Gabrielle GiffordsEtats-Unis : une députée entre la vie et la mort après une fusillade

Gabrielle Giffords, une parlementaire américaine, se trouvait dans un état critique, dimanche 9 janvier, après avoir été la cible d’un homme qui a ouvert le feu lors d’un meeting politique en Arizona, samedi. Mme Giffords a été atteinte d’une balle en pleine tête alors qu’elle discutait avec ses électeurs sur le parking d’un supermarché de Tucson.

Un jeune homme de 22 ans a tiré une vingtaine de fois avec une arme semi-automatique, touchant l’élue et plusieurs autres personnes présentes sur place. La fusillade a fait six morts, dont Christina Green, une fillette de 9 ans, et John M. Roll, un juge fédéral qui avait 63 ans. Treize personnes ont également été blessées, dont plusieurs se trouvent dans un état grave.

Samedi, plusieurs médias, citant le bureau du shérif, avaient annoncé que Mme Giffords, élue démocrate dans l’Arizona depuis 2007, était décédée. Les autorités médicales ont ensuite démenti cette information, déclarant qu’elle subissait une intervention chirurgicale au Tucson’s University Medical Center. Les médecins qui l’ont opérée se sont dits prudemment optimistes sur ses chances de survie, selon un proche de l’élue. « C’est une blessure aux effets très dévastateurs », ont confié les médecins.

UN TIREUR « AU PASSÉ TROUBLÉ »

Le tireur, qui a été arrêté alors qu’il tentait de s’enfuir, a été identifié comme étant Jared Lee Loughner. Selon les autorités locales, il était connu des services de police. Clarence Dupnik, shérif du comté de Pima, l’a décrit comme un homme « au passé troublé ».

Des comptes attribués au tueur ont été retrouvés sur plusieurs réseaux sociaux, dont Facebook et YouTube. Loughner y dénonce le gouvernement et la religion, appelle à la création d’une nouvelle monnaie et regrette que l’administration contrôle la grammaire. Il cite pêle-mêle l’écrivaine Ayn Rand, Adolf Hitler ou le Manifeste du Parti communiste. Le FBI s’emploie à déterminer s’il s’agit de la même personne que le tireur.

POSSIBLE COMPLICE

Loughner est actuellement incarcéré à Tucson et garde le silence, refusant de coopérer lors de son interrogatoire. Le président américain Barack Obama, qui a qualifié la fusillade de « tragédie innommable » et d’« acte insensé », a envoyé sur place le directeur du FBI, Robert Mueller. Les autorités locales sont actuellement à la recherche d’un complice. Selon le shérif Dupnik, « il y a des raisons de croire que [le tireur] est venu là avec un autre individu ». Une image d’une caméra de surveillance montrant un homme d’une cinquantaine d’années a été diffusée dans la presse américaine.

Gabrielle Giffords était entrée au Congrès en janvier 2007. Elle faisait partie des dix élus démocrates victimes de harcèlement en raison de leur soutien à la réforme du système de santé américain défendue par l’administration démocrate. Première conséquence de cette fusillade, les élus américains ont décidé de reporter un vote visant à abroger cette réforme, prévu la semaine prochaine.

Biography

Ms. Giffords was born in Tucson, graduated from Cornell University and Scripps College and worked in both economic development and her family’s tire and automotive business before entering politics.

She served in the Arizona Legislature from 2001 through 2005. After serving in the Arizona House of Representatives, she became the youngest woman ever elected to the Arizona State Senate.

Tapped by her party in 2006 to run for the House of Representatives, Ms. Giffords, helped by her connections within her district and a weak Republican opponent, prevailed, becoming the state’s first Jewish congresswoman and the third woman ever to represent Arizona.

Prior to heading to Washington, she was a member of the Arizona House and Senate. During her 2006 campaign, she stressed her ability to work across party lines, saying she had been a Republican until 1999.

In 2007, she married a Navy captain, Mark E. Kelly, making her the only member of Congress with an active-duty spouse.

The two met in China, as young leaders selected by the National Committee on U.S.-China Relations, and have spent much of their relationship apart, due to their respective professional lives. Mr. Kelly has been an astronaut since 1996.

“The longest amount of time we’ve spent together is probably a couple of weeks at a stretch,” Mr. Kelly told The New York Times in an article that talked about their wedding. “We won’t always live this way, but this is how we started. It’s what we’ve always done. It teaches you not to sweat the small stuff.”

Nathalie Elgrably : Les mécanismes de l’économie à la portée de tous

Plus de quinze années d’enseignement aux Hautes études commerciales (HEC), spécifiquement, elle enseigne l’économie sous différents angles « J’enseigne également l’économie à l’UQAM et à l’université de Montréal. Depuis 2005, j’écris une chronique pour le J de Montréal et le J de Québec ». Ses cours ont les titres suivants : Problèmes et Politiques économiques; Économie du travail; Analyse Macroéconomique; Analyse Microéconomique; Économie québécoise; Économie Managériale; Introduction à l’Analyse économique et Environnement macroéconomique. Auparavant, Nathalie Elgrably a étudié à l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal où elle a obtenu un diplôme de premier cycle et une maîtrise en sciences de la gestion. Sa thèse portait sur le déficit budgétaire fédéral et ses intérêts de recherche se concentrent sur l’évaluation de politiques économiques. Elle a commencé sa carrière au Centre d’études en administration internationale (CETAI) de l’École des HEC où elle a travaillé pendant trois ans comme chargée de projet.

En écrivant des chroniques sur l’économie dans le Journal de Montréal, cette spécialiste a entrepris, avec les citoyens une série de rencontres, grâce aux forums sur le net, pour mettre au service de tous, son savoir. Le Journal a repris sur le réseau Canoë, en format interactif, les textes du prof Elgrably. L’annonce est faite ainsi : « Vous avez apprécié le dossier de Nathalie Elgrably sur les mythes économiques du Québec? Vous voulez poursuivre la discussion? Rien de plus facile! Nathalie Elgrably sera parmi nous pour un clavardage le mercredi 5 avril de midi à 13h. N’hésitez pas à lui poser vos questions dès maintenant! Venez aussi discuter des politiques publiques et du rôle de l’État dans l’économie à l’intérieur de notre forum! ».

Sourire éclatant, regard pétillant d’une intelligence vive, l’économiste de l’Institut économique de Montréal (IEDM) est familière des technologies, elle démocratise les concepts économiques, elle met à notre portée, pièces par pièces, les structures de fonctionnement de la machine économique, insistant sur le rôle de l’État. Pour faciliter l’appropriation de ce savoir encyclopédique, elle écrit un livre, La face cachée des politiques publiques, publié en 2006 aux Éditions Logiques, dans lequel Nathalie Elgrably invite le lecteur à se mettre dans la peau d’un économiste et à analyser, à l’aide d’un raisonnement logique et cohérent, ses croyances sur le rôle de l’État dans l’économie. Elle précise, par ailleurs « Je suis également l’un des auteurs du manuel « Microéconomie » publié aux éditions ERPI et destiné aux étudiants universitaires ».

Il n’est certes pas évident de rendre attrayant un livre qui traite d’économie. La simple mention du terme suffit d’ailleurs à en rebuter plus d’un. On s’imagine des tonnes de chiffres et de statistiques et des théories à n’en plus finir que seuls les puristes pourraient trouver attrayants. Il n’en est cependant rien avec ce premier essai de l’économiste et chroniqueuse au Journal de Montréal. Les notions et les arguments mis de l’avant sont fort bien vulgarisés dans ce livre de 334 pages. Les commentaires et les éléments de promotion de l’ouvrage, sont éloquents sur la force de persuasion, le génie de pédagogue ainsi que le pouvoir de transmission des notions et des informations le talent particulier de clarification des théories de cette communicatrice douée qu’est Madame Elgrably.

Cette femme déterminée, force tranquille, mais personne dotée d’une énergie constructive, répond avec assurance quand il est question de nous dire le sens de ses interventions dans les médias (elle anime aussi une chronique économique chaque semaine à Radio Shalom, 1650 AM) : « Je tiens une chronique économique hebdomadaire dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec. À travers mes textes, j’essaie de jeter un regard neuf sur les grandes questions d’actualité. Je m’attaque en particulier aux grands mythes économiques. Les mythes économiques sont des idées largement répandues, des a priori que tout le monde tient pour des vérités incontestables, mais qui se révèlent totalement erronés lorsqu’on prend la peine de les analyser correctement à l’aide d’un raisonnement logique et cohérent. Mes interventions hebdomadaires visent donc essentiellement à démystifier l’économie et à me prononcer sur les questions de l’heure ».

Engagée, visiblement un des plus beaux fleurons de la garde montante en Amérique du Nord, parmi les chefs de file les plus jeunes que l’expérience, les qualifications et qu’une saine ambition devraient mettre aux avants postes, Nathalie Elgrably a des idées. Elle sait avec jugement et avec méthode les présenter sur les tribunes qui lui sont offertes. Son avis sur les difficultés de gestion du système de santé et sur la place du secteur privé parmi les solutions possibles, est sans ambages « À l’instar de toutes les compagnies d’assurance, l’État paierait la facture, mais ferait exécuter le travail par des établissements privés que la concurrence forcerait à offrir des soins toujours meilleurs. Il est possible de bénéficier des vertus de la concurrence tout en s’assurant qu’aucun Québécois ne soit privé de soins de santé faute de moyens. Mais pour y parvenir, il faut se libérer de la mentalité de défaitiste qui fait dire à certains qu’il n’existe pas de solution. Il faut surtout se libérer des militants pour une médecine soviétisée qui commettent la grossière erreur de confondre le moyen et l’objectif».

Face aux attaques qui fusent de toutes parts et aux propos de ceux qui la figent dans le camp des lucides en opposition à celui des solidaires, Nathalie Elgrably, réfléchit, agit, écrit, prend position et déclare : « À mes yeux, seul un monde libre est juste. Je défends la liberté économique, car les mérites d’un marché qui fonctionne librement, de la démocratie et de la concurrence saine ont si fréquemment été démontrés qu’ils sont de plus en plus reconnus à travers le monde par toute personne informée et intellectuellement intègre ». Terrain d’expression, terrain de combat politique et lieu de concurrence des idées, les plateformes médiatiques offrent non seulement des tribunes pour la rivalité des idéologies, mais encore sont, via les journaux, les stations de radios, les médias électroniques et numériques, le réseau internet; des leviers puissants d’action sociale et de confection des nouvelles identités culturelles, voire le creuset de nouveaux ordres de croyances.

Pour Nathalie Elgrably, les enjeux sont sans équivoque « Croire en la liberté économique, c’est avoir foi en la liberté des hommes et, par conséquent, les juger responsables et capables d’organiser des modes de production et de réaliser des échanges à l’avantage de tous. Échanger et concurrencer, ce n’est pas voler. Échanger et concurrencer, ce n’est pas dominer. Échanger et concurrencer, c’est servir l’autre de la meilleure manière envisageable afin de satisfaire son intérêt personnel. Pour plus de justice dans le monde, il faut un système où les agents économiques sont libres de décider quoi produire, comment produire, à quel prix vendre, quoi consommer et à quel taux salarial louer sa main-d’œuvre. Ceci conduit spontanément à un ordre social infiniment plus juste et plus humain que ce que nous proposent les visions inspirées du communisme ». Témoins de notre temps, nous sommes aussi témoins des abus et des ravages que la perversion d’une certaine idéologie a produits.

MAURICE CHALOM : Rester militant de terrain et ouvert au changement

Maurice Chalom dérange par sa franchise et son aisance dans l’univers complexe des interactions entre la réalité, l’imaginaire et les théories. Sa force il l’a toujours puisé sur le terrain, le contact direct, l’écoute des jeunes et les échanges avec eux sans artifice. Il se définit comme un artisan qui creuse le même sillon des rapports entre la société d’accueil et les migrants, sous l’angle de la recherche universitaire, de l’enseignement et des publications. Au coude à coude avec la dynamique sociale, culturelle et politique, il reste engagé via sa participation au développement du milieu associatif grâce au bénévolat et aussi par l’action quotidienne de formation et d’éducation de nombreux publics et auprès des administrations, dans la vie professionnelle et par la volonté de rendre, de redonner, à sa manière, ce qu’il estime avoir reçu de la société.

Sans illusion, mais avec l’énergie et la conviction que seulement le travail à long terme est rentable, Maurice Chalom vit avec la saisie courageuse d’un monde où les avancées démocratiques se font lentement, où l’expression des discriminations est subtile, parfois perfide, quand elle est l’œuvre des prétendus défenseurs du « temple ».

Trente années de vie à Montréal, bientôt, la famille, paternité assumée et joie d’être significatif pour sa conjointe et ses deux enfants, il est fidèle à cette période des débuts dont il parle avec enthousiasme : « la phase d’intégration où je travaillais avec le Centre Montchanin devenu l’Institut interculturel de Montréal, j’étais engagé dans le milieu communautaire et associatif afin d’aider à l’insertion des jeunes, de soutenir les communautés les plus démunies et plus récemment arrivées. J’ai fait du bénévolat et participé au réseau d’action et d’aide sociale de la communauté juive, la Caravane de la tolérance avec quelqu’un que j’estime comme Pierre Anctil et le collectif remarquable avec Images interculturelles et la Semaine d’action contre le racisme depuis près d’une décennie ».

Il n’est pas ici question de déployer son curriculum-vitae, d’étaler la liste de ses publications spécialisées. Maurice Chalom titulaire d’un doctorat en andragogie de l’Université de Montréal et d’une bourse postdoctorale qui lui a permis d’apporter une contribution scientifique au champ de recherche sur les stratégies de changement et d’adaptation des institutions et des organisations publiques, ne joue pas au « cadre savant » : « Je n’ai pas le temps de me prendre au sérieux, je creuse le même sillon avec cette attitude d’humilité que m’a transmise Émile Ollivier mon maître qui a vécu dans la modestie. Je reste disponible pour le milieu communautaire. La vie est comme une spirale tout est lié, l’action terrain, la réflexion critique et les publications selon une praxis comme le disais Paolo Freire, une vie alimentée en continu par l’action ».

Auteur de plusieurs livres, Le Migrant démuni : alphabétisation et intégration des immigrants (Montréal, Éditions Liber, 1991), Violence et déviance à Montréal (Montréal, Éditions Liber, 1993), Le policier et le citoyen Pour une police de proximité (Montréal, Éditions Liber, 1998) et, en collaboration avec Lucie Léonard, Insécurité, police de proximité et gouvernance locale (Paris, L’Harmattan, 2001). Maurice Chalom est également auteur de plusieurs articles scientifiques ayant trait aux stratégies d’intégration des immigrants, à la prévention de la criminalité et aux réformes des polices.

En son âme et conscience, Maurice Chalom souhaite, quand on lui pose la question à savoir ce qu’il aimerait que l’on retienne de lui : « Que l’on se souvienne d’un prime-migrant, coureur de longue durée qui a contribué à moderniser la société, agit pour une société plus juste, plus généreuse dans son domaine. A 53 ans, j’estime avoir rendu ce que la société m’a donné, j’ai payé ma dette. Je milite pour que l’on reconnaisse davantage la contribution des migrants aux avancées quotidiennes d’une identité plurielle, d’un métissage entre les êtres ayant de multiples allégeances, de nombreuses appartenances. Si j’ai contribué à poser la question de l’identité plurielle de façon autre, je serai content ».

Herbert MARX : Développer et valoriser la dimension sociale dans notre société

L’homme a un parcours cohérent et des réalisations remarquables. Il est demeuré souvent au-dessus des idéologies ou de certaines théories qui mettent l’accent sur la primauté des choix dans l’action politique en fonction des alignements partisans ou bien qui favorisent les réseaux d’influence dogmatiques et « politiciens » comme disait le général De Gaulle.

Né à Montréal, le 16 mars 1932, fils de Robert Marx (Markushevitz), tailleur, et de Miriam Rabinovitch, Herbert Marx a d’abord fait carrière dans les affaires de 1954 à 1964. Professeur en droit constitutionnel à l’université de Montréal de 1969 à 1979. Publia de nombreux articles et quelques ouvrages dans les domaines du droit constitutionnel, du droit social et des libertés publiques, dont : les Grands Arrêts de la jurisprudence constitutionnelle au Canada (1974), Droit et pauvreté au Québec (en collaboration) (1974), The Law and the Poor in Canada (en collaboration) (1977), Droit constitutionnel (en collaboration) (1982).

Élu député libéral dans D’Arcy-McGee à l’élection partielle du 26 novembre 1979. Réélu en 1981 et 1985. Ministre de la Justice et responsable de la Protection du consommateur et de la déréglementation dans le cabinet Bourassa du 12 décembre 1985 au 23 juin 1988. Solliciteur général par intérim du 30 juin 1987 au 23 juin 1988. Solliciteur général et ministre responsable de la Protection du consommateur du 23 juin 1988 au 10 août 1988. Ministre de la Sécurité publique du 10 août 1988 au 21 décembre 1988, date de sa démission comme ministre par suite de son désaccord avec le projet de loi 178 modifiant la Charte de la langue française. A démissionné le 30 juin 1989 et a été nommé juge à la Cour supérieure du Québec, poste qu’il occupe jusqu’à présent.

Dans son approche, comme personne mais aussi comme élu et au moment où il occupait des fonctions importantes dans le gouvernement du Québec, il a eu dans toutes les situations, le souci de servir le mieux possible les citoyens. Herbert Marx a choisi d’être utile non seulement en répondant le mieux aux besoins des personnes qui vivent les effets ou les impacts des lois, mais aussi avec la volonté d’améliorer les relations sociales. La promotion de l’être humain par des lois qui affirment la dignité des personnes et des règles qui formalisent et consolident les liens de confiance entre les justiciables et le législateur, ce qu’il qualifie lui-même de « dimension sociale », est au cœur de la réflexion et de son action politique.

Les intitulés de ses cours de droit, les nombreux syllabus et les enseignements qu’il a conçu, les conférences auxquelles il a pris part comme invité spécial, ses discours, témoignent de manière éloquente de ses convictions, de l’enracinement de ses engagements sociaux et de la vision qu’il a des droits, de leur exercice et des responsabilités qui incombent à ceux qui édictent et veillent à l’application des lois. Un ouvrage important qu’il a écrit au milieu des années 80, L’avenir de la justice au Québec a été reçu avec beaucoup d’intérêt par tous les analystes avertis du domaine du droit ainsi que par les médias et tous les militants des droits et libertés de la personne. Un souvenir marque encore les esprits, ce sont les propos de René Lévesque, propos admiratifs et plein de considération à l’endroit de Herbert Marx lors de la cérémonie officielle organisée pour marquer l’entrée en vigueur de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, l’ancien premier ministre a félicité le député de D’Arcy McGee pour la qualité et le contenu exceptionnel de son discours.

Comme ministre, il s’est préoccupé avec énergie et méthode de tout ce qui concerne les questions de violence conjugale et familiale, d’aide aux victimes d’actes criminels, de lutte aux drogues, de l’accès à l’égalité en emploi, des saisies abusives (réforme de la Loi Lacombe), de recouvrement des pensions alimentaires, des droits économiques des conjoints, d’élargissement au secteur immobilier de la protection accordée au consommateur. Herbert Marx a complété la réforme du Code de procédure pénale, poursuivi la réforme du Code civil et une mise à jour importante (droit de la preuve et de la prescription, droit privé international) de nos instruments et de nos cours (Cour unifiée du Québec).

Son œuvre, de professeur, d’éducateur du public et des institutions et son immense production d’auteur et de législateur, son palmarès d’élu et de titulaire de postes ministériels, représentent un apport significatif, global et de très haute qualité à notre développement comme société de langue française (il a étudié, enseigné et écrit en français tout le temps et continu de le faire). Cette contribution mérite une attention particulière car elle intervient au cœur de la période où nous avons collectivement inscrit notre différence, au moment où nous avons compris que nous devrions nous ouvrir aux différentes cultures qui nous enrichissent et nous propulsent vers l’avenir grâce à l’immigration et dans la période où nous sommes en train de bâtir une société différente qui s’enracine dans des valeurs communes d’égalité entre hommes et femmes, de respect de la dignité des personnes selon la proposition de nos chartes.

Pour un encadré :

Bachelier de l’université Concordia. Titulaire d’une maîtrise en littérature anglaise et d’une licence en droit de l’université de Montréal. Membre du barreau du Québec depuis 1968. Termina une maîtrise en droit à la Harvard Law School en 1969.

Publications

Les problèmes constitutionnels posés par la restructuration scolaire de l’île de Montréal (avec F. Chevrette et A. Tremblay), Éditeur officiel du Québec, 1972, 83 pages.

Les grands arrêts de la jurisprudence constitutionnelle au Canada, Les Presses de l’Université de Montréal, 1974, 761 pages.

Droit et pauvreté au Québec : documents, notes et problèmes (avec J. Hétu), les Éditions Thémis, 1974, 566 pages.

Une version plus courte a été produite en Anglais avec la collaboration de Irwin Cotler, chez Black Rose Books, 1977, 143 pages.

Droit constitutionnel (avec F. Chevrette), Les Presses de l’université de Montréal, 1982, 1728 pages.

Ainsi que de nombreux articles spécialisés sur les libertés publiques et sur la Constitution.

Le Dr Mark A. Wainberg : Héros de la recherche scientifique

À la télévision, il explique, il est passionné, c’est un vulgarisateur de talent et parle avec beaucoup d’humilité et de compassion. Ce chercheur expert, spécialiste de très grande renommée, mondialement écouté, respecté par ses pairs et admiré par les souffrants, les patients, ceux qui portent en eux le virus, c’est le Dr Mark A.Wainberg qui est aux premières lignes de la lutte contre le fléau, la pandémie VIH/SIDA sur notre planète.

Au moment où vous lirez son portrait, il aura réussi à mettre au monde le nouveau laboratoire de recherche, celui qui a été inauguré à l’Hôpital général Juif (HGJ) de Montréal, doté des installations les plus technologiquement avancées au monde, suite à un investissement de 5 millions de $. Mais, la fortune internationale véritable de la recherche et de la lutte contre le terrible virus, c’est le génie du Dr Mark A.Wainberg. Il va pouvoir poursuivre ses travaux de génotypage afin de décrypter les astuces des mutations virales qui résistent aux médicaments. Le génotypage permet de diagnostiquer ces mutations et de donner les moyens aux médecins traitants afin qu’ils puissent trouver les traitements qui détruiront ces résistances.

Le cheminement et les réalisations, disons le palmarès de ce génie de la recherche, est celui d’un pionnier doué en microbiologie, expert dans un domaine à la fine pointe des biotechnologies. Mark A. Wainberg est né à Montréal, le 21 avril 1945. Il est titulaire d’un baccalauréat en sciences de l’Université McGill et d’un doctorat de l’Université Columbia de New York. D’abord chercheur à l’Université Columbia, puis à l’Université hébraïque de Jérusalem et aux National Institutes of Health à Bethesda (Maryland), le Dr Wainberg commence à enseigner à l’Université McGill en 1977. Il a été directeur scientifique de l’Institut de recherches médicales Lady Davis ainsi que du Laboratoire de virologie de l’Hôpital de Montréal pour enfants et directeur du Département de microbiologie du même hôpital. Il dirige actuellement l’Institut et le Centre Sida McGill ainsi que le laboratoire ultramoderne de l’HGJ.

Par ses travaux, le Dr Wainberg a contribué directement à la découverte du 3TC, ce médicament dont il a été le premier à prouver les effets sur le VIH. Par la suite, il a découvert la mutation 184V dans l’enzyme transcriptase inverse du VIH, responsable de la résistance au 3TC. Son laboratoire est l’un des plus productifs au monde et il a formé de nombreux chercheurs. Cofondateur et ancien président de l’Association canadienne de recherche sur le sida, le Dr Wainberg a été nommé récemment codirecteur scientifique du Réseau sida et maladies infectieuses du Fonds de recherche en santé du Québec. Dans ce contexte, il a lancé, en octobre 2002, les Journées québécoises VIH, événement francophone mettant en présence des scientifiques du Québec et d’autres pays.

Le Dr Wainberg a été président de l’International AIDS Society, de 1998 à 2000, et il a coprésidé la Conférence internationale sur le sida à Toronto, en 2006. À cette occasion, le monde entier a mieux connu l’homme derrière le chercheur hors pair qu’il est, rayonnant d’un charisme exceptionnel, il inspire respect, admiration et confiance à toutes et tous. Il trouve les mots et les expressions riches pour dire la compassion aux malades pour qui il mène le combat et à qui sont destinées toutes ces victoires sur le virus.

Il ne cesse de se faire le porte-parole des personnes les plus défavorisées et de militer en faveur de l’accès universel aux traitements contre le VIH au Canada et également dans les pays en développement. Lors de l’ouverture des nouveaux locaux du laboratoire de l’HGJ de Montréal, les premiers mots du Dr Wainberg ont été pour dire : « Un des objectifs que nous avons avec ces installations et les instruments performants que nous avons désormais à notre disposition, est de servir comme lieu d’entraînement pour les chercheurs africains. Ils pourront se perfectionner ici et ensuite retourner chez eux et jouer un rôle primordial dans les dispositifs de lutte au SIDA/VIH ».

Les propos de ce chercheur, militant de la base, sont ceux d’une personne consciente de toutes les dimensions de la vie, y compris la dimension spirituelle. Ce sont aussi les paroles d’un homme sensible qui est en lien avec le terrain : « Les travailleurs de la santé, tant les médecins que les infirmières, sont sur la ligne de front de la lutte contre le VIH-SIDA. Ils doivent souvent aller dans des régions pauvres et durement frappées par la maladie. Certains sont eux-mêmes séropositifs et meurent du VIH-SIDA. D’autres partent travailler dans des pays riches, ce qui cause une pénurie de spécialistes dans les pays en développement, vous comprenez alors une des vocations que nous avons et dont je viens de vous parler».

La liste de ses publications contient plus de 400 titres. Le Dr Mark A.Wainberg est membre de plusieurs comités scientifiques et sociétés savantes et il est très sollicité comme conférencier. Préoccupé par l’éducation du public, il s’adresse fréquemment à des groupes communautaires et à des étudiants. Il a aussi publié une série d’articles sur le VIH dans de nombreux quotidiens francophones et anglophones au Québec, en Ontario et aux États-Unis.

Le Dr Mark A. Wainberg, comme souvent le sont les personnalités de cette envergure, a l’intelligence équilibrée de raison et d’émotion, le caractère trempé, fait de générosité et de rigueur, de franchise et de pureté dans toutes les situations, et surtout il a une force de travail hors du commun ainsi qu’ un pouvoir de concentration spécial. Dans cette optique, il nous répond avec sagesse et beaucoup de tendresse, à la question de savoir ce qu’il estime être sa contribution à notre société : « À part mes contributions scientifiques, j’ai été président de notre synagogue à Côte-St-Luc (Tifereth Beth David Jerusalem) entre 1995 et 1997 et je visite Israël chaque année. Je suis fier que plusieurs cliniciens et chercheurs israéliens aient poursuivi une partie de leur formation dans mon laboratoire. Je veux être reconnu comme étant quelqu’un qui a contribué au bien-être de notre société, sans avoir oublié ou perdu les principes de la Torah ».

David Levine : le roi des stratégies gagnantes dans le réseau de la santé

Évoquer les succès dans le réseau de la santé et des services sociaux au pays, parler d’une approche intelligente, d’une méthode-experte dans la gestion pointue des ressources humaines et financières, de la motivation d’équipe, de compétence et de gestion par objectifs avec une dimension humaine et juste, c’est souvent retrouver, à chaque échelon, une personne : David Levine.

L’homme des années 2000 est mûr, il a été le plus jeune directeur d’une institution de santé et services sociaux chez nous, son parcours professionnel est d’une cohérence implacable : « Ingénieur civil de formation et études post-graduées en génie biomédicale, j’ai développé un intérêt dans le milieu de la recherche biomédicale et des hôpitaux. Maîtrise en administration de la santé, je suis devenu directeur général du CLSC St-Louis du Parc à 26 ans et je suis resté dans le domaine de la santé pour le reste de ma carrière.

Vice-président adjoint à la CSST

Directeur général – Hôpital Verdun

Directeur général – Hôpital Notre-Dame

Directeur général – Hôpital d’Ottawa

Président-directeur général – Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. De 1977 à 1980, j’ai décidé d’apporter ma participation en politique, principalement pour faire avancer les services de santé du Québec. De 1997-1998, j’ai été délégué du Québec à New York, en 2002, ministre de la santé ».

David Levine est un serviteur de l’État, fonctionnaire de niveau supérieur qui est actuellement président-directeur général de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. L’Agence, précédemment appelé l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux (2004), a remplacé la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre où, il avait été nommé président-directeur général par le gouvernement du Québec en juin 2002.

Il n’est pas rare, passant par les couloirs de l’Agence, tôt le matin ou alors tard en fin de journée, d’y croiser le PDG, présent, discret mais en mesure de s’intéresser aux préoccupations des membres de son équipe, de donner des directives précises sur sa vision de l’intégration des dossiers de la santé et des services sociaux dans l’environnement urbain de Montréal et des liens avec les régions. Montréal, ville de savoir, ville de développement stratégique intégré. La santé et les services sociaux sont au cœur d’une constellation dont l’objectif est d’améliorer constamment la qualité de vie des Montréalais dans une perspective de développement durable, de garantir l’épanouissement individuel dans un contexte où chacun trouve sa place. La santé et les services sociaux sont reliés à tous les aspects urbanistiques, aux dynamiques culturelles. La santé et les services sociaux favorisent directement ou indirectement un environnement propre à l’épanouissement collectif et au devenir personnel, à l’intégration des communautés et au développement de quartiers vivants, sécuritaires et animés.

À la question de savoir qu’elle est sa contribution à la société et aux communautés de vie, David Levine répond « Je considère que ma contribution est principalement dans le domaine de la santé pour le développement d’un système de santé public au Québec. Ma participation aux groupes d’entraide a pour objectif d’aider le milieu communautaire à mieux répondre aux besoins de santé et besoins sociaux des Montréalaises et des Montréalais ».

Les études, la formation continue, le besoin de comprendre les impacts de son action, la volonté de discerner avec justesse les grandes tendances de l’évolution de nos communautés, de prendre en considération dans ses analyses les aspirations et les mutations vécues au sein des sociétés, expliquent en rétrospective le large spectre des intérêts et les qualifications ouvertes de David Levine. Il est titulaire d’un baccalauréat en génie civil de l’Université McGill (1970), d’une maîtrise en philosophie et en génie biomédical de l’Université de Londres (1972) ainsi que d’une maîtrise en administration hospitalière de l’Université de Montréal (1975).

Très concentré et plutôt introspectif, David Levine combine avec aisance réflexion et action dans une coordination qui met en valeur les résultats obtenus ou atteints selon un mode progressif plutôt que l’éclat de décisions spectaculaires et controversées. Il maîtrise avec un rare brio ses dossiers, il écoute et il consulte, il respecte et il tient compte des avis documentés. Il sait convaincre par l’exemple et déteste l’inflation verbale comme la peste.

Que souhaiteriez-vous que nous conservions ou qui soit représentatif de votre action, de votre contribution à une vie commune plus harmonieuse, à un monde plus juste? La réponse arrive avec le calme tranquille de cet administrateur de génie « Le support du système public de santé. Le respect de mes collègues, que mes collègues se souviennent de quelqu’un qui s’est impliqué et les a supporté dans leurs efforts pour répondre le mieux possible aux attentes de la population. Que la population se souvienne de la défense que j’ai prise pour eux quant aux services dont les gens ont tant besoin ». Ce sont ses mots, sa manière objective, presque cérébrale en apparence, car il a du cœur et de la compassion, une dose naturelle d’empathie indispensable au maintien et au développement d’un solide équilibre psychologique dans un monde compétitif et qui dévore facilement ses meilleures personnalités. David Levine vit en paix, de manière harmonieuse avec lui et avec son environnement tout en sachant que les pressions ne s’estomperont pas dans les années à venir pour ceux qui président aux destinées de notre système de santé

RIVKA AUGENFELD : Un pont entre les survivants d’hier et les démunis d’aujourd’hui

Rivka, comme la plupart des intervenants du monde de l’immigration et des droits des réfugiés au Canada et ailleurs, la connaissent, sous ce prénom, accessible, disponible, généreuse, militante par nature, est une personnalité riche. Une personne qui a de la vision, une vision ample, comme disait le poète espagnol Antonio Machado (1875-1939), dont la vie est de laisser des traces : « Tout passe et tout demeure. Mais notre affaire est de passer. De passer en traçant des chemins. Des chemins sur la mer. Voyageur, le chemin c’est les traces de tes pas. C’est tout ».

Nous n’allons pas suivre ses traces depuis un demi-siècle, celles de l’enfant arrivant sur le continent canadien avec une famille survivante des Camps de la mort qui a tout de suite bénéficié des services à la famille juive, l’embryon des Services sociaux de la communauté juive lancé par le Dr. Kage, professeur à McGill de 1947 à 1981. Marquée par l’engagement de sa mère, surtout au sein d’organismes culturels comme la bibliothèque Yiddish dont son père a été membre du CA, Rivka fait le pont entre les générations, elle est aujourd’hui membre de nombreux comités culturels et patrimoniaux. Elle est vraiment une médiatrice. Elle le fut auprès de l’administration municipale en lien avec les citoyens pour tout ce qui touche à la diversité, aux relations interculturelles, tant comme responsable de comités spécialisés (dès les années 80), que comme chef de délégation du Chantier Équité, accessibilité et diversité, pour le Sommet de Montréal (2002-2006).

Militante et citoyenne, active à la base, Rivka Augenfeld est aussi membre du Comité d’orientation du Sommet citoyen de Montréal qui a choisi en 2007, pour thème principal du quatrième Sommet, Le « Droit à la ville ». Ce thème « soulève la question de l’appropriation de la ville par les citoyens et les citoyennes, et celles de justice sociale, d’inclusion et de diversité dans la ville. Cet événement a permis d’explorer et de faire connaître des pratiques innovatrices en matière d’aménagement et de développement, initiées et portées par le mouvement communautaire et syndical montréalais».

Pendant un quart de siècle, de manière quotidienne et totale, Rivka a mené le combat de l’éducation et de l’information au profit des plus démunis de notre société. Pour cette raison, ce fut une nouvelle étape importante pour la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) lors de l’assemblée générale annuelle du 9 juin 2006 quand fut élu un nouveau conseil d’administration. Longtemps présidente Rivka a déclaré : « Je me réjouis de pouvoir passer le flambeau après 21 ans à la présidence de la TCRI à des collègues pour qui j’ai énormément d’estime et qui assureront avec autant de passion que moi la continuité de l’action et du travail de la TCRI ».

À un niveau national, Rivka Augenfeld avait, en mai 2003, à titre de co-présidente (avec Benjamin J. Trister) du Comité consultatif sur la réglementation des activités des consultants en immigration, déposé au ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada, le rapport qui a servi à établir une réglementation plus adaptée de toutes les activités dans le domaine. Membre fondatrice de la Société canadiennes des consultants en immigration (SCCI), Rivka en est l’actuelle secrétaire exécutive. L’organisme, basé à Toronto, a pour mandat d’assurer la responsabilité de réglementer les activités des consultants en immigration qui offrent des services-conseils rémunérés. La SCCI a aussi le mandat de protéger le consommateur de services-conseils en matière d’immigration et d’assurer la compétence et la bonne conduite professionnelle de ses membres.

«Les réfugiés ne sont pas des chiffres mais des êtres humains », a plaidé Rivka Augenfeld, porte-parole de la Journée mondiale du réfugié à Montréal, dans une entrevue au quotidien Le Devoir. «Ils ne sont pas non plus des anges, mais des personnes qui ont une force incroyable, qui leur permet de survivre et de garder des valeurs humaines dans des situations anormales », a-t-elle ajouté. La «force» est d’ailleurs le thème qu’a choisi cette année le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés pour cette journée mondiale, qui est célébrée depuis 2001.

Ces personnes réfugiées sont : « Victimes d’injustices dans leurs pays, souvent séparées de leurs familles pendant de longues périodes, obligées d’affronter les bureaucraties. Les réfugiés ont besoin de beaucoup de force simplement pour survivre. C’est cette qualité qu’ont voulu souligner les nombreux organismes œuvrant auprès de ces personnes en quête de protection internationale ». Rivka explique : « Au Canada, les réfugiés parrainés le sont soit par le gouvernement, soit de façon privée par des groupes communautaires ou religieux. Tout en reconnaissant le rôle positif joué par le Canada dans l’accueil des réfugiés, la Table de concertation s’est associée au gouvernement du Québec pour lancer une campagne en faveur du parrainage privé ». Elle aime ce rôle de médiatrice universelle.

Rivka Augenfeld est une collaboratrice auprès du Conseil canadien des réfugiés (CCR) qui a profité de la Journée mondiale pour demander au gouvernement fédéral de changer certaines politiques ou pratiques qui retardent, voire rendent impossible, la réunification des réfugiés avec leurs proches. Parmi ces obstacles à la réunification familiale, l’organisme mentionne: «une définition étroite de la famille, qui exclut par exemple les enfants biologiques»; l’imposition de tests d’ADN; le fait qu’on ne peut parrainer un membre de sa famille si on est bénéficiaire de l’aide sociale; l’exclusion définitive d’enfants qu’on aurait omis de déclarer lors de sa demande d’asile initiale. Le CCR demande à Ottawa de faire une plus grande place aux familles des réfugiés dans ses quotas annuels d’immigration.

Rivka insiste pour dire qu’elle est simplement une femme qui travaille avec les réseaux, qu’elle est au service des autres. Pourtant, elle a sans cesse inventé et innové, c’est une militante authentique qui a approfondie son action, développé sa réflexion et son expérience, comme elle le dit : « En travaillant avec les autres, selon des valeurs, avec un idéal de vie collective ».

Phyllis Lambert : Archi-Montréalaise

Depuis un demi-siècle Phyllis Lambert a créé un univers de beauté. Au cœur de cette démarche un moteur et une motivation, innover et donner à toute organisation urbaine une âme, réconcilier

l’utile et le beau. Créer pour la vie, créer pour son expression et l’épanouissement humain des dimensions environnementales, affectives, cognitives à unir pour façonner un art structuré par une nouvelle kinesthésie sociale fondée sur l’architecture.

Phyllis Lambert a pris acte de son rôle de mentor universel et s’est inscrite, via ses initiatives en Europe, dans les Amériques et sur la planète de la création et de l’organisation structurelle art/design/architecture/développement social et politique, comme chef de file de la révolution la plus importante des 20e et 21e siècles, celle de l’urbanité globale. Les trois prochaines décennies vont voir basculer dans les zones urbaines, plus de la majorité de la population du monde, Phyllis Lambert, visionnaire, a précédé cette tendance, elle a imposé un axiome favorable « à l’avancement de l’architecture contemporaine et pour sa défense des aspects sociaux de la conservation du patrimoine urbain ainsi que de la dimension publique de l’architecture ».

Comment cerner ce personnage en mouvement sur toutes les scènes, mais constamment à l’avant-garde du progrès lui-même? Femme, elle choisit l’affirmation de son identité, l’autonomie financière dans un contexte d’abondance et avec une attitude et des choix de vie ouverts sur le partage, la solidarité, l’aide aux causes qui sont les plus dignes et aux personnes qui sont engagées aux côtés des démunis. Phyllis Lambert a conçu le plan d’urbanisme interactif le plus ambitieux en agissant principalement à Montréal, à New York, à Chicago, en axant son œuvre sur des partenariats d’envergure et intercontinentaux, dans leur conception, leur développement et surtout grâce à sa présence à la base au nœud des communautés. Phyllis Lambert est engagée pour la démocratie urbaine et la gouvernance locale. Elle a soutenu, et continue de soutenir, les communautés fragiles, les regroupements progressistes qui militent pour une plus grande participation citoyenne au devenir collectif.

De manière précise, cette jonction entre la personnalité et la communauté mérite d’être mise en évidence. Activement engagée dans la conservation du patrimoine urbain, Phyllis Lambert est présidente fondatrice d’Héritage Montréal (1975), organisme indépendant et sans but lucratif qui se consacre à la préservation du patrimoine urbain et architectural montréalais. Elle a joué un rôle déterminant dans la création de la Société d’amélioration de Milton-Parc, projet coopératif de rénovation d’habitations le plus important au Canada. Depuis 1984, elle est membre du conseil d’administration de la Société du Vieux-Port de Montréal, organisme responsable de la transformation de ce lieu historique autrefois industriel en un lieu à vocation sociale. En 1997, Phyllis Lambert a créé le Fonds d’investissement de Montréal (FIM), seul fonds privé canadien participant à la revitalisation des quartiers hébergeant une population à faible et moyen revenu. En 1999, elle lançait le Prix du CCA pour la conception des villes, concours organisé par la Fondation du CCA.

Son action, sous l’angle de l’apport à la communauté se conjugue harmonieusement avec ses interventions dans tous les secteurs névralgiques de sa propre praxis : pratique de l’architecture, muséologie, recherche, vie communautaire, éducation. Une vie actuelle de huit décennies qui foisonnent de publications, d’œuvres patrimoniales essentielles créées ou rénovées, de collections artistiques de valeur dont la création et la propulsion du Centre canadien d’architecture (CCA) depuis 1979, vaisseau culturel unique et à l’avant-garde permanente; une contribution méthodique, solide, cohérente et généreuse reconnue désormais comme acte patrimonial mondial.

Au quotidien, Phyllis Lambert est en dialogue avec l’infini, elle médite, elle pratique le yoga, elle cohabite avec l’art, elle évolue de manière transversale dans un univers où la photographie, comme médium démiurgique et art éphémère/éternel lui sert de levier et d’instrument de sensibilisation, d’éducation et de cohésion entre ses champs d’intérêts et la société à qui elle destine son geste, semblable à une troubadour de la création. Phyllis Lambert a renouvelé le genre de la mission photographique en architecture. En 1974, elle lançait le Court House Project, un relevé photographique des palais de justice de comté aux États-Unis, et collaborait à la publication à laquelle ce projet a donné naissance. En 1982, elle était commissaire, avec Richard Paré, de l’exposition du CCA Photographie et architecture, 1839-1939, présentée ensuite à Chicago, New York et Ottawa. Une autre mission photographique permettait, entre 1989 et 1995, de réunir près de 1 000 photographies des paysages de Frederick Law Olmsted, corpus qui a constitué le fonds d’archives Frederick Law Olmsted du CCA et a permis d’organiser l’exposition Frederick Law Olmsted en perspective : Photographies de Robert Burley, Lee Friedlander et Geoffrey James (1996-1997).

Culture Montréal, dont elle est un pilier présentait avant les salles Ex-centris, Citizen Lambert : Jeanne d’architecture, film canadien produit en collaboration avec la France, couleur, 52 minutes/anglais, s-t Français. Film de Teri Wehn Damish coproduit par l’Office national du film du Canada et Philia Films. Le texte de présentation retient : « Cette femme publique contraste avec la Phyllis privée, présentée par un abécédaire, un montage de films tournés à la résidence personnelle de Lambert, qui révèle celle-ci au naturel, « non censurée », selon ses propres mots. De ce portrait composite se dégage la figure d’une visionnaire pleine d’idées, d’une femme combative dotée d’une saine ambition, d’un esprit libre ».

Regard curieux au sens d’un éveil, toujours nouveau, d’une curiosité faite d’avidité de découvrir, d’envie d’entreprendre, de volonté de conquérir les cœurs, les espaces, les esprits. Humble et fière, d’une beauté qui s’exprime dans l’action et la planification, dans tout ce qui caractérise la communication, la sensibilité et l’amour du beau, la philosophie des lieux. Telle une prêtresse maître parfaite de son art d’être, Phyllis Lambert accepte désormais les compliments, poursuit avec certitude, malgré le doute initial parfois apparent sur la finalité de son œuvre, elle affirme avec sagesse et bonheur que la vie appartient aux êtres ouverts sur le monde.

Pour un encadré à part :

Éducation et diplômes honorifiques

En plus d’être titulaire d’un baccalauréat du Vassar College de Poughkeepsie (1948) et d’une maîtrise en architecture de l’Illinois Institute of Technology de Chicago (1963), Phyllis Lambert a reçu 27 diplômes honorifiques d’universités d’Amérique du Nord et d’Europe. Elle a été chercheur invité de l’Institute for Advanced Study de Princeton, au New Jersey, en 1986, et boursier en résidence de l’Institute for Advanced Studies in the Humanities de l’Université d’Édimbourg en 1991.

Prix

En plus des prix et honneurs mentionnés plus haut, Phyllis Lambert a reçu en 1992 le prix Lescarbot qui lui a été décerné par le gouvernement du Canada pour sa contribution exceptionnelle à la vie culturelle canadienne et, en 1994, le prix Gérard-Morisset, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine de la muséologie et de la conservation du patrimoine. Elle a reçu en 1997 le prix Hadrien du World Monuments Fund pour son rôle dans la conservation du patrimoine artistique et architectural mondial et, en 2001, le Montblanc Arts Patronage Award. En 2003, elle a remporté le prix Blanche-Lemco-Van-Ginkel de l’Ordre des urbanistes du Québec et, en 2005, le Prix d’excellence du défenseur ou bienfaiteur de l’architecture de l’Institut royal d’architecture du Canada En 2006, le National Building Museum de Washington lui a décerné le prix Vincent J. Scully en reconnaissance de sa remarquable contribution au design de l’environnement bâti, à la sensibilisation du public et à la sauvegarde du patrimoine architectural.

Distinctions honorifiques

Phyllis Lambert est Compagnon de l’Ordre du Canada, Grand Officier de l’Ordre national du Québec, Fellow de la Société royale du Canada, Fellow du Institut royal d’architecture du Canada, Honorary Fellow du Royal Institute of British Architects, Honorary Fellow de l’American Institute of Architects, Chevalier de l’Ordre de la Pléiade et Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres de France.