermarché de Tucson.

Un jeune homme de 22 ans a tiré une vingtaine de fois avec une arme semi-automatique, touchant l’élue et plusieurs autres personnes présentes sur place. La fusillade a fait six morts, dont Christina Green, une fillette de 9 ans, et John M. Roll, un juge fédéral qui avait 63 ans. Treize personnes ont également été blessées, dont plusieurs se trouvent dans un état grave.

Samedi, plusieurs médias, citant le bureau du shérif, avaient annoncé que Mme Giffords, élue démocrate dans l’Arizona depuis 2007, était décédée. Les autorités médicales ont ensuite démenti cette information, déclarant qu’elle subissait une intervention chirurgicale au Tucson’s University Medical Center. Les médecins qui l’ont opérée se sont dits prudemment optimistes sur ses chances de survie, selon un proche de l’élue. « C’est une blessure aux effets très dévastateurs », ont confié les médecins.

UN TIREUR « AU PASSÉ TROUBLÉ »

Le tireur, qui a été arrêté alors qu’il tentait de s’enfuir, a été identifié comme étant Jared Lee Loughner. Selon les autorités locales, il était connu des services de police. Clarence Dupnik, shérif du comté de Pima, l’a décrit comme un homme « au passé troublé ».

Des comptes attribués au tueur ont été retrouvés sur plusieurs réseaux sociaux, dont Facebook et YouTube. Loughner y dénonce le gouvernement et la religion, appelle à la création d’une nouvelle monnaie et regrette que l’administration contrôle la grammaire. Il cite pêle-mêle l’écrivaine Ayn Rand, Adolf Hitler ou le Manifeste du Parti communiste. Le FBI s’emploie à déterminer s’il s’agit de la même personne que le tireur.

POSSIBLE COMPLICE

Loughner est actuellement incarcéré à Tucson et garde le silence, refusant de coopérer lors de son interrogatoire. Le président américain Barack Obama, qui a qualifié la fusillade de « tragédie innommable » et d’« acte insensé », a envoyé sur place le directeur du FBI, Robert Mueller. Les autorités locales sont actuellement à la recherche d’un complice. Selon le shérif Dupnik, « il y a des raisons de croire que [le tireur] est venu là avec un autre individu ». Une image d’une caméra de surveillance montrant un homme d’une cinquantaine d’années a été diffusée dans la presse américaine.

Gabrielle Giffords était entrée au Congrès en janvier 2007. Elle faisait partie des dix élus démocrates victimes de harcèlement en raison de leur soutien à la réforme du système de santé américain défendue par l’administration démocrate. Première conséquence de cette fusillade, les élus américains ont décidé de reporter un vote visant à abroger cette réforme, prévu la semaine prochaine.

Biography

Ms. Giffords was born in Tucson, graduated from Cornell University and Scripps College and worked in both economic development and her family’s tire and automotive business before entering politics.

She served in the Arizona Legislature from 2001 through 2005. After serving in the Arizona House of Representatives, she became the youngest woman ever elected to the Arizona State Senate.

Tapped by her party in 2006 to run for the House of Representatives, Ms. Giffords, helped by her connections within her district and a weak Republican opponent, prevailed, becoming the state’s first Jewish congresswoman and the third woman ever to represent Arizona.

Prior to heading to Washington, she was a member of the Arizona House and Senate. During her 2006 campaign, she stressed her ability to work across party lines, saying she had been a Republican until 1999.

In 2007, she married a Navy captain, Mark E. Kelly, making her the only member of Congress with an active-duty spouse.

The two met in China, as young leaders selected by the National Committee on U.S.-China Relations, and have spent much of their relationship apart, due to their respective professional lives. Mr. Kelly has been an astronaut since 1996.

“The longest amount of time we’ve spent together is probably a couple of weeks at a stretch,” Mr. Kelly told The New York Times in an article that talked about their wedding. “We won’t always live this way, but this is how we started. It’s what we’ve always done. It teaches you not to sweat the small stuff.”