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GIAP, LE GÉNÉRAL MEURT À 102 ANS

04 oct

deux articles publiés dans Le Monde vendredi 4 octobre 2013.

Deux avant la bataille décisive de Dien Bien Phu, le journaliste Jean Lacouture dressait déjà, le 5 décembre 1952, dans les colonnes du Monde, le portrait du général vietnamien, mort vendredi 4 octobre 2013, à l’âge de 102 ans.

En février 1946, Vô Nguyen Giap était ministre de l’intérieur du gouvernement présidé par Ho Chi-Minh depuis six mois. Il apparaissait déjà comme le meilleur lieutenant du vieux leader et les journaux vietminh de Hanoï le montraient constamment aux côtés du « président Ho ». Un mois plus tôt il avait « fait » des élections qui donnaient au Vietminh 90 % des voix et une écrasante majorité à la Chambre populaire.

L’homme fort » du régime ne s’imposait cependant pas d’emblée au visiteur qui voyait entrer dans le grand salon de l’ancien résident supérieur au Tonkin, un petit homme de trente-cinq ans environ, mince, un peu voûté ; le large visage coupé de lèvres épaisses aurait paru banal n’étaient le front énorme qui le dominait et les yeux un peu globuleux, mais brûlant d’un feu soutenu. La voix douce se faisait brusquement rugueuse, et le très bon français du leader communiste reprenait alors le rythme sautillant de l’accent vietnamien.

Nous avions naturellement parlé des possibilités d’insérer une indépendance vietnamienne dans la communauté française. Giap dit, abaissant à demi les paupières, et cachant mal une passion sans limite (à Saïgon, un de ses camarades l’avait défini devant nous : le « volcan sous la neige ». Oui, ou le machiavélien romantique) : « Si les conditions sur lesquelles nous ne transigerons pas, et qui peuvent se résumer en ces deux mots : indépendance et alliance, ne sont pas acceptées, si la France est assez myope pour déclencher un conflit, sachez que nous lutterons jusqu’à la mort, sans nous laisser arrêter par aucune considération de personnes, par aucune destruction… » Déjà le petit homme au grand front avait cessé de faire penser à un étudiant « bûcheur », mais dix jours plus tard, le 7 mars, c’est encore un tout autre homme qui se dressait sur le balcon du théâtre de Hanoï, saisissant à pleine main le micro, devant plusieurs dizaines de milliers de Hanoïens venus entendre expliquer par les leaders du Vietminh « pourquoi nous avons traité hier avec les Français ». Le large visage, vu de loin, prenait une puissance léonine. Et la voix, enflée par le micro, une intensité surprenante. Ce fut un tribun populaire, railleur d’abord, et puis violent, d’un cynisme étonnant, qui retourna la foule indécise. Il avait fondé son argumentation sur les nécessités tactiques, parlé de « simple pause », et donné Brest-Litovsk en exemple.

Il n’aima pas beaucoup se l’entendre rappeler, six semaines plus tard, lors de la conférence de Dalat. Chef de la délégation du Vietminh, il luttait pied à pied contre les arguments de la délégation française, dont le conseiller militaire était le général Salan. Dans la pénombre d’une chambre du Lang-Biang Palace, Giap s’expliquait : « J’ai parlé de Brest-Litovsk ? Peut-être. N’y voyez pas de duplicité… Mais nous nous tenons sur nos gardes. J’ai vu les forces de Leclerc. Comment ne tenteriez-vous pas de consolider vos positions ? C’est dans la logique des choses. Il nous faut donc, de notre côté, tenir le peuple en alerte. La lutte est devenue pacifique, à l’intérieur du cadre du traité. Mais elle continue… » Quelques jours plus tard, la lutte diplomatique, menée de part et d’autre avec intransigeance, conduisait la conférence à l’échec. « C’est un désaccord cordial », nous glissait Giap dans un demi-sourire. Trois mois plus tard on comprenait ce que Giap entendait par « dans le cadre du traité »…

Vo Nguyên Giap, intelligent, cultuvé et parmi les meilleurs stratèges du XXe

Le désaccord est devenu sanglant, et le diplomate ironique de Dalat est depuis cinq ans le général Giap, commandant en chef des forces armées du Vietminh, l’homme qui a décidé le massacre de Hanoï du 19 décembre 1946 et qui tient en échec depuis lors les meilleures troupes de l’Union française.

UNE EXISTENCE IMPITOYABLE

Il est né en 1911 à An-Xa, petit village de la province de Quang-Binh, dans le Nord-Annam. Son père cultivait un petit terrain et sa mère tissait la toile. Malingre, l’enfant apprit néanmoins de son père, petit lettré, les caractères chinois. Au collège de Hué il se fit remarquer à la fois par sa passion pour la poésie et son adhésion aux doctrines du vieux révolutionnaire Pham Boï-Chau, rentré depuis peu en Indochine et dont les pamphlets nationalistes enflammaient une partie de la Jeunesse.

Il organisa des grèves d’étudiants, fonda un journal manuscrit et collabora bientôt au Tieng Dan (La Voix du peuple), dirigé par un leader nationaliste déjà célèbre, Huynh Tuc-Hang (qui devait d’ailleurs lui succéder au début de mars 1946 comme ministre de l’intérieur du Vietminh). Entré à 19 ans au parti communiste, il était bientôt arrêté.

Écouter le documentaire « Giap, un mythe vietnamien », diffusée dans l’émission Interception de France Inter en mars 2012.

Quand trois ans après Giap sortit de la prison de Hué, ses parents ne trouvèrent plus les moyens de le nourrir. Il gagna Hanoï, où un professeur du lycée, M. Dang Thaï-Mai, futur leader vietminh, l’hébergea et le prépara au baccalauréat. Il devenait bientôt le précepteur des jeunes frères de son professeur, puis épousait leur sœur. Étudiant en droit, Giap collaborait au journal Le Peuple.

En 1939, lors de l’interdiction du parti communiste, il échappa à une perquisition. Mais plusieurs de ses amis et sa femme étaient arrêtés. Il ne la revit pas. Elle devait mourir en prison, deux ans plus tard (et l’on ne peut oublier cet épisode tragique dès qu’il s’agit de définir Giap, homme de passions totales…). Il réussit à gagner la Chine. Quand il arrive à Yun-Nan-Fou, à trente ans, Vô Nguyen Giap est déjà l’une des trois ou quatre meilleures têtes du PCI (Parti Communiste Indochinois) En décembre 1944, désigné par le « Tong Bo », ou comité central du parti, Giap revient, le premier parmi les leaders du Vietminh, dans la haute région tonkinoise pour prendre le commandement de petits groupes de guérilleros qui luttent d’abord avec une certaine efficacité contre l’administration française et qui, se retournant ensuite contre les « Japs », permettront au Vietminh de se targuer plus tard d’une « résistance » antijaponaise dont le caractère symbolique ne pouvait échapper à l’état-major nippon.

Mais la carrière militaire de Giap est commencée…

L’HOMME DE GOUVERNEMENT

Un tandem unique, le visionnaire HO et le maître des stratégies militaires et de la négociation

Avec Ho Chi Minh, en 1950.

Dans le premier cabinet Ho Chi-Minh, Giap reçoit non le portefeuille de la guerre, mais celui de l’intérieur, celui de l’  » ordre révolutionnaire « . Sa poigne évitera à Hanoï les horreurs de massacres tels que ceux qui le 2 septembre ensanglantèrent Saigon. Mais elle s’appliquera bientôt à une épuration dont les nationalistes non communistes seront les nombreuses victimes.

Entre tous les leaders vietminh, Giap s’impose bientôt comme le  » politique  » par excellence, face aux théoriciens formés à Moscou et aux extrémistes de culture chinoise tels que Ha Ba-Kang, Ho Tung-Mau et Tran Huy-Lieu. Il est alors l’homme des compromis et des coalitions, de la tactique de  » front national « , d’autant plus opportune qu’en France le tripartisme est au pouvoir. Il est aussi tout simplement le plus intelligent et sera l’un des artisans de l’accord du 6 mars 1946 : reconnaissance de fait du gouvernement Ho Chi-Minh et de la  » liberté du Vietnam au sein de l’Union française « .

Le début de la conférence franco-vietnamienne de Fontainebleau marque son apogée politique : Ho Chi-Minh est parti pour la France, et c’est Giap, nommé entre temps président du comité de défense, qui prend en main, pour ne plus les abandonner, les responsabilités fondamentales. Dans son Histoire du Vietnam de 1940 à 1952, Philippe Devillers a résumé cette phase des relations franco-vietnamiennes et de la carrière du leader communiste en ce titre d’un chapitre : « Giap forge ses armes ». Quatre mois plus tard il était en mesure d’opposer à l’ultimatum de Haïphong d’autres menaces et de les mettre à exécution. Qui définira jamais la part exacte des responsabilités dans le déclenchement du coup de force du 19 décembre 1946 ? On pense généralement que c’est Giap qui l’imposa à un Ho Chi-Minh malade et déçu.

La guerre s’ouvrait. Et le président du comité de défense, devenu généralissime, prenait le maquis et devenait le premier maître à bord. A la radio désormais sa voix allait alterner avec celle du président – encore que depuis deux ans l’un et l’autre aient dû souvent céder le pas au secrétaire général du « Parti ouvrier », Doang Xuan-Khu, ou à Truong Chinh, l’un des premiers compagnons d’exil de Giap.

LE STRATÈGE

Le « général » Giap allait-il égaler le militant, le tribun, le diplomate ? Dût-on susciter sa colère, on verra en lui le Trotski de la révolution vietnamienne. Chez lui l’organisateur domine naturellement le stratège, et depuis deux ans le premier a peut-être porté tort au second. Car certains mettent au passif de cet étonnant chef de guerre deux fautes importantes : l’acceptation des grandes batailles et la création de vastes unités régulières, divisions comprises. Les deux erreurs sont liées : grandes unités lourdes en vue de grandes batailles. D’où renoncement à la tactique plus  » payante  » de guérilla généralisée. Mais la faute essentielle de Giap ce fut, selon l’un des meilleurs observateurs de la guerre du Vietnam, un « péché d’orgueil ». Lorsque le général de Lattre fut envoyé à Saigon, Giap prononça à la radio une étonnante allocution : « Les Français viennent d’envoyer à l’armée populaire un adversaire digne d’elle. Nous le battrons sur son terrain. » Et ce fut Vinh-Yen, la première grande bataille de la guerre, les vagues d’assaut des hommes noirs jetées sur les mitrailleuses françaises, une hécatombe. Deux fois encore, à Dong-Trieu et à Ninh-Binh, Giap allait renouveler son défi à de Lattre. Deux fois ses meilleurs régiments remontèrent décimés vers la montagne ou les collines calcaires qui surplombent au sud la rizière du delta. Hanoï s’éloignait de Ho Chi-Minh.

À 65 ans en 1976, l'homme est au meilleur de sa performance

Mais en dépit d’erreurs de conception, surprenantes chez ce réaliste, on convient volontiers dans les milieux militaires qu’il a souvent fait preuve d’une véritable habileté manœuvrière, et que l’offensive sur Ninh-Binh notamment révèle un authentique chef de guerre. C’est néanmoins par l’emploi de la guérilla que Giap fait peser sur ses adversaires la plus lourde menace. Et non seulement la guérilla militaire, mais aussi la politique. Sur ce dernier plan le jeu qu’il mène est d’une virtuosité déconcertante : il sait choisir le moment favorable, l’opération la plus gênante pour ses adversaires, la plus impressionnante aussi pour l’opinion publique de Hanoï, de Saigon ou de Paris. Politique, propagande et stratégie sont en chacune de ses actions constamment liées.

La guerre totale, dont il a donné le signal voilà six ans, il la mène avec une rigueur de leader communiste et de chef de guerre asiatique. « … Nous ne nous laisserons arrêter, disait-il, par aucune considération de personnes, par aucune destruction. » Giap a tenu parole.

Jean Lacouture

Il restera dans l’histoire l’un des grands chefs de guerre du XXe siècle, le seul àavoir successivement défait la France et tenu tête aux Etats-Unis d’Amérique. Le général Vo Nguyên Giap est mort vendredi 4 octobre à l’âge de 102 ans.

La prise du camp retranché français de Diên Biên Phu en mai 1954 et la chute de Saïgon en avril 1975 demeurent les faits d’armes de ce leader au calibre exceptionnel : autorité personnelle, génie de la logistique, tacticien hors pair. Ces succès, indéniables, font du général Vo Nguyên Giap le dernier d’une lignée de grands stratèges vietnamiens qui, au fil des siècles, ont barré avec succès la route du Sud aux Chinois après les avoir chassés de leur sol. Pour sa part, Giap a largement contribué à faire échouer le retour des Français au Vietnam et, dans la foulée, en pleine Guerre froide, à casser la relève que voulaient assurer les Américains.

Né le 25 août 1911 dans un village du Vietnam central, issu d’une famille de modestes lettrés, Giap a vécu sa jeunesse dans une atmosphère de nationalisme militant : démêlés avec la Sûreté française, dont deux années en prison, de 1930 à 1932. Il passe son bac (français) en 1934, puis enseigne l’histoire et le français à Hanoï, au lycée Thang Long, creuset de militants anticolonialistes. En 1937, à l’époque du Front populaire, il adhère au PC clandestin vietnamien.

Dès lors, son itinéraire est tracé. En mai 1940, en compagnie de Pham Van Dông, futur premier ministre (1954-1986), Giap se rend en Chine pour y rencontrer, pour la première fois, Hô Chi Minh, fondateur du PC en 1930. Il a épousé en 1939 une militante originaire de la même province que lui, qui lui a donné un enfant en 1940. Il ne la reverra jamais : peu de temps après son départ, elle est arrêtée par la Sûreté française. Vicieusement torturée, elle meurt en prison, dit-on, en se suicidant. Giap ne l’apprendra que quelques années plus tard.

FASCINÉ PAR BONAPARTE

Au Lycée Thang Long, à la veille de la seconde guerre mondiale, ses élèves l’avaient surnommé « le général » ou bien, plus précisément, « Napoléon ». Si Giap s’est nourri des expériences de ses illustres prédécesseurs qui, au fil des siècles, ont infligé de cinglantes défaites aux envahisseurs chinois, il a aussi étudié dans le détail les campagnes de Bonaparte. Les premiers lui ont appris l’art d’utiliser le terrain, de s’adosser à la cordillère indochinoise, d’assurer ses arrières, d’attirerdans des pièges ses adversaires.

Dien Bien Phu, de son PC il dirigea les batailles qui furent un échec pour l'armée française

Des tactiques de Bonaparte, Giap a retenu en particulier « l’effet de surprise ». En ce qui concerne Diên Biên Phu, nous a-t-il raconté un demi-siècle plus tard, « le chef de nos conseillers chinois s’était prononcé pour une attaque rapide » du camp retranché français situé dans une plaine limitrophe du Laos. L’attaque est fixée au 25 janvier 1954, à 17 heures, soit peu avant la tombée de la nuit. A la dernière minute, Giap s’accorde un délai supplémentaire de 24 heures. Puis il « donne l’ordre de retirer les troupes, y compris l’artillerie «  » La décision la plus difficile de ma carrière de commandant en chef ».

Pourquoi ? « Pour attaquer, j’ai attendu d’entendre à la radio le général Navarre déclarer que la marée Vietminh est étale… », nous a-t-il expliqué. Navarre est alors le chef du corps expéditionnaire français en Indochine et c’est lui qui a décidé d’établir un camp retranché proche de la frontière entre le Laos et le Vietnam pour y attirer les divisions du Vietminh. « Etale », répète Giap en souriant. « Et je suis passé à l’action ! » Le 23 mars. Le PC du général de Castries, commandant du camp retranché, sera occupé le 7 mai, moins de deux mois plus tard.

Giap nous a également rapporté le développement suivant. Quelques semaines avant l’ultime « offensive générale » communiste qui se terminera avec la capitulation de Saïgon le 30 avril 1975, la rade stratégique de Danang, dans lecentre du pays, est encerclée par les troupes communistes. « Le gouvernement de Saïgon, celui de Nguyên Van Thiêu, a donné l’ordre au chef local, le général Ngô Quang Truong, de tenir ‘jusqu’à la mort’. Je donne l’ordre à la division 312 d’attaquer Danang. Son commandant me répond : ‘L’ennemi est assez fort, jevous demande sept jours’. Je lui dis : ‘Je prévois que Ngô Quang Truong va seretirer par la mer. Combien de temps lui faudra-t-il ?’ ».

>> Ecouter le cinéaste Pierre Schendorffer sur le général Giap, dans l’émission « Cinq colonnes à la une », en 1964.

« Au moins trois jours », finit par lui répondre, en communication radio, le chef de la 312. « Alors, je vous donne trois jours. Ordre est donné aux troupes de se déplacer en plein jour, de descendre la RN1. Vous serez bombardés par l’artillerie de la marine adverses, mais cela n’est pas grave », dit Giap. « Ainsi, a-t-il poursuivi, non seulement la poche de Danang est réduite mais nous avons disposé de plusieurs divisions supplémentaires pour l’attaque finale de Saïgon »« Je leur ai simplement dit : ‘foncez sur Saïgon !’ ». Une fois de plus, l’effet de surprise, la « concentration des troupes »« l’audace », voilà ce que Giap a également retenu de son analyse des campagnes de Bonaparte (il ne parle pas de Napoléon Ier, l’empereur, le politique, qui le fascine nettement moins).

CONFIANCE TOTALE DE SES LIEUTENANTS

Créée seulement à la fin de seconde guerre mondiale, l’armée du Vietminh s’exécute sans broncher. En 2004, à notre grand étonnement, Giap s’est exclamé : « Le retour de l’île d’Elbe, c’est formidable ! », dans une allusion aux troupes royales envoyées par Louis XVIII pour barrer la route à l’empereur et qui, au lieu de le faire, se rallient à ce dernier. Pour Giap, c’est un clin d’œil aux rapports qu’il a établis avec ses propres lieutenants : ils lui obéissent au doigt et à l’œil, ils lui font une totale confiance.

Giap s’est également avéré un génie de la logistique. Il nous a rappelé un jour la formule utilisée par Bonaparte lors de la campagne d’Italie« Là où une chèvre passe, un homme peut passer ; là où un homme passe, un bataillon peut passer ».« A Diên Biên Phu, avait-il poursuivi, pour livrer un kilo de riz aux soldats qui menaient le siège, il fallait en consommer quatre pendant le transport. Nous avons utilisé 260 000 porteurs, plus de vingt mille bicyclettes, 11 800 radeaux, 400 camions et 500 chevaux ». Sous protection d’une forêt dense, les pièces d’artillerie du Vietminh ont été démontées pour être acheminées sur les collines qui surplombent le camp retranché, où elles ont été réassemblées.

Toutefois, dans le domaine de la logistique, la réalisation la plus étonnante a été, dans les années 60, la « piste Hô-Chi-Minh », immense dédale de pistes abritées dans la jungle et de boyaux qui descendent du nord vers le sud en empruntant le sud laotien et le nord-est cambodgien afin de contourner le dispositif de défenseaméricain dans le Sud. Une « voie à sens unique », diront plus tard les bô dôi, les bidasses nord-vietnamiens. Mais les Américains ne parviendront jamais à coupercette ligne de ravitaillement – hommes, munitions, matériels, chars, blindés – même en recourant à des bombardements massifs, aux défoliants, aux parachutages de centaines de milliers de mines et de pièges anti-personnels.

L’AUTORITÉ DILUÉE D’HÔ CHI MINH

Toutefois, personne n’est prophète à domicile et Giap en fera l’amère expérience. Père d’une indépendance qu’il a proclamée le 2 septembre 1945 devant une foule enthousiaste d’un million de gens à Hanoï, Hô Chi Minh a toujours dû composeravec les éléments intransigeants qui dominent le politburo du PC vietnamien. Apartir du milieu des années 60, son autorité se dilue. Il devient une icône sans grande influence plusieurs années avant sa mort en 1969. Le général Giap perd son principal point d’appui.

Giap honoré et conscient de sa place dans l'histoire u Vietnam

Entre Giap et Lê Duân, éternel secrétaire général du PC, le torchon brûle dès 1966, à telle enseigne que, quand les communistes attaquent une centaine de villes du Sud en 1968 – la fameuse offensive du Têt –, Giap a été envoyé enEurope de l’Est. Il ne sera rappelé au commandement en chef, avec tous pouvoirs, qu’en 1972 pour organiser avec succès la défense du Nord, notamment de Hanoï, contre les terribles bombardements aériens américains auxquels participent les B-52, forteresses volantes.

La victoire de 1975 place Giap sur la touche, à l’exemple d’autres stratèges vietnamiens, jugés trop brillants et trop influents pour ne pas être dangereux. Ce fût notamment le cas, au début du XVe siècle, de Nguyên Trai, fin lettré et grand général, condamné à l’exil intérieur pour ne pas faire d’ombre à son empereur, Lê Loi.

En 1976, année de la réunification officielle du Vietnam, Giap perd le commandement des forces armées. Quatre ans plus tard, le ministère de la défense lui est retiré. Lors du Ve Congrès du PC, en 1982, il n’est pas réélu au bureau politique. En public, Giap ne dit jamais rien et continue d’avoir recours à la langue de bois du communiste discipliné. On le montre aux anniversaires des victoires et ses propos sont censurés. Il lui arrive de passer des mois sans apparaître en public. La propagande officielle lui refuse même la reconnaissance du rôle décisif qu’il a joué dans la victoire de 1975, en transformant, de main de maître, le repli des troupes du Sud en débâcle.

Ecouter le documentaire « Giap, un mythe vietnamien », diffusée dans l’émission Interception de France Inter en mars 2012.

Quand Lê Duc Tho – l’un des ténors du noyau dur du PC et le vis-à-vis de Henry Kissinger lors des négociations de Paris – s’éteint en 1990, Giap tente dereprendre en mains le parti. Mais sa tentative, à l’époque de l’effondrement du Mur de Berlin, fait long feu. Au cours d’un débat à huis clos du Comité central du PC, un délégué lui arrache même des mains un micro, selon le général Pham Xuân Ân (1927-2006). En 1996, Giap est chassé du Comité central et perd, six mois plus tard, son portefeuille de vice-premier ministre en charge de superviser l’économie.

RETOUR SUR LA SCÈNE POLITIQUE

Puis, le temps fait son œuvre, de nouvelles générations de dirigeants se mettent en place, l’information circule plus librement avec le développement exponentiel de la Toile. Giap est toujours là. Il retrouve des coudées plus franches. Comme il a gardé toute sa tête, il en profite pour dire de temps à autre son mot. C’est le cas lorsqu’éclate, en 2009, la controverse sur l’exploitation par des Chinois des énormes gisements à ciel ouvert de bauxite sur les hauts plateaux du Sud.

Les Français, puis les Soviétiques, avaient refusé de le faire, de peur de provoquerun désastre écologique. Giap écrit son hostilité à ce projet à deux reprises au bureau politique. Il connaît le dossier : il était encore ministre, en charge de l’économie, quand, au début des années 90, les experts soviétiques sont venus établir leur rapport. La campagne contre l’exploitation de la bauxite place le gouvernement sur la défensive et le contraint à des ambitions plus modestes.

Devenu centenaire en 2011, très affaibli physiquement, souvent sous perfusion et hospitalisé, Giap ne s’est pratiquement plus manifesté. Entre-temps, comme tous les Vietnamiens qui ont mené une vie censée être exemplaire, Giap a commencé, de son vivant, à faire l’objet d’un culte. Il est en passe de devenir un génie tutélaire. Pour ne pas être de reste, le gouvernement a décidé, en 2012, de lui consacrer un musée.

Hô Chi Minh a eu un réflexe de génie. Quand Giap est allé le rejoindre en juin 1940 dans le sud de la Chine, il n’était âgé que de 29 ans et n’avait aucune formation militaire. Comment le révolutionnaire déjà chevronné – l’oncle Hô avait alors la cinquantaine – a-t-il deviné que le jeune militant avait l’étoffe d’un grand capitaine ? Hô lui a confié la formation des forces d’autodéfense puis la fondation de l’armée populaire vietnamienne. Dès 1948, il en a fait un général de corps d’armée, rang que Giap occupait encore le jour de sa mort.

Jean-Claude Pomonti

 

LA NEIGE

21 mar

La beauté de la neige en ce matin
Est un envoûtement
Une belle nature
Un équilibre harmonieux

Fous, les monticules de neige
Ronds, les rebords de cheminées qui coulent de flocons
Beautés inoubliables qui balisent les rues
Les tranchées albâtres abritent nos espoirs
Comme des coteaux brodés de coton vierge

Une vague docile de crème laiteuse et sauvage
Ravage avec l’aide du vent l’immense place de nos rêves
Partout c’est l’allégresse des sensations et des couleurs

Ruelles blanches et gorgées de poudre bleue
Trottoirs saupoudrés par les chutes nocturnes
Font un accueil royal aux passants de l’aube

Sous les rayons matinaux
Les toits font le dos rond
Sapin sur la cour avant aux branches chargées de neige

Ce reflet du soleil dans les cristaux
Dis pour ton regard intime
La beauté de tes yeux hier soir

Avec la neige qui roule sur les façades urbaines
Avec le sourd écho des âmes aimantes
Avec le tendre velours blanc des collines enneigées
Avec le coma subliminal des orgasmes givrés
Avec la couverture nacrée qui recouvre la ville
Avec la mélodie feutrée des sons
Un contraste sorcier habite nos pensées
Nous respirons l’air léger rempli de douceur

Tant de bonheur à être ensemble
Tendres baisers en cette matinée enneigée.

Yves ALAVO
Mercredi 20 mars 2013.
Journée internationale de la francophonie.

 

MICHEL DALLAIRE, NOBEL DU DESIGN

14 mar

Le bonheur de vivre, la joie de créer, le tonus de la jeunesse créative

Quarante années à chercher, user des yeux, imaginer, inventer, sans cesse, aimer les personnes, comprendre les besoins les plus kinesthésiques et combien l’espace, les volumes, les matériaux, les métaux, le bois, toute matière, chaque sensations, chaque rythme induit un volume spatial, comment notre cerveau est en constante adaptation et demande au corps de s’y faire. Le design, c’est cette capacité d’anticipation sur le réel mais aussi cette capacité d’harmonie avec le réel. Michel Dallaire y est dans son élément, c’est un créateur, un passeur de rêve qui, comme artiste, comme passionnée du mouvement sait vivre avec les contraintes de la pesanteur.

Maison, voitures, torche olympique, mobilier, structures, tout le mobilier urbain de la Place internationale de Montréal, le mobilier de la BANQ, Bibliothèque et archives nationales du Québec, rue Berri à Montréal, c’est lui l’accoucheur du patrimoine.

Révolution dans la création, la torche olympique une oeuvre de 1976

Son site est sobre, mais ouvert sur l’infini : Michel Dallaire Design Industriel Inc. est un bureau d’étude en design industriel qui œuvre à Montréal depuis plus de 40 ans.

Par la réalisation d’une grande variété de projets allant du design d’objets utilitaires aux équipements industriels, du mobilier institutionnel et urbain au matériel de transport, MDDI a acquis une solide expérience professionnelle.
La diversité de ces domaines d’intervention a permis à MDDI d’explorer une multitude de matériaux et de procédés de mise en forme. De vastes connaissances techniques alimentent en outre le potentiel créatif de son personnel, cela dans le but de maximiser les résultats.

Vivre avec art et soutenir la culture et ses acteurs

Engagé, animateur de cercles de création, auteur intarissable qui s’unit aux artistes, donne temps, idées, énergie et argent au sein de sociétés artistiques et culturelles, la poésie, la musique, le design, bien sûr, Michel Dallaire est sur le front des arts et de la culture comme le plus extraordinaire médiateur. Généreux, mentor de la plupart des designers de la génération Québec qui brille de part le monde depuis vingt ans, Michel Dallaire invente toujours et toujours, un art de vivre, une manière d’être, avec la patience des sages et la fougue de la jeunesse.

Ce vélo a fait le tour de la planète, Michel Dallaire en est le créateur

Une rétrospective dans l’Espace création Loto Québec, en septembre 2011, a offert, en un lieu, la diversité des créations de ce génie boulimique, sous la thématique articulée :
Un homme. Un parcours. Des créations. Découvrez le designer et sa démarche artistique.

Yves ALAVO

Notes biographiques

Michel Dallaire est né à Paris en 1942. Il a fait ses études à l’Institut des arts appliqués de Montréal et à la Konstfackskolan, l’École supérieure des arts industriels de Stockholm. Il s’est par la suite spécialisé en gestion du design à l’École des Hautes Études Commerciales et en transformation des polymères à l’Institut de génie des matériaux du Centre national de recherche à Montréal.

Dès 1967 (25 ans), Michel Dallaire s’affirme comme concepteur indépendant et il ouvre son propre bureau d’étude qui connaît alors un enchaînement rapide de succès commerciaux et professionnels.

Médaillé d’or en 1986 aux Prix d’excellence du Canada, il reçoit de nombreuses récompenses prestigieuses ici et à l’étranger, notamment le Grand Prix du 27e Salon International des Inventions de Genève en 1999, ainsi que trois médailles d’or et une d’argent de ce même salon depuis 1998. En l’an 2000, l’Institut de Design Montréal lui remet son Grand Prix et son Prix Spécial en recherche. Le ministère des Affaires culturelles lui décerne en 1991 le Prix Paul-Émile-Borduas pour l’ensemble de son œuvre, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine des arts visuels.

Son champ d’activités est très varié et couvre notamment le design d’objets utilitaires, les produits industriels et institutionnels, le mobilier urbain et le matériel de transport. Michel Dallaire fut dernièrement conseillé principal auprès d’Air Canada pour le design de tous les produits en cabine pour sa flotte Amérique du Nord et sa flotte internationale. Parmi ses récents projets, mentionnons le design du mobilier urbain du Quartier international de Montréal qui a reçu plus de 17 prix prestigieux tant au Canada qu’à l’étranger et aussi la conception de l’ensemble du mobilier destiné au public de la Bibliothèque nationale du Québec (BANQ).

Depuis 1998, Michel Dallaire est professeur associé à l’École de Design industriel de l’Université de Montréal ainsi qu’à la Faculty of Environmental Design de l’Université de Calgary. De 1988 à 1998, il a été professeur invité régulier au Département Supérieur de Design Industriel de l’École cantonale d’art de Lausanne en Suisse. En 1993 et 1998, il a animé des séminaires à l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle de Paris, l’ENSCI et en 2004 à l’Universidad Nacional Autónoma de Mexico.

Michel Dallaire a été reçu membre de l’Académie royale des arts du Canada en 1978, Chevalier de l’Ordre national du Québec en 1994 et membre de l’Ordre du Canada en 1999.

 

SAINT-PIERRE NOTRE ÉCOLE : CINQUANTE ANS

14 mar

Chers Amies et Amis, officiels et toutes et tous les anciens,

Tu es notre école et les frères les animateurs de cette famille, de cet espace de vie. Nous sommes honorés de vivre avec Toi, de vivre ensemble, ce moment béni des cinquante ans de présence de la congrégation, des cinquante ans de vie de tous les frères qui ont participé à cet immense projet éducatif et important projet de foi engagée. La poésie est pour moi la manière de dire notre fierté et notre joie mais aussi de louer le Seigneur.

Nous sommes sûrement un nombre restreint d’anciens, parmi les premières promotions à pouvoir y être à titre d’anciens Frères de Saint-Gabriel et d’anciens de l’École Saint-Pierre, un privilège que j’assume avec beaucoup de fierté et d’humilité. Ces quelques vers pour porter nos voix en une cadence qui est celle de nos vies et qui monte en cette matinée comme une louange.

Garder des nos origines des liens qui définissent une certaine identité

1. Cinquante ans de sourires aux comètes de la paix
2. Cinquante ans d’accolades au temps des rêves
3. Cinquante ans de voix chantant à l’unisson la Bohème
4. Cinquante ans d’oiseaux volant en formation
5. Cinquante ans de sirènes perçant les flots
6. Cinquante ans de cithares pour la musique princière
7. Cinquante ans d’étoiles au firmament du bonheur
8. Cinquante ans de flambeaux à la gloire du cœur
9. Cinquante ans de rayons des forces cordiales
10. Cinquante ans aux sources des faveurs célestes
11. Cinquante ans de fleurs illuminant l’espace
12. Cinquante ans pour les chutes des douceurs spirituelles
13. Cinquante ans de vagues pour chanter l’amour
14. Cinquante ans de vers pour louer l’honneur
15. Cinquante ans de saveurs glorifiant l’harmonie
16. Cinquante ans de soleils de fierté immense
17. Cinquante ans de lueurs de tendresse extrême
18. Cinquante ans d’éclairs pour éclater les émotions
19. Cinquante ans de lunes de sensualité nouvelle et éternelle
20. Cinquante ans pour les eaux de la pureté totale
21. Cinquante ans de souffles d’inspiration profonde
22. Cinquante ans de lignes pour marquer la fierté
23. Cinquante ans sur les sentiers de l’aventure
24. Cinquante ans à faire pousser les herbes pour verdir les champs
25. Cinquante ans à donner et à transmettre aux jeunes
26. Cinquante ans à inventer tous les jours
27. Cinquante ans à créer de nouvelles manières d’être
28. Cinquante ans à écouter pour mieux servir
29. Cinquante ans à traduire dans la vie les théories et les méthodes
30. Cinquante ans à apprendre aux jeunes la patience
31. Cinquante ans à former les cœurs et les esprits
32. Cinquante ans à modeler un environnement
33. Cinquante ans pour l’écoute et la compréhension
34. Cinquante ans pour parler au nom de la foi
35. Cinquante ans pour agir au mon de la science
36. Cinquante ans pour marcher sur les chemins de la créativité
37. Cinquante ans à chercher et à poursuivre des recherches
38. Cinquante ans aussi pour partager des convictions
39. Cinquante ans, parfois dans le doute, souvent dans l’imprévisible
40. Cinquante ans pourtant avec énergie et fierté
41. Cinquante ans en mission pour le bien commun
42. Cinquante ans en classe, sur les airs de vie et en lien avec la communauté
43. Cinquante ans de routine et d’innovation
44. Cinquante ans de combats et de découragement
45. Cinquante ans de célébration et de joie
46. Cinquante ans de surprises et d’angoisse
47. Cinquante ans de sacrifice et d’enthousiasme
48. Cinquante ans de riches rencontres et de nouvelles créations
49. Cinquante ans de développements inédits et de bonheur
50. Cinquante ans de flèches pour un anniversaire de promesse et de liberté.

Garder le cap sur l'avenir

Yves ALAVO
Au jour du 20 octobre 2011.
50e Anniversaire de présence des Frères de Saint-Gabriel à l’École Saint-Pierre.

 

FRANÇOIS POUR COMMUNIER À L’ÉVANGILE DU CHRIST

14 mar

Cardinal Jorge Mario Bergoglio, le 3 mars 2013

C’est son goût de la discrétion, sa dénonciation du libéralisme sauvage d’un monde globalisé, tout comme la proximité avec ses fidèles qui l’ont peu à peu imposé comme une autorité morale. Un prêtre, passé par la sierra avant de rejoindre Buenos Aires, qui se démarque par sa simplicité. Nommé à Buenos Aires, la capitale argentine, il refuse le luxe de la résidence qu’on lui réserve pour prendre un petit appartement, à proximité de son église. Il prend le bus pour aller de paroisse en paroisse. Il va dormir dans un bidonville chez l’un de ses prêtres menacé par les trafiquants de drogue.

En 2009, il déclare que la lutte contre la pauvreté est un combat pour les droits de l’homme. Un combat contre l’extrême pauvreté, qui ronge certaines parties du continent sud-américain, touchant également l’Argentine, plongée dans la crise à la fin des années 1990. Président de la Conférence des évêques d’Argentine de 2005 à 2011, l’homme est également une voix politique, qui a dénoncé à plusieurs reprises l’autoritarisme des époux Kirchner, successivement à la tête de l’Argentine. Accusé par ses détracteurs de n’avoir pas suffisamment agi contre la dictature argentine, l’homme a pourtant sauvé plusieurs personnes des tortures et de la mort.

Francois, le Pape au service des plus démunis

Un pape ouvert sur les «nouveaux mondes». Non issu de l’Europe, qui a donné tant de papes, ce pape argentin est un symbole d’ouverture de l’Eglise aux «nouveaux continents». Originaire d’Amérique du sud, qui le plus grand foyer de catholiques dans le monde, ce pape devrait être attentif à ce qui se passe au-delà du Vatican. En effet, les Eglises américaines, africaines et asiatiques sont marquées par une grande diversité.

Un pape au train de vie humble, voire austère. L’homme est très apprécié en Argentine, car il a, malgré sa charge, toujours gardé un étroit contact avec les fidèles, et a fait de la lutte contre la pauvreté l’une de ses priorités. Il applique ce qu’il prêche, refusant les résidences luxueuses, prenant le bus et le métro, enfilant des sandwiches et passant du temps dans les paroisses pauvres. Une «normalité» pour certains, un caractère exceptionnel pour d’autres.
Un pape «modéré». Jorge Mario Bergoglio est considéré comme un homme modéré dans l’Eglise. Si, en septembre 2012, il a fustigé les prêtres qui refusaient de baptiser les enfants nés hors mariages, il s’est également montré très sévère contre la légalisation du mariage homosexuel en Argentine.

Un pape à la voix politique. Dans son pays, cet Argentin n’est pas resté pas muet devant le pouvoir politique: Critique de la classe politique touchée par la corruption, il s’est également affiché contre les narcotraficants, soutenant plusieurs prêtres menacés par les réseaux mafieux.

Un pape et les médias. S’il est féru de la presse… Jorge Mario Bergaglio n’accorde jamais d’interview! Devenant pape, l’homme passe dans une autre dimension, et devra forcer son caractère pour forger sa communication. Sa connaissance des langues italienne et allemande, outre l’espagnol, est un plus.

Un pape face à la Curie. Face au «super-gouvernement» de l’Eglise que constitue la Curie, Jorge Mario Bergaglio est resté plutôt silencieux. A voir dans les prochains mois quel rapport de force va s’instaurer entre l’institution et le nouveau souverain pontife.

Un pape âgé, et à la santé fragile. Agé de 76 ans, l’homme vit avec un poumon depuis ses 20 ans. Travailleur acharné, il se lève tous les jours à 4h30, pour finir à 21h. Un emploi du temps chargé, ce qui ne l’empêche pas d’être un fervent supporter du club de foot de Buenos Aires San Lorenzo…fondé par un prêtre.
Le nouveau pape aura notamment pour charge de sortir l’Eglise des scandales à répétition qu’elle a connus ces dernières années…
La tâche du nouveau pape Jorge Mario Bergoglio sera pour le moins ardue. Il devra d’abord s’atteler à remettre de l’ordre dans l’Eglise après les scandales qui ont ébranlé le pontificat de son prédécesseur, Benoît XVI: les abus sexuels sur mineurs étouffés pendant des décennies, les affaires de corruption et de rivalités profondes au sein de la hiérarchie vaticane, révélées par le scandale «Vatileaks», ainsi que les affaires de mœurs, dont l’existence –non avérée– de réseaux homosexuels au sein de l’Eglise.

Selon Frédéric Lenoir, historien des religions, les cardinaux, qui ont élu Jorge Mario Bergoglio, avaient le sentiment d’une urgence. «Face à l’ampleur des défis à relever, la question n’[était] plus de savoir si le prochain pape [serait] sud-américain, moderne ou conservateur, mais s’il [serait] capable de sortir l’Eglise des scandales à répétition. La question de l’adaptation de l’Eglise à la modernité est passée au second plan.». Cette question n’en est pas moins essentielle à l’heure où l’influence de l’Eglise catholique décline à travers le monde, bien qu’elle compte encore un milliard deux cents millions fidèles. Célibat des prêtres, place des femmes dans l’Eglise, mais aussi avortement, euthanasie et préservatif sont autant de questions sur lesquelles de nombreux fidèles attendent un changement de position de l’Eglise pour répondre aux évolutions sociétales. Il est toutefois vraisemblable que le prochain pape aura les mêmes positions de fond que Benoît XVI.

 

MESSI EMPEREUR EN OR FOOTBALL : 92 buts en 69 matches,

30 jan

Lionel Messi, 25 ans, a décroché encore une fois le Ballon d’Or qui récompense le meilleur joueur de football durant l’année. Et de 4 ballons d’or pour l’argentin : 92 buts en 69 matchs.

Dans le contexte actuel 4 ballons d'or est un exploit supérieur

Lionel Messi, qui a tout gagné avec le Barça, rêve désormais d’un destin doré avec la sélection argentine. «Après avoir remporté tout ce qu’il est possible de gagner avec le Barça, gagner un Mondial serait la plus belle chose au monde», a confié le quadruple Ballon d’Or au journal espagnol El Periodico. «Après tout ce que j’ai eu à subir en sélection, maintenant c’est comme un paradis pour moi», a-t-il poursuivi, faisant notamment allusion au bon parcours de l’Argentine en qualifications au Mondial 2014 au Brésil.

Nous joignons un article paru dans le journal Le Monde :

Détente, condition physique, énergie intellectuelle, art de jouer

Soucieux de parfaire sa légende déjà bien étoffée, Lionel Messi a entamé l’année 2013 en signant sa 27e réalisation de la saison, dimanche 6 janvier, lors du derby catalan remporté (4-0) par le FC Barcelone contre son rival de l’Espanyol. Dans la foulée de cette victoire aisée, l’attaquant argentin, qui occupe la tête du classement des buteurs du championnat espagnol, s’est envolé pour la Suisse afin d’assister, lundi 7 janvier, à la remise du FIFA Ballon d’or 2012 récompensant le meilleur joueur du monde.

Engoncé dans son smoking, le stratège des Blaugrana est favori à sa propre succession et devrait devenir, au Palais des congrès de Zurich, le premier joueur de l’histoire à remporter le prestigieux trophée pour la quatrième fois consécutive. Détenteur du Ballon d’or depuis 2009, Lionel Messi devancerait ainsi Michel Platini et les Néerlandais Marco Van Basten et Johan Cruyff, qui furent chacun récompensés à trois reprises.

Données délirantes

LES DIX DERNIERS LAURÉATS DU BALLON D’OR

2002 Ronaldo

2003 Pavel Nedvèd

2004 Andreï Chevtchenko

2005 Ronaldinho

2006 Fabio Cannavaro

2007 Kaka

2008 Cristiano Ronaldo

2009 Lionel Messi

2010 Lionel Messi

2011 Lionel Messi

2012 Lionel Messi

Les affolantes statistiques affichées en 2012 par la  » Pulga  » ( » la puce « ), attaquant râblé d’un 1,69 m, devraient largement influer sur le choix du collège électoral réuni par la Fédération internationale. Auteur de 91 réalisations toutes compétitions confondues,  » Leo  » Messi détient le record du monde de buts inscrits sur une année civile. Le 9 décembre, le natif de Rosario avait fait son entrée dans le Guinness Book en marquant son 86e but en 2012. Il enterrait alors le précédent record de 85 réalisations enregistré en 1972 par l’Allemand Gerd Müller.

A l’aune de ces données délirantes, la star du FC Barcelone conserve une longueur d’avance sur les deux autres finalistes du Ballon d’or : le milieu blaugrana Andrés Iniesta et l’attaquant portugais Cristiano Ronaldo, récipiendaire du trophée en 2008. Dans sa guerre à distance avec l’ailier du Real Madrid, Lionel Messi avait dépassé, au printemps, le record de buts inscrits en Liga sur une saison en scorant à 50 reprises. Il devenait ainsi le meilleur buteur de l’histoire du Barça, devançant l’attaquant César Rodriguez. Reflet de la réussite sportive du club catalan, Lionel Messi a déjà remporté, à 25 ans, trois Ligue des champions et cinq titres de champion d’Espagne.  » Il est capable de remporter six ou sept Ballons d’or « , a prophétisé l’année dernière l’ex-icône barcelonaise Johan Cruyff.

Aux jugements unanimes qui entourent les performances de l’attaquant du Barça s’agrège une interrogation. Est-il le meilleur footballeur de tous les temps ? Désarçonnant dribbleur doté d’une aisance technique hors du commun, l’Argentin a en partie bâti son mythe grâce à la philosophie ultra-offensive en vigueur au FC Barcelone. Ses rares détracteurs insistent d’ailleurs sur cette image de  » joueur de club « , dont le génie dépendrait des sacrifices consentis par ses coéquipiers.  » J’ai voté pour Iniesta, a notamment déclaré Zlatan Ibrahimovic, capitaine de la sélection suédoise et membre du collège électoral pour le Ballon d’or. Il faut bien voir que Messi ne marque pas tout seul.  »

Capable de perforer les lignes adverses et de se replier lors des phases défensives, l’Argentin s’épanouit en tant qu’électron libre sur le front de l’attaque barcelonaise.  » Si Lionel Messi a une qualité, c’est de jouer comme il le faisait quand il était adolescent « , a loué son entraîneur Tito Vilanova. Arrivé à 13 ans à La Masia, le centre de formation du club catalan,  » Leo  » revendique sa fidélité à l’égard d’un club avec lequel il a construit son ascension et remporté dix-neuf titres.

Alors que son contrat le lie au Barça jusqu’en 2018, Lionel Messi cultive cette posture  » d’antihéros « , jeune père de famille fuyant les médias et adepte des pulls trop larges. Son ascétisme et sa dépendance aux jeux vidéo le tenant éloigné des frasques communes aux millionnaires du ballon rond.  » Messi est un joueur incroyable, un géant du football également très sympathique et un professionnel posé « , a déclaré Gerd Müller, son prédécesseur au Guinness Book. Entretenant cette image policée, la  » Pulga  » est devenue, depuis son éclosion, une attractive vitrine publicitaire et commerciale. En mars 2012, l’ambassadeur de la marque Adidas dominait le classement mondial des footballeurs les plus riches avec 33 millions d’euros de revenus annuels.

Citoyen d’honneur de sa ville natale de Rosario,  » Leo  » s’est réconcilié en 2012 avec le public argentin. Jadis lumineux avec le Barça mais spectral avec la sélection Albiceleste, le joueur a enfin effacé ses mauvaises performances du Mondial 2010 et de la Copa America 2011. L’année dernière, le successeur présumé de Diego Maradona a marqué à douze reprises avec sa sélection. En juillet 2014, le nouveau capitaine de la formation argentine espère remporter la Coupe du monde. Un trophée qui lui permettrait de parachever sa légende.

Rémi Dupré

© Le Monde

 

MAI 68- MAI 2008, VERS UN NOUVEAU PRINTEMPS ?

13 déc
MAI 68- MAI 2008, VERS UN NOUVEAU PRINTEMPS ?
Mois magique, historique métaphore du changement véritable, figure et thème universels de  toute révolution fondée sur les principes de l’équité, sur la recherche de la dignité du travail et des travailleurs, sur la lutte pour les droits humains fondamentaux, dont les droits socioéconomiques, monument de la libération féminine et de l’émancipation masculine de tous les atavismes politiques et psychologiques, Mai 68 est essentiel à la mémoire et à l’histoire du 20e siècle.  Premier vent de changement vraiment mondial, précurseur de la vague altermondialiste.

Commémorer ce printemps des âmes pour toute une génération, fonctionne comme une relecture, mais avec les lunettes actuelles.  Cette démarche nous impose une capacité d’analyse qui nous permet de dire que l’ancrage de toutes les revendications sociales, que la montée des aspirations politiques, ainsi que le déploiement des combats économiques de mai 68, sont d’une actualité criante.  Le souffle de la liberté face aux impérialismes, la ténacité des luttes paysannes et la détermination des masses ouvrières et des techniciens spécialisés face au capitalisme devenu encore plus féroce en 2008, sont à raviver et à maintenir.

Ces démonstrations et ces engagements de l’époque sont une nécessité plus vitale aujourd’hui.  Nous ne pouvons pas être nostalgiques ou romantiques, nous devons utiliser le tremplin de mai 68 pour aller plus en avant afin de contribuer à enraciner solidement notre engagement total pour plus de liberté et plus de justice sociale et politique.  S’impose aujourd’hui un combat mieux structuré, se justifie une stratégie faite de concertation entre toutes les classes socioéconomiques plus rationnelle.

Nous avons accumulé des reculs monumentaux dans tous les secteurs de l’activité humaine, tant individuelle que collective.  Les inégalités de toutes sortes sont plus grandes entre individus, entre nations entre peuples.  Les écarts entre les riches et les autres sont encore plus criants au 21e siècle qu’ils ne l’ont jamais été.  Nos systèmes administratifs, nos machines sociales et politiques carburent à l’injustice, roulent au profit sans honte et sans vergogne, se développement grâce à l’exploitation sauvage et érigent des économies voraces, des instruments destructeurs de la dignité humaine, partout sur la planète.

Le tissu fin de nos acquis sociaux, de nos moyens politiques, des nos pouvoirs économiques et de nos identités culturelles, s’il est plus superficiellement et plus formellement solide à cause des chartes que nos batailles ont mis au monde, grâce aux conventions nationales et internationales fruits de nos souffrances et des droits reconnus sur papier dans les déclarations et les amendements que nous avons imposé et fait adopter démocratiquement; ce tissu est d’autant plus fragilisé dans sa structure qu’il laisse voir un progrès là où l’érosion  en profondeur de nos droits sociaux, polit

Un regard prospectif nous permet d’établir, continent après continent, un bilan très mitigé de l’état mondial des droits humains et des luttes de tous les peuples pour leur libération.  Au moment concomitant, où se marquent 40 ans des luttes de Mai 68 et 60 ans depuis la proclamation et l’entrée en vigueur en 1948 de la Déclaration universelle des droits de la personne, les figures du Mahatma Gandhi, de Nelson Mandela, de Martin Luther King jr. se profilent face à celles de Ernesto Guevara, de Steve Biko, de Mère Térésa.

Les victoires des peuples d’Amérique du Sud (Brésil, Bolivie, Chili, Venezuela, Cuba, Pérou, Paraguay) sur les dictatures militaires et tortionnaires, la globalisation des contestations écologistes pour un développement humain durable et juste, nous encouragent.  Les avancées de certaines communautés africaines pour éradiquer l’analphabétisme, pour créer les fondations de systèmes de santé fonctionnels, et pour gérer des coopératives de commerce équitable, mais surtout le rayonnement de la contestation des artistes africains engagés, nous réconfortent.

Encore mieux, les déploiements asiatiques d’économies dont certaines s’articulent autour du microcrédit ainsi que la prise en main par les communautés de base de leur destin socioéconomique, nous donnent des motifs d’espoir.  Et plus, les nouvelles orientations européennes des socialistes pour proposer un nouveau contrat social (Congrès de Reins en novembre 2008) face à la dictature du marché, ajoutés les résultats des forums sociaux mondiaux pour une véritable société civile universelle, en vue aussi l’extraordinaire campagne présidentielle du candidat démocrate Barack Obama, autant de raisons d’espérer qui font naître une solidarité nouvelle des nations et des peuples, ce dont Mai 68 est le ferment le plus puissant.

 

Le Petit lexique de l’économie sociale au Collège Ahuntsic

12 déc

Petit Lexique de L’EScartons-logo

Lancement du Petit lexique d’économie sociale
au Collège Ahuntsic

Une cérémonie a été organisée à la Bibliothèque Laurent-Michel-Vacher du Collège Ahuntsic, le jeudi 29 novembre, pour souligner le lancement du Petit lexique d’économie sociale, en présence de membres du personnel et de nombreux invités.

Mme Nancy Neamtan, présidente et directrice générale du Chantier de l’économie sociale qui a préfacé le livre, s’est adressée aux invités. Plusieurs entreprises d’économie sociale étaient représentées à l’événement, notamment La maison du développement durable, la Tohu, Imprime-emploi et Espace-temps. La Conférence régionale des élus de Montréal (CRE de Montréal ) a également participé au lancement, reconnaissant ainsi le bien-fondé de la démarche du Collège auprès des entreprises montréalaises d’économie sociale.

Objectif de l’ouvrage

Le lexique a été réalisé pour souligner « 2012 Année internationale des coopératives » et pour sensibiliser la communauté collégiale au langage de l’économie sociale et des coopératives. Plus d’une trentaine d’employés du Collège ont participé à cet ouvrage collectif. Les auteurs se sont donné comme mission de définir dans un langage accessible un terme de leur choix en économie sociale. En 2013, le lexique sera utilisé à titre expérimental dans un contexte pédagogique, dans un cours se rapportant à l’économie sociale, ce secteur si innovant et dynamique de l’économie québécoise.

Genèse du projet

Depuis toujours, le Collège Ahuntsic accueille des étudiants provenant de tous les milieux socio-économiques. Au fil des ans, plusieurs projets ont été mis sur pied par le Collège ou par les membres de sa communauté pour tenter de réduire des inégalités ou pour mieux répondre aux besoins spécifiques de certains étudiants. En 2011, Mme Paule Mauffette a mené une recherche exploratoire portant sur la pertinence pour le Collège Ahuntsic de s’engager dans le secteur de l’économie sociale. Elle en a conclu qu’il y avait une volonté dans l’établissement de se rapprocher des milieux de l’économie sociale afin d’élargir le champ d’action du Collège en tant que maison d’enseignement et de formation de la main d’œuvre. La production du Petit lexique de l’économie sociale s’inscrit dans la foulée de cette décision de travailler en mode de collaboration et de développement avec les entreprises d’économie sociale.

Pour se procurer un ou plusieurs exemplaires du Petit lexique de l’économie sociale, on doit en faire la demande par écrit à l’adresse collectif.innovation@collegeahuntsic.qc.ca. Le lexique est offert gracieusement aux entreprises d’économie sociale qui précisent l’usage qu’ils comptent en faire.

à voir :

http://novae.ca/actualites/2012-12/un-guide-de-l%E2%80%99economie-sociale

 

LIONEL MESSI, TROUBADOUR ET PRESTIDIGITATEUR DU BALLON ROND

12 déc

Enfant prématuré, Lionel Messi, adulte à 25 ans à 1 m 69 de taille, cet attaquant vient de battre un record exceptionnel (1972 Gerd Müller 85 buts et 2012 Lionel Messi 91 buts en une année civile) dans une période de l’histoire du football mondial qui elle est plutôt différente de celle au cours de laquelle son prédécesseur, l’allemand Müller, a réussi son exploit.

Jamais, je crois pouvoir l’affirmer, car Messi a déjà trois ballons d’or, un joueur de club de très haut niveau, comme l’est le Futball Club de Barcelona (FCB), ne répétera cette série de buts, souvent d’anthologie, en une seule année civile, sur notre planète. Quelques artistes du ballon rond, atteignent ce statut, selon leurs spécialités et les caractéristiques de jeu de leur environnement d’évolution. Des noms émergent en comparaison et juste par analogie : Edson Arentès Do Nascimiento (Pelè), Just Fontaine, Kopa, Alfredo Di-Stefano, Roger Milla, Zinedine Zidane, Frantz Bekenbauer, Gerson, Tostao, Didi, Vava, Lev Yachine, Iker Casillas, Diego Armando Maradona, Johann Cryuff, Iniesta.

Joie de jouer en équipe et de marquer des buts d'anthologie

De tous les praticiens-phénomènes qui ont, par leur jeu, leurs aptitudes physiques, leurs composantes physiologiques, psychomotrices et leurs qualités intellectuelles, marqué ce sport populaire et accessible, le plus pratiqué sur la face de la terre, peu ont, avec constance, avec art et méthode, mais aussi avec un génie polymorphe, porté aussi haut les standards avancés, en conception et dans l’exécution, des partitions footballistiques locales, nationales et internationales. Leo Messi, vient d’écrire une œuvre distincte et d’une immense portée.

La principale caractéristique du jeu de Lionel Messi est sa coordination /anticipation / exécution d’une fluidité qui intègre une combinatoire séquentielle neuro kinesthésiologique, d’une facture asymétrique. Sa morphologie n’explique pas tout son talent dynamique, sa vision périphérique, précise est au moins égale à celle d’un autre génie du ballon rond, Zizou, pour les amis. Messi est peut-être un des rares magiciens des pelouses à anticiper sur les anticipations de ses partenaires autant que sur celles de ses adversaires. Par ailleurs, il a un jeu complet, au service de l’équipe, défendant avec autant de précision et de stratégie, qu’attaquant, dans une harmonie coulante ou brisée, selon les phases tactiques de déroulement du match. Alors, ses accélérations, ses dribbles et ses contre-dribbles chaloupés, ses feintes mobiles, comme celles d’un danseur de claquettes, ses coups de pattes ou ses crochets inégaux en longueur et variés dans leur courbes, finissent par donner le tournis à toutes les défenses du monde. Tel est Messi, danseur / trapéziste /athlète / chef instrumentiste et prestidigitateur de la planète foot.

4 ballons d'or certifient l'exceptionnelle contribution à l'art footballistique

Combien de fois, Messi a-t-il surpris, gardiens de buts, latéraux et centraux dans les surfaces de réparation, sur les alentours des points de tir des pénaltys, au sol ou dans les airs, par une frappe imprévisible, par un crochet triple impossible à effectuer selon les normes de la gravité, par une double accélération sur un mètre et demi entre le piquet du coup-de-pied de coin et le premier poteau immédiat? Combien de fois ses passements de jambes en rythme africain et en samba ou alors en capoeira ou en tango ont figés d’admiration et d’envie, joueurs solidaires et forcenés des stades ? Très difficile de répondre à de telles questions car des chaussures à crampons de Messi monte pour l’éternité la poésie gestuelle et conceptuelle du troubadour vivant et intemporel.

Yves Alavo

 

YVES PERRAULT CHEVALIER DE ST-VÉRAN

09 août

Afin de distinguer et d’honorer et de regrouper tous celles et ceux qui contribuent par leurs actions a perpétuer le souvenir du fait Français aux Amériques en général et celui du marquis de Montcalm en particulier: le Mémorial International Saint-Véran de Montcalm et les Miliciens et Réguliers du Marquis de Montcalm ont décidés de créer la Confrérie des Chevaliers de Saint-Véran. Cette confrérie aura son siège au Château de Saint-Véran, fief historique de la famille de Montcalm dont le marquis portait toujours le nom et auquel il était particulièrement attaché.

Médailles de l’Ordre de St-Véran

Grand spécialiste et engagé depuis plus d’une décennie dans la création, le développement et l’action pour la sauvegarde du patrimoine historique et linguistique français dans les Amériques, au Québec en particulier, Yves Perrault, fonctionnaire à la Ville de Montréal, est parmi les fondateurs et surtout les plus actifs membres de sociétés historiques et du magazine Oriflamme.

Sur le modèle des anciens ordres historiques celui des Chevaliers de Saint-Véran aura trois classes distinctes:
Les Chevaliers
Les Grands Croix
Les Commandeurs
Les chevaliers lors de leur adoubement recevront une médaille de bronze ou figurera un portrait du marquis de Montcalm sur fond du château de Saint-Véran stylisé et au revers un écusson portant une fleur de lys et un tour le ruban étant de couleur bleu roy frappé d’une fleur de lys pour les chevaliers de deux pour les grands croix et de trois pour les commandeurs.
Pour être admis dans la confrérie il faudra être présenté par deux parrains et requérir le consentement du Grand Maître.

Les adoubements pourront avoir lieu aussi bien à l’occasion d’une manifestation regroupant des groupes de reconstituteurs où a celle de manifestations spécifiques organisées par le conseil majeur de la confrérie composé de huit membres élus par leurs pairs. La confrérie des Chevaliers de Saint-Véran étant une structure a caractère exclusivement culturel et historique ses membres s’interdiront en son sein toutes prises de position et toute forme d’activité présentant un caractère politique ou religieux.