UN QUART DE SIÈCLE SOUS LE SOUFFLE DE L’AFRIQUE

Une légende vivanteLes 25 ans du festival international Nuits d’Afrique.
Du mardi 12 au dimanche 24 juillet 2011.

25e édition du Festival international Nuits d’Afrique
Première partie du 12 au 18 juillet 2011.
Sous le thème « Un quart de siècle de musique du monde», la 25e édition du Festival international Nuits d’Afrique a pris son élan ce mardi, 12 juillet 2011, pour treize jours de célébrations ! Cette 25e édition sera un clin d’œil aux grands moments de ces 25 dernières années, mais aussi une mise en vie de cette coutume d’innovation qui fait la force de l’événement. Tradition, audace, renouveau et affirmation culturelle sont les mots clés de cette édition exceptionnelle, où seront présentés 57 concerts d’artistes issus de 32 pays !

1. Van Merwijks Music Machine & Manou Gallo
Mardi, 12 Juillet, 2011 – 20:00, Cabaret du Mile End.

Si Lucas Van Merwijks n’avait pas été l’un des meilleurs batteurs de sa génération, gageons qu’il aurait été chercheur, tant sa prolifique carrière musicale est marquée par l’expérience. Sur scène avec le percussionniste Aly N’Diaye Rose, fils du célèbre Doudou N’Diaye Rose, lui et l’incomparable bassiste, guitariste, percussionniste et auteure ivoirienne Manou Gallo, ex- Zap Mama, explorent leurs racines et partent à la découverte de nouveaux territoires sonores. Une expérience de continuelle invention qui est à l’avant-garde de la musique métissée en son tissu profond, celui de la culture transmise et des références artistiques de ceux et celles qui la crée.

Lucas Van Merwijks
Pays-Bas

Né aux Pays-Bas en 1961, Lucas Van Merwijk est attiré par la batterie dès sa plus tendre enfance. Il commence son apprentissage alors qu’il n’a que 9 ans. Parvenu à l’âge adulte, il étudie durant deux ans au Sweelinck Conservatorium d’Amsterdam et, en parallèle, se lance dans une carrière professionnelle sur les scènes salsa et jazz néerlandaises. De 1984 à 1987, il joue dans l’orchestre de Henri Guedon, à Paris et, à partir de 1985, passe sept ans dans le Future Shock de Maarten van Norden.

Dans les années 1980, il avait perfectionné sa technique des percussions afro-cubaines en suivant un cours donné par Oscarito Valdes, à Cuba. Il renouvellera cette expérience en 1992. Depuis le début de sa carrière, il a joué avec de nombreux groupes et artistes européens, notamment le fameux Nueva Manteca depuis 1987. Trois ans plus tard, il se lance dans l’aventure du trio Sticks & Strings, devenu depuis le Trio Amuedo, van Merwijk, Vierdag, et enregistre en 1992 l’album Uru puis un autre Jamfever en 1997. Avec ces formations, il enchaîne les tournées dans le monde entier. En 1997, il crée, en outre, le label Tam Tam Records.

Il est actuellement à la tête de quatre groupes différents: le Cubop City Big Band (depuis 1995), Drumix! avec Aly N’Diaye Rose (depuis 2000), l’orchestre de percussions du monde Drums United (depuis 2000) et Music Machine. Ce dernier est une formation à géométrie variable qui lui permet de multiplier les collaborations. C’est dans ce cadre qu’il joue aujourd’hui avec Manou Gallo. Avec le Cubop City Big Band, il a sorti les albums Machito Project (1995), Moré and More (1997), Arsenio (2002) et Que sensación (2008), avec Drumix! l’album éponyme en 2000 et, avec Drums United, le DVD World of Rythm (2006).

Par ailleurs, il est professeur de batterie et de percussions au département Musiques du monde du conservatoire CODARTS de Rotterdam et au département de jazz au conservatoire d’Amsterdam depuis 1987. L’ensemble de ces expériences lui permet d’avoir un style bien à lui, mélange d’influences cubaines, brésiliennes, et nord-américaines qui fait sa notoriété dans le monde musical ; tout cela est lié par le génie musical africain, raison de sa présence au vingt-cinquième du Festival international Nuits d’Afrique, à Montréal.

Manou Gallo
Côte d’Ivoire

Née en 1972, Manou Gallo est originaire de Divo, en Côte d’Ivoire, mais de racines sénégalaises, comme son nom le dit si bien. Très tôt, elle s’intéresse au monde du spectacle. À 12 ans, elle monte sur scène pour la première fois pour jouer une pièce de théâtre musicale avec d’autres enfants au sein du groupe Woya. Durant des années, on parlera de ce spectacle dans toute l‘Afrique de l‘Ouest. Jusqu’en 1989, la troupe fait en effet des tournées régulières au Burkina Faso, au Bénin, au Togo et au Mali et enregistre quatre albums.

En 1990, Woya est dissout et Manou part alors à Abidjan où elle apprend à jouer de la basse. Trois ans plus tard, elle parfait ses connaissances dans le village artistique de Ki-Yi-Mbock où elle s‘initie à la danse, au théâtre et où elle participe à l‘enregistrement d‘un disque produit par Ray Lema. En 1997, elle est appelée par Michel De Bock, tour manager du groupe Zap Mama, pour intégrer le groupe en tant que bassiste. Elle débarque en Belgique et intègre l’aventure Zap Mama qu’elle ne quittera plus durant six ans. Elle prend part aussi à l’aventure des Tambours de Brazza. Elle découvre l’Europe, le mélange des cultures, l’ouverture des Bruxellois… Elle se met également plus intensément aux percussions, un instrument traditionnellement réservé aux hommes.

Durant cette période, elle écrit en français, en anglais et en dida, sa langue maternelle, preuve de ce mélange quotidien dans lequel elle vit. Elle les met en musique, sur des rythmes qui viennent de son pays natal, mêlés à ceux qu’elle a connus sur son chemin depuis le début de sa carrière. En 2001, elle crée son propre groupe, avec des amis musiciens, sous le nom du Djiboi. Leur premier disque, Dida, est sorti en 2005, suivi de Manou Gallo en 2007, puis Lowlin en 2010. Elle est nommée Révélation Coup de cœur Francophone en 2009.

La profondeur de la voix de Manou Gallo sur des musiques chaudes se fait entendre ainsi au-delà des frontières, un rêve qu’elle n’aurait sans doute pas osé, une folie devenue réalité.

2. Manu Dibango Mercredi 13 juillet 2011(20h30)
au Métropolis de Montréal, en première, Marianne Aya Omac.

Manu Dibango, l’une des vedettes africaines de la musique, l’un des grands saxophonistes actuels, est un artiste incontournable. C’est une bête de scène à la bonne humeur communicative. Le concept même de musique du monde lui doit beaucoup. A 78 ans, Manu Dibango, le plus grand saxophoniste africain et, surtout, l’un des pères fondateurs d’une musique africaine moderne, ouverte sur le jazz, le rythme & blues, la salsa, le gospel, le funk, et le reggae, conserve de manière exemplaire son dynamisme.

Né en 1933 à Douala, au Cameroun, il chante dans la chorale que dirige sa mère mais cela est, pour lui, du pur amusement. Il débarque en France alors qu’il a 15 ans pour poursuivre ses études. À ce moment-là, il ne connaît encore rien (ou presque) au jazz, rien non plus au saxophone. Le virus ne l’a pas encore atteint. Deux années passent avant qu’il ne découvre ce qui fera sa vie : le saxophone. Rapidement, il se produit dans des clubs… au grand dam de son père.

La suite de ses pérégrinations le mène en Belgique où il se fond dans la communauté congolaise. Au début des années 1960, le chanteur Kabasele, venu tout droit de Kinshasa, l’embauche dans son groupe, l‘African Jazz. Il enregistre de nombreux disques avec eux et entreprend des tournées à répétition. Quelques années plus tard, il fonde son propre orchestre et développe un style bien à lui, des sons uniques.

En 1972, sort un 45-tours dont la face B va devenir l’un des plus grands tube africain de tous les temps : Soul Makossa, vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde, véritable hit aux États-Unis et réutilisé depuis par Michael Jackson et Rihanna, entre autres. La « word music » est née.

Dans les années 1970 et 1980, Manu Dibango enregistre de nombreux albums, mélanges de jazz et de musiques africaines, parmi lesquels ‘Super Kumba’ (1974), ‘Africadelic’ (1975), ‘Mélodies africaines’ (1983), puis des opus afro-électro-funk dont ‘Abele Dance’ (1984). Enchaînant tournées et enregistrements, Manu Dibango n’oublie pas d’où il vient et s’engage régulièrement pour défendre les causes chères aux Africaines et aux Africains. Celui qui ne cesse de jeter des ponts entre les continents et les genres musicaux a produit depuis le début de sa carrière plus de trente disques, dont ‘Manu Dibango joue Sidney Bechet’ en mars 2007.

Manu Dibango, personnage clé de la fin du XXe siècle est au moins autant journaliste, anthropologue ou philosophe, que musicien. Sans lui, la « world » aurait sans doute fini par exister : mais au moins cinquante ans plus tard !

Depuis plus de trente albums studios ont suivi, parmi lesquels Gone Clear (1979), Ambassador (1981), Wakafrika (1994), Lamastabastani (1995) ou B Sides (2002). Il a également composé des musiques de films comme Kirikou ou les bêtes sauvages ou Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer.

Manu Dibango, c’est la mémoire de la musique africaine et de la sono mondiale. Il a joué aux quatre coins du monde avec les plus grands. Il est lui-même devenu une des figures les plus prestigieuses du jazz et du continent africain.

Chaque dimanche, avec la complicité de « Robert Tito » (Robert Brazza), Manu nous entraîne dans son monde, nous raconte son histoire qui s’écrit aujourd’hui encore à travers la planète, là où il promène son saxophone toujours et encore. Manu sur AFRICA N°1, ce sont aussi ses amis qui viennent lui rendre visite en studio comme à un vieux frère.

Spécialiste des mélanges de genres, Manu Dibango prend encore aujourd’hui un malin plaisir à brouiller les pistes, à croiser les influences, à s’imprégner de musiques variées, pour mieux surprendre et embarquer le public dans un voyage inoubliable.

Marianne Aya Omac, en lever de rideau de Manu
France

Marianne Aya Omac, c’est une auteure, une compositrice et une guitariste mais aussi une voix, puissante, chaleureuse, diverse qui attire l’oreille. Et mieux vaut avoir ce don lorsque l’on joue pendant six ans, 300 jours par an dans les rues de Montpellier. C’est comme ça que Marianne Aya Omac a commencé sa carrière d’artiste, se forgeant un public à l’énergie.

Parallèlement, Marianne rejoint la Gospelize-it Mass Choir, chorale gospel amatrice. Elle y apprend les techniques du gospel, l’implication du corps et de l’esprit dans la musique. Durant ces années, elle voyage souvent en Amérique latine et vit, en outre, dans le quartier gitan de Montpellier. Un cocktail qui lui permet d’avancer également dans le domaine des musiques latines et gitanes.

Grâce à ce parcours éclectique, elle se lance dans la création de son groupe en 1997, Ginkobiloba. Avec cette formation, elle enregistre deux albums, Pachamama (1999) et Mamacita (2002), et donne de nombreux concerts. Le succès est au rendez-vous, le public bien présent et pourtant, Marianne ne veut pas s’arrêter là. Elle choisit en 2005 de laisser le groupe et de se lancer dans une nouvelle aventure. Une double aventure.

En octobre 2004 et en janvier 2005, elle crée respectivement le Chœur de la Buèges et le Chœur de la Garrigue, deux chœurs de gospel, composé chacun de plusieurs dizaines de choristes. Parfois les deux chœurs se retrouvent pour donner des concerts en commun sous le nom de Grand Chœur de la Garrigue, mais chacun avance sur son chemin. Ils font ainsi la première partie de personnalités des « musiques du monde », Salif Keita, Idir, Souad Massi, Compay Segundo… Trois ans après la fin de “Ginkobiloba”, elle sort son premier album Be my witness en 2008. À Montréal, elle s’est fait connaître et aime y jouer, la communauté des es fans se développe avec enthousiasme.

Aujourd’hui, Marianne Aya Omac se produit sous son propre nom, en solo. Qu’elle chante en anglais, en français ou en espagnol, son énergie reste la même, sans artifices et sans détours, avec une voix toujours aussi présente et des textes plein d‘humanisme. Elle a lancé son dernier album le 5 juillet 2001 sous l’étiquette des Disques Nuits d’Afrique.

3. ZAL SISSOKHO, MANSA SISSOKO & MAMADOU KOÏTA, RENCONTRE AU SOMMET
Jeudi 14 juillet, 21 h 00 au Club Balattou

Glissant leurs doigts agiles sur les 21 cordes de leurs koras, Zal Idrissa Sissokho et Mansa Sissoko ont embrassé la destinée que leur confère leur statut de griot. Accompagnés au balafon de Mamadou Koïta, lui aussi griot, ils portent fièrement les trésors de la civilisation mandingue à travers le monde. L’Empire mandingue, c’est le titre que Zal Idrissa Sissokho a choisi pour cette soirée à ne pas manquer. Au cœur des traditions et au faite de la modernité, les héritiers de la culture mandingue que sont ces trois virtuoses professionnels de haut niveau, offrent aux Montréalaises et aux Montréalais, une soirée riche en mélodies, en créativité et surtout, très particulière. À trois, ils mettent en commun leur trésor harmonique et leur savoir historique, leur génie culturel, leurs valeurs sociales et leurs dimensions humaines d’envergure, combinés en une commune complicité faite de respect artistique entre eux, de science solide apprise dans l’immense conservatoire ancestral. Une invitation à découvrir l’ouest africain, son héritage commun, sa culture millénaire, mais aussi sa vitalité et sa joie de vivre. Une seule et suprême rencontre à laquelle vous devez participer, un privilège que nous vous souhaitons de connaître.

Mamadou koïta, Musicien virtuose du Burkina Faso

Balafoniste, percussionniste (djembé, doundoun, bara, tama), joueur de n’goni (instrument traditionnel africain s’apparentant à la guitare ou à la harpe), chanteur et auteur-compositeur, Mamadou Koïta est un musicien virtuose originaire du Burkina Faso. Il est né et a grandi dans l’univers musical des griots de l’ethnie Bwaba. Les griots sont une caste de poètes et de musiciens dépositaires de la tradition orale en Afrique de l’Ouest. Comme dans la famille de Toumani Diabaté, la famille Koïta pratique l’une des plus grandes traditions musicales du monde : la musique mandingue.

Parcours impressionnant.

Originaire du village de Djibasso au Burkina Faso, Mamadou Koïta est entraîné très tôt par les flots de la musique, puisqu’il vient d’une famille de griots. À l’âge de cinq ans déjà, les groupes d’animation musicale attiraient plus Mamadou que les terrains de football et autres jeux d’enfance. C’est cinq ans plus tard, en 1992, que la musique s’impose véritablement à Mamadou. En effet, le jeune artiste sait désormais accompagner ses frères à presque tous les instruments traditionnels : le djembé, le bara, le doundoun, le n’goni, le tama et le balafon qu’il a appris de ses parents et amis. Conscient que son destin ne se trouve nulle part ailleurs que dans la musique, Mamadou décide véritablement de tout laisser tomber pour se consacrer à la musique. En 2002, Il déménage alors à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Il intègre Sinia Sigui, la troupe familiale, de même que la troupe Zimawe du Kadiogo et le groupe Les Frères Diarra, autant de groupes avec lesquels il participe à une série d’animations et de concerts en Afrique, mais aussi en France et en Suisse. Après une participation remarquée en 2002 aux éliminatoires de la Semaine Nationale de la Culture où il remporte avec son groupe Sinia Sigui la 2e place dans la catégorie Musique traditionnelle Instrumentale, Mamadou Koïta est déjà considéré comme le meilleur percussionniste de sa génération.

En 2004, Mamadou fait ses premiers pas sur une plateforme internationale, puisqu’il est choisi pour participer à une animation avec le célèbre musicien burkinabé Adama Dramé lors de l’ouverture du Sommet de la Francophonie au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou. En 2005, Mamadou et son groupe Sinia Sigui montent un projet d’échange culturel entre le Burkina et la France qui mènera à la création du Festival des Musiques d’ici et d’ailleurs. Mamadou et Sinia Sigui participent également à la deuxième phase du projet réalisée en 2006 à Cergy. Dès 2005 et au cours de 2006, en plus des spectacles auxquels il participe avec ses différents groupes, Mamadou participe au Festival de contes et musique du Niger et part également quelques temps au Ghana pour donner des stages de djembé. Il prend part également en 2006 au lancement de l’album Lafila Boumfan d’Ibrahim Keita. Une autre collaboration musicale voit le jour en 2008 avec des membres du groupe français « La Roulette Rustre ». De cette collaboration naîtront l’album « Tiiga fato » et une tournée de la troupe au Burkina Faso en 2010.

Mansa Sissoko
Mali, Québec

Mansa Sissoko est originaire de Baleya, au Mali. Ses parents, tous deux griots, chantent et content les histoires familiales lors des grands événements. Il se met à la kora alors qu’il a 15 ans. Il n’y est pas initié par son père, qui ne joue pas de cet instrument, mais par ses cousins. Ceux-ci ne sont pas des débutants : ils font partie des familles de Toumani Diabaté et Ballaké Sissoko, des maîtres de la kora en Afrique de l’ouest.

A partir des années 90, il mène une carrière de koriste en Afrique, en France et au Canada, il participe à divers albums, notamment pour Habib Koité et Tiken Jah Fakoly, et parcourt le Mali pour chanter et jouer. En 2004, Mansa enregistre à Bamako l’album N’tomi, accompagné du groupe Kabarata. Il y interprète ses compositions ainsi que des pièces inspirées du répertoire traditionnel mandingue. C’est ainsi qu’il devient le personnage principal du documentaire de Bay Weyman, Road to Baleya, sorti en 2008. Ce film montre Mansa Sissoko de retour dans son village natal en compagnie de plusieurs musiciens canadiens. Une illustration des ponts entre les peuples que permet la musique, une métaphore de la rencontre entre Mansa Sissoko, le Malien, et Jayme Stone, le Canadien joueur de banjo.

Ce dernier, impressionné par la connaissance musicale de Mansa, décide de s’intéresser davantage aux musiques d’Afrique de l’ouest et de le rejoindre au Mali, afin d’apprendre les rythmes et les mélodies traditionnelles guidé par une « encyclopédie vivante », comme il le surnomme. Le voyage de plusieurs mois a lieu en 2007. Jayme reste au Mali plusieurs mois en compagnie de Mansa et les deux musiciens concoctent ainsi un bijou de musique africano-occidentale, Africa to Appalachia, Juno (prix musical canadien) dans la catégorie « Musique du monde » en 2009 et meilleur groupe de musique du monde aux Canadian Folk Music Awards la même année.

Zal Idrissa Sissokho, ambassadeur de la culture
Sénégal, Québec

L’un de ses ancêtres fut le premier joueur de kora de l’histoire et son frère, Younoussa, fut dans les années 1980, le premier griot à venir s’installer au Québec. Au Sénégal, la famille des Sissokho est l’une des plus importantes représentantes des griots, ceux qui transmettent oralement l’histoire du peuple mandingue depuis des siècles. Bref, Zal Idrissa Sissokho était prédestiné à chanter et à jouer de la kora.

Né au Sénégal, il joue de la musique depuis ses 11 ans. Très tôt également, il chante et compose en mandingue et en wolof des chansons inspirées du répertoire ouest-africain. Il perfectionne sa pratique de la kora sous la férule d’un des maîtres de l’instrument, Toumani Kouyaté, puis accompagne l’auteur compositeur sénégalais El Hadj N’Diaye.

Il embarque pour le Québec à la fin des années 1990 et y joue notamment avec les frères Diouf, Richard Séguin, le Montréal Jubilation Choir, Corneille, Monica Freire, Lilison, IKS, Muna Mingolé, Alpha Yaya Diallo… Il fait sonner son instrument également pour des musiques de films dont Un dimanche à Kigali de Robert Favreau. À Las Vegas, il participe au spectacle « O » du Cirque du Soleil.

En 2004, il fonde son propre groupe, nommé Buntalo. Il s’entoure pour cela de musiciens montréalais originaires d’Afrique de l’Ouest : Aboulaye Koné à la guitare, David Mobio au clavier, Manu Pelé à la basse et Thomas Niamke Ehui à la batterie. Leur répertoire est composé de créations originales de Zal Idrissa Sissokho et de Manu Pelé ainsi que de pièces classiques mandingues, qu’il chante en malinké et en wolof. Une large palette permettant de faire cohabiter tradition et modernité. En 2007, plusieurs de ses chansons apparaissent sur la compilation du festival international Nuits d’Afrique. Un avant-goût prometteur d’un album complet qui ne tardera pas…

Ambassadeur, médiateur, tel est aujourd’hui, au sein de notre vie sociale et culturelle canadienne, québécoise et montréalaise, Zal Idrissa Sissokho. Pour lui, « l’artiste peut faire passer des messages parce qu’il a une tribune lors des spectacles. Parce qu’il parle de manière sensible, il a la possibilité de toucher les gens et de les faire réfléchir sur ce qui se passe autour d’eux. Contrairement au politicien qui a un intérêt partisan, l’artiste est libre d’offrir son opinion aux spectateurs, par ses paroles et sa musique. »

En février 2008, Zal bénéficie d’une belle reconnaissance : il reçoit le prix OQAJ-Rideau des Amériques décerné pour l’excellence de sa performance, la générosité de sa présence sur scène et pour la beauté de ses métissages musicaux. Il sort son premier album, tant attendu, dans la foulée. Il s’intitule Silaba (« la grande route »). Cet hommage aux ancêtres présente son inestimable héritage musical et retrace la « grande route » que Zal a parcourue depuis ses débuts au Sénégal. Souvent au Brésil depuis trois ans surtout, Zal s’est imposé à force de travail, mais surtout grâce à une éthique remarquable et des valeurs, dont l’honnêteté et la détermination, qui font sa notoriété artistique et expliquent le respect qu’il sème sur son parcours, tant dans le milieu des arts que dans la société en général.

4. Christine Atallah, reine et magicienne
Dimanche 17 juillet à 21 h 00 au Club Balattou

Christine Atallah porte les mélodies, les rythmes et joue avec des instruments aux accents mélangés qui produisent une sonorité suave, élégante et d’une présence amicale. Créations qui nous portent, qui initient des mouvements et des nuances inédites. Elle crée une musique en myriades d’Est en Ouest, met en valeur des chants des profondeurs et imprègne de lueurs légères et nouvelles un monde de vibrations pour le siècle.

Voix du présent et du futur, Christine Atallah ouvre des horizons de fraîcheur, crée entre la musique classique et les musiques aux rythmes mélodiques du monde, un pont de force et de douceur. Christine Atallah, grâce à sa voix des mille et un charmes aux accents de sarabandes de reine et majestueuse magicienne, avec les tempos latins et les éclats arabo-jazzés, envoûtants cantiques pour le bonheur et la paix de l’humanité, est la star d’envergure que toutes et tous souhaitent sur la planète des arts et de la culture universels.

Nommée la diva rebelle, cette auteure compositrice replongera dans ses racines Libanaises pour vous offrir un concert extravagant et exotique. Des musiciens orientaux se joindront aux instrumentalistes occidentaux dans des pièces en français, arabe, espagnol et anglais. Vous vous envolerez sur un tapis volant tamisé d’instruments qui existent depuis l’aube de la civilisation.

Née dans une famille conservatrice, Christine Atallah a dû lutter pour pratiquer sa passion, le chant. Bien décidée pourtant à continuer sur cette voie, elle parvient à devenir soliste dans plusieurs chorales et est alors remarquée par Margaret Khalil, chanteuse du Metropolitan Opera de New York. Celle-ci lui propose de lui donner des cours. C’est le début d’une grande histoire…

Elle décroche une bourse pour continuer son apprentissage à Milan et a alors l’opportunité de chanter dans Aida de Verdi, un spectacle donné dans les grands stades du monde. Suivent plusieurs engagements au cinéma et sur la scène internationale. Elle interprète notamment la bande originale de Jésus de Montréal, de Denys Arcand.

Dans ces années, une alliance musicale se forge avec le compositeur canadien John Winiarz. Depuis leur rencontre, Christine a inspiré et interprété plus de douze de ses œuvres, dont plusieurs premières mondiales. Par ailleurs, elle étudie et danse avec Gabrielle Taylor du Mahattan Motion Dance à Broadway. Une expérience qui fait de Christine une interprète accomplie.

En 2003, elle fonde le groupe Les Bassalindos avec François Lalonde (batterie), Mathieu Tessier et Danny McLaughlin (guitares). Leur musique est un mélange cosmopolite où l’on retrouve l’Occident et l’Orient, combinés avec des éléments latinos, jazz et arabes, une musique où se mêlent le oud, les violons, les percussions arabes, la batterie, les cuivres, les guitares… La majeure partie de leur répertoire est signée Christine Atallah et Danny McLaughlin. Leur premier album, Escapades, sort en 2006 avec la participation de divers artistes comme Jésus EL Niño Perez, Roberto Torres, Oscar D’Leon, Ricardo Lemvo, Hussein El-Emam…

Seule ou accompagnée, Christine Atallah utilise le velours de sa voix, en anglais, en français, en arabe, en espagnol et en italien, pour emmener son public dans un voyage doux et envoutant. Personnalité forte et artiste de talent, elle tisse, au fil des concerts et des créations, un univers si créatif et ouvre des horizons capables, un jour, d’offrir au monde un florilège musical d’une ampleur universel.

5. Zoutenn de Mondélé, artiste de la perfection
Lundi, 18 Juillet, 2011 – 21:00 Club Balattou

Des accords de guitares délicats, une voie douce, entre agréable torpeur et mélancolie satinée… On pense voyage, on pense enfance, on pense paix et humanité… Les mélodies intimistes de ce jeune auteur, compositeur et interprète, finaliste l’an dernier du Prix de la diversité du Conseil des arts de Montréal, rappellent un peu celles de Lokua Kanza.

Zoutenn de Mondélé est né à Bangui en République centrafricaine. Très jeune, il se découvre un goût pour la musique. Au début, il apprend seul, découvre divers instruments en autodidacte complet. Adolescent, il passe des concours, participe à des événements culturels puis se forme finalement à la musique en suivant des cours, afin de se construire une base musicale et instrumentale plus solide. En 2003, il part étudier l’informatique à Dakar. Et il en profite pour s’inscrire à l’École nationale des arts. Il enregistre une première maquette de ses chansons en 2005. Sa musique transpire de ses racines artistiques et culturelles, qu’il sait manier et agencer avec élégance.

En 2008, il continue son voyage vers l’ouest… et s’installe à Montréal. Là, il s’initie à la guitare jazz et se plonge entièrement dans un milieu musical vraiment métissé où se mélangent allégrement les origines et les styles. C’est ainsi, porté par ce bouillonnement d’influences, qu’il se lance sur la scène montréalaise. En 2010, il accède à la finale du Prix de la Diversité du Conseil des arts de Montréal, choisi parmi 40 candidats.

Cette même année, sort son album intitulé Ngba na mabé. Cet opus révèle la maturité atteinte par Zoutenn de Mondélé qui se nourrit de toutes ses expériences musicales, qui est avide de découvertes et gourmand de mixité culturelle. Il est habité par le désir de la perfection sans cesse renouvelé et ne cesse de se perfectionner. L’année 2010 s’est achevée en outre par la formation d’un groupe avec le percussionniste Sadio Sissokho et le multi-instrumentiste Derek Harrison et la création du spectacle De Chœur à cœur. Soyez attentifs, il vous réserve de nombreuses surprises.

Yves ALAVO

Pour la programmation de l’édition du 25e anniversaire du FINA :
http://www.festivalnuitsdafrique.com/

CONSULAT GÉNÉRAL DE LA RÉPUBLIQUE D’HAITI

Pour diffusion immédiate

Montréal, le 11 janvier 2011.– Le Consulat général d’Haïti à Montréal  informe que le gouvernement haïtien a décrété le 12 janvier jour du souvenir et  de recueillement  en mémoire des victimes du séisme de janvier 2010. En conséquence, plusieurs dispositions  ont été adoptées telles que:

  • Mise en berne du drapeau haïtien
  • Port de brassard ou de bouton noir
  • Observation de 35 secondes de silence ce mercredi  12 janvier 2011 à 4h53 p.m. (16h53) par toute la population haïtienne.

A cet effet, les bureaux du consulat seront fermés au public en signe de souvenir et de recueillement.

Le ministère des haïtiens vivant à l’étranger invite tous les compatriotes vivant à l’extérieur  à adopter des mesures similaires.  En ce sens, le consulat  encourage les stations de radios communautaires à diffuser des musiques de circonstance en vue de créer une ambiance et une atmosphère de méditation et de souvenir.

Le Consulat général d’Haïti à Montréal salue la mémoire de nos nombreuses victimes tout en pensant à plusieurs de ces amis étrangers, particulièrement les québécois qui ont péri lors de cette catastrophe.

-30 –

Contact :

Marie-Émile MARTINEAU

Vice consule

Affaires culturelles & Communication

emartineau@haiti-motreal.org

514-499-1919 poste 228

Algérie : le gouvernement baisse les prix de l’huile et du sucre pour calmer les tensions

Le gouvernement algérien a décidé, samedi 8 janvier, de supprimer temporairement certaines taxes sur le sucre et l’huile alimentaire, dans l’espoir d’enrayer la hausse des prix et les manifestations dans plusieurs villes d’Algérie. Depuis mercredi, le pays est en proie à de violentes émeutes déclenchées par un taux de chômage élevé et une hausse récente des prix des produits alimentaires de base. Au moins trois personnes ont été tuées et 800 autres blessées dans les manifestations, selon un bilan gouvernemental. Le ministère de l’intérieur fait état de plus d’un millier d’arrestations.
Cetet première réponse de l’exécutif algérien prend la forme d’une exonération de 41 % des charges imposées aux importateurs, producteurs et distributeurs d’huile et de sucre. Ces mesures, applicables rétroactivement depuis le 1er janvier jusqu’au 31 août 2011, sont destinées à « faire face à la hausse subite des prix de certains produits alimentaires de base », selon le gouvernement. Les prix de la farine, du sucre et de l’huile alimentaire ont doublé ces derniers mois pour atteindre des niveaux record. Le kilo de sucre, qui valait 70 dinars il y a quelques mois, en coûte désormais 150.

Pour que ces mesures soient effectives, il faut désormais que la baisse soit répercutée sur les prix à la consommation. Le gouvernement précise qu’il « attend des producteurs et des distributeurs d’en répercuter en urgence les effets sur les prix ». Concernant la farine, Alger ne modifiera pas le prix du blé qu’il fournit aux minoteries mais augmentera les quotas de blé tendre.

Samedi, la tension était encore palpable à Alger, même si aucun incident n’a été signalé dans la nuit. En revanche, de nouvelles émeutes ont eu lieu en Kabylie, à l’est d’Alger, notamment à Tizi Ouzou et à Béjaïa, ainsi qu’à Annaba, rapportent des témoins interrogés par ReutersPour plus de justice et une meilleure répartition de la richesse

L’Arizona, « capitale » de « la colère,la haine, l’intolérance »

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LEMONDE.FR | 09.01.11 | Mis à jour le 09.01.11 | 12h05

La police ignore encore les raisons derrière la fusillade visant l’élue démocrate Gabrielle Giffords, qui a coûté la vie à six personnes samedi à Tucson. Il se pourrait même qu’elle ne soit pas de nature politique. Mais elle intervient dans un climat lourd depuis plusieurs mois dans l’Etat d’Arizona, où une loi controversée sur l’immigration et la réforme de l’assurance-maladie ont exacerbé les tensions.

Lors des élections de mi-mandat, en novembre, Mme Giffords avait gardé son siège après une bataille particulièrement âpre contre un candidat républicain issu du Tea Party. Alfredo Gutierrez, un ancien élu du Parlement d’Arizona, estime que le combat électoral « n’avait jamais été aussi enflammé » dans son Etat.

L’Arizona est un des Etats américains où les lois sur le contrôle des armes à feu sont parmi les plus laxistes. Conséquence, selon Alfredo Gutierrez, « le nombre d’armes et le nombre de gens furieux qui y ont accès est ahurissant ». Le Washington Post signale ainsi qu’un homme avait déjà apporté une arme lors d’une réunion publique similaire de Mme Giffords en août dernier.

« HAUT-LIEU DES PRÉJUGÉS ET DE L’INTOLÉRANCE »

Clarence Dupnik, shérif du comté de Pima, est en charge de l’enquête après la fusillade. Devant la presse, samedi, il a fustigé le climat violent et la rhétorique incendiaire qui existent actuellement en Arizona, dénonçant « le vitriol qui sort de certaines bouches pour appeler à démolir le gouvernement ». « Malheureusement, je pense que l’Arizona est devenu une sorte de capitale » de « la colère, la haine, l’intolérance », a-t-il lancé. « Nous sommes devenus le haut-lieu des préjugés et de l’intolérance ».

Gabrielle Giffords avait déjà été pointée du doigt pour son soutien à la réforme de l’assurance-maladie. Elle faisait partie d’élus qui avaient recensé 42 actes de vandalisme ou de menaces dans les trois premiers mois de 2010, au moment où la réforme était débattue. La quasi-totalité de ces actes étaient liés, de près ou de loin, au dossier de l’assurance-maladie. En mars, des vitres de sa maison à Tucson avaient été brisées par des inconnus à peine quelques heures après l’adoption de la réforme.

Lors d’une interview à la chaîne MSNBC en mars, Gabrielle Giffords avait dénoncé les déclarations virulentes à son encontre en provenance du camp républicain. Elle a notamment évoqué une carte diffusée par l’ancienne candidate à la vice-présidence, Sarah Palin. Cette carte, établie par son Comité d’action politique (PAC), montrait une Amérique émaillée de viseurs de fusils. Chaque viseur désignait une circonscription que le camp Palin souhaitait conquérir. La 8e circonscription de l’Arizona, celle de Gabrielle Giffords, était « visée ».

« Quand les gens font ce genre de choses, ils doivent se rendre compte que ces actes ont des conséquences », avait-elle alors déclaré. Samedi, Sarah Palin a présenté ses condoléances aux victimes, condamnant l’attaque sur sa page Facebook.

Sud-Soudan en marche : Vers un nouvel État

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Près de quatre millions de Sud-Soudanais se prononceront, à partir du 9 janvier, pour ou contre leur indépendance. Un référendum chèrement payé par des décennies de guerre qui ont fait deux millions de morts

Fanfare et soldats au garde-à-vous, tapis rouge, haie d’honneur et officiels en tenue, la cérémonie organisée, mardi 4 janvier, sur l’aéroport de Juba, principale ville de la région semi-autonome du Sud-Soudan, avait tous les atours d’une répétition générale. Une répétition avant le jour, qui n’a jamais été aussi proche, où Juba, alors devenue capitale d’un Etat souverain, accueillera des présidents étrangers.

Mardi, le président qui essuyait les plâtres n’a peut-être pas goûté l’ironie de ce faste orchestré par les autorités régionales sud-soudanaises. Omar Al-Bachir, 67 ans, le raïs de Khartoum, l’homme fort du pays depuis 1989, arrivait de la capitale pour une de ses rares visites dans cette région rebelle depuis toujours à son pouvoir, quelques jours seulement avant un référendum qui pourrait bien se solder par la sécession du Sud-Soudan et la création d’un tout nouvel Etat, le 55e du continent africain mais le premier à modifier les frontières tracées à la baïonnette par les anciens colons.

A partir de dimanche 9 janvier, près de quatre millions de Sud-Soudanais se prononceront en effet pour ou contre le maintien de l’unité du Soudan. Pour les observateurs, longtemps sceptiques sur la tenue de cette consultation pour des raisons autant logistiques que politiques, le résultat ne fait aucun doute. La balance penchera lourdement en faveur d’une sécession, un rêve chèrement payé et si longtemps attendu par les quelque 8,5 millions de  » Sudistes « , un cinquième des Soudanais.

Cette victoire attendue et préparée sonnera-t-elle le glas de décennies de guerres entre le Nord, à majorité musulmane, et le Sud, animiste ou chrétien, davantage tourné vers l’Afrique noire ? La tenue du référendum est déjà, en soi, un petit miracle, même s’il était promis à cette date depuis six ans par l’accord de paix globale (CPA). Sur le papier, ce texte historique, signé le 9 janvier 2005, ouvrait la voie vers l’indépendance. Mais, à cette époque, il mettait surtout un terme à la seconde guerre civile soudanaise qui faisait rage depuis 1983, soit plus de vingt ans de tueries jalonnées de deux millions de morts.

Les deux hommes forts du pays, et ennemis irréductibles, avaient alors paraphé le texte. Pour le gouvernement central, ce fut Omar Al-Bachir, à la tête du Soudan depuis son coup d’Etat militaire de 1989. Pour les Sudistes, la plume ne pouvait être tenue que par le général John Garang de Mabior, le chef de la rébellio et son héros.. Le CPA prévoyant également un partage des pouvoirs, en clair une ouverture aux Sudistes tenus depuis toujours – ou presque – à l’écart des affaires du pays, John Garang avait été investi, en juillet 2005, premier vice-président à Khartoum. Trois semaines plus tard, il disparaissait dans un accident d’hélicoptère. Salva Kiir Mayardit, 60 ans, lui succédait et c’est à lui, sans doute, que reviendra l’insigne privilège de déclarer l’indépendance du Sud, le 1er juillet.

Longtemps resté dans l’ombre du charismatique John Garang au sein de l’Armée-Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLA-M), Salva Kiir, un géant barbu au front scarifié, lui aussi issu de l’ethnie dinka, est aussi légitime que son prédécesseur.

Son histoire se confond avec la lutte des Sudistes dans la seconde moitié du XXe siècle. Les armes, Salva Kiir les a prises dès les années 1960, soit peu de temps après l’indépendance de 1956 accordée par le condominium anglo-égyptien qui conduisait aux destinées du Soudan depuis 1899. Il se bat alors au sein de la première rébellion sudiste, l’Anyanya, contre la politique d’arabisation et d’islamisation forcée du pays par le Nord, et la suppression de l’autonomie dont le Sud jouissait durant la période anglo-égyptienne, fût-elle sous le contrôle total du condominium et non des autochtones. En 1972, les accords d’Addis-Abeba entre l’Anyanya et le pouvoir central mettaient fin à la guerre et accordaient un statut d’autonomie au Sud.

Salva Kiir intégrait les rangs de l’armée soudanaise, jusqu’en 1983. A cette date, Khartoum supprimait l’autonomie. La guerre reprenait. Salva Kiir se trouvait aux côtés de John Garang pour fonder le SPLA-M dont il deviendra le chef militaire puis le numéro deux jusqu’à la mort de John Garang.

Combattant respecté, l’homme s’est aussi révélé être un fin politique, faute d’être un gestionnaire avisé des affaires publiques. Car peu de monde aurait parié sur la tenue du référendum au soir de la signature du CPA. Et si les Sudistes sont aujourd’hui à la veille de ce jour historique, c’est grâce notamment à la façon dont Salva Kiir, soutenu par Washington, a tenu face à un Omar Al-Bachir qui sait tout ce qu’il risque de perdre avec cette sécession. Raison pour laquelle le président soudanais a tout mis en oeuvre pour en retarder l’échéance. Entreprise vaine jusqu’à présent, mais quelle sera la suite ?

En public, le raïs affiche dorénavant un visage étonnamment conciliant.  » Je célébrerai votre décision, même si vous choisissez la sécession « , a-t-il déclaré dans son discours du 4 janvier à Juba, retransmis en direct sur la télévision d’Etat.  » Personnellement, je serai triste si le Soudan se sépare, mais en même temps, je serai heureux si nous avons la paix « , a-t-il ajouté. Il s’est même dit  » prêt  » à accorder toute l’aide  » technique, logistique ou professionnelle «  dont ne manquera pas d’avoir besoin ce nouvel Etat, rongé par la corruption et où une jeune fille a plus de chances de mourir en couches avant l’âge de 15 ans que de finir l’école primaire.

L’histoire a toutefois enseigné aux Sudistes de se méfier des belles paroles d’Omar Al-Bachir. Au Sud, on voit la main de Khartoum derrière les luttes intertribales récurrentes, les incursions meurtrières de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), rébellion ougandaise active en Afrique centrale, ou des soulèvements en différents points des 2 000 kilomètres de frontières nord-sud. Et si l’on se prend à rêver d’un déroulement pacifique du référendum suivi d’une reconnaissance des résultats par Khartoum, ce qui est loin d’être gagné, les thèmes de discorde sont légion entre deux futurs Etats cimentés dans une défiance réciproque.

De nombreux points trop litigieux pour être réglés avant le référendum sont encore en suspens. Ils peuvent fournir autant de prétextes à Khartoum pour entraver la sécession du Sud. Car, même sans envisager le pire – peu s’attendent à ce que Juba et Khartoum en reviennent à une guerre totale -, l’avenir d’un Sud souverain et viable reste à écrire. Dans un récent rapport, le cercle de réflexion International Crisis Group (ICG) rappelait que des points aussi importants que  » les questions de nationalité et de citoyenneté – pour les Sudistes vivant au Nord et inversement – , de gestion des ressources naturelles – eau et pétrole – , de monnaie, de patrimoine public, de frontières, de sécurité et de traités internationaux restent à négocier « .

 » Or le Parti du Congrès national – NCP, au pouvoir à Khartoum – pourrait bien continuer à contrecarrer le déroulement des négociations post-référendaires dans le but d’obtenir le maximum de concessions de la part du SPLM – Mouvement de libération des peuples du Soudan, appellation depuis l’accord de 2005 du SPLA-M – et de la communauté internationale en échange de leur reconnaissance du référendum « , ajoutait le rapport, sans parvenir à trancher sur la stratégie que Khartoum adoptera. Les Etats-Unis ont déjà promis au Nord un allégement de leurs sanctions économiques et un allégement de la dette soudanaise si Khartoum évitait de torpiller le processus électoral.

Ensuite, la question du partage des richesses du Sud, notamment, promet de rudes débats.  » Les causes de deux cents ans de lutte – Nord-Sud – sont plus souvent qu’elles ne le devraient attribuées à la diversité ethnique ou religieuse, peuples du Sud, Africains, chrétiens contre Arabes musulmans au Nord « , peut-on lire dans l’ouvrage collectif White Nile Black Blood (éditions The Red Sea Press, 2000).  » En réalité, le coeur des conflits incessants est le continuel transfert de richesses du Sud, au sous-sol et aux terres agricoles extrêmement riches, entre les mains d’une petite élite qui vit au Nord, très pauvre « , ajoutaient les auteurs.

Au XIXe siècle, ces richesses avaient pour nom l’ivoire et les esclaves. De nos jours, c’est l’or noir. Avec une production de 500 000 barils par jour, le Soudan est le troisième producteur de pétrole d’Afrique. Malheureusement pour Khartoum, qui tire la quasi-totalité de ses devises de l’exportation pétrolière, 75 % de la production provient du Sud, territoire grand comme la France, ou de zones instables à la lisière nord-sud, telle que la région d’Abyei, où un deuxième référendum pouvant décider de son rattachement au Sud devait se tenir le 9 janvier mais a été repoussé à une date ultérieure.

Certes, le Sud, dépourvu totalement ou presque d’infrastructures et d’industries, n’a, à ce jour, d’autre option que d’utiliser les oléoducs du Nord pour amener le pétrole vers les raffineries, puis vers Port-Soudan, d’où il est exporté. Mais, avec l’indépendance et la négociation de nouveaux accords de partage, Khartoum verra fondre une partie de sa rente. Omar Al-Bachir le sait qui pourrait bien voir la contestation monter dans son propre camp alors qu’il est déjà affaibli sur la scène internationale depuis son inculpation, en juillet 2010, par la Cour pénale internationale, pour génocide au Darfour.

Car l’indépendance n’est pas un thème très populaire au Nord, y compris au sein du NCP, le parti du président. La fin prochaine du régime islamo-militaire d’Omar Al-Bachir a certes été prophétisée à plusieurs reprises. Il a jusqu’à présent démontré ses capacités de survie politique. Survivra-t-il à la division du pays ? Il semble en tout cas qu’il n’a plus guère les moyens de s’y opposer. Mardi 4 janvier à Juba, un Sudiste brandissait une pancarte :  » Bienvenue Bachir, et adieu « .

Christophe Châtelot

© Le Monde

Gabrielle GiffordsEtats-Unis : une députée entre la vie et la mort après une fusillade

Gabrielle Giffords, une parlementaire américaine, se trouvait dans un état critique, dimanche 9 janvier, après avoir été la cible d’un homme qui a ouvert le feu lors d’un meeting politique en Arizona, samedi. Mme Giffords a été atteinte d’une balle en pleine tête alors qu’elle discutait avec ses électeurs sur le parking d’un supermarché de Tucson.

Un jeune homme de 22 ans a tiré une vingtaine de fois avec une arme semi-automatique, touchant l’élue et plusieurs autres personnes présentes sur place. La fusillade a fait six morts, dont Christina Green, une fillette de 9 ans, et John M. Roll, un juge fédéral qui avait 63 ans. Treize personnes ont également été blessées, dont plusieurs se trouvent dans un état grave.

Samedi, plusieurs médias, citant le bureau du shérif, avaient annoncé que Mme Giffords, élue démocrate dans l’Arizona depuis 2007, était décédée. Les autorités médicales ont ensuite démenti cette information, déclarant qu’elle subissait une intervention chirurgicale au Tucson’s University Medical Center. Les médecins qui l’ont opérée se sont dits prudemment optimistes sur ses chances de survie, selon un proche de l’élue. « C’est une blessure aux effets très dévastateurs », ont confié les médecins.

UN TIREUR « AU PASSÉ TROUBLÉ »

Le tireur, qui a été arrêté alors qu’il tentait de s’enfuir, a été identifié comme étant Jared Lee Loughner. Selon les autorités locales, il était connu des services de police. Clarence Dupnik, shérif du comté de Pima, l’a décrit comme un homme « au passé troublé ».

Des comptes attribués au tueur ont été retrouvés sur plusieurs réseaux sociaux, dont Facebook et YouTube. Loughner y dénonce le gouvernement et la religion, appelle à la création d’une nouvelle monnaie et regrette que l’administration contrôle la grammaire. Il cite pêle-mêle l’écrivaine Ayn Rand, Adolf Hitler ou le Manifeste du Parti communiste. Le FBI s’emploie à déterminer s’il s’agit de la même personne que le tireur.

POSSIBLE COMPLICE

Loughner est actuellement incarcéré à Tucson et garde le silence, refusant de coopérer lors de son interrogatoire. Le président américain Barack Obama, qui a qualifié la fusillade de « tragédie innommable » et d’« acte insensé », a envoyé sur place le directeur du FBI, Robert Mueller. Les autorités locales sont actuellement à la recherche d’un complice. Selon le shérif Dupnik, « il y a des raisons de croire que [le tireur] est venu là avec un autre individu ». Une image d’une caméra de surveillance montrant un homme d’une cinquantaine d’années a été diffusée dans la presse américaine.

Gabrielle Giffords était entrée au Congrès en janvier 2007. Elle faisait partie des dix élus démocrates victimes de harcèlement en raison de leur soutien à la réforme du système de santé américain défendue par l’administration démocrate. Première conséquence de cette fusillade, les élus américains ont décidé de reporter un vote visant à abroger cette réforme, prévu la semaine prochaine.

Biography

Ms. Giffords was born in Tucson, graduated from Cornell University and Scripps College and worked in both economic development and her family’s tire and automotive business before entering politics.

She served in the Arizona Legislature from 2001 through 2005. After serving in the Arizona House of Representatives, she became the youngest woman ever elected to the Arizona State Senate.

Tapped by her party in 2006 to run for the House of Representatives, Ms. Giffords, helped by her connections within her district and a weak Republican opponent, prevailed, becoming the state’s first Jewish congresswoman and the third woman ever to represent Arizona.

Prior to heading to Washington, she was a member of the Arizona House and Senate. During her 2006 campaign, she stressed her ability to work across party lines, saying she had been a Republican until 1999.

In 2007, she married a Navy captain, Mark E. Kelly, making her the only member of Congress with an active-duty spouse.

The two met in China, as young leaders selected by the National Committee on U.S.-China Relations, and have spent much of their relationship apart, due to their respective professional lives. Mr. Kelly has been an astronaut since 1996.

“The longest amount of time we’ve spent together is probably a couple of weeks at a stretch,” Mr. Kelly told The New York Times in an article that talked about their wedding. “We won’t always live this way, but this is how we started. It’s what we’ve always done. It teaches you not to sweat the small stuff.”

Article pour La Tribune Juive sur Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes.

Le 9 novembre 2010, notre collaborateur Yves Alavo lançait un 2e recueil de poésie à la maison de la culture Ahuntsic, Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes paru aux Éditions Grenier.. À cette occasion, un certificat de reconnaissance lui a été présenté par le ministre fédéral de l’immigration, de la citoyenneté et du multiculturalisme M. Jason Kenney, » pour  son accomplissement remarquable à promouvoir la culture au Canada« .

Vertiges que l’on ressent à la lecture de cette prose poétique.  Entrer dans l’univers littéraire d’Yves Alavo nous  fait perdre pied et nous  déstabilise dans nos certitudes de vocabulaire, . En effet, comment le thé peut-il porter des « sonorités harmonieuses »(p.26) et comment la tendresse peut-elle être une couleur « blanche la tendresse qui monte de l’âme « (p.34)?  C’est grâce à un riche éventail d’images inédites que le poète nous désarçonne et nous entraîne dans son monde tourbillonnant. Vertiges.

Sublimes. C’est à un état permanent d’extase que nous sommes conviés en parcourant ces poèmes.  L’homme est sans cesse conquis au superlatif par la femme.  Celle qui porte des « escarpins divins » (p.24), celles qui sont « deux fois plus que belles » (p.42) ou encore celle qui fait dessiner  et danser le poète (p.88). L’homme poète recherche et cultive  des femmes à admirer. Il nous  entraîne au-delà du réel féminin, au-delà du réel humain tout court, là où ce sont les sensations fortes qui  guident : « lumière de ton baiser, lumière de ta main chaude« (p.40). Sublimes.

Couleurs . C’est une oeuvre de jeunesse très colorée peinte par le poète lui-même qui sert de couverture au livre. Le jeune homme de vingt ans trouvait alors dans l’expression picturale,  le moyen de communiquer au monde ses émotions.  Aujourd’hui,  à l’âge de la maturité,  l’auteur se sert de la palette des couleurs pour exprimer des idées politiques « La vague bleue » (p.18), rendre hommage à des artistes « Oranges, les chaussons des danseuses« (p.69)  et même crier une sensualité qui explose «  jaunes saveurs des langues enlacées  » (p.34). Comme le titre l’évoque, chaque saison a sa couleur, « hiver blanc« (p.58) , « printemps  vert  » (p.59), « été  jaune« (p.60) « automne rouge » (p.61). Yves Alavo aime les couleurs et sa poésie nous emmène dans un univers vif et vibrant. Couleurs.

Saisons. L’auteur est originaire du continent africain où se succèdent deux saisons pas vraiment différenciées avec soleil et chaleur en permanence.  On oserait soumettre l’hypothèse que le poète a été envoûté par le contraste violent de nos saisons nordiques, tellement courtes qu’il faut les embrasser immédiatement, tellement rudes qu’il faut développer une carapace d’évasion, tellement soudaines qu’elles font sursauter  le poète et l’émeuvent « sur le chemin du parc, le vert est frappant » (p.47). Même si l’immigration est une exil, « exil du coeur jamais parti et pourtant orphelin« (p.22), il est bon de croire que notre diversité canadienne et québécoise toute en saisons et en humains a retenu chez nous Yves Alavo pour le meilleur et pour la poésie. Saisons.

Intimes. Il est des états d’âme que seule la poésie permet d’exprimer. Colère devant l’injustice sous forme d’écriture revendicatrice. Désir passionnel sous forme fleurie et arrondie. Enthousiasme jovial sous forme de délire littéraire. L’intimité , c’est le poète qui livre ses secrets, qui déplie la toile rangée des convenances et qui entrouvre ses bras et son coeur. Intimes.

Laissez-vous prendre au jeu de la poésie que vous propose Yves Alavo dans Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes. Un petit livre qui ouvre vers un horizon infini.

Paule Mauffette

Notez bien: on peut se procurer le livre directement auprès de l’auteur – yves.alavo@gmail.com.

Ou à la Librairie Olivieri 514-739-3639

http://librairieolivieri.com/

VERTIGES SUBLIMES ET COULEURS DES SAISONS INTIMES

Photo Nathalie Fontaine

Le livre contient une cinquantaine de poèmes mis en harmonie en deux sections. La première, Vertiges sublimes, la moins longue, met en valeur les charmes de la beauté sous toutes ses formes, beauté des rimes, beauté des mots et la puissance de l’évocation de nos liens avec la nature intime des êtres et le bonheur que nous procurent la musique et les rythmes.

Nos regards en union
Avec la paix

Nos regards en harmonie
Comme la paix.

Toucher au coeur de nos êtres
Fil de paix

Toucher unique de la rencontre
Émotion de paix

Toucher de promesse fertile
Sentiment de paix.

Quand se retrouvent les corps
Dans le bain de la paix

Quand se resserrent les liens
Sur la trame de la paix

Quand se restaurent les âmes
Sous le nuage de la paix.

Union prémonitoire
Union providentielle
Union prénuptiale.

La lune est complice du soleil
Nous sommes côte à côte
Une réalité magique
Cette aventure unique de la paix.

Fleurs de mai, Chant, Flûte, Exil, Sonate ultime, ces titres disent combien la douceur du verbe et cette force mélodique de la poésie de notre collègue, sont devenus une marque spécifique de l’artiste qui unit son inspiration africaine, son amour des mots de la langue française et la présence palpable et constante de la musique, intime parente des mots.

Accords entre les principes naturels
Et les actes humains
Le cœur et la tête
L’esprit
Et la force vitale

Le plexus solaire
En fond de médiastin

Au centre de l’être
Le reflet de l’équilibre

Miroir parfait

La vie primaire
Respire au rythme des océans

La terre, le feu, l’air.

Fusion dans le métal de l’avenir
Où pousse la gerbe des astres?

Mais dans la poésie de Yves Alavo, une action lyrique où les couleurs sont fortes, les thèmes
comme l’amour, la beauté unis :

Éphémère parfum.

Tour en surface

Langue qui coule
Près du sexe.

Pores épanouis
Forte sensation
Tension
Plaisir
Explosion.

Ambre
Et rouge
Doux chatouillement
Bleu
Et jaune.

Éclat de hanches

Lumière du vertige
Flexible, flou, fort.

Fusée de tendres
Baisers
Pluie de paix.

La deuxième partie du livre est consacrée Couleurs des saisons intimes à notre vie canadienne et québécoise, une vie qui se déroule aux pas des saisons, avec cette magie sans cesse renouvelée, année après année :

Le vent est présent
L’eau de l’étang brille de mille scintillements.

Lumière des regards amoureux

Lumière jaune des reflets intimes

Lumière verte des branches sensibles

Lumière bleue des baisers savoureux

Lumière transparente des caresses sensuelles

Lumière rouge des étreintes émouvantes

Lumière blanche des souffles vitaux

Lumière noire des fureurs rebelles.

Se laisser porter par le vent
Flotte des esprits touchés
Courant doux des vagues célestes.

Une section assez enracinée dans notre vie culturelle et dans notre histoire artistique. L’auteur y a intégré les hommages à plusieurs institutions qui ont changé notre métropole, mais aussi l’univers international de la vie culturelle et qui agissent au cœur de la lutte pour l’affirmation et la reconnaissance de notre vision du monde. Le festival international de poésie de Trois-Rivières, le centre d’art OBORO, pour leurs 25 années et Le Montréal arts interculturels pour ses 10 ans d’existence. Des textes qui se comprennent quand on connaît le dévouement de l’auteur pour les arts et la culture et surtout pour un meilleur statut des artistes.

Dans cette partie du livre le chant de nos saisons et de la nature magnifiée prennent toute la place, douce musique à écouter. Pour plus de nostalgie saisonnière :

ÉTÉ JAUNE

Soleil de dignité
Été des lumières
Sur les plages de nos hanches
Brillent les élans sensuels.

Sur la pointe des feuilles
Il brille.

Ce matin, le soleil est jaune
Les éclats de l’été
Explosent
Sur les lèvres du ciel
Au matin sublime
Les yeux, yeux aussi explosent.

Brillance des rayons
Rayons propulsés par l’amour.

Cette écume des lueurs
Aux clartés estivales
Jaunit sans cesse.

Lumière de juin
Chaleurs de juillet
Maturité d’août.

Cette lumière de l’été
Taille nos regards et nos émotions
Jaune rayonnant et infini.

Très important aussi, une révolution a marqué les années 2000, l’élection d’un fils de l’Afrique et de l’Amérique à la tête des États Unis. L’auteur rend hommage à la lignée de personnes qui ont, tant ici qu’ailleurs, permis cet avènement. Lisez donc dans ce livre le poème La vague bleue :

À Barack Obama
Front commun du Kenya et du Kansas
Chevalier d’un mouvement de démocratie participative
Solidarité à la base
Des forces vives de la communauté
Tissu social sur la trame des ferments syndicaux

Force motrice de l’immense vague bleue
Qui rassemble des jeunes et des vieux,
Des riches et des pauvres,
Des démocrates et des républicains,
Des Noirs, des Blancs,
Des Hispaniques, des Asiatiques,
Des Amérindiens,
Des homosexuels, des hétérosexuels,
Des handicapés et des non-handicapés.

L’année 2008 marque
Un moment historique
Près des deux tiers (64,1 %) des électeurs
Ont participé
Au scrutin national,
Un taux inégalé depuis 1908.

Notes biographiques sommaires de Yves ALAVO

Monsieur Yves Alavo provient du milieu universitaire et des médias, diplômé en philosophie, journaliste professionnel et titulaire d’une maîtrise en communications de l’Université de Montréal. Il est auteur de nombreux ouvrages sur les questions de la diversité culturelle et collabore depuis plusieurs décennies à des publications dans le domaine socioculturel.

Poète il a publié Bleu de lune et soleil d’or chez Christian feuillette éditeur, il a reçu en novembre 2008 le Prix de l’Association québécoise des professeurs de langue française (AQPLF) et de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL). Un autre ouvrage, Vertiges sublimes et couleurs des saisons intimes, sera lancé mardi 9 novembre 2010 à la Maison de la culture Ahuntsic.

Après la fonction publique provinciale (Commission des droits de la personne, Immigration et communautés culturelles), il a travaillé sur la scène internationale sous l’égide de la société Radio-Canada, avec Journalisme en démocratie pour le perfectionnement des journalistes professionnels des médias écrits et électroniques (techniques de recherche, méthodes d’entrevue, éthique et déontologie). Depuis dix ans, il œuvre à titre de conseiller au sein de la fonction publique municipale (Ville de Montréal) où il a travaillé aux relations interculturelles et au Développement culturel. En juin 2009 il entre au Service du Développement et des opérations en soutien à la Coordination en biodiversité.

Yves Alavo vient de recevoir, le 22 juin 2010 un diplôme d’honneur de l’Université de Montréal (Faculté des arts et des sciences) en appréciation et pour célébrer sa réussite professionnelle et sa contribution de façon exemplaire à l’avancement de la société.

MARIANNE AYA OMAC VENEZ VITE LA VOIR AU CABARET DU MILE END

Cabaret Mile-End Mercredi 8 septembre 2010 à 21 h 00
5240, Avenue du Parc, Montréal QC H2V 4G7 • (514) 563-1395 • http://lecabaretdumileend.com/
Live intégral Elle sera sur scène pour votre bonheur
Musique Unique

Marianne Aya Omac, une voix qui transcende les cultures
Une voix hors frontières, Marianne Aya Omac

Personnellement j’ai eu le privilège de voir et d’écouter Marianne Aya Omac, elle est entière, vibrante de foi et d’énergie qui la relient directement avec la poésie et tous les arts musicaux, des instruments (voix, guitare, percussions et esprits universels), elle est habitée par la force des rythmes, la beauté des mots et la musique des anges.

Marianne Aya Omac ne vient pas de France, elle est de la Méditerranée, tant africaine par sa voix et son rythme, elle est européenne par cette mélodie du coeur et plus proche de nos parents Berbères par l’inspiration, les montagnes, les échos ancestraux unis aux figues, aux dattes, aux essences essentielles de la vie.

Pour votre bonheur, pour la joie d’être et le partage des émotions pures et sensuelles, cette alliance du Beau et de l’infini, venez participer à cette soirée de fête unique.

Yves Alavo

Biographie :

Marianne Aya Omac, c’est une auteure, une compositrice et une guitariste mais aussi une voix, puissante, chaleureuse, diverse qui attire l’oreille. Et mieux vaut avoir ce don lorsque l’on joue durant six ans, 300 jours par an dans les rues de Montpellier. C’est comme ça que Marianne Aya Omac a commencé sa carrière d’artiste, se forgeant un public à l’énergie.

Parallèlement, Marianne rejoint la Gospelize-it Mass Choir, chorale gospel amatrice. Elle y apprend les techniques du gospel, l’implication du corps et de l’esprit dans la musique. Durant ces années, elle voyage souvent en Amérique latine et vit, en outre, dans le quartier gitan de Montpellier. Un cocktail qui lui permet d’avancer également dans le domaine des musiques latines et gitanes.

Grâce à ce parcours éclectique, elle se lance dans la création de son groupe en 1997, Ginkobiloba. Avec cette formation, elle enregistre deux albums, Pachamama (1999) et Mamacita (2002), et donne de nombreux concerts. Le succès est au rendez-vous, le public bien présent et pourtant, Marianne ne veut pas s’arrêter là. Elle choisit en 2005 de laisser le groupe et de se lancer dans une nouvelle aventure. Une double aventure.

En octobre 2004 et en janvier 2005, elle crée respectivement le Choeur de la Buèges et le Choeur de la Garrigue, deux choeurs de gospel, composé chacun de plusieurs dizaines de choristes. Parfois les deux choeurs se retrouvent pour donner des concerts en commun sous le nom de Grand Choeur de la Garrigue, mais chacun avance sur son chemin. Ils font ainsi la première partie de personnalités des « musiques du monde », Salif Keita, Idir, Souad Massi, Compay Segundo…

Aujourd’hui, Marianne se produit sous son propre nom, en solo. Qu’elle chante en anglais, en français ou en espagnol, son énergie reste la même, sans artifices et sans détours, avec une voix toujours aussi présente et des textes plein d‘humanisme.

Son site : http://www.marianneayaomac.com/

À Voir aussi :http://www.myspace.com/ayaomac

Marianne Aya Omac, une voix qui transcende les cultures