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Archive for the ‘Europe centrale et de l’est’ Category

VASIL NIKOV, L’ÉNERGIE CRÉATRICE QUI SCULPTE L’UNIVERS

17 août

Regard de braise, comme les dieux de l’olympe aux temps immémoriaux, il crée. Vasil Nikov est entier dans sa création, geste pur et pensée qui retournent la matière, sentiments et émotions qui irradient les fibres vivantes du verbe concret, celui qui anime le métal, celui qui donne vie au bois et celui qui fait trembler les pierres, les marbres, les argiles, les calcaires ou les granits, durs, tendres ou résistants. Il invente des univers à voir, des univers à sentir, des univers à prendre, des univers à toucher, des univers à évaluer à l’aide de tous vos sens. Vasil Nikov est le maître artisan des arts graphiques dans toutes leurs dimensions, y compris ceux que l’on qualifie de visuels, bien sûr. Les frontières de la matière se dérobent sous l’influence des projets artistiques de Vasil Nikov, noyaux et atomes confondus.

De sa Bulgarie natale, où, peintre et diplômé, maîtrise en arts plastiques de l’Université des arts plastiques de Sofia, il a depuis vingt ans, peint, gravé, sculpté et mis au monde des centaines de pièces qui sont exposées en rapport avec toutes les cultures. Sachez qu’avant les dix dernières années, les œuvres de Vasil Nikov furent surtout des peintures à l’huile, de 1986 à 1998, une création dont nous ne saurions parler car au Canada, ce sont ses sculptures, nées ici, qui le font connaître.

Les estampes sont un versant plus intime de son œuvre, certaines, comme d’autres œuvres, connaissant auprès des collectionneurs, un attrait et une croissance dans l’appréciation. Notons les œuvres suivantes : Objets volants, 2007, 38 x 31 cm; Point de vue, 2007,41 x 31 cm; Défis, 2007, 41 x 31 cm.

Turbulences, titre d’une œuvre de métal et de granit, ou de pierre, dont les veines sont ciselées, les contours travaillés sur toute la surface, dit la volonté de l’artiste de mettre au monde et de faire vivre libres, les œuvres qu’il puise dans les inspirations nées au fond de son être. Ses œuvres, il les affine avec amour et passion. Tout acte de création, chez Vasil Nikov, est dans cette suprême volonté, ce profond vouloir de mettre au monde et d’émanciper la matière. Toute matière est pour lui, vie à animer, vie à civiliser, vie à conquérir pour le bonheur de se laisser bercer par cette joie indicible que seule procure la création pure.

La démarche artistique de Vasil Nikov, globale dans son sens profond, née d’un sentiment de participer, via, son acte créateur, à un sentiment plus éternel et plus universel, un sentiment de puissance de l’amour. Ses sujets, fictifs ou plus réalistes, sont sous le charme des vertus que suggèrent le corps au féminin. Il épure le trait, il spiritualise les figures en un mouvement, une force dynamique dans l’exploitation du thème dont il illustre, de mille façons, les dimensions. Travailleur pour le cinéma, art subtil de vivre, il enseigne aussi la sculpture.

L’artiste s’exprime plus spécialement sur sa démarche personnelle : « Ce projet d’exposition (Antigravitation ou l’équilibre des forces), représente l’invention complexe d’une nouvelle étape de création dans mon existence artistique. Dans cette série de sculptures faites à Montréal on sent la présence des forces invisibles d’attirance et de repoussement, d’union dialectique et d’opposition. J’ai relevé le défi de transformer des matières naturelles comme la pierre, le bois et le métal selon ma propre vision en une nouvelle forme parlant le langage de l’architectonique, de la statique et de la dynamique. En effet, ces sculptures semblent bien ancrées sur terre, soumises à la force gravitationnelle, mais en même temps, la provocation consiste à chercher un autre point de vue opposé m’incite à créer l’illusion du contraire. Enfin, il ne faut pas se fier aux apparences ».

Ses œuvres artistiques font partie des collections de Loto-Québec, de la collection du Musée des maîtres et artisans du Québec, de celle du collège Regina Assumpta, aussi de celle de la Galerie Nationale de Bulgarie, de galeries d’art et de collections privées. Ses œuvres sont dans l’environnement urbain sur trois continents (Europe, Asie et Amérique) en Autriche, en Allemagne, en Bulgarie, en Espagne, en Italie, au Danemark et au Portugal; au Japon ainsi qu’au Canada. À son actif, au cours de deux dernières décennies, plus d’une vingtaine d’expositions en solo dans le monde.

Transformer notre environnement

En 2003, l’artiste se joint au collectif, Groupe Quatuor V, avec des artistes, professionnels comme lui (Chantale Dionne, Jean-Louis Émond, Bastien Martel, Benoît Quessy), solidarité dans l’esprit de la création en arts visuels et commune conception du rôle de l’art dans notre société. Depuis l’automne 2007 Vasil Nikov est l’artiste résident de l’Usine C, cela jusqu’en juin 2008, de nombreuses expositions en cours ou à venir, dont celle de la Galerie McClure à Westmount (350, avenue Victoria), permettent au grand public de se familiariser avec des œuvres remarquables, d’une variété saisissante, qui découpent l’espace, défient les lois de la pesanteur, donnent au regard le choix de surfaces qui dansent avec la lumière et les volumes.

Ses engagements communautaires sont harmonieux. Créer, c’est dire et mettre au monde son désir de vie, son énergie de transformer notre environnement. Créer pour lui, c’est agir au sein de la communauté pour améliorer la qualité de vie des humains, « En 2003, comme ex-résident de Saint-Laurent, j’ai participé à la première exposition et à tout le développement du projet Les Jumeaux du CARI. C’est une façon de parrainage entre un artiste venu d’ailleurs et un artiste qui crée ici, une manière de mettre en commun les moyens et d’exposer ensemble. Je suis membre des Amis du Musée des maîtres et artisans du Québec depuis 2003 et j’ai participé, chaque année, à l’encan du Musée, évènement de levée de fonds dont tous les profits vont à la Fondation du musée. J’ai fait des dons d’oeuvres d’art – sculptures. Je suis aussi artiste invité pour le projet  »Artiste en herbe ». Une collaboration entre le Musée et l’École Laurentides. J’y ai fait plusieurs rencontres avec des étudiants âgés de 11 ans pour produire un livre géant avec leurs dessins. Ce livre a été exposé au musée en 2005. Par ailleurs, certaines causes me touchent et je viens de faire don d’une oeuvre d’art pour l’encan des Impatients, un centre de création et d’art thérapie».

Tel est Vasil Nikov dans son geste de sculpteur, de peintre, d’animateur des esprits qui demeurent latents dans toute molécule de l’environnement. Le mot est dit. Vasil Nikov est l’artiste de chez nous qui s’exprime en liens intimes avec les éléments de l’environnement. Il récupère, il recycle et il transforme, geste après geste, le bois, le métal, la pierre; allant du granit au marbre et en passant par tous les matériaux qui nous entourent, à qui il confère une noblesse éternelle. Pour Vasil Nikov, telle se vit le quotidien du créateur, la vie complète de l’artiste professionnel en complicité avec la nature.

Quelques œuvres de Vasil Nikov :

Bois

Seule, 2005, 110 x 40 cm.

Papillon, 2005, 110 x 40 cm.

La lumière, 2005, 110 x 40 cm.

Métal

Paroles, 2005, acier et bois, 170 x 63 x 22 cm.

Vers le haut, acier, 300 x 70 x 65 cm.

Traces, 2008, acier, 157 x 55 x 16 cm.

Pierre

La spirale, Japon 1997, marbre, 220 x 90 x 65 cm.

La nature est en nous, Autriche 1999, marbre 220 x 60 x 40 cm.

La source, Allemagne, 2000, diabas, 185 x 75 x 33 cm.

La femme, Israël, 2001, granite, 176 x 123 x 45 cm.

La minette, 2003, pierre de St-Marc, 60 x 86 x 12 cm.

L’oiseau, 2003, pierre de St-Marc, 40 x 58 x 9 cm.

Danse, 2003, pierre Indiana, 60 x 40 x 13 cm.

Le secret, 2003, pierre de St-Marc, 74 x 16 x 9 cm.

 
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VÉLITCHKA YOTCHEVA, MAÎTRISE SUPÉRIEURE DU VIOLONCELLE, LA PASSION ET LE TALENT.

17 août

Vélitchka Yotcheva, violoncelle.

Du charisme plein les yeux et une fluidité dans le jeu.  Gestes amples et course des doigts dans une coordination cérébrale kinesthésique rare, faite d’un synchronisme précis et souple à la fois entre la conduite de l’archet et les appuis tactiles indépendants ou concomitants des doigts.

Dans cette description se met en action, art du maniement de l’instrument et expression de génie, la double tension qui constitue la prouesse d’équilibriste dans laquelle s’engage l’artiste de très haut calibre quand, jouant en public, elle met en œuvre la maîtrise technique, la qualité de l’expression artistique et subjective ainsi que la relation directe entre un univers, un acteur et les spectateurs.

Vélitchka  Yotcheva est la violoncelliste professionnelle au répertoire varié et riche qui est la plus apte à relever au cours des années 2000, avec le plus de brio, ce défi permanent auquel sont confrontés aussi ses pairs sur notre planète dans cet univers compétitif de production de sens et d’émotions, grâce aux sonorités mélodieuses de cet instrument classé à part dans la hiérarchie des cordes.

Talent pour talent, répertoire comparatif et toutes les considérations artistiques comprises, placent, en ce moment Vélitchka Yotcheva, aux premières loges parmi les violoncellistes les plus en vue dans l’espace des productions et des concerts de très haut niveau. Virtuosité.  Mot qui ne s’utilise qu’avec précautions.  Sur ce registre, les enregistrements des Suites de J.S. Bach, la somme des concerts et des disques réalisés par l’artiste, contenu qui comprend un nombre significatif de pièces de compositeurs importants, voir sur le site qui lui est  consacré  http://www.velitchkayotcheva.com

Vélitchka Yotcheva qui a dans sa mire des enregistrements consacrés aux sonates de Franck et Brahms, est promise à tous les succès.

Enfin, comment ne pas mettre en évidence pour cette artiste spéciale, un aspect de son talent et de ses cordes d’archet personnel, elle est aussi, ou en plus, une pédagogue hors pair.  Au fil des années, elle a instruit, donné confiance et permis à des jeunes de découvrir le violoncelle et d’en faire leur instrument de prédilection.  Une génération de jeunes de talent émerge ainsi grâce à cet enseignement et au partage de la passion et de la technique, bravo Mme Yotcheva.

 
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ZDRAVKA METZ

17 août

Zdravka Metz est née à Zagreb, en Croatie.  Elle a vécu son enfance et sa jeunesse à Varazdin, petite ville croate qu’elle considère comme un lieu « baroque ». À l’école secondaire elle a appris l’espéranto, la langue internationale, et c’est en utilisant cette langue qu’elle commence à voyager et à visiter différents pays.  Son amour de la nature et des gens est remarquable, toute son action, ses choix futurs et sa personnalité en sont marqués.  Elle continue ses études à l’université de Zagreb, à la faculté d’économie, et travaille comme économiste.  Elle s’engage bénévolement dans le mouvement d’espéranto local et sur la scène internationale, elle continue ses voyages d’été, dont trois mois au Japon qui vont l’ouvrir sur le monde de la culture orientale et donner un sens plus intérieur à sa vison profonde de la vie.

En 1980, pendant le congrès international des espérantistes, elle rencontre un jeune Québécois avec qui, en 1982, elle s’installe à Montréal, son mari désormais.  Après la naissance de leur deux  enfants,  Zdravka  devient  « enseignante »  spécialisée dans les langues : français, espéranto et croate.  Elle donne des cours à la maison et ensuite, pendant dix ans, à l’école croate du samedi.

Je ne sais sous quel signe du zodiaque est née Zdarvka, mais elle est à la fois active, généreuse et d’une stabilité remarquable dans ses engagements auprès de la communauté en général.  Elle conjugue avec un bonheur rare son action bénévole, ses choix professionnels et ses convictions sociales profondes pour un monde meilleur, un environnement protégé et le développement durable, comme en un concert équilibré.  Elle est présente, vive, intelligente.  Sa motivation : « J’ai grandi dans une société où tout passait par la communauté.  Nous échangions nos fruits avec nos voisins.  Nous partagions nos chambres avec nos parents, nos frères et nos sœurs.  Nous mangions ensemble et nous écoutions  les  expériences des adultes.  J’ai appris à partager et  à   vivre en groupe.  Ce qui me motive principalement, c’est le désir d’apprendre, de transmettre des connaissances.  Je le fais avec enthousiasme, avec amour, afin d’améliorer la vie de nos enfants et pour changer le monde  en pensant toujours à l’importance de l’éducation.  Donner une partie de moi, laisser des traces, partager, cela me fait grand plaisir et me motive».

Le palmarès des réalisations de Zdravka Metz est impressionnant, non seulement elle a continué à se perfectionner en suivant des cours, en prenant des formations complémentaires, notamment autour de problématiques sociales comme les réfugiés, la prévention du suicide, mais elle maintient un niveau exceptionnel d’activité et de participation au développement de la communauté.  Elle a travaillé comme interprète au Palais de justice de Montréal et à la Cour municipale.  Depuis huit ans, elle combine travail communautaire et professionnel avec ses responsabilités au  Collectif des femmes immigrantes du Québec et à l’Association multiethnique pour l’intégration des personnes handicapées. Comment invente-t-elle le temps?  Elle en consacre, comme bénévole au profit de : la Société québécoise de l’espéranto, le Parc d’hiver, la Joujouthèque, l’école croate, le Centre des femmes d’ici et ailleurs, l’Association des femmes croates, l’Association des anciens étudiants de l’université de Zagreb, le Congrès canado-croate, l’Association canadienne de l’espéranto et elle siège sur de nombreux conseils d’administration.

Dans la vie, déclare Zdravka, on recommande d’avoir un enfant, de planter un arbre et d’écrire un livre.  Elle a traduit de nombreux livres, est mère de deux enfants et, comme amoureuse de la nature, a planté des dizaines d’arbres.  L’avenir des relations entre ses communautés d’appartenance et la société québécoise, elle le vit au présent : «J’appartiens à plusieurs communautés et j’ai toujours eu une bonne communication, une bonne collaboration avec tous.  Quand je fais, quand je dis, quand j’agis, pour moi cela n’a pas d’importance que je le fasse au profit d’un groupe des minorités ou de la majorité.  Ce qui compte, c’est que je le fasse avec l’idée que l’action va faire du bien à quelqu’un, que j’agis pour faire connaître, pour sensibiliser, pour informerJe pense que tout dépend de notre vision, de notre attitude. Si on est plus fermé, on va trouver que « la majorité » est fermée. Si nous sommes ouverts et tolérants, respectueux de l’autre, nous allons nous trouver que la majorité ou la minorité est ouverte et tolérante aussi.  Il me semble que la société est un miroir de ce que nous sommes.  La vie communautaire apporte beaucoup de plaisirs et quand on a pas sa propre famille, ça nous aide,  raconter aux amis nos malheurs comme nos bonheurs. Cela  aide à rester en harmonie avec soi et à garder notre santé mentale et physique».

 
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WLADIMIR PASKIEVICI

17 août

M. Wladimir Paskievici est né en 1930 à Bucarest, en Roumanie.  Il a fait ses études en Roumanie, en Argentine et en France où il a obtenu son doctorat en physique nucléaire à l’université de Strasbourg.

Immigré au Canada en 1958, il a entamé une carrière universitaire à l’École polytechnique de Montréal où il a été successivement chargé de cours, professeur assistant, professeur agrégé, professeur titulaire et professeur émérite (1990).  À l’École, il a créé l’Institut de génie nucléaire.  A dirigé cet institut de 1980 à 1982 et en a été Directeur des études supérieures et de la recherche de 1982 à 1990.

Il a enseigné et a effectué des recherches en physique nucléaire, en physique des réacteurs, en contrôle et sûreté des centrales nucléaires et dans le domaine de l’énergie.  Il a dirigé 21 thèses et a publié 56 articles scientifiques et rapports techniques.  Durant sa carrière, il a été consultant auprès de nombreux organismes gouvernementaux tels que Hydro-Québec, Ontario Hydro, la Commission de contrôle de l’énergie atomique, Environnement Canada, Justice Canada et Énergie, Mines et Ressources Canada.  Il a également été commissaire auprès du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour plusieurs projets.

Ses principales motivations, celles de ses engagements sociaux, communautaires, ont évolué avec les phases les plus significatives de sa vie : «Dans ma période de formation, de 6 à 27 ans, la principale motivation de mon action a été la curiosité.  Une fois mes études terminées, mon désir de continuer les recherches, tout en restant libre d’esprit, m’a mené vers la carrière  universitaire.  C’est ainsi que j’ai pu à la fois continuer à apprendre, mais aussi à partager ce que j’ai appris.  Durant toute ma vie professionnelle, et profitant de l’esprit pragmatique qui anime l’École polytechnique, j’ai pu enseigner, faire de la recherche et rendre des services à la société.  Arrivé à l’âge de la retraite, j’ai choisi d’œuvrer au sein d’un organisme humanitaire pour aider les immigrants roumains nouvellement arrivés à s’intégrer le plus rapidement possible au Québec et au Canada.

Personnalité respectée et régulièrement consultée, monsieur Wladimir Paskievici demeure toujours actif et engagé.  Dans le cadre de la communauté roumaine de Montréal, il a participé à l’organisation d’événements de prestige.  Il est actuellement président du Mouvement de Solidarité Québec-Roumanie (MSQR).  M. Paskievici est marié et a trois filles et six petits-enfants.  Il parle le français, l’anglais, l’espagnol, l’italien et le roumain.

Les réalisations qui donnent un sens à son engagement sont surtout celles faites au service de la science plus particulièrement dans son domaine, celui de la physique nucléaire.  De manière plus personnelle, Wladimir Paskievici précise : «Sur le plan personnel, la satisfaction de savoir que j’ai pu aider mes anciens étudiants, dans leur formation, que j’ai contribué au développement fulgurant de l’École polytechnique, le fait d’avoir gardé d’excellentes relations avec mes anciens collaborateurs et d’avoir aidé un certain nombre de mes compatriotes à faire leurs premiers pas au Canada.  Enfin, avoir pu réaliser tout cela en menant une vie familiale riche et équilibrée».

Les liens entre ses communautés d’appartenance et la société en général sont encore à améliorer, il y a de la place pour le progrès : « Le plus difficile cependant est d’organiser des manifestations conjointes auxquelles participeraient à la fois les membres de la communauté d’appartenance et les membres de la majorité. Ce sont, à mon avis, les manifestations de ce genre qui sont mutuellement les plus enrichissantes.  Pour cela il faut qu’il ait une volonté politique des deux côtés pour le faire.  Ce n’est pas toujours le cas et il faut travailler fort – et de façon continue – pour y réussir ».

 
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VESNA BLAZINA

17 août

Une personnalité d’une exceptionnelle qualité, qui avec la maîtrise des langues qu’elle possède, l’expérience et les réalisations qui sont à son actif dans le domaine public, notamment au sein des plus beaux fleurons de nos bibliothèques universitaires du Canada, font de Vesna Blazina une candidate que le Canada peut présenter avec fierté à de nombreux postes d’experts, de diplomates dans les organismes internationaux.  C’est avec précision et une clarté conceptuelle admirable qu’elle s’explique : « Je suis arrivée à Montréal en 1967 après une année d’études à l’Université de Zagreb.  J’ai fait toutes mes études en travaillant le jour.  Ma motivation découle de mon intérêt pour les langues et les cultures étrangères.  J’ai appris plusieurs langues par plaisir : français, anglais, allemand, grec moderne, russe, turc, chinois et autres.  Je suis multilingue et intéressée à communiquer avec les gens de toute culture et de toutes les langues.  Ces intérêts ont trouvé un sol fertile à Montréal, le carrefour d’un grand nombre de cultures.  Le choix de ma profession – spécialiste de l’information – découle également de mon désir de communiquer avec les gens du monde entier».

Proche de l’adolescence, comme jeune adulte, Vesna Blazina a connu un parcours sans faute : études anglaise et française à l’Université de Zagreb, Croatie, baccalauréat en littératures française et anglaise, de l’université Concordia de Montréal en 1970, maîtrise en bibliothéconomie de l’Université de Montréal en 1975.  Elle a réussi un majeur en études néo-helléniques et archéologie classique en 1985.  En trente-cinq années de travail, ses réalisations sont impressionnantes.  Elle qui fut chef de service du Développement des collections, des Publications officielles et de la Référence à la Bibliothèque des lettres et des sciences humaines de l’Université de Montréal, près avoir dirigé les bibliothèques de Biologie et de Botanique ainsi que celle de l’Aménagement.

Vesna Blazina résume ses réalisations : « L’Université de Montréal reçoit les étudiants de 147 nationalités.  J’ai été sensibilisée à leurs besoins particuliers et à la nécessité de développer des services adaptés à leurs besoins, services qui vont favoriser leur intégration.  Parmi les réalisations professionnelles je voudrais souligner: la publication du Thesaurus bilingue sur l’inadaptation juvénile pour le Groupe de recherche sur l’inadaptation juvénile (GRIJ) de l’Université de Montréal (1980), le fruit de 5 ans de travail avec les criminologues, le traitement de l’image à la bibliothèque d’Aménagement, le développement de la collection de l’Histoire de l’architecture de paysage (livres rares et anciens) qui est devenue une des plus importantes au Canada ainsi que la publication du Catalogue de cette collection (1993).  La réorganisation administrative de plusieurs bibliothèques et leurs services a l’Université de Montréal tout en restant à l’écoute des besoins du personnel et en tenant compte de leurs conditions de travail.  Je mettais toujours l’accent sur les relations avec le personnel sous ma responsabilité qui étaient basées sur le respect et la défense de leurs conditions de travail ».

Son engagement communautaire, Vesna Blazina le situe dans la droite ligne des responsabilités de la citoyenne du monde, consciente des enjeux sociaux et politiques : « C’est au moment où mon pays natal – la Croatie – vivait ses jours les plus difficiles, de 1991 à 1995, que j’ai compris la pleine valeur de la vie dans une société démocratique comme le Québec où j’ai pu élever ma voix contre la guerre en Croatie.  J’ai découvert que j’avais, en tant qu’individu et membre de la communauté croate, le droit et le devoir d’élever ma voix en faveur de la défense des droits de la personne et du patrimoine culturel dans une situation de guerre, et que je devais m’en servir pour faire comprendre à la société québécoise les événements bouleversants en Croatie.  Dans le cadre d’AMCA (l’Association des ancien(ne)s étudiant(e)s des universités croates – Almae matris croaticae alumni) Québec et avec le Congrès canadien-croate du Québec, je me suis lancée dans la représentation de ce petit pays mal connu qui avait grandement besoin de porte-parole bien renseigné à Montréal ».

Une réalisation significative mérite à ses yeux une mention spéciale : «Mon article « Mémoricide ou la purification culturelle : la guerre contre les bibliothèques de Croatie et de Bosnie-Herzégovine ».  Documentation et bibliothèques (Montréal), publié en 1996, est le fruit de plusieurs années de recherche de l’information et représente dans ce sens une contribution de valeur permanente ».

La paix revenue, pour les personnes originaires de la Croatie, Vesna Blazina pense que « maintenant que la paix est revenue et que la Croatie parle de sa propre voix, le rôle le plus important de la communauté croate à Montréal est d’être le pont entre la Croatie et le Québec.  C’est en ce moment-ci que de nouveaux liens se tissent et que de nouveaux projets communs voient le jour.  La communauté croate de Montréal peut y jouer un rôle par excellence par sa connaissance du fonctionnement de l’une comme de l’autre société ».

 
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SVETLANA LITVIN

17 août

Svetlana Litvin représente la nouvelle génération, compétente et ambitieuse, des professionnels issus de l’immigration.  Née en Ukraine, elle parle la langue ukrainienne mais aussi le russe, le français, l’anglais et l’hébreu.  Membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec, elle est titulaire d’une maîtrise en sciences et technologie des aliments.  Pour s’inscrire dans notre histoire et donner un sens et une reconnaissance aux œuvres des membres de la communauté montréalaise originaire de Russie, Svetlana Litvin a créé le Centre communautaire de référence et d’assistance aux immigrants russophones.  Elle est motivée par l’action communautaire : « Se rendre compte de l’existence et de la nécessité d’interagir.  Être une équipe d’administrateurs dynamiques, de professionnels reconnus, chacun dans son domaine, et déterminés à apporter leur contribution, qui connaissent la culture, la mentalité et la problématique de nouveaux arrivants russophones ».

La prise d’initiative, sa position de femme d’action, son dynamisme intelligent lui ont permis en moins de cinq ans de réaliser de nombreuses activités au service des immigrants originaires de Russie : «Organisation du concours des jeunes entrepreneurs en partenariat avec la Fondation du maire de Montréal pour la jeunesse au profit des jeunes montréalais et montréalaises russophones pour le meilleur projet d’affaire.  Ensuite, la création du Centre communautaire d’assistance aux immigrants russophones.  Par ailleurs, j’organise des concerts de musique classique avec des artistes performants venant  de l’Europe.  Je favorise, grâce à des soutiens financiers, l’accès de ces manifestations culturelles de haut niveau aux jeunes.  Au sein du programme d’activités offertes aux ingénieurs de Montréal, en tant que membre du CA du bureau régional de l’Ordre des ingénieurs du Québec, je suis aussi responsable de l’organisation d’activités culturelles et sociales.  À titre d’exemple : soirée romantique de la Saint-Valentin, sorties en famille, etc. ».

Svetlana Litvin, la présidente du Centre communautaire de référence et d’assistance aux immigrants russophones, est optimiste : « La communauté russophone de Montréal contribuera, sans doute, de façon importante à la vie économique et culturelle du Québec.  Il faudra, par contre, leur fournir une assistance qui va faciliter les démarches qu’ils font pour se tailler une place dans la société d’accueil.  Autrement dit, leur faciliter le processus qui aidera les immigrants originaires de Russie à mettre en évidence leurs expertises pour le plus grand service de notre société. L’avenir des relations entre la majorité et les russophones,  c’est la compréhension et la confiance mutuelles.  Ainsi nous pourrons réussir à nous faire connaître et à travailler ensemble au niveau des affaires, des relations culturelles et personnelles.  Nous croyons être utiles et apporter notre contribution à la mesure de nos forces pour un meilleur futur de notre société ».

Regardez madame Litvin, l’air franc et l’allure élégante, elle représente, énergie et détermination, ce que toute une génération de jeunes professionnels souhaite réaliser, s’imposer grâce à son talent et réussir sur tous les plans une vie équilibrée.  Pour elle, l’engagement professionnel et le service communautaire vont de paire.  Elle dynamique, déterminée dans toutes ses démarches, réfléchie dans ses rapports interpersonnels, elle inspire la confiance, à coup sûr, un chef de file dont il serait intéressant de suivre la trajectoire.

 
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SONIA ANGUELOVA

17 août

Native de Sofia en Bulgarie où elle passe son enfance, Sonia Anguelova vit une  bonne partie de son adolescence à la Havane (Cuba), elle a seize ans, ses parents sont coopérants.  Puis, élève précoce elle y étudie la médecine, l’histoire de l’art.  À trois mois de ses 19 ans, elle réussit à quitter l’île de Fidel Castro et demande l’asile politique au Canada en passant par Gander, Terre-Neuve.  Trente-deux ans plus tard, Sonia Anguelova présente toujours la même force de caractère et ses convictions profondes restent inchangées : «Rebelle et indépendante, esprit libre et créatif.  Les cadre, qu’ils soient institutionnels, familiaux, ancestraux, s’ils sont imposés, me révoltent.  J’aime  me questionner, réfléchir et être créative dans ma vie sociale, professionnelle et privée.  La vie est une création et non pas l’exécution d’une pièce écrite d’avance, par nos parents, par le gouvernement, une personne ou par la société».

Sa vocation, ses actions, ses choix de vie, ce sont une série de mouvements qui s’enchaînent dans une cohérence que seule une philosophie de vie peut permettre de comprendre : «J’ai commencé comme bénévole il y a plus de 20 ans, dans le milieu québécois et communautaire, milieu qui est plus près de mes valeurs personnelles.  Je considère immoral et non écologique l’accumulation de biens matériels et de l’argent, au-delà des besoins essentiels.  Je me suis vite engagée dans les organismes d’aide et d’intégration des immigrants, à Québec d’abord dès 1979, et à Montréal, depuis 1999.  J’ai choisi  de vivre « la simplicité volontaire » il y a quelques années, en privilégiant la qualité de la vie et les contacts humains, plutôt que la course folle à la réussite sociale et à l’enrichissement matériel.  De toute façon, avec les salaires du milieu communautaire, impossible de s’enrichir !».

De sa jeunesse à l’âge mûr, l’expérience centrale de sa vie, celle d’une migrante comme elle se plaît à le dire, est source d’inspiration, elle y plante sa motivation : «Être utile à mes frères et sœurs immigrants qui commencent ici une nouvelle vie, d’où qu’ils soient.  Ayant maintenant derrière moi toutes les étapes, souvent douloureuses, de l’intégration, je peux en parler et transmettre mon expérience, mes réflexions, témoigner.  Je veux donner à la société qui m’a accueillie mon temps et mon expérience pour une plus grande ouverture, pour une meilleure compréhension des réalités de chacun, mais particulièrement celles qui sont propres aux personnes immigrantes.  Je souhaite ainsi qu’il y ait un traitement équitable et non pas des privilèges dû au statut social, aux avantages du portefeuille, ou à cause du fait d’être né ici».

Depuis vingt-deux ans elle crée, surtout grâce à l’écriture, mais aussi en musique, en tant qu’auteur-compositeur.  Elle a un succès littéraire avec Abécédaire des années d’exil, publié chez  Lanctôt Éditeur en 2001.  Une écriture qui colle à la vie, Sonia Anguelova a du talent, elle sait, comme une trapéziste, lâcher prise et reprendre les mots au vol, leur donner des vies qui sans cesse nous émerveillent : tons, accents, saveurs, le goût de la langue qui vit et exprime les sentiments et les émotions dans leur diversité.

Parler de ses réalisations nécessiterait beaucoup d’espace, notons : la mise sur pied et la gestion de la première Maison d’hébergement pour femmes violentées à Matane en 1980-1983.  Elle précise «Mes premiers écrits publiés datent de cette période.  Une série d’articles dans La voix gaspésienne sur la violence conjugale.  La création des outils de promotion, de formation, de suivi et d’évaluation du Programme de jumelage, projet-pilote qui est devenu un programme permanent du MRCI et  qui a été « importé » à Montréal et ailleurs au Québec. La mise sur pied et la gestion de la Banque régionale d’interprètes linguistiques et culturels à Québec.  La coordination du comité de rédaction de la Politique d’accueil et d’intégration des immigrants et immigrantes dans la ville de Québec.  Deux théâtres-forums traitant des relations interculturelles et réunissant des comédiens québécois et des collègues immigrants.  Je n’oublie pas les portraits d’immigrants que j’ai rédigé et qui ont été publiés dans le magazine Autrement dit».

L’avenir des liens entre notre société et ses communautés d’appartenance, Sonia Anguelova le voit dans la convergence : «La société est et sera  de plus en plus métissée.  Elle devient donc beaucoup plus ouverte sur le monde, moins chauvine, moins repliée sur elle-même.  Et puisque ma communauté d’appartenance est aussi celle des écrivains et  des écrivaines, je vois  de plus en plus de voix de migrants se joindre et prendre leur place dans la production littéraire québécoise ».

 
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SERGEÏ TROFANOV

17 août

Douze ans de vie au Québec, de scènes en scènes, de salles en salles, Sergeï Trofanov fait éclater le talent, fait danser le public.  La musique c’est son génie, son art, un violon unique, un son magique.  L’homme est né en Moldavie il y a un peu plus de quatre décennies.  Son histoire est un roman, un vrai.  Au village, près d’un quartier tzigane, il est adopté par les artistes, sa famille lui permet de vivre la musique avec les Tziganes, il joue déjà à cinq ans.  Inscrit au conservatoire, il étudie la musique classique et poursuit son apprentissage populaire.  Sergeï Trofanov est sur scène à dix ans, il interprète, il improvise, joue souvent, lors de mariages, de fêtes privées, il en connaît tous les secrets, étant lui-même un virtuose.  Il est reconnu, acclamé, car il apprend vite, joue juste, possède un rythme impressionnant.

Au conservatoire de musique de la capitale moldave à Kichinev, Sergeï Trofanov est le meilleur, il est tout de suite recruté à vingt-deux ans dans une section de l’orchestre de l’Armée rouge, alors qu’il fait son service militaire obligatoire.  Partout, les événements importants auxquels l’orchestre célèbre est invité à se produire, Sergeï Trofanov est en vedette.  Sa carrière internationale est lancée : « J’ai joué lors des manifestations historiques du pays, l’ex-URSS, invité à me produire avec de nombreux orchestres lors de spectacles à la télévision et à la radio.  Je joue souvent pour des disques, des vidéos, je voyage dans le monde et participe à des tournées en Chine, au Zimbabwé, en Angleterre, en Italie, à Cuba, en Pologne, en Hongrie, en Turquie, à Madagascar, aux Iles Maurice, en Zambie, etc ».

Pour Sergeï Trofanov, la musique est un facteur de rapprochement culturel, il joue pour le grand public.  Il est engagé, contribue aux œuvres sociales de différentes communautés, aide des artistes de toutes origines à se produire.  Mais, qu’il joue du classique, de la musique tzigane, des rythmes populaires, dont les airs célèbres de Félix Leclerc, en associant la derbouka berbère, l’accordéon, il travaille toujours un répertoire éclaté qui couvre les créations traditionnelles, les œuvres orientales, les musiques modernes.  Il est associé à des musiciens de talent.  En 1991, il fonde le Groupe Djelem à Montréal, lequel connaît un succès national et international, ce groupe grimpe en popularité au Canada, aux Etats-Unis, au Japon et sur les scènes européennes.  Trois disques, deux vidéo-clips.

Depuis quatre ans, il poursuit comme violoniste une carrière qui lui apporte beaucoup de satisfaction, un premier disque solo, en 1999, Gypsy Passion, puis en 2000, Gypsy Passion II «Romance».  Il s’associe et crée Sergeï Trofanov et son ensemble, produit lui-même son disque en 2003, il s’agit de Tout à la manière tzigane.  Dans ce CD, il chante en français et nous fait découvrir une voix magnifique.  Il poursuit et innove, joue pour les productions des Grands ballets canadiens.  Ses musiciens actuels sont : le guitariste Predrag Manov, dit Peja, candidat au prix Oscar Peterson, Sergiu Popa, l’accordéoniste, le bassiste Georgi Stankov, le percussionniste Fethy Moughlam, qui est un expert de la derbouka.  Le maître Sergeï Trofanov est au violon.  Génie des notes, il les fait virevolter et il distille des sons uniques dont il a le secret.  Le violon respire, gémit, mélodie tout ce que l’élan créateur de l’artiste lui dicte.

 
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MARIA HALADYN DUDEK

17 août

Maria Dudek œuvre au cœur du tissu le plus fin de l’humanité, elle est psychologue, membre de la  Corporation professionnelle des psychologues du Québec depuis 1989 et elle vit au pays depuis bientôt 20 ans.  Née en Pologne, elle y a obtenu une maîtrise en psychologie, spécialisation clinique à l’université de Wroclaw en 1975.  Son action a consisté, d’une part à se perfectionner de manière continue, notamment en matière de syndrome du stress postraumatique, de diagnostic et sur les techniques d’intervention de crise  et de traitement clinique, et, d’autre part, se consacrer aux clientèles provenant de différents milieux ethniques.  Pour mettre au service de toute les communautés son talent, son expertise et agir en toute connaissance de cause, là où elle peut contribuer pleinement au développement de la société, Maria Dudek fonde la Maison multiethnique Myosotis en 1991.

L’aventure de la santé mentale, de la prise en charge des difficultés, des traumatismes des personnes déplacées, des nouveaux immigrants et des réfugiés est importante.  Pour Maria Dudek, le soutien le plus intime aux plus fragiles est l’action stratégique la plus déterminante de construction d’une société plurielle.  Maria Dudek  en explique la genèse : « Avec un groupe de thérapeutes originaires de différents pays, je commence un travail bénévole au centre communautaire en santé mentale.  Un centre conçu par nous pour desservir la clientèle provenant de différents milieux ethniques.  C’est le début de l’histoire de Maison multiethnique Myosotis (1991).  Graduellement, nous développons Myosotis et nous obtenons les premières subventions provenant du Gouvernement du Québec (SOC : Soutien aux Organismes Communautaires).  Nous utilisons une approche thérapeutique interculturelle et souvent nous travaillons en langue maternelle du client.  Notre petite équipe de thérapeutes donne le service en français, anglais, espagnol, grec, portugais, italien, polonais, russe et arabe ».  Depuis l’an 2000, Maria Dudek est directrice de Myosotis.  Elle partage son temps entre  l’engagement de thérapeute, avec le don total que cela nécessite, et les responsabilités administratives.

Les choix de Maria Dudek, son engagement communautaire, trouvent dans leur expression une harmonie remarquable.  Cette femme sereine, tenace, belle de cette compétence tranquille, déterminée, cherche et se situe dans la durée.  Sa motivation : « À travers mon expérience professionnelle, j’ai pu ensuite ne pas seulement sentir, mais aussi connaître de près, beaucoup de difficultés et de problèmes vécus par les gens provenant de milieu ethnique, quelque soit leur âge, leur sexe, leur appartenance religieuse.  J’ai été témoin  de beaucoup de malheurs à cause de conflits familiaux déclenchés par le choc culturel, la perte de schémas de référence, la  dépréciation des valeurs, la déconstruction identitaire et le dépaysement.  De l’autre côté je savais quel  est la prix de l’adaptation et de l’intégration.  De combien de travail et de ressources internes il faut disposer pour arriver à faire certaines réalisations ou simplement atteindre un  certain équilibre  psychique ».

Sur ce qu’elle considère être ses principales réalisations, Maria Dudek est sobre, mais précise : « La création du centre MMM, ainsi que ma contribution à son développement restent pour moi une contribution très constructive et enrichissante.  Cette réalisation à dimension sociale importante apporte beaucoup de bon sens à ma détermination et à ma persévérance.  Je reçois souvent des réactions positives de mon travail sous la forme de satisfaction individuelle de mes clients ainsi qu’en termes de changements positifs dans leur vie.  J’ai réussi à contribuer à l’engagement de d’autres personnes et, ensemble, nous avons créé une action communautaire utile, le mouvement AA polonais, et un groupe d’entraide ».

Maria Dudek mesure toute les subtilités et comprend de l’intérieur, à la fois le processus et le contenu du ciment, je dirais psychique et émotif, que les différentes composantes de notre société apportent à la construction d’une personnalité commune harmonieuse et tonique : « Sûrement que tous les efforts pour augmenter la compréhension mutuelle et développer la sensibilisation aux besoins des autres apportent de bons changements au niveau de la tolérance sociale et  permettent une meilleure coopération capable de nous conduire à la création d’œuvres communes.  Cela constitue un facteur très important pour la création de relations positives, prometteuses et  harmonieuses entre la majorité et les communautés ethnoculturelles ».

 
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KRISZTINA BOLVARI

17 août

L’air vif, la parole aisée illuminant un visage franc, Krisztina Bolvari avance dans la vie.  Forte de cette énergie qui irradie des personnes qui ont inscrit dans leur chair le sens des valeurs et la dynamique de la détermination, elle explique son enracinement :  «Je suis arrivée au Québec avec mes parents, à l’âge de 8 ans, je ne parlais ni français, ni anglais de même que mes parents.  À cette époque, le gouvernement offrait aux nouveaux immigrants la possibilité d’apprendre les langues officielles du pays dans des écoles connues sous le nom de COFI(Centre d’orientation et de formation des immigrants), et mes parents ont appris les langues dans ces écoles».

Elle chemine professionnellement d’abord, composant son itinéraire au fil des expériences sur le marché du travail :  «Après mes études en sociologie à l’Université de Montréal, j’ai obtenu un poste de responsable du service à la clientèle dans une compagnie qui mettait sur pied des logiciels éducatifs.  J’ai voyagé à travers le Québec et les États-Unis pour apporter un support technique et faire connaître leurs nouveaux logiciels.  Ensuite, j’ai débuté ma carrière chez Hydro-Québec, il y a maintenant onze ans, comme représentante au service à la clientèle.  Durant ma carrière chez Hydro-Québec, j’ai  participé à plusieurs projets, dont celui qui me tient toujours beaucoup à cœur, la sensibilisation des nouveaux immigrants aux différentes entreprises para publiques, comme Hydro-Québec.  Mon rôle consistait à visiter les différentes écoles de francisation dans le but de présenter Hydro-Québec, notamment nos modes de fonctionnement, auprès des clients (la facturation, les modalités de paiement, le compteur d’électricit,  etc) ».

Aux portes de la quarantaine, Krisztina Bolvari dresse déjà un premier bilan, une manière de mesurer l’atteinte des objectifs personnels tout en situant ses désirs intimes, car elle est mère de trois enfants : «Mon parcours à Hydro Québec m’a emmené aujourd’hui à être formatrice, j’offre des cours pour le service à la clientèle.  Un des cours que je donne, est un cours de communication.  Dans le cadre de ce cours, j’ai l’honneur de diffuser un volet sur la sensibilisation à la communication interculturelle.  Même si je suis au Canada, à Montréal plus précisément depuis 31 ans, et que je me suis complètement intégrée à la société d’accueil, il demeure en moi que je suis hongroise.  J’élève mes trois enfants à la façon européenne, même si mon époux est québécois.  Nous considérons que nos enfants sont des « Hongro-Québécois ».  Nous leur apprenons les manières de la culture hongroise et celles de la culture québécoise.  Nous les avons emmené en Hongrie à deux reprises».

Le souci de vivre en harmonie avec son environnement, la soif de vérité, et un profond besoin de liberté l’habitent.  Elle parle sans ambages de ce qui la motive : «Ma motivation consiste à rapprocher nos cultures, nos façons de penser afin de mieux nous comprendre.   Même si nous venons de sociétés différentes, nous avons des valeurs fondamentales qui se rejoignent toujours.  Il s’agit de démystifier de nombreux obstacles secondaires pour mieux se comprendre».

Enracinée dans un emploi qui correspond à ses aspirations profondes, Krisztina Bolvari y découvre et y réalise ce qui la gratifie vraiment.  Au cours des années à venir elle va poursuivre son engagement social, comme citoyenne du Québec et qui a une ouverture sur le monde via ses origines européennes.  Nous comprenons alors que sa fierté intime trouve une zone d’expansion légitime : «Les Hongrois sont un peuple qui s’intègre très facilement dans leur société d’accueil, autant au Québec qu’ailleurs au monde.  Les relations sont faciles, étant donné qu’il y a beaucoup d’Européens au Québec et que l’écart de perception est très mince entre nous.  Maintenant que la Hongrie est membre de l’Union Européenne, cela nous apporte une  ouverture sur le marché mondial.  Le Québec restera une société d’accueil très attirante pour les Européens à cause de sa grande ouverture sur tous les plans».

 
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