FRANÇOIS POUR COMMUNIER À L’ÉVANGILE DU CHRIST

Cardinal Jorge Mario Bergoglio, le 3 mars 2013

C’est son goût de la discrétion, sa dénonciation du libéralisme sauvage d’un monde globalisé, tout comme la proximité avec ses fidèles qui l’ont peu à peu imposé comme une autorité morale. Un prêtre, passé par la sierra avant de rejoindre Buenos Aires, qui se démarque par sa simplicité. Nommé à Buenos Aires, la capitale argentine, il refuse le luxe de la résidence qu’on lui réserve pour prendre un petit appartement, à proximité de son église. Il prend le bus pour aller de paroisse en paroisse. Il va dormir dans un bidonville chez l’un de ses prêtres menacé par les trafiquants de drogue.

En 2009, il déclare que la lutte contre la pauvreté est un combat pour les droits de l’homme. Un combat contre l’extrême pauvreté, qui ronge certaines parties du continent sud-américain, touchant également l’Argentine, plongée dans la crise à la fin des années 1990. Président de la Conférence des évêques d’Argentine de 2005 à 2011, l’homme est également une voix politique, qui a dénoncé à plusieurs reprises l’autoritarisme des époux Kirchner, successivement à la tête de l’Argentine. Accusé par ses détracteurs de n’avoir pas suffisamment agi contre la dictature argentine, l’homme a pourtant sauvé plusieurs personnes des tortures et de la mort.

Francois, le Pape au service des plus démunis

Un pape ouvert sur les «nouveaux mondes». Non issu de l’Europe, qui a donné tant de papes, ce pape argentin est un symbole d’ouverture de l’Eglise aux «nouveaux continents». Originaire d’Amérique du sud, qui le plus grand foyer de catholiques dans le monde, ce pape devrait être attentif à ce qui se passe au-delà du Vatican. En effet, les Eglises américaines, africaines et asiatiques sont marquées par une grande diversité.

Un pape au train de vie humble, voire austère. L’homme est très apprécié en Argentine, car il a, malgré sa charge, toujours gardé un étroit contact avec les fidèles, et a fait de la lutte contre la pauvreté l’une de ses priorités. Il applique ce qu’il prêche, refusant les résidences luxueuses, prenant le bus et le métro, enfilant des sandwiches et passant du temps dans les paroisses pauvres. Une «normalité» pour certains, un caractère exceptionnel pour d’autres.
Un pape «modéré». Jorge Mario Bergoglio est considéré comme un homme modéré dans l’Eglise. Si, en septembre 2012, il a fustigé les prêtres qui refusaient de baptiser les enfants nés hors mariages, il s’est également montré très sévère contre la légalisation du mariage homosexuel en Argentine.

Un pape à la voix politique. Dans son pays, cet Argentin n’est pas resté pas muet devant le pouvoir politique: Critique de la classe politique touchée par la corruption, il s’est également affiché contre les narcotraficants, soutenant plusieurs prêtres menacés par les réseaux mafieux.

Un pape et les médias. S’il est féru de la presse… Jorge Mario Bergaglio n’accorde jamais d’interview! Devenant pape, l’homme passe dans une autre dimension, et devra forcer son caractère pour forger sa communication. Sa connaissance des langues italienne et allemande, outre l’espagnol, est un plus.

Un pape face à la Curie. Face au «super-gouvernement» de l’Eglise que constitue la Curie, Jorge Mario Bergaglio est resté plutôt silencieux. A voir dans les prochains mois quel rapport de force va s’instaurer entre l’institution et le nouveau souverain pontife.

Un pape âgé, et à la santé fragile. Agé de 76 ans, l’homme vit avec un poumon depuis ses 20 ans. Travailleur acharné, il se lève tous les jours à 4h30, pour finir à 21h. Un emploi du temps chargé, ce qui ne l’empêche pas d’être un fervent supporter du club de foot de Buenos Aires San Lorenzo…fondé par un prêtre.
Le nouveau pape aura notamment pour charge de sortir l’Eglise des scandales à répétition qu’elle a connus ces dernières années…
La tâche du nouveau pape Jorge Mario Bergoglio sera pour le moins ardue. Il devra d’abord s’atteler à remettre de l’ordre dans l’Eglise après les scandales qui ont ébranlé le pontificat de son prédécesseur, Benoît XVI: les abus sexuels sur mineurs étouffés pendant des décennies, les affaires de corruption et de rivalités profondes au sein de la hiérarchie vaticane, révélées par le scandale «Vatileaks», ainsi que les affaires de mœurs, dont l’existence –non avérée– de réseaux homosexuels au sein de l’Eglise.

Selon Frédéric Lenoir, historien des religions, les cardinaux, qui ont élu Jorge Mario Bergoglio, avaient le sentiment d’une urgence. «Face à l’ampleur des défis à relever, la question n’[était] plus de savoir si le prochain pape [serait] sud-américain, moderne ou conservateur, mais s’il [serait] capable de sortir l’Eglise des scandales à répétition. La question de l’adaptation de l’Eglise à la modernité est passée au second plan.». Cette question n’en est pas moins essentielle à l’heure où l’influence de l’Eglise catholique décline à travers le monde, bien qu’elle compte encore un milliard deux cents millions fidèles. Célibat des prêtres, place des femmes dans l’Eglise, mais aussi avortement, euthanasie et préservatif sont autant de questions sur lesquelles de nombreux fidèles attendent un changement de position de l’Eglise pour répondre aux évolutions sociétales. Il est toutefois vraisemblable que le prochain pape aura les mêmes positions de fond que Benoît XVI.

MESSI EMPEREUR EN OR FOOTBALL : 92 buts en 69 matches,

Lionel Messi, 25 ans, a décroché encore une fois le Ballon d’Or qui récompense le meilleur joueur de football durant l’année. Et de 4 ballons d’or pour l’argentin : 92 buts en 69 matchs.

Dans le contexte actuel 4 ballons d'or est un exploit supérieur

Lionel Messi, qui a tout gagné avec le Barça, rêve désormais d’un destin doré avec la sélection argentine. «Après avoir remporté tout ce qu’il est possible de gagner avec le Barça, gagner un Mondial serait la plus belle chose au monde», a confié le quadruple Ballon d’Or au journal espagnol El Periodico. «Après tout ce que j’ai eu à subir en sélection, maintenant c’est comme un paradis pour moi», a-t-il poursuivi, faisant notamment allusion au bon parcours de l’Argentine en qualifications au Mondial 2014 au Brésil.

Nous joignons un article paru dans le journal Le Monde :

Détente, condition physique, énergie intellectuelle, art de jouer

Soucieux de parfaire sa légende déjà bien étoffée, Lionel Messi a entamé l’année 2013 en signant sa 27e réalisation de la saison, dimanche 6 janvier, lors du derby catalan remporté (4-0) par le FC Barcelone contre son rival de l’Espanyol. Dans la foulée de cette victoire aisée, l’attaquant argentin, qui occupe la tête du classement des buteurs du championnat espagnol, s’est envolé pour la Suisse afin d’assister, lundi 7 janvier, à la remise du FIFA Ballon d’or 2012 récompensant le meilleur joueur du monde.

Engoncé dans son smoking, le stratège des Blaugrana est favori à sa propre succession et devrait devenir, au Palais des congrès de Zurich, le premier joueur de l’histoire à remporter le prestigieux trophée pour la quatrième fois consécutive. Détenteur du Ballon d’or depuis 2009, Lionel Messi devancerait ainsi Michel Platini et les Néerlandais Marco Van Basten et Johan Cruyff, qui furent chacun récompensés à trois reprises.

Données délirantes

LES DIX DERNIERS LAURÉATS DU BALLON D’OR

2002 Ronaldo

2003 Pavel Nedvèd

2004 Andreï Chevtchenko

2005 Ronaldinho

2006 Fabio Cannavaro

2007 Kaka

2008 Cristiano Ronaldo

2009 Lionel Messi

2010 Lionel Messi

2011 Lionel Messi

2012 Lionel Messi

Les affolantes statistiques affichées en 2012 par la  » Pulga  » ( » la puce « ), attaquant râblé d’un 1,69 m, devraient largement influer sur le choix du collège électoral réuni par la Fédération internationale. Auteur de 91 réalisations toutes compétitions confondues,  » Leo  » Messi détient le record du monde de buts inscrits sur une année civile. Le 9 décembre, le natif de Rosario avait fait son entrée dans le Guinness Book en marquant son 86e but en 2012. Il enterrait alors le précédent record de 85 réalisations enregistré en 1972 par l’Allemand Gerd Müller.

A l’aune de ces données délirantes, la star du FC Barcelone conserve une longueur d’avance sur les deux autres finalistes du Ballon d’or : le milieu blaugrana Andrés Iniesta et l’attaquant portugais Cristiano Ronaldo, récipiendaire du trophée en 2008. Dans sa guerre à distance avec l’ailier du Real Madrid, Lionel Messi avait dépassé, au printemps, le record de buts inscrits en Liga sur une saison en scorant à 50 reprises. Il devenait ainsi le meilleur buteur de l’histoire du Barça, devançant l’attaquant César Rodriguez. Reflet de la réussite sportive du club catalan, Lionel Messi a déjà remporté, à 25 ans, trois Ligue des champions et cinq titres de champion d’Espagne.  » Il est capable de remporter six ou sept Ballons d’or « , a prophétisé l’année dernière l’ex-icône barcelonaise Johan Cruyff.

Aux jugements unanimes qui entourent les performances de l’attaquant du Barça s’agrège une interrogation. Est-il le meilleur footballeur de tous les temps ? Désarçonnant dribbleur doté d’une aisance technique hors du commun, l’Argentin a en partie bâti son mythe grâce à la philosophie ultra-offensive en vigueur au FC Barcelone. Ses rares détracteurs insistent d’ailleurs sur cette image de  » joueur de club « , dont le génie dépendrait des sacrifices consentis par ses coéquipiers.  » J’ai voté pour Iniesta, a notamment déclaré Zlatan Ibrahimovic, capitaine de la sélection suédoise et membre du collège électoral pour le Ballon d’or. Il faut bien voir que Messi ne marque pas tout seul.  »

Capable de perforer les lignes adverses et de se replier lors des phases défensives, l’Argentin s’épanouit en tant qu’électron libre sur le front de l’attaque barcelonaise.  » Si Lionel Messi a une qualité, c’est de jouer comme il le faisait quand il était adolescent « , a loué son entraîneur Tito Vilanova. Arrivé à 13 ans à La Masia, le centre de formation du club catalan,  » Leo  » revendique sa fidélité à l’égard d’un club avec lequel il a construit son ascension et remporté dix-neuf titres.

Alors que son contrat le lie au Barça jusqu’en 2018, Lionel Messi cultive cette posture  » d’antihéros « , jeune père de famille fuyant les médias et adepte des pulls trop larges. Son ascétisme et sa dépendance aux jeux vidéo le tenant éloigné des frasques communes aux millionnaires du ballon rond.  » Messi est un joueur incroyable, un géant du football également très sympathique et un professionnel posé « , a déclaré Gerd Müller, son prédécesseur au Guinness Book. Entretenant cette image policée, la  » Pulga  » est devenue, depuis son éclosion, une attractive vitrine publicitaire et commerciale. En mars 2012, l’ambassadeur de la marque Adidas dominait le classement mondial des footballeurs les plus riches avec 33 millions d’euros de revenus annuels.

Citoyen d’honneur de sa ville natale de Rosario,  » Leo  » s’est réconcilié en 2012 avec le public argentin. Jadis lumineux avec le Barça mais spectral avec la sélection Albiceleste, le joueur a enfin effacé ses mauvaises performances du Mondial 2010 et de la Copa America 2011. L’année dernière, le successeur présumé de Diego Maradona a marqué à douze reprises avec sa sélection. En juillet 2014, le nouveau capitaine de la formation argentine espère remporter la Coupe du monde. Un trophée qui lui permettrait de parachever sa légende.

Rémi Dupré

© Le Monde

LIONEL MESSI, TROUBADOUR ET PRESTIDIGITATEUR DU BALLON ROND

Enfant prématuré, Lionel Messi, adulte à 25 ans à 1 m 69 de taille, cet attaquant vient de battre un record exceptionnel (1972 Gerd Müller 85 buts et 2012 Lionel Messi 91 buts en une année civile) dans une période de l’histoire du football mondial qui elle est plutôt différente de celle au cours de laquelle son prédécesseur, l’allemand Müller, a réussi son exploit.

Jamais, je crois pouvoir l’affirmer, car Messi a déjà trois ballons d’or, un joueur de club de très haut niveau, comme l’est le Futball Club de Barcelona (FCB), ne répétera cette série de buts, souvent d’anthologie, en une seule année civile, sur notre planète. Quelques artistes du ballon rond, atteignent ce statut, selon leurs spécialités et les caractéristiques de jeu de leur environnement d’évolution. Des noms émergent en comparaison et juste par analogie : Edson Arentès Do Nascimiento (Pelè), Just Fontaine, Kopa, Alfredo Di-Stefano, Roger Milla, Zinedine Zidane, Frantz Bekenbauer, Gerson, Tostao, Didi, Vava, Lev Yachine, Iker Casillas, Diego Armando Maradona, Johann Cryuff, Iniesta.

Joie de jouer en équipe et de marquer des buts d'anthologie

De tous les praticiens-phénomènes qui ont, par leur jeu, leurs aptitudes physiques, leurs composantes physiologiques, psychomotrices et leurs qualités intellectuelles, marqué ce sport populaire et accessible, le plus pratiqué sur la face de la terre, peu ont, avec constance, avec art et méthode, mais aussi avec un génie polymorphe, porté aussi haut les standards avancés, en conception et dans l’exécution, des partitions footballistiques locales, nationales et internationales. Leo Messi, vient d’écrire une œuvre distincte et d’une immense portée.

La principale caractéristique du jeu de Lionel Messi est sa coordination /anticipation / exécution d’une fluidité qui intègre une combinatoire séquentielle neuro kinesthésiologique, d’une facture asymétrique. Sa morphologie n’explique pas tout son talent dynamique, sa vision périphérique, précise est au moins égale à celle d’un autre génie du ballon rond, Zizou, pour les amis. Messi est peut-être un des rares magiciens des pelouses à anticiper sur les anticipations de ses partenaires autant que sur celles de ses adversaires. Par ailleurs, il a un jeu complet, au service de l’équipe, défendant avec autant de précision et de stratégie, qu’attaquant, dans une harmonie coulante ou brisée, selon les phases tactiques de déroulement du match. Alors, ses accélérations, ses dribbles et ses contre-dribbles chaloupés, ses feintes mobiles, comme celles d’un danseur de claquettes, ses coups de pattes ou ses crochets inégaux en longueur et variés dans leur courbes, finissent par donner le tournis à toutes les défenses du monde. Tel est Messi, danseur / trapéziste /athlète / chef instrumentiste et prestidigitateur de la planète foot.

4 ballons d'or certifient l'exceptionnelle contribution à l'art footballistique

Combien de fois, Messi a-t-il surpris, gardiens de buts, latéraux et centraux dans les surfaces de réparation, sur les alentours des points de tir des pénaltys, au sol ou dans les airs, par une frappe imprévisible, par un crochet triple impossible à effectuer selon les normes de la gravité, par une double accélération sur un mètre et demi entre le piquet du coup-de-pied de coin et le premier poteau immédiat? Combien de fois ses passements de jambes en rythme africain et en samba ou alors en capoeira ou en tango ont figés d’admiration et d’envie, joueurs solidaires et forcenés des stades ? Très difficile de répondre à de telles questions car des chaussures à crampons de Messi monte pour l’éternité la poésie gestuelle et conceptuelle du troubadour vivant et intemporel.

Yves Alavo

HECTOR PÉREZ GONZALÈZ : ARTISTE POUR LA JUSTICE SOCIALE

Le nouveau chargé de projets ou coordonnateur de Visions sur l’art Québec, est en soi le parfait candidat à la trilogie équité, accessibilité et diversité, qui résonne comme un slogan universel pour une société qui aspire à un mieux-être collectif.  La trame de sa vie, celle qui permet, au fond, d’en comprendre le fil conducteur, c’est la constance et l’infatigable application à vivre en exerçant son métier, artiste du visuel, comme un sacerdoce afin de réduire le nombre d’exclus.  Artiste pour agir afin de favoriser l’intégration ou l’inclusion des personnes handicapées dans la société, dans son ensemble, en stimulant leur développement personnel ce qui contribue à accroître l’estime de soi.

Toute la démarche d’Hector Pérez Gonzàlez vise, à partir du mentorat ou du partage d’expériences, de la mise en commun de techniques, par l’adhésion à une vision esthétique, effort qui permet de bâtir un tremplin pour mieux se situer en s’exprimant.  Cette action sur soi contribue à faire prendre conscience à chacun du pouvoir considérable de l’art pour briser les barrières et élever les esprits.  L’art pour vaincre les préjugés et, via la force de la solidarité interdisciplinaire (apport des psychologues, des éducateurs, des intervenants sociaux et des thérapeutes), arriver à une intégration, à une immersion dans toutes les sphères de la société des personnes ayant des limitations.

Né à Cuba, il y a fait tout son cursus scolaire et universitaire : l’Académie des Beaux-arts de la Havane, l’École de design industriel, a pris des formations auxquelles il a ajouté le marketing et ensuite, en arrivant au Québec, l’apprentissage de la langue française.  Hector Pérez Gonzàlez se bat inlassablement comme artiste professionnel, comme enseignant, comme humain afin que l’art soit un outil de justice sociale, de partage économique et surtout le moyen d’expression d’une société qui a de la peine à reconnaître l’existence et à accepter la participation à la création de la richesse collective de celles et de ceux que les aléas de la vie forcent à affronter des barrières qui sont souvent plus difficiles à vaincre que les limitation physiques, intellectuelles ou psychologiques qui les handicapent.

Vivre en harmonie grâce aux vertus de l’art, mais surtout comme artiste, designer et intervenant social, mettre ses talents au service de l’équité dans la société afin que chaque personne puisse s’épanouir et se sentir utile et partie prenante; telle est la quête de cet artiste hors normes, Hector Pérez Gonzàlez.

Artiste membre d’un collectif engagé pour plus de justice, pour une affirmation des droits de la personne au sein de sa société d’origine, Hector Pérez Gonzàlez, au cours des vingt dernières années, a exercé un nombre important  de fonctions et assumé des responsabilités au cœur du monde des arts et de la culture : artiste, enseignant, spécialiste des relations publiques et des communications, technicien en décoration, concepteur et gestionnaire.  Bonnes présence et participation avec VSAQ et confiance pour une participation au développement de notre société québécoise, canadienne, pour le bénéfice collectif le plus large..

Yves Alavo

Membre du C.A. de VSAQ

Un lien :  http://www.vallartainstitute.com/Hector-Perez.php

CONSULAT GÉNÉRAL DE LA RÉPUBLIQUE D’HAITI

Pour diffusion immédiate

Montréal, le 11 janvier 2011.– Le Consulat général d’Haïti à Montréal  informe que le gouvernement haïtien a décrété le 12 janvier jour du souvenir et  de recueillement  en mémoire des victimes du séisme de janvier 2010. En conséquence, plusieurs dispositions  ont été adoptées telles que:

  • Mise en berne du drapeau haïtien
  • Port de brassard ou de bouton noir
  • Observation de 35 secondes de silence ce mercredi  12 janvier 2011 à 4h53 p.m. (16h53) par toute la population haïtienne.

A cet effet, les bureaux du consulat seront fermés au public en signe de souvenir et de recueillement.

Le ministère des haïtiens vivant à l’étranger invite tous les compatriotes vivant à l’extérieur  à adopter des mesures similaires.  En ce sens, le consulat  encourage les stations de radios communautaires à diffuser des musiques de circonstance en vue de créer une ambiance et une atmosphère de méditation et de souvenir.

Le Consulat général d’Haïti à Montréal salue la mémoire de nos nombreuses victimes tout en pensant à plusieurs de ces amis étrangers, particulièrement les québécois qui ont péri lors de cette catastrophe.

-30 –

Contact :

Marie-Émile MARTINEAU

Vice consule

Affaires culturelles & Communication

emartineau@haiti-motreal.org

514-499-1919 poste 228

PAOLO RAMOS

Option Brésil

L’homme est dans le rythme, la démarche du sportif des scènes, un samouraï élégant, athlète des mélodies et champion des accords. Équilibriste qui sait casser les séquences prévisibles, il explore avec sa voix, sa guitare et son intuition géniale un univers que peu de compositeurs peuvent maîtriser. Paolo Ramos avance, créateur de conjonctures sonores et émotives, il trace son chemin, celui des souffles profonds de son enfance et de son pays natal, en dimensions fécondes capables d’engendrer des mélodies mères, des rythmes dont la filiation puise ses forces dans les entrailles de cette Afrique intime qui habite l’auteur Ramos.

Paolo de Sao Paulo est à Montréal depuis 1986 où il est arrivé déjà auteur de nombreux enregistrements et ayant à son actif des disques produits tant au Brésil qu’en Europe dont Direçao Brasil (Florence, Italie, 1983) et ici, avec son Paolo Ramos Group, il connaît un succès sur tous les continents, notamment au Japon et aux États-Unis avec les disques : Zig-Zag (Montréal, Canada 1988), Futuro (Los Angeles, Etats-Unis, 1991), Africa do Brasil (Montréal, Canada, 1996) a remporté le trophée JUNO dans la catégorie Best Global Album en 1997. Notons que le disque Live at Montreux (Montreux, Suisse, 1997) a été enregistré lors de sa prestation mémorable au Festival international de Jazz de Montreux.

Cinquante-deux ans et un palmarès qui couvre plus de trois décennies d’ouvrage musical entendu dans le sens du travail de l’artisan et de l’arrangeur-compositeur, Paolo Ramos arpente les scènes montréalaises, participe aux concerts pour des causes, des organismes et des groupes socialement engagés avec d’autres artistes comme lui, rencontre, échange, démocratise le son de la Samba, contribue avec tact et respect à la diffusion des paradigmes et à la promotion populaire des canons de la bossa nova. Il est surtout au centre d’une galaxie faite de personnes, dont les frères Dan et Yves Gigon ne sont pas les moindres. Une équipe de musiciens et amis constituent une académie dont Paolo Ramos est le chef de file, nommons : Monica Freire, Nico Beki, Daniel Bellegarde, Jean-Pierre Zanella, Jean-François Groulx, Guy Dubuc, Francis Collard, Sacha Daoud, François d’Amours, Jean-François Doré.

L’homme est direct, sa motivation : L’espoir d’une vie meilleure pour ceux qu’il aime, le respect de l’autre, la santé, l’amitié, la musique, l’amour de la vie.

Paolo Ramos répond, quand nous lui demandons ce que sont ses réalisations : Mon métier de musicien. À travers la musique, j’ai réussi malgré les difficultés grâce à un travail acharné. J’ai participé à des événements extraordinaires, à des voyages, à des enregistrements de disques, à de beaux moments vécus sur scène et surtout, j’ai trouvé une joie intérieure et une force pour continuer. Paolo Ramos est confiant en l’avenir Au fur et à mesure que le temps passe, nous avons plus de possibilités au niveau artistique, culturel et professionnel. La petite communauté brésilienne de Montréal a développé une excellente relation avec les communautés d’ici et d’ailleurs.

Écoutez son nouveau CD Brasil em Fevereiro. Une douzaine de mélodies, plus exactement treize chansons de rêve, une œuvre superbe qui vous habite en tout temps, vous rapproche de votre âme et permet le contact avec la quintessence esthétique, sociale, sensuelle et émotive qui façonne notre devenir. Laissez-vous transporter à travers les rives océaniques, de Dakar à Sao Paulo, le Brésil continental, pays de contraste qui illustre le métissage moderne et éternel, fruit des liens subtils entre l’Afrique-mère et l’espace de la création. Un disque qui en dit long sur Paolo Ramos, inventif et authentique personnage qui vient d’atteindre l’assurance de son identité en lui-même et dans son œuvre. Bravo!

OSVALDO NUNEZ

Droits, liberté et dignité

Rencontrez Monsieur Osvaldo Nunez et vous comprendrez que parmi les humains, souvent, les plus remarquables sont ceux dont l’accès est le plus authentique. Osvaldo Nunez est rayonnant de bonté, brillant dans sa prise de contact avec l’autre, d’une rare élégance spirituelle et, comme son regard le laisse voir, intelligent, franc et vrai dans la pensée, les propos et l’ensemble de sa kinesthésie psychomotrice. Digne personne dont le parcours public, l’engagement social et les choix sont d’une cohérence qui fondamentalement fait que, de tous les horizons politiques et idéologiques, il représente une figure singulière d’honnêteté et de dignité dans le champ du politique au Canada.

À 35 ans, en 1973, le 11 septembre, quand la CIA et Augusto Pinochet associés assassinent le président Salvador Allende, démocratiquement élu au Chili, le monde a basculé pour Osvaldo Nunez alors sous-ministre des finances et responsable de la nationalisation des banques dans un pays qui avait opté pour le socialisme démocratique. Un coup du sort, car il est arrivé en retard au bureau, lui vaut de survivre aux massacres commandés par le dictateur-général sanguinaire de tous les intellectuels et de tous les cadres progressistes du Chili. Il doit sa vie et celle des siens d’abord à l’accueil de prêtres rédemptoristes qui cachent la famille Nunez dans un monastère. Ensuite, ce sera grâce à sa personnalité, aux liens qu’il a tissés durant ses études supérieures en Belgique avec des Canadiens et à la complicité de diplomates que lui et sa famille parviennent à sortir vivants du pays et à venir à Montréal en février 1974.

Personnalité de premier rang, avocat de talent et expert en relations industrielles, Osvaldo Nunez et Zaida Macias, sa femme, ses deux fils Osvaldo junior et Gonzalo, secoués mais motivés reprennent racine. Monsieur Nunez maintient le cap : conseiller syndical et cadre principal à la FTQ de 1974 à 1993, figure de proue de la défense des droits des travailleurs aux côté de Louis Laberge; de 1993 à 1997, premier député fédéral d’origine latino-américaine à la Chambre des Communes au service des citoyens du Comté fédéral de Bourassa; arbitre à la Commission d’assurance-emploi, observateur des élections dans plusieurs pays (Russie, Chili, El Salvador), négociateur de nombreuses ententes pour redonner aux expatriés chiliens leurs droits civiques et leurs droits à la sécurité sociale et aux avantages sociaux acquis dans leur pays d’origine.

Aîné de famille, doué pour les responsabilités très jeune puis plus tard avec la lutte pour plus de justice sociale et politique et l’accession au pouvoir des socialistes de Salvador Allende, il contribue aux changements qui auront été bénéfiques dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’agroalimentaire et du logement social. Depuis, 30 ans au Québec, en 2003, il conserve cette fidélité à ses convictions, rare posture dans un contexte de spéculation idéologique et de profit immédiat. Au Québec, j’ai défendu, avec succès dans plusieurs cas, de nombreux travailleurs immigrés congédiés par les entreprises, ou victimes de racisme et discrimination. Aussi, j’ai apporté ma contribution à la sensibilisation des Québécois concernant la situation des immigrants et des réfugiés et à l’intégration plus harmonieuse de ces derniers à la société d’accueil.

En 1993, j’ai eu le privilège de devenir le premier député d’origine latino-américaine au Canada, conscientisant ainsi plusieurs citoyens issus de l’immigration à la nécessité de s’impliquer dans la vie politique de ce pays. Pendant mon mandat de parlementaire, j’ai fait plusieurs voyages sur le continent et j’ai exhorté le gouvernement canadien à intensifier ses relations, non seulement diplomatiques et commerciales, mais également culturelles, politiques et scientifiques avec l’Amérique latine. Aussi, j’ai présenté et appuyé plusieurs projets de loi concernant l’immigration, les relations de travail, les droits humains et la coopération internationale.

Depuis 1998, il est juge administratif au Conseil des services essentiels du Québec. Il a fondé de nombreuses associations dont l’Association des Chiliens de Montréal en 1975, il est au conseil d’administration des professionnels Chiliens du Québec, il poursuit tout de même un combat perpétuel pour la participation effective des communautés ethnoculturelles au devenir de la société dont elles sont aussi le moteur du devenir. Son œuvre est marquée par son passage en politique active : Au cours de mes quatre années (1993 – 1997) comme député fédéral de Bourassa, à Montréal-Nord, un comté qui connaît beaucoup de pauvreté, j’ai travaillé sans relâche pour apporter des solutions concrètes aux problèmes de la population, notamment ceux des chômeur, des assistés sociaux, des immigrés, des personnes du troisième âge et des familles monoparentales.

Sur Internet, de nombreux sites, qui portent notamment sur le Chili ou sur les droits de la personnes, de nombreux magazines et publications de calibre international, consacrent des pages à DON OSVALDO.

Ce sexagénaire fringant comme aux tout premiers jours de lune, esprit vif, répartie sereine, grand-père de Olivia (bientôt 10 ans) et de Raphael (6 ans), déploie avec tendresse une réflexion prospective sur les relations entre sa ou ses communautés d’appartenance et la communauté plus traditionnelle du Québec : J’appartiens à la communauté chilienne et latino-américaine, l’une des communautés les plus récentes au Québec et au Canada. À mon arrivée, en février 1974, il n’y avait qu’un petit nombre de personnes venant de cette région. Cependant, depuis lors, j’ai constaté beaucoup de progrès. Avec 100 000 hispanophones actuellement au Québec et plus de 400 000 au Canada, l’espagnol est devenu une langue importante dans ce pays, la troisième langue la plus parlée à Montréal. Notre communauté est en croissance permanente en raison de son immigration continue et de son taux de natalité plus élevé que la moyenne québécoise et canadienne. De nombreux professionnels, professeurs d’université et artistes, entre autres, ont apporté une contribution considérable à la société d’accueil.

Il faut, néanmoins, reconnaître que cette communauté n’est pas encore bien structurée. Elle est encore absente, sauf de rares exceptions, dans les échelons supérieurs de l’économie, de la finance, de la fonction publique fédérale, provinciale et municipale et surtout dans la structure politique de ce pays. Les gouvernements et les décideurs politiques et économiques auraient avantage à établir des programmes et à faciliter l’accès des membres de notre communauté à tous les niveaux et dans tous les domaines de notre société.

JOSÉ DEL POZO

Justice et équité

Dans l’univers de l’enseignement de l’histoire, José del Pozo est connu tant par ses pairs que par les générations montantes de jeunes professeurs. Il est passionné et avide de faire partager sa passion. De Vina del Mar au Chili où il est né il y a cinquante-neuf ans à Montréal où il vit depuis trente ans, une symétrie parfaite pour un spécialiste des dates et des faits : J’ai fait d’abord mon bac en enseignement de l’histoire et de la géographie à l’Université du Chili, à Santiago. J’ai travaillé pendant plusieurs années dans diverses écoles secondaires et j’ai commencé à enseigner au niveau universitaire peu avant le coup d’état de 1973. Je suis ensuite parti au Canada. Une fois à Montréal, j’ai fait successivement ma maîtrise à l’UQÀM et mon doctorat à l’Université de Montréal, toujours en histoire. En même temps, j’avais commencé à enseigner à l’UQÀM comme chargé de cours. Pendant quelques année, j’ai aussi enseigné au Cégep de Saint-Hyacinthe et j’ai été occasionnellement chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, à l’Université de Montréal et à Concordia University. Depuis 1987, je suis professeur régulier à l’UQÀM. J’ai été professeur invité à l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand (en France) en 1996.   J’ai publié six livres depuis 1992, dont deux en français et quatre en espagnol, en plus d’une quinzaine d’articles dans diverses revues.

José del Pozo est un chercheur qui enseigne, vif d’esprit, organisateur des idées et champion des liens entre les événements. Il conjugue, aussi bien en français qu’en espagnol, les contextes sociaux et politiques qui façonnent le patrimoine historique et permettent de déployer son talent d’analyste tout en plantant ses sondes prophétiques : Je participe souvent aux congrès des études latino-américaines, autant au Canada qu’aux États-Unis ou dans certains pays latino-américains. De temps à autre, je publie des articles dans Le Devoir ou La Presse et je donne souvent des conférences auprès de groupes communautaires et de coopérants.

Il est modeste, discret celui qui s’est bâti, à coups de travail, de publications, de rigueur dans l’enseignement, une réputation solide comme le marbre : Je suis un historien qui travaille principalement sur l’histoire du Chili au XXe siècle et qui s’intéresse dernièrement aux liens entre le Chili et le Canada. Sa motivation est précise : Ma motivation dans mes engagements sociaux et professionnels réside dans mes principes en faveur d’une société plus juste et équitable, que ce soit au Québec et ailleurs. C’est ce qui m’a amené à participer à Développement et paix (1985 à 1990) et à la Ligue des droits et des libertés (1995 à 1997). Ces mêmes principes s’appliquent dans mes cours et mes recherches. Au niveau communautaire, surtout dans mon engagement auprès des Chiliens, je suis aussi guidé par mon désir de garder les racines avec mon pays d’origine, tout en utilisant mes connaissances pour aider les Chiliens à mieux comprendre autant notre pays de naissance que la société qui nous a accueillis. Actuellement, je suis membre du c.a. de l’Office Québec-Amériques pour la jeunesse (OQAJ). Depuis 1990, j’ai participé à l’Association des professionnels chiliens, d’abord comme membre fondateur, membre du c.a., et président entre 1998 et 1999, et j’ai aussi participé aux travaux de deux autres associations des Chiliens.

Ses réalisations les plus significatives : Parmi mes réalisations significatives, il y a mes livres, qui reflètent les idées mentionnées plus haut, mais aussi le fait d’enseigner depuis plus de 27 ans, sans avoir jamais manqué d’étudiants, même si tous les cours que je donne sont optionnels. Au niveau communautaire, je suis très content d’être membre fondateur et d’avoir été pendant deux ans président de l’Association des professionnels chiliens, organisme qui me permet de mettre en pratique mes objectifs.

José del Pozo est réaliste quant au chemin à parcourir pour une véritable égalité d’accès au marché du travail, lieu incontournable de l’intégration : Je crois que les relations entre ma communauté d’appartenance et la société québécoise, si on voit cela de façon large, se déroulent et se dérouleront de façon assez réussie, vu l’accueil que nous avons eu depuis notre arrivée et compte tenu du fait que les jeunes chiliens, nés ici ou qui ont grandi ici, sont assez bien intégrés, socialement parlant. Il me semble néanmoins qu’il y a du chemin à faire au  niveau de l’intégration au travail, puisque ce n’est pas normal que les Chiliens, comme d’autres Latino-américains, qui ont une scolarité assez élevée, aient un taux de chômage deux fois plus élevé que la moyenne au Québec.

DOLORES CORREA-APPLEYARD

Information et formation pour Montréal cité internationale

Douze années de vie au Canada et au Québec, Dolores Correa-Appleyard qui fut candidate aux élections municipales, les premières de la nouvelle ville de Montréal en novembre 2001, est architecte de formation, titulaire d’une maîtrise de l’UQÀM en sciences de la gestion qu’elle qualifie de multidisciplinaire. Aujourd’hui, elle est conseillère spéciale chargée des relations internationales au cabinet du maire et du comité exécutif de la Ville de Montréal.

La dynamique de notre temps est celle du dépassement des frontières, le mouvement est irréversible : Nous sommes dans un monde de grandes régions, l’Europe, l’Asie, l’Afrique, l’Amérique. La notion de nation est dépassée, les lieux de vie, les choix de vie sont plus des choix de valeurs : la justice sociale, le respect, l’égalité, la tolérance. À Montréal, nous sommes de vrais privilégiés, nous devons préserver cette richesse et transmettre aux plus jeunes cet héritage qui se construit sur deux piliers : la formation et l’information. De cette base partent les critères d’égalité et de démocratie de la société.

Dolores Correa-Appleyard explique avec énergie et enthousiasme ce qui la motive : Ma motivation repose sur deux aspects fondamentaux : mes valeurs et certaines qualités personnelles. En ce qui concerne mes valeurs, je suis certaine que le concept d’amour résume toutes les autres valeurs, je m’explique : amour signifie respect envers les autres et envers soi-même, quand on se respecte il n’y a pas la place pour le mensonge ni la trahison. Quand on se respecte, on a le goût de grandir, de s’améliorer, de se surpasser. Je suis convaincue qu’il faut commencer par soi-même et que le reste viendra tout seul. Le problème c’est que, quoiqu’il soit apparemment facile, le fait de se connaître et de se reconnaître exige de la part de l’individu, une grande dose d’honnêteté et surtout de courage. Je suis une personne qui croit qu’il existe toujours de la place pour le changement et pour l’amélioration, que les choses se changent par conviction et non par imposition et que, pour cela, il faut prendre du temps et avoir beaucoup de tolérance. Principalement, c’est grâce à ces deux ingrédients, que nous sommes capables d’arriver à la complicité nécessaire pour produire les changements.

Une feuille de route se déploie : chargée de projets dans un bureau d’architecture de l’âge de 27 à 34 ans en Argentine; puis agent de développement économique en 1983 et en 1984 avec Consultores Asociados S.A, un bureau d’experts-conseils en commerce international; directrice du marketing de 1984 à 1990 pour Promox S.A., une PME argentine; enfin, consultante en commerce international et associée principale de A et G International Inc. de 1993 à 1999 au Canada. Dolores Correa-Appleyard considère que ses réalisations les plus significatives sont ailleurs : Ma première et principale vocation c’est d’être mère, et c’est grâce à ma famille que je sens que j’ai réalisé quelque chose de significatif. Mes réalisations les plus significatives sont celles qui concernent mes quatre enfants. En arrivant au Canada, je me suis fixée certains objectifs : que mes enfants soient trilingues parfaits, qu’ils étudient et qu’ils travaillent, qu’ils s’intègrent à cette formidable culture sans perdre la connaissance de leurs origines et surtout de leurs ancêtres. Ma façon de penser est la suivante : la cellule essentielle de toute société est la famille, alors si moi comme parent je fais bien mes « devoirs », je contribue à améliorer la société dans son ensemble.

L’avenir de notre société, les liens qui unissent la majorité et les minorités : Je me demande comment répondre à cette question, la majorité est en train de changer, il y a un renversement qui s’opère comme nous le démontre les premiers résultats du recensement de 2001. Qui est majoritaire? Il faut absolument trouver les moyens pour que les diverses communautés s’intègrent. Il faut leur donner les vrais moyens pour qu’elles développent le sentiment d’appartenance à cette culture, à notre culture. Dolores Correa-Appleyard, sereine, pose un regard profond sur la vie. Elle prend le temps de partager ses convictions, elle croit au milieu de vie où les relations prennent leur sens, que ce soit la paroisse, le quartier, l’arrondissement ou encore Montréal cette ville où vivent en harmonie des personnes d’une diversité culturelle qui en fait la richesse.

CARLOS CARMONA

La passion de l’enseignement du français

Directeur adjoint, par intérim, du Carrefour d’intégration du Nord pour le ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration du Québec MRCI, depuis l’an 2000, Carlos Carmona est le président depuis mai 2002, du conseil d’administration de l’Association québécoise des enseignants de français langue seconde AQUEFLS. Militant du français, langue qu’il enseignait dans son Chili natal dès 1971, Carlos Carmona raconte sa vie des trente dernières années comme un conte de fée : Depuis mon arrivée au Québec en mars 1974, j’ai toujours eu à cœur la défense du français, comme langue de communication. Pédagogue de formation (enseignement du français langue étrangère dans mon pays d’origine), j’ai été surpris par le fait que, dans mon pays d’adoption, j’avais la chance en or de pouvoir continuer à exercer, à quelques différences près, le même métier que j’exerçais dans mon pays d’origine, le Chili. L’excellent accueil que nous avons reçu des personnes et des institutions de la société québécoise a aussi été un élément indispensable pour que toutes mes actions professionnelles aillent vers la promotion et la défense du français. Ayant eu la chance en 1978 d’être embauché comme professeur pour enseigner au ministère de l’Immigration du Québec, aujourd’hui ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, je me suis donné corps et âme pour transmettre aux nouveaux arrivants, non seulement les fondements de cette langue belle, comme dirait Yves Duteil, mais j’ai aussi essayé de leur transmettre quelque chose de plus fondamental, l’amour du français. Combien de fois, mes étudiants ont découvert, avec surprise, et à la fin d’un stage de 30 semaines, que je parlais espagnol, que c‘était ma langue maternelle. Surprise, parce que d’une façon systématique, j’ai toujours refusé l’utilisation de la langue maternelle dans le cadre de mon enseignement, et j’en suis fier.

Dans l’univers de la langue française au Québec, s’imposer, participer, apporter une contribution de qualité à la confection identitaire du moyen d’expression de la majorité quand nos origines sont ailleurs, c’est une prouesse dont Carlos Carmona est heureux. Du point de vue professionnel, je suis fier de la plupart de mes réalisations. Je me considère comme une espèce de pionnier pour les professeurs de français langue seconde d’origine chilienne.

En effet, j’ai été, pendant de longues années, le premier et le seul professeur d’origine chilienne à enseigner le français aux nouveaux arrivants. Et il ne s’agit pas seulement de leur apprendre le français. Comme je l’ai dit précédemment, il s’agissait de leur transmettre mon amour pour le français, mais aussi, de les accompagner dans leur cheminement en vue d’une intégration réussie à la société québécoise francophone. Des situations donnent la mesure de son engagement, comme celle vécue récemment lors du séminaire interaméricain sur la gestion des langues, organisé par le Conseil de la langue française du Québec : surprise chez les participants quand ils constatèrent que le représentant des professeurs de français du Québec était un Chilien de naissance.

Carlos Carmona occupe des fonctions de responsabilité au sein de l’Association des professionnels, techniciens et artistes chiliens du Québec (PROTACH) et il situe son action, le sens qu’il y voit, comme le lieu d’un engagement significatif : la réalisation la plus significative dans mes deux ans comme président a été de « démocratiser » une institution que beaucoup de Chiliens voyaient comme une institution à caractère élitiste. Voir des personnes issues de tous les milieux socio–culturels du Chili participer aux activités organisées par PROTACH m’a rempli d’orgueil et de joie. Récemment, et vers la fin de mon mandat comme président de PROTACH, j’ai eu l’occasion de participer activement à la venue du Ballet folklorique du Chili (BAFOCHI) qui s’est présenté devant une salle archi pleine, à la Salle Marie-Gérin-Lajoie de l’UQÀM. Les bénéfices de cette présentation ont été envoyés au Chili au profit de la Fondation d’orchestres juvéniles et infantiles du Chili.

Pour cet adepte de l’harmonie entre les composantes de notre société, l’avenir sera radieux : il me semble que les relations entre la société d’accueil et les Québécois d’origine chilienne sont vouées à connaître pas mal de succès. Traditionnellement, les Chiliens qui ont immigré au Québec font partie des immigrants qui, non seulement s’adaptent, mais qui s’intègrent harmonieusement à la société qui les a si bien accueillis. Dans toutes les sphères de la société québécoise, on peut trouver des chiliens qui ont réussi leur intégration. Du point de vue géographique, il est très difficile, voire impossible, de trouver une concentration de personnes d’origine chilienne sur l’île de Montréal. Des Chiliens d’origine, on en trouve de Pointe-aux Trembles jusqu’à Sainte-Anne-de-Bellevue, en passant par tous les arrondissements de la ville de Montréal. Par ailleurs, il me semble évident que les Québécois d’origine semblent apprécier les nouveaux Québécois d’origine chilienne. Dans toutes les activités organisées par PROTACH, nous pouvons remarquer la présence croissante des Québécois dits de souche.

Le licencié ès Lettres de linguistique de l’Université de Bordeaux III, diplômé d’état comme professeur de français au Chili, est en équilibre véritable entre ses aspirations et ses réalisations. Carlos Carmona conserve toujours cette verve de l’enseignant qu’il demeure malgré ses fonctions administratives et conserve surtout l’enthousiasme des optimistes qui caractérise sa façon d’être