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Archive for the ‘Discrimnation’ Category

FRANÇOIS POUR COMMUNIER À L’ÉVANGILE DU CHRIST

14 mar

Cardinal Jorge Mario Bergoglio, le 3 mars 2013

C’est son goût de la discrétion, sa dénonciation du libéralisme sauvage d’un monde globalisé, tout comme la proximité avec ses fidèles qui l’ont peu à peu imposé comme une autorité morale. Un prêtre, passé par la sierra avant de rejoindre Buenos Aires, qui se démarque par sa simplicité. Nommé à Buenos Aires, la capitale argentine, il refuse le luxe de la résidence qu’on lui réserve pour prendre un petit appartement, à proximité de son église. Il prend le bus pour aller de paroisse en paroisse. Il va dormir dans un bidonville chez l’un de ses prêtres menacé par les trafiquants de drogue.

En 2009, il déclare que la lutte contre la pauvreté est un combat pour les droits de l’homme. Un combat contre l’extrême pauvreté, qui ronge certaines parties du continent sud-américain, touchant également l’Argentine, plongée dans la crise à la fin des années 1990. Président de la Conférence des évêques d’Argentine de 2005 à 2011, l’homme est également une voix politique, qui a dénoncé à plusieurs reprises l’autoritarisme des époux Kirchner, successivement à la tête de l’Argentine. Accusé par ses détracteurs de n’avoir pas suffisamment agi contre la dictature argentine, l’homme a pourtant sauvé plusieurs personnes des tortures et de la mort.

Francois, le Pape au service des plus démunis

Un pape ouvert sur les «nouveaux mondes». Non issu de l’Europe, qui a donné tant de papes, ce pape argentin est un symbole d’ouverture de l’Eglise aux «nouveaux continents». Originaire d’Amérique du sud, qui le plus grand foyer de catholiques dans le monde, ce pape devrait être attentif à ce qui se passe au-delà du Vatican. En effet, les Eglises américaines, africaines et asiatiques sont marquées par une grande diversité.

Un pape au train de vie humble, voire austère. L’homme est très apprécié en Argentine, car il a, malgré sa charge, toujours gardé un étroit contact avec les fidèles, et a fait de la lutte contre la pauvreté l’une de ses priorités. Il applique ce qu’il prêche, refusant les résidences luxueuses, prenant le bus et le métro, enfilant des sandwiches et passant du temps dans les paroisses pauvres. Une «normalité» pour certains, un caractère exceptionnel pour d’autres.
Un pape «modéré». Jorge Mario Bergoglio est considéré comme un homme modéré dans l’Eglise. Si, en septembre 2012, il a fustigé les prêtres qui refusaient de baptiser les enfants nés hors mariages, il s’est également montré très sévère contre la légalisation du mariage homosexuel en Argentine.

Un pape à la voix politique. Dans son pays, cet Argentin n’est pas resté pas muet devant le pouvoir politique: Critique de la classe politique touchée par la corruption, il s’est également affiché contre les narcotraficants, soutenant plusieurs prêtres menacés par les réseaux mafieux.

Un pape et les médias. S’il est féru de la presse… Jorge Mario Bergaglio n’accorde jamais d’interview! Devenant pape, l’homme passe dans une autre dimension, et devra forcer son caractère pour forger sa communication. Sa connaissance des langues italienne et allemande, outre l’espagnol, est un plus.

Un pape face à la Curie. Face au «super-gouvernement» de l’Eglise que constitue la Curie, Jorge Mario Bergaglio est resté plutôt silencieux. A voir dans les prochains mois quel rapport de force va s’instaurer entre l’institution et le nouveau souverain pontife.

Un pape âgé, et à la santé fragile. Agé de 76 ans, l’homme vit avec un poumon depuis ses 20 ans. Travailleur acharné, il se lève tous les jours à 4h30, pour finir à 21h. Un emploi du temps chargé, ce qui ne l’empêche pas d’être un fervent supporter du club de foot de Buenos Aires San Lorenzo…fondé par un prêtre.
Le nouveau pape aura notamment pour charge de sortir l’Eglise des scandales à répétition qu’elle a connus ces dernières années…
La tâche du nouveau pape Jorge Mario Bergoglio sera pour le moins ardue. Il devra d’abord s’atteler à remettre de l’ordre dans l’Eglise après les scandales qui ont ébranlé le pontificat de son prédécesseur, Benoît XVI: les abus sexuels sur mineurs étouffés pendant des décennies, les affaires de corruption et de rivalités profondes au sein de la hiérarchie vaticane, révélées par le scandale «Vatileaks», ainsi que les affaires de mœurs, dont l’existence –non avérée– de réseaux homosexuels au sein de l’Eglise.

Selon Frédéric Lenoir, historien des religions, les cardinaux, qui ont élu Jorge Mario Bergoglio, avaient le sentiment d’une urgence. «Face à l’ampleur des défis à relever, la question n’[était] plus de savoir si le prochain pape [serait] sud-américain, moderne ou conservateur, mais s’il [serait] capable de sortir l’Eglise des scandales à répétition. La question de l’adaptation de l’Eglise à la modernité est passée au second plan.». Cette question n’en est pas moins essentielle à l’heure où l’influence de l’Eglise catholique décline à travers le monde, bien qu’elle compte encore un milliard deux cents millions fidèles. Célibat des prêtres, place des femmes dans l’Eglise, mais aussi avortement, euthanasie et préservatif sont autant de questions sur lesquelles de nombreux fidèles attendent un changement de position de l’Eglise pour répondre aux évolutions sociétales. Il est toutefois vraisemblable que le prochain pape aura les mêmes positions de fond que Benoît XVI.

 

MAI 68- MAI 2008, VERS UN NOUVEAU PRINTEMPS ?

13 déc
MAI 68- MAI 2008, VERS UN NOUVEAU PRINTEMPS ?
Mois magique, historique métaphore du changement véritable, figure et thème universels de  toute révolution fondée sur les principes de l’équité, sur la recherche de la dignité du travail et des travailleurs, sur la lutte pour les droits humains fondamentaux, dont les droits socioéconomiques, monument de la libération féminine et de l’émancipation masculine de tous les atavismes politiques et psychologiques, Mai 68 est essentiel à la mémoire et à l’histoire du 20e siècle.  Premier vent de changement vraiment mondial, précurseur de la vague altermondialiste.

Commémorer ce printemps des âmes pour toute une génération, fonctionne comme une relecture, mais avec les lunettes actuelles.  Cette démarche nous impose une capacité d’analyse qui nous permet de dire que l’ancrage de toutes les revendications sociales, que la montée des aspirations politiques, ainsi que le déploiement des combats économiques de mai 68, sont d’une actualité criante.  Le souffle de la liberté face aux impérialismes, la ténacité des luttes paysannes et la détermination des masses ouvrières et des techniciens spécialisés face au capitalisme devenu encore plus féroce en 2008, sont à raviver et à maintenir.

Ces démonstrations et ces engagements de l’époque sont une nécessité plus vitale aujourd’hui.  Nous ne pouvons pas être nostalgiques ou romantiques, nous devons utiliser le tremplin de mai 68 pour aller plus en avant afin de contribuer à enraciner solidement notre engagement total pour plus de liberté et plus de justice sociale et politique.  S’impose aujourd’hui un combat mieux structuré, se justifie une stratégie faite de concertation entre toutes les classes socioéconomiques plus rationnelle.

Nous avons accumulé des reculs monumentaux dans tous les secteurs de l’activité humaine, tant individuelle que collective.  Les inégalités de toutes sortes sont plus grandes entre individus, entre nations entre peuples.  Les écarts entre les riches et les autres sont encore plus criants au 21e siècle qu’ils ne l’ont jamais été.  Nos systèmes administratifs, nos machines sociales et politiques carburent à l’injustice, roulent au profit sans honte et sans vergogne, se développement grâce à l’exploitation sauvage et érigent des économies voraces, des instruments destructeurs de la dignité humaine, partout sur la planète.

Le tissu fin de nos acquis sociaux, de nos moyens politiques, des nos pouvoirs économiques et de nos identités culturelles, s’il est plus superficiellement et plus formellement solide à cause des chartes que nos batailles ont mis au monde, grâce aux conventions nationales et internationales fruits de nos souffrances et des droits reconnus sur papier dans les déclarations et les amendements que nous avons imposé et fait adopter démocratiquement; ce tissu est d’autant plus fragilisé dans sa structure qu’il laisse voir un progrès là où l’érosion  en profondeur de nos droits sociaux, polit

Un regard prospectif nous permet d’établir, continent après continent, un bilan très mitigé de l’état mondial des droits humains et des luttes de tous les peuples pour leur libération.  Au moment concomitant, où se marquent 40 ans des luttes de Mai 68 et 60 ans depuis la proclamation et l’entrée en vigueur en 1948 de la Déclaration universelle des droits de la personne, les figures du Mahatma Gandhi, de Nelson Mandela, de Martin Luther King jr. se profilent face à celles de Ernesto Guevara, de Steve Biko, de Mère Térésa.

Les victoires des peuples d’Amérique du Sud (Brésil, Bolivie, Chili, Venezuela, Cuba, Pérou, Paraguay) sur les dictatures militaires et tortionnaires, la globalisation des contestations écologistes pour un développement humain durable et juste, nous encouragent.  Les avancées de certaines communautés africaines pour éradiquer l’analphabétisme, pour créer les fondations de systèmes de santé fonctionnels, et pour gérer des coopératives de commerce équitable, mais surtout le rayonnement de la contestation des artistes africains engagés, nous réconfortent.

Encore mieux, les déploiements asiatiques d’économies dont certaines s’articulent autour du microcrédit ainsi que la prise en main par les communautés de base de leur destin socioéconomique, nous donnent des motifs d’espoir.  Et plus, les nouvelles orientations européennes des socialistes pour proposer un nouveau contrat social (Congrès de Reins en novembre 2008) face à la dictature du marché, ajoutés les résultats des forums sociaux mondiaux pour une véritable société civile universelle, en vue aussi l’extraordinaire campagne présidentielle du candidat démocrate Barack Obama, autant de raisons d’espérer qui font naître une solidarité nouvelle des nations et des peuples, ce dont Mai 68 est le ferment le plus puissant.

 

LIONEL MESSI, TROUBADOUR ET PRESTIDIGITATEUR DU BALLON ROND

12 déc

Enfant prématuré, Lionel Messi, adulte à 25 ans à 1 m 69 de taille, cet attaquant vient de battre un record exceptionnel (1972 Gerd Müller 85 buts et 2012 Lionel Messi 91 buts en une année civile) dans une période de l’histoire du football mondial qui elle est plutôt différente de celle au cours de laquelle son prédécesseur, l’allemand Müller, a réussi son exploit.

Jamais, je crois pouvoir l’affirmer, car Messi a déjà trois ballons d’or, un joueur de club de très haut niveau, comme l’est le Futball Club de Barcelona (FCB), ne répétera cette série de buts, souvent d’anthologie, en une seule année civile, sur notre planète. Quelques artistes du ballon rond, atteignent ce statut, selon leurs spécialités et les caractéristiques de jeu de leur environnement d’évolution. Des noms émergent en comparaison et juste par analogie : Edson Arentès Do Nascimiento (Pelè), Just Fontaine, Kopa, Alfredo Di-Stefano, Roger Milla, Zinedine Zidane, Frantz Bekenbauer, Gerson, Tostao, Didi, Vava, Lev Yachine, Iker Casillas, Diego Armando Maradona, Johann Cryuff, Iniesta.

Joie de jouer en équipe et de marquer des buts d'anthologie

De tous les praticiens-phénomènes qui ont, par leur jeu, leurs aptitudes physiques, leurs composantes physiologiques, psychomotrices et leurs qualités intellectuelles, marqué ce sport populaire et accessible, le plus pratiqué sur la face de la terre, peu ont, avec constance, avec art et méthode, mais aussi avec un génie polymorphe, porté aussi haut les standards avancés, en conception et dans l’exécution, des partitions footballistiques locales, nationales et internationales. Leo Messi, vient d’écrire une œuvre distincte et d’une immense portée.

La principale caractéristique du jeu de Lionel Messi est sa coordination /anticipation / exécution d’une fluidité qui intègre une combinatoire séquentielle neuro kinesthésiologique, d’une facture asymétrique. Sa morphologie n’explique pas tout son talent dynamique, sa vision périphérique, précise est au moins égale à celle d’un autre génie du ballon rond, Zizou, pour les amis. Messi est peut-être un des rares magiciens des pelouses à anticiper sur les anticipations de ses partenaires autant que sur celles de ses adversaires. Par ailleurs, il a un jeu complet, au service de l’équipe, défendant avec autant de précision et de stratégie, qu’attaquant, dans une harmonie coulante ou brisée, selon les phases tactiques de déroulement du match. Alors, ses accélérations, ses dribbles et ses contre-dribbles chaloupés, ses feintes mobiles, comme celles d’un danseur de claquettes, ses coups de pattes ou ses crochets inégaux en longueur et variés dans leur courbes, finissent par donner le tournis à toutes les défenses du monde. Tel est Messi, danseur / trapéziste /athlète / chef instrumentiste et prestidigitateur de la planète foot.

4 ballons d'or certifient l'exceptionnelle contribution à l'art footballistique

Combien de fois, Messi a-t-il surpris, gardiens de buts, latéraux et centraux dans les surfaces de réparation, sur les alentours des points de tir des pénaltys, au sol ou dans les airs, par une frappe imprévisible, par un crochet triple impossible à effectuer selon les normes de la gravité, par une double accélération sur un mètre et demi entre le piquet du coup-de-pied de coin et le premier poteau immédiat? Combien de fois ses passements de jambes en rythme africain et en samba ou alors en capoeira ou en tango ont figés d’admiration et d’envie, joueurs solidaires et forcenés des stades ? Très difficile de répondre à de telles questions car des chaussures à crampons de Messi monte pour l’éternité la poésie gestuelle et conceptuelle du troubadour vivant et intemporel.

Yves Alavo

 

MONSIEUR LAZHAR : FELLAG, IMMENSE

03 fév

Version originale en français

DURÉE : 1h35

GENRE : Drame

ORIGINE : Québec

DATE DE SORTIE AU QUÉBEC : 28 octobre 2011

SYNOPSIS

Les élèves de sixième année d’une école de Montréal (Québec, Canada) doivent faire face à un drame inattendu lorsque leur enseignante, Martine, se pend dans leur classe. Malgré les réticences préalables de la directrice, Bachir Lazhar (rôle joué par Fellag), un immigrant algérien, est rapidement engagé pour la remplacer. N’étant pas au courant des réformes ministérielles ou même du niveau scolaire de ses nouveaux étudiants, le professeur devra oublier ses propres tragédies pour se concentrer sur l’instruction de ces enfants provenant de différents milieux et visiblement troublés par le départ soudain d’une personne qu’ils aimaient.

Nomination du film Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau aux Oscars

Le film Monsieur Lazhar du cinéaste montréalais Philippe Falardeau fait partie des finalistes 2012 pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Le lauréat sera dévoilé lors de la 84e cérémonie, le 26 février prochain.

Monsieur Lazhar, racontant l’histoire d’un immigrant algérien devenu suppléant dans une classe de sixième année après le suicide d’une enseignante, a déjà remporté plusieurs prix dont le titre de Meilleur film canadien au 36e Festival international du film de Toronto, le Prix USB du Festival de Locarno, le Prix de la critique de Variety Piazza Grande Award. Philippe Falardeau est actuellement aux États-Unis au Festival du film de Sundace pour y présenter son film. Il se rendra ensuite en Europe pour participer à d’autres festivals.

Soulignons que l’équipe du film Monsieur Lazhar a été accompagnée par le Bureau du cinéma et de la télévision de Montréal pour la coordination et la logistique des scènes tournées dans la métropole.

D’après la pièce Bachir Lazhar

Présentée en 2006 au Théâtre d’Aujourd’hui, la pièce Bachir Lazhar écrite par Évelyne de la Chenelière, avait été soutenue par le programme de médiation culturelle de la Ville de Montréal avec Vision Diversité, Le MAI qui, dès le départ, avaient cru en l’importance du message exprimé et son originalité. Bachir Lazhar, la pièce, avait également été présentée dans les salles du réseau Accès culture grâce au Conseil des arts de Montréal en tournée.

De la réussite de ce projet et de son cheminement vers la prestigieuse cérémonie des Oscars, retenons l’importance de soutenir les arts et la culture par l’entremise de mesures et programmes variés.

L’acteur principal, Mohamed Saïd Fellag, né le 31 mars 1950 à Azeffounwilaya de Tizi-Ouzou (Algérie), est un acteurhumoriste et écrivain algérien Mohamed Saïd Fellag est natif de la région de la Kabylie. Il fait des études de théâtre à l’Institut national d’art dramatique et chorégraphique d’Alger, à Bordj el Kiffan, de 1968 à 1972. Il se produit dans de nombreux théâtres d’Algérie au cours des années 1970.  De 1978 à 1981, il voyage en France et au Canada, vivant de petits emplois et repoussant sans cesse la réalisation de ses projets artistiques. En septembre 1985, il retourne en Algérie, est engagé par le Théâtre national algérien, où il travaille en tant que comédien et metteur en scène.

En 1987 il crée son premier spectacle, Les Aventures de Tchop.  En septembre 1993, il est nommé directeur du théâtre de Béjaïa (Bougie).  Après la révolte d’octobre 1988 puis, au début des années 1990, avec la montée des tensions entre les islamistes et le pouvoir, violences et assassinats se multiplient. En 1994, Fellag part en tournée avec Un bateau pour l’Australie, en Algérie et en Tunisie. À la fin de l’année il s’établit à Tunis où il crée Delirium. Il reçoit un accueil chaleureux du public tunisien.

En 1995, une bombe explosera au cours de son spectacle cachée dans les toilettes des femmes. Terriblement bouleversé, c’est à partir de là que Fellag s’exilera à Paris.  On associe souvent Mohamed Fellag avec son spectacle Djurdjurassique Bled, son premier spectacle en français, créé en décembre 1997, qui lui vaut le prix du Syndicat de la critique 1997-1998, révélation théâtrale de l’année. Dans ce spectacle, il raconte en différentes étapes l’histoire de son pays natal, ses angoisses, ses folies et l’humanité de son peuple.  Mohamed Fellag s’est marié vers l’âge de 40 ans. Il vit aujourd’hui avec la comédienne Marianne Épin.

Une reconnaissance nationale

Fellag connaît une très grande notoriété en Algérie.  Fellag traite sans complexe et avec finesse les thèmes qui agitent l’Algérie et les Algériens, tels que les abus de pouvoir, les rapports entre hommes et femmes, les frustrations des jeunes, etc., tout cela en employant parfois un vocabulaire très cru.  Après les émeutes d’octobre 1988, alors que des militaires et le président algérien sont présents dans la salle, il supplie les femmes de pardonner aux hommes : « Excusez-nous. Maintenant vous pouvez vous habiller comme vous voulez. Vous pouvez même ne pas vous habiller du tout. » Les hommes restent muets et sans réaction. À partir de là, les dénonciations de Fellag se multiplient. Il n’épargne ni la politique ni les islamistes.

Spectacles

1987 : Les Aventures de Tchop, Alger

1989 : Cocktail Khorotov, spectacle en dialecte algérien, Petit Théâtre, Alger.

1990 : SOS Labès.

1991 : Un bateau pour l’Australie (Babor Australia), duquel a été tiré un DVD (2002).

1994 : Delirium, Tunis.

1997 : Djurdjurassique Bled, Théâtre international de langue française, Paris.

2001 : Rue des petites daurades, Théâtre international de langue française, Paris.

2002 : Le Syndrome de la page 12, Théâtre du Rond-Point, Paris.

2003 : Che bella la vita !, Théâtre international de langue française, Paris.

2003 : Opéra d’Casbah, « mise en images » Jérôme Savary, avec Fellag, Biyouna, Abdou Elaïdi, un orchestre arabo-andalou et des danseuses ; Espace Saint-Jean (sous chapiteau), Marseille.

2004 : Le Dernier Chameau, mise en scène de Patrick Sommier, MC93 Bobigny, duquel a été tiré un DVD (2005), Théâtre des Bouffes du Nord, Paris.

2008 : Tous les Algériens sont des mécaniciens, mise en scène de Marianne Épin et l’auteur, Les Nuits de Fourvière, Lyon.

2011 : Petits chocs des civilisations, mise en scène de Marianne Épin.

Metteur en scène

2008 : Comment réussir un bon petit couscous, de Fellag, CNCDC (Centre national de création et de diffusion culturelles) de Châteauvallon, Ollioules (Var), interprété par Bruno Ricci.

2008 : Tous les Algériens sont des mécaniciens, mise en scène avec Marianne Épin.

Publications

Djurdjurassique Bled, textes de scène, éd. JC Lattès, Paris, 1999, 197 pages, ISBN/EAN 9782709621069

Rue des petites daurades, roman, éd. JC Lattès, Paris, 2001.

C’est à Alger, couverture de Slimane Ould Mohand, éd. JC Lattès, Paris, 2002.

Comment réussir un bon petit couscous suivi de Manuel bref et circoncis des relations franco-algériennes, éd. JC Lattès, Paris, 2003.

Le Dernier Chameau et autres histoires, nouvelles, éd. JC Lattès, Paris, 2004.

L’Allumeur de rêves berbères, illustrations de Slimane Ould Mohand, éd. JC Lattès, Paris, 2007.

Filmographie

Cinéma

1983 : Liberté, la nuit, de Philippe Garrel : Mohand

1983 : Hassan Niya

1990 : De Hollywood à Tamanrasset : Green Eagle

1998 : Le Gone du Chaâba, de Christophe Ruggia

2001 : Inch’Allah dimanche, de Yamina Benguigui

2002 : Fleurs de sang, de Myriam Mézières

2003 : Momo mambo de Laïla Marrakchi

2005 : Voisins, voisines, de Malik Chibane : Maklouf

2006 : Michou d’Auber, de Thomas Gilou

2007 : L’Ennemi intime, de Florent Emilio Siri

2009 : Les Barons, de Nabil Ben Yadir

2010 : Il reste du jambon ?, d’Anne De Petrini

2010 : Dernier étage, gauche, gauche, d’Angelo Cianci

2010 : Le Chat du rabbin, de Joann Sfar et Antoine Delesvaux : le Cheikh Sfar (voix)

2011 : Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau

2012 : Zarafa de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie (voix)

Télévision

2005 : Rue des figuiers, téléfilm de Yasmina Yahiaoui

2008 : La Veuve tatouée, téléfilm de Virginie Sauveur

2010 : Ni reprise, ni échangée, de Josée Dayan : Gérard

Prix et récompenses

1997/1998 : prix du Syndicat de la critique : révélation théâtrale de l’année, pour Djurdjurassique Bled, Théâtre international de langue française, Paris.

2003 : prix Raymond-Devos de la langue française.

2003 : prix de la Francophonie, décerné par la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques).

2003 : prix de l’Humour noir, pour Un bateau pour l’Australie.

Références

Olivier Mongin, dans De quoi rions-nous ? Notre société et ses comiques, Plon, 2006, consacre un chapitre à Fellag et à son art : Fellag, l’entrechoquement des langues et des identités

Article consacré à Fellag sur evene.fr

Voir aussi[modifier]

Bibliographie

« Les 100 personnalités de la diaspora africaine : Fellag », in Jeune Afrique, no 2536-2537, du 16 au 29 août 2009, p. 62

 

HECTOR PÉREZ GONZALÈZ : ARTISTE POUR LA JUSTICE SOCIALE

24 jan

Le nouveau chargé de projets ou coordonnateur de Visions sur l’art Québec, est en soi le parfait candidat à la trilogie équité, accessibilité et diversité, qui résonne comme un slogan universel pour une société qui aspire à un mieux-être collectif.  La trame de sa vie, celle qui permet, au fond, d’en comprendre le fil conducteur, c’est la constance et l’infatigable application à vivre en exerçant son métier, artiste du visuel, comme un sacerdoce afin de réduire le nombre d’exclus.  Artiste pour agir afin de favoriser l’intégration ou l’inclusion des personnes handicapées dans la société, dans son ensemble, en stimulant leur développement personnel ce qui contribue à accroître l’estime de soi.

Toute la démarche d’Hector Pérez Gonzàlez vise, à partir du mentorat ou du partage d’expériences, de la mise en commun de techniques, par l’adhésion à une vision esthétique, effort qui permet de bâtir un tremplin pour mieux se situer en s’exprimant.  Cette action sur soi contribue à faire prendre conscience à chacun du pouvoir considérable de l’art pour briser les barrières et élever les esprits.  L’art pour vaincre les préjugés et, via la force de la solidarité interdisciplinaire (apport des psychologues, des éducateurs, des intervenants sociaux et des thérapeutes), arriver à une intégration, à une immersion dans toutes les sphères de la société des personnes ayant des limitations.

Né à Cuba, il y a fait tout son cursus scolaire et universitaire : l’Académie des Beaux-arts de la Havane, l’École de design industriel, a pris des formations auxquelles il a ajouté le marketing et ensuite, en arrivant au Québec, l’apprentissage de la langue française.  Hector Pérez Gonzàlez se bat inlassablement comme artiste professionnel, comme enseignant, comme humain afin que l’art soit un outil de justice sociale, de partage économique et surtout le moyen d’expression d’une société qui a de la peine à reconnaître l’existence et à accepter la participation à la création de la richesse collective de celles et de ceux que les aléas de la vie forcent à affronter des barrières qui sont souvent plus difficiles à vaincre que les limitation physiques, intellectuelles ou psychologiques qui les handicapent.

Vivre en harmonie grâce aux vertus de l’art, mais surtout comme artiste, designer et intervenant social, mettre ses talents au service de l’équité dans la société afin que chaque personne puisse s’épanouir et se sentir utile et partie prenante; telle est la quête de cet artiste hors normes, Hector Pérez Gonzàlez.

Artiste membre d’un collectif engagé pour plus de justice, pour une affirmation des droits de la personne au sein de sa société d’origine, Hector Pérez Gonzàlez, au cours des vingt dernières années, a exercé un nombre important  de fonctions et assumé des responsabilités au cœur du monde des arts et de la culture : artiste, enseignant, spécialiste des relations publiques et des communications, technicien en décoration, concepteur et gestionnaire.  Bonnes présence et participation avec VSAQ et confiance pour une participation au développement de notre société québécoise, canadienne, pour le bénéfice collectif le plus large..

Yves Alavo

Membre du C.A. de VSAQ

Un lien :  http://www.vallartainstitute.com/Hector-Perez.php

 

MESSAGE DES ÉVÊQUES DU SÉNÉGAL A L’OCCASION DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE DE FEVRIER 2012

24 jan

Chers concitoyens,
1. L’élection présidentielle au Sénégal – dont le premier tour est fixé au dimanche 26 février 2012 – s’annonce déterminante pour l’avenir de notre pays.
Cette première élection, après la célébration de cinquante années de souveraineté internationale, est porteuse d’enjeux majeurs, qui suscitent un climat de tension particulièrement aiguë, avec des risques de débordements imprévisibles, si les différents acteurs ne savent pas raison garder.
Les défis à relever sont multiples et profonds. Ils sont, sans doute, le fait d’une crise mondiale multiforme qui n’épargne aucune Nation de la planète ; mais ils sont également, et surtout, celui d’une mal-gouvernance interne qui perdure depuis plusieurs décennies, marquée par une gestion des affaires de la cité sans horizon, partisane, sans souci des vrais besoins des populations.
Une telle forme de gestion a occasionné des dérives de tous genres, au nombre desquelles le recours à l’argent facile et à la corruption, au favoritisme et au laxisme, à l’accaparement de biens d’autrui, à la violence et à l’impunité, à la dépréciation des valeurs morales et au manque de respect de la personne humaine et de ses droits.
L’alternance, survenue en l’an 2000, et conduite par des partis politiques, soutenus par les populations, avait montré la forme de changement pacifique idéal, par la voie d’une élection libre, paisible et transparente, donc crédible et acceptée par tous.
C’est à la promotion de cette même forme de scrutin que nous, Evêques du Sénégal, appelons l’ensemble de nos compatriotes -tous acteurs confondus- pour que notre pays retrouve le rang d’exemple de démocratie, dans cette Afrique « de l’espérance », comme l’a qualifiée le Pape Benoît XVI, lors de sa récente visite au Bénin (18-20 novembre 2011).
2. En faveur de l’avènement d’un tel climat, nous plaidons pour le respect strict de l’esprit et de la lettre de la Constitution, gage de notre consensus national, qui garantit une bonne gouvernance, une bonne gestion de la chose publique et la paix ; mais aussi pour le respect de tous les textes portant sur la réglementation électorale.
Dans cette perspective, toutes les dispositions doivent être prises pour que le scrutin se déroule de manière régulière et que les organisateurs, à tous les niveaux, fassent preuve d’une conscience patriotique, d’un esprit de justice et d’une impartialité sans faille, afin d’éviter les contestations post-électorales sources de violence aux conséquences imprévisibles.

3. La paix est un bien précieux. Elle nous est donnée par Dieu. Et comme tout don de Dieu, nous avons la responsabilité de la faire fructifier. Dans la situation actuelle de notre pays, nous devons tous nous en préoccuper au plus haut point, pour que le Sénégal soit davantage un pays de paix, de cohésion sociale et de stabilité.
Sur ce plan, nous avons conscience de la richesse de notre vivre ensemble marqué, pour l’essentiel, par des relations harmonieuses entre citoyens sénégalais de tous bords, quelles que soient, par ailleurs, nos appartenances ethniques, politiques et religieuses.
Le socle sur lequel tout cela est bâti est la citoyenneté que nous garantit notre Constitution laïque. Celle-ci définit notre Etat comme non confessionnel, mais reconnaissant la valeur fondamentale de la religion dans la vie des citoyens, et respectueux des différentes communautés religieuses. Il nous faut, plus que jamais, asseoir solidement ces fondements de notre République laïque, pour donner toute sa place à chaque citoyen et lui permettre d’exercer pleinement ses droits et devoirs de citoyen sénégalais à part entière.
4. Au moment où certains de nos compatriotes veulent légitimement briguer le suffrage des Sénégalais, il nous faut rappeler que celui qui détient l’autorité jouit d’un pouvoir, qui n’est légitime aux yeux de Dieu que dans la seule mesure où il est exercé, non pas de façon absolue, mais en vrai « lieu-tenant de Dieu ». C’est Dieu qui donne le vrai pouvoir, le pouvoir qui garantit le bonheur qu’il veut, Lui Dieu, pour tout homme, le pouvoir qui sert et protège le pauvre, le pouvoir qui se soucie de promouvoir la justice, la solidarité et la paix.
Si les prophètes de Dieu ont dénoncé des écarts dans l’exercice du pouvoir, c’est parce qu’il existe un idéal de gouvernance qui est fait de sagesse et d’esprit de service de tous et surtout des pauvres, un idéal de gouvernance qui a l’injustice en horreur.
Ayons donc le grand souci de confier la conduite de notre pays à un Chef d’Etat qui sache s’entourer d’une équipe de bâtisseurs d’une société plus juste, des bâtisseurs qui promeuvent le bien-être pour tous et mettent leurs compétences au seul service de l’intérêt supérieur de la Nation.

5. Aux candidats, nous demandons de faire preuve de grande culture démocratique, d’esprit de service, de souci de vérité, de vision prospective pour l’amélioration des conditions de vie des populations, en excluant toute diatribe inutile à l’égard de leurs adversaires et toutes promesses démagogiques en direction des populations.
Aux électeurs, nous demandons de prêter une oreille attentive aux discours de tous les candidats, de les soumettre à l’examen critique de leurs programmes ainsi qu’au discernement selon la Parole de Dieu. Celle-ci nous oriente sur le chemin de la paix, par la promotion de la justice, de la solidarité et de la réconciliation.
A tous les détenteurs de cartes d’électeurs, nous demandons d’aller accomplir effectivement leurs devoirs de citoyens quoi qu’il leur en coûte, selon leur seule conscience, librement et en toute responsabilité, affranchis de toute pression morale, matérielle ou financière. Qu’ils portent leur choix sur un dirigeant qu’ils jugent intègre et sincère, un patriote avéré qui ait foi en son pays, une personne enracinée dans les valeurs fondamentales de solidarité, de partage, de générosité, de justice, de paix et soucieuse des vertus morales de vérité, de droiture, de probité, de dignité.
Aux organisateurs de l’élection, aux observateurs et aux arbitres, nous demandons avec insistance, que toutes les dispositions soient prises, à tous les niveaux et à toutes les étapes, pour que le scrutin se déroule d’une manière régulière, libre et transparente, afin que soit évitée toute contestation post-électorale pouvant porter préjudice à la paix sociale.
Face aux grands chantiers qui attendent le Sénégal, ces toutes prochaines années, dans les domaines économique et social, mais aussi dans ceux de la morale et de l’éthique, nous conviendrons que rien ne se fera sans un retour définitif de la paix dans la partie sud du pays, en Casamance, région victime d’un conflit armé depuis trois décennies.
Pour ce faire, nous vous exhortons tous à la prière, et à l’écoute de la Parole de Dieu, mais surtout à mettre celle-ci en pratique. Ainsi éclairés par le Dieu de Paix, nous nous engagerons personnellement et collectivement à bannir toute forme de violence, et à créer les conditions d’une paix juste et véritable. La paix est toujours une tâche qui incombe à notre responsabilité, et sa construction nous engage tous. La prière seule ne suffit pas ! Ce sont et la prière et notre détermination à marcher sur les chemins du droit, de la vérité et de la justice, qui garderont notre pays en paix avec le secours de Dieu.
Assurément, si nous nous convertissons, et si nous nous appliquons à faire la volonté de Dieu, Dieu nous bénira. Il nous aidera à choisir le meilleur Chef d’Etat qui fera, avec tout le peuple, prospérer le Sénégal.
Tel est l’objet de notre prière que nous continuons de confier à Marie, Notre Dame de Poponguine, Reine du Sénégal.
« Notre Dame de Poponguine, Mère du Christ et Mère des hommes, obtiens de Dieu pour nous et pour ceux qui sont appelés à nous gouverner, la lumière et la force nécessaires à la promotion de la paix, de la prospérité et de la justice, ainsi que la concorde à l’intérieur du Sénégal et l’entente avec les autres peuples. Amen ! »

Fait à Mbour, le 11 janvier 2012

Les évêques du Sénégal

Card. Théodore Adrien SARR, Archevêque de Dakar
Mgr Jean Noël DIOUF, Evêque de Tambacounda
Mgr Jean Pierre BASSENE, Evêque de Kolda
Mgr Benjamin NDIAYE, Evêque de Kaolack
Mgr Ernest SAMBOU, Evêque de Saint Louis
Mgr Paul Abel MAMBA, Administrateur Apostolique de Ziguinchor
Mgr Alexandre MBENGUE, Administrateur Apostolique de Thiès(See attached file: Message des évêques du Sénégal a l’occasion de l’élection présidentielle de février 2012.doc)

Aux candidats déclarés, les évêques les incitent à «faire preuve de grande culture démocratique, d’esprit de service, de souci de vérité, de vision prospective pour l’amélioration des conditions de vie des populations en excluant toute diatribe inutile à l’égard de leurs adversaires et toutes promesses démagogiques en direction des populations».

En marge de leur face à face avec la presse, les évêques ont évoqué dix commandements à l’intention de tout électeur.
De prime abord, l’électeur doit voter selon sa conscience. Il doit respecter le choix des autres citoyens. Il doit chercher à mieux connaître chacun des candidats en vérifiant s’il est honnête, juste compétent, capable de gérer la nation pour le bien de tous.

L’électeur doit chercher à connaître les solutions que chaque candidat entend apporter aux problèmes des Sénégalais. Il ne doit pas vendre son vote pour un sac de riz, du sucre ou de l’argent. Il ne choisira pas les candidats qui prônent la violence ou menacent les autres. Il n’élira pas de candidats corruptibles, corrompus ou corrupteurs. Il ne choisira pas un candidat simplement à cause de sa religion, de son ethnie, de son appartenance familiale ou de sa popularité. L’électeur choisira le candidat qui est plus respectueux des valeurs morales. Il choisira le candidat qui aime le plus son pays et qui est déterminé à le servir et non à s‘en servir.

 

L’Arizona, « capitale » de « la colère,la haine, l’intolérance »

09 jan

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LEMONDE.FR | 09.01.11 | Mis à jour le 09.01.11 | 12h05

La police ignore encore les raisons derrière la fusillade visant l’élue démocrate Gabrielle Giffords, qui a coûté la vie à six personnes samedi à Tucson. Il se pourrait même qu’elle ne soit pas de nature politique. Mais elle intervient dans un climat lourd depuis plusieurs mois dans l’Etat d’Arizona, où une loi controversée sur l’immigration et la réforme de l’assurance-maladie ont exacerbé les tensions.

Lors des élections de mi-mandat, en novembre, Mme Giffords avait gardé son siège après une bataille particulièrement âpre contre un candidat républicain issu du Tea Party. Alfredo Gutierrez, un ancien élu du Parlement d’Arizona, estime que le combat électoral « n’avait jamais été aussi enflammé » dans son Etat.

L’Arizona est un des Etats américains où les lois sur le contrôle des armes à feu sont parmi les plus laxistes. Conséquence, selon Alfredo Gutierrez, « le nombre d’armes et le nombre de gens furieux qui y ont accès est ahurissant ». Le Washington Post signale ainsi qu’un homme avait déjà apporté une arme lors d’une réunion publique similaire de Mme Giffords en août dernier.

« HAUT-LIEU DES PRÉJUGÉS ET DE L’INTOLÉRANCE »

Clarence Dupnik, shérif du comté de Pima, est en charge de l’enquête après la fusillade. Devant la presse, samedi, il a fustigé le climat violent et la rhétorique incendiaire qui existent actuellement en Arizona, dénonçant « le vitriol qui sort de certaines bouches pour appeler à démolir le gouvernement ». « Malheureusement, je pense que l’Arizona est devenu une sorte de capitale » de « la colère, la haine, l’intolérance », a-t-il lancé. « Nous sommes devenus le haut-lieu des préjugés et de l’intolérance ».

Gabrielle Giffords avait déjà été pointée du doigt pour son soutien à la réforme de l’assurance-maladie. Elle faisait partie d’élus qui avaient recensé 42 actes de vandalisme ou de menaces dans les trois premiers mois de 2010, au moment où la réforme était débattue. La quasi-totalité de ces actes étaient liés, de près ou de loin, au dossier de l’assurance-maladie. En mars, des vitres de sa maison à Tucson avaient été brisées par des inconnus à peine quelques heures après l’adoption de la réforme.

Lors d’une interview à la chaîne MSNBC en mars, Gabrielle Giffords avait dénoncé les déclarations virulentes à son encontre en provenance du camp républicain. Elle a notamment évoqué une carte diffusée par l’ancienne candidate à la vice-présidence, Sarah Palin. Cette carte, établie par son Comité d’action politique (PAC), montrait une Amérique émaillée de viseurs de fusils. Chaque viseur désignait une circonscription que le camp Palin souhaitait conquérir. La 8e circonscription de l’Arizona, celle de Gabrielle Giffords, était « visée ».

« Quand les gens font ce genre de choses, ils doivent se rendre compte que ces actes ont des conséquences », avait-elle alors déclaré. Samedi, Sarah Palin a présenté ses condoléances aux victimes, condamnant l’attaque sur sa page Facebook.